Direct Soir n°277 16 jan 2008
Direct Soir n°277 16 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de 16 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Rocard « Ségolène Royal n'a à l'évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu'elle postule »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SICHOV/SIPA MOUSSE/ABACAPRESS.COM 2 Directsoir N°277/Mercredi 16 janvier 2008 20 22 EN JEUX COUVERTURE Qui pour succéder à François Hollande ? Le premier secrétaire du parti socialiste quittera ses fonctions cette année, après dix ans de règne rue de Solferino. Parmi les successeurs possibles : ■ Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. ■ Michel Sapin, député de l’Indre, ancien ministre de la Fonction publique. ■ Pierre Moscovici, député du Doubs, député européen, ancien ministre des Affaires européennes. ■ Vincent Peillon, député européen, ancien porte-parole de Ségolène Royal. ■ François Rebsamen, maire de Dijon, n°2 du PS. ■ Benoît Hamon, député européen, ancien secrétaire national du PS. ■ Manuel Valls, député de l’Essonne, maire d’Evry. ■ Arnaud Montebourg, député de Saôneet-Loire. ■ Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, député de Loire-Atlantique, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Alors que le parti socialiste tente de restaurer son unité sur les questions européennes, l’ancien Premier ministre jette un nouveau pavé dans la mare en critiquant vertement Ségolène Royal, qui tente actuellement de se repositionner dans le jeu politique en affichant ses ambitions pour 2012. Michel Rocard : « Ségolène Royal n’a à l’évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu’elle postule » Le gène de la libre parole est sans doute inscrit dans l’ADN de Michel Rocard. Que ce soit à la tête du parti socialiste unifié (PSU) dans les années 1960, comme Premier ministre pendant le second septennat de François Mitterrand, ou plus récemment pendant la dernière campagne présidentielle, au cours de laquelle il appelait à l’alliance Royal-Bayrou, l’ancien maire de Conflans- Sainte-Honorine semble né pour stimuler le débat au sein de la gauche française. Et l’accident de santé qui l’a frappé en Inde en juin dernier n’a en rien entamé son mordant. A peine rétabli, à une vitesse qui témoigne de son énergie, il redescendait dans l’arène politique. Son dernier fait d’armes ? Une tribune sévère publiée hier dans le quotidien Libération, dans laquelle il dresse un bilan alarmant de l’état du parti socialiste, éreintant les orientations prises par le premier secrétaire François Hollande, et déplorant « l’absence d’un futur leader ». Comprenez Ségolène Royal, qualifiée de « certitude de défaite » en 2012. Sans parler de tous ceux qui n’écartent pas la possibilité de piloter le navire de la rue de Solferino, et qui n’ont guère dû apprécier cette dernière sortie de Tu as vu mon pavé dans Libé ? Michel Rocard à Vincent Peillon, hier, au Parlement européen (source : Le Figaro) Michel Rocard. Deux personnalités semblent trouver grâce à ses yeux : Bertrand Delanoë – qui a annoncé lundi qu’il ne briguerait pas la direction du PS – et Dominique Strauss-Kahn. Mais l’un comme l’autre doivent demeurer concentrés sur leurs responsabilités actuelles : la mairie de Paris et le FMI, estime l’ancien Premier ministre. Ségolène Royal, qui était en déplacement hier en Alsace, a refusé d’entrer dans la polémique, se contentant de déclarer : « Ce n’est pas au niveau de ce que les gens attendent. » Mais Vincent Peillon, la figure montante du parti socialiste qui fut le porteparole de la campagne présidentielle, et qui l’accompagnait hier, a commenté plus sévèrement les propos de Michel Rocard, appelant ce dernier à mettre fin au « jeu de massacre » et à orienter ses critiques vers la majorité plutôt que vers ses camarades socialistes. Au PS, cette nouvelle polémique tombe mal, alors que les élus socialistes ont réussi à afficher une unité de façade sur les questions