Direct Soir n°276 15 jan 2008
Direct Soir n°276 15 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°276 de 15 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : José Bové l'éternel militant

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°276/Mardi 15 janvier 2008 8 EN COUVERTURE Nous ne voulions pas faire de surenchère. (…) Il s’agissait d’une question de principe. ■ « Je le connais depuis 1975, j’avais été envoyé en reportage dans le Larzac pour le Canard enchaîné. A cette époque il était très impliqué dans la mouvance libertaire. José Bové s’était bien intégré au groupe de paysans installé sur le plateau du Larzac. D’ailleurs il s’est rapidement altermondialiste ? Ses parents, tout d’abord, évoluent dans le milieu de la recherche. Le père de José Bové, Joseph, a été directeur régional de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), membre de l’Académie des sciences. Sa mère enseigne les sciences naturelles. José a deux frères. Lorsqu’il a trois ans, ses parents vont s’installer à Berkeley, aux Etats-Unis. Ils sont invités à mener des études au sein de l’université locale. José Bové passera une grande partie de son enfance au pays de l’Oncle Sam. De retour en France, il suit un enseignement chez les jésuites, dans un lycée privé en banlieue parisienne. Mais ne faisant pas partie des « bonnes brebis », il en sera exclu. Après le bac, José Bové poursuit ses études à la faculté de Bordeaux. Sur fond de guerre du Vietnam, sa fibre contestataire s’affirme ; il est pacifiste et antimilitariste et par ailleurs proche des mouvements chrétiens ouvriers. LARZAC, TERRE DE CONTESTATION José Bové refuse d’effectuer son service militaire et ne veut pas davantage devenir objecteur de conscience. Il est donc considéré comme déserteur dès 1972 et se réfugie dans une exploitation agricole En savoir PLUS LA CLAUSE DE SAUVEGARDE : DE QUOI S’AGIT-IL ? ■ Si un Etat européen a un doute sur le risque potentiel que ferait peser un organisme génétiquement modifié sur la santé ou l’environnement, il peut activer la « clause de sauvegarde » auprès de la Commission de Bruxelles. Cette démarche vise à faire interdire la culture ou la vente d’un OGM de façon provisoire ou définitive. La clause de sauvegarde est actuellement utilisée par six pays. Elle a été invoquée dix fois, par l’Allemagne, le Luxembourg, la Grèce, le Royaume-Uni, la Hongrie et la France fin 1998, pour deux variétés de colza José Bové durant sa grève de la faim, au 24, rue de la Banque, le 3 janvier dernier. au cœur des Pyrénées. En 1973, il participe au premier rassemblement national contre l’extension du camp militaire dans le Larzac. Une opposition qui fédère paysans et ouvriers. Le leader altermondialiste fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1976 le camp militaire. José Bové fera trois semaines de prison préventive, et sera finalement condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis. Il ne quittera plus le plateau du Larzac. Avec sa femme, et la première de ses deux filles, il s’y installe. José Bové décide de restaurer une ferme laissée à l’abandon depuis 1920 dans le hameau de Montredon, de mettre en valeur les terres convoitées par l’armée, et élève des moutons. UNE AUTRE AGRICULTURE En 1981, José Bové vit son premier grand succès au sein du mouvement du Larzac. Le président de l’époque, François Mitterrand, annonce l’annulation du projet d’extension du camp militaire. Il fonde le Syndicat des paysans travailleurs de l’Aveyron, et prône une « autre agriculture ». En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l’un des cinq secrétaires nationaux. L’engagement de José Bové ne se limite pas au syndicalisme agricole. En 1995, par exemple, il participe dans l’océan Pacifique à l’opération menée par Greenpeace contre la reprise des essais nucléaires décidée par le président Jacques Chirac. ET MAINTENANT Le camp des anti-OGM a remporté une bataille mais les rangs restent groupés. La grève de la faim des faucheurs volontaires a redonné une visibilité médiatique aux questions que soulève la culture en plein champ des organismes génétiquement modifiés et aux risques potentiels pour la santé et l’environnement. Mais la fronde s’organise dans le camp de ceux qui ont misé sur les OGM. Les agriculteurs pourraient à leur tour se lancer dans la « désobéissance », remettant en cause les conclusions de la Haute Autorité sur les OGM, elle-même attaquée de l’intérieur depuis samedi. Une poignée d’agriculteurs pourraient même envisager de semer illégalement du maïs transgénique. Selon la tournure que prendront les événements, il est possible que les faucheurs volontaires reprennent du service cet été. transgénique. Pour activer la clause de sauvegarde à Bruxelles, le pays demandeur doit présenter des « éléments scientifiques nouveaux » concernant le risque potentiel de l’OGM pour la santé et l’environnement qu’il souhaite voir interdire. Car la culture du MON 810 est autorisée au niveau de l’Union européenne : la France va donc s’appuyer sur les conclusions de la Haute Autorité sur les OGM, qui s’est prononcée en milieu de semaine dernière. La Commission de Bruxelles transmettra la requête française à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Jusqu’à présent, ces deux entités ont retoqué la demande des Etats d’activer la clause J. SAGET/AFP VU PAR Claude-Marie Vadrot, journaliste « Etre militant c’est sa vie ! » mis à l’agriculture et il a retapé une ferme. Cela est tout à fait cohérent pour lui au regard de son environnement familial. Son père était chercheur à l’Inra, sa mère dans le domaine aussi. Lorsqu’il était petit, José Bové a suivi ses parents partis travailler aux Etats-Unis, c’est là qu’il a appris à bien parler anglais et qu’il a pris l’habitude de se mêler à d’autres cultures. C’est quelqu’un qui a besoin de convaincre. Etre militant c’est sa vie ! Pour les paysans travailleurs, contre le nucléaire, avec la Confédération paysanne, au côté des Kanaks… En 1998 au moment du « démontage » du Mac Do, je travaillais au Journal du dimanche, mon rédacteur en chef d’alors m’a dit : « Tu suis ce mec et tu ne le lâches plus. » Ignorant que je le connaissais depuis vingt ans. La grève de la faim qu’il vient de mener, c’est dans la tradition de son parti pris de non-violence. Contrairement à ce que l’on dit parfois, il est devenu et reste un vrai paysan, il a choisi de s’occuper de la culture mais pas de l’élevage de ses brebis, mais il a une véritable activité agricole. » de sauvegarde, remettant en cause les « éléments scientifiques nouveaux ». Mais pour neuf d’entre elles, les clauses sont toujours en vigueur car elles n’ont pas été rejetées par la « majorité qualifiée » des membres de l’Union. Après l’annonce de François Fillon, c’est désormais à Michel Barnier, ministre en charge de l’Agriculture, d’engager pour la France le processus. Pour constituer sa défense et contrecarrer les arguments scientifiques de la Haute Autorité sur les OGM, la société Monsanto dispose de deux semaines. Ensuite, l’instruction du dossier devant la Commission prendra probablement plusieurs mois. DR



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