européennes, en approuvant le traité de Lisbonne mais en Au PS, cette nouvelle « polémique tombe mal, alors que les élus ont réussi à afficher une unité de façade » prônant une ratification par voie référendaire plutôt que parlementaire. Seule une minorité au PS, dans la mouvance d’Henri Emmanuelli, a annoncé son intention de voter « non » au Congrès de Versailles le 4 février. Alors que le parti socialiste organise un « Forum de la rénovation » dimanche prochain au Palais de la mutualité à Paris, les dernières flèches décochées par Michel Rocard peuvent avoir deux effets opposés : soit alimenter encore la division des socialistes et les confiner dans le silence qui les caractérise depuis le 6 mai ; soit, au contraire, les stimuler pour restaurer le dialogue interne. C’est sans doute le deuxième terme de l’alternative que vise Michel Rocard. Mais en reconnaissant son embarras pour identifier un leader crédible, il signe un lourd diagnostic sans rédiger d’ordonnance. R. SAINT-PAUL/RUE DES ARCHIVES L’HOMME LIBRE DU PS Michel Rocard en 2005. Michel Rocard est un marginal qui a toujours su résister à la tentation groupusculaire. Le souci constant de son long parcours politique, entamé en 1949 aux Jeunesses socialistes, semble avoir été de conserver une vraie liberté de parole, tout en prenant le risque de l’action politique et des compromis qu’elle suppose. Pendant la guerre d’Algérie, il s’oppose à la ligne intransigeante défendue par François Mitterrand et Guy Mollet contre le FLN. Il se présente à l’élection présidentielle de 1969 au nom du PSU alors que Gaston Defferre défend les couleurs de la SFIO. Méfiant à l’encontre de François Mitterrand, il retire néanmoins sa candidature à l’élection présidentielle de 1981 au profit de l’artisan du congrès d’Epinay. Nommé Premier ministre en 1988, il donne sa démission en 1991. Soutien par défaut à Ségolène Royal pendant la dernière campagne électorale, il prône l’alliance avec François Bayrou entre les deux tours et rallie Bernard Kouchner à ce projet. Sollicité par l’Elysée pour participer aux démarches d’ouverture, il n’accepte qu’un rôle consultatif au Comité de réflexion sur la condition enseignante. Michel Rocard est aujourd’hui député européen et siège avec le PSE. HAMILTON/REA
CHAMUSSY/SIPA www.directsoir.net CORSE Attentats contre une banque et une discothèque ■ De nouvelles violences ont eu lieu la nuit dernière sur l’île de Beauté. L’explosion d’une bombe a en partie détérioré les locaux d’une agence bancaire située dans la commune de Montesoro, près de Bastia, en Haute-Corse. L’incident, qui n’a pas été revendiqué, n’a fait aucune victime. A Sagone, en Corse-du-Sud, la discothèque le King Club a été entièrement détruite par un incendie criminel. Le gérant de l’établissement avait été assassiné en Procès Erika L’ACTU FRANCE 3 L’heure du verdict Les victimes n’ont pas oublié LES FAITS REPORTAGE Après sept années d’enquête et quatre mois de procès, le tribunal correctionnel de Paris devait rendre son verdict cet après-midi. ■ Le procès de l’Erika est le premier grand procès en France concernant une catastrophe écologique. Les prévenus redoutaient le montant des dommages et intérêts. Au total, c’est un milliard d’euros que réclame la centaine de parties civiles, pêcheurs, écologistes, collectivités locales et hôteliers. Le jugement pourrait, pour la première fois, retenir un « préjudice écologique » pour la destruction de la faune. Le pétrolier affrété par Total avait fait naufrage le 12 décembre 1999, se brisant en deux au large de la Bretagne. Le navire venait de passer deux jours, en perdition, chahuté dans une mer démontée avec des vents de force 8. Rapidement, trois nappes d’hydrocarbures s’étaient formées, que les conditions météorologiques et la mer agitée ont rapidement morcelées. Toutefois, près d’un millier de tonnes de fioul lourd sera récupéré. Le 25 décembre, la marée noire atteint néanmoins le littoral près de Lorient. Du Finistère à la Charente, 400 kilomètres de côtes ont été souillés. septembre dernier. Ces deux nouveaux attentats interviennent après les violents incidents qui ont touché samedi dernier l’île de Beauté. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a qualifié ces attaques « d’actes inacceptables, intolérables et indignes ». Le Premier ministre, François Fillon, a quant à lui annoncé hier à l’Assemblée nationale le renforcement des « moyens de sécurité » déployés sur l’île. Jean-Marie Cavada, Françoise de Panafieu et Christine Lagarde, lors de la réunion publique de l’UMP dans le 12 e arrondissement de Paris, dimanche. CASTELLI/ANDIA « Là c’était tout noir, on ne voyait plus le sable, l’horreur absolue. » Alain Malardé, président de la confédération maritime du Morbihan, regarde l’horizon et se souvient. Avec d’autres bénévoles de la commune de Port-Louis, il a dû ramasser à la pelle et même à la petite cuillère le fioul brut déversé par l’Erika. Un vrai travail de fourmi. Et un cauchemar pour tous les habitants du secteur. « On a peur d’une seule chose : que ça se reproduise. Des bateaux poubelles comme l’Erika, il y en a encore beaucoup en mer. » Huit ans après, la vie est revenue. La nature a repris le dessus. Enfin, presque. Le voile opaque du fioul brut a tout de même laissé quelques traces. Mais ici, on en parle à demi-mot, Un oiseau mazouté recueilli en décembre 1999. MUNICIPALES Ange Santini et François Fillon à Ajaccio, avant-hier. Françoise de Panafieu joue la carte de la rupture ■ Construction de 24 000 logements neufs pendant la mandature, mise en place d’un service d’action rapide propreté, dont la responsabilité sera confiée aux maires d’arrondissement, réorientation des transports en sous-sol ou exonération de taxe professionnelle pour la création d’un deuxième emploi : Françoise de Panafieu devait décliner son projet pour Paris en milieu de journée. Parmi ses propositions, figurent aussi la question du Grand Paris « qui doit devenir une réalité » et celle de l’exposition universelle Paris 2020. Alors que la campagne pour Paris s’est accéléré ces derniers jours, avec les conférences des principaux prétendants, la candidate UMP monte en première ligne et veut se démarquer de Bertrand Delanoë, le maire sortant. « Le projet de Françoise de Panafieu est marqué par une volonté de rupture », indique son porte-parole, Pierre-Yves Bournazel. Concernant son indépendance, « elle n’a pas besoin de la démontrer », assure ce dernier, alors que les liens entre la candidate et l’Elysée ont fait l’objet ces derniers jours de plusieurs attaques.comme si l’on voulait tout oublier. Pour François, pêcheur à pied, il reste encore « pas mal de cailloux mazoutés » tout au long du golfe, sur Belle-Ile et l’île de Groix. Les pieds dans la vase jusqu’aux genoux, François ramasse ses palourdes. Il voudrait lui aussi tourner la page de l’Erika. Mais la marée noire a bouleversé sa vie. Juste après la catastrophe, la pêche à pied a été suspendue pendant six mois. « J’ai dû m’endetter pour payer mes charges, mon loyer, avec trois enfants sur les bras et ma femme qui ne travaille pas, ça a été très dur de refaire surface. » François a finalement pu reprendre son activité et a reçu 1000 francs d’indemnités en tout et pour tout. « Quand on sait que Total a engrangé plus de 12 milliards d’euros de bénéfices en 2006… » François ne décolère pas. Pour les victimes de la catastrophe, le procès de l’Erika, c’est un peu David contre Goliath. Alain Malardé a décidé de venir à Paris pour entendre le verdict du procès. Voilà huit ans qu’il se bat pour que toutes les victimes soient indemnisées et que les responsables de la catastrophe soient punis. Il reste optimiste : « A la fin de l’histoire, c’est David qui gagne contre Goliath, faut pas l’oublier ! » Reportage dans l’émission Touche pas ma planète, sur Direct8, samedi à 12h30. J.P. BELZIT/SIPA



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