Direct Soir n°274 11 jan 2008
Direct Soir n°274 11 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de 11 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Marion Cotillard en lice pour les Golden Globes

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°274/Vendredi 11 janvier 2008 10 ÉCONOMIE J.M. Weston Un mocassin 100% tricolore Cela fait plusieurs décennies que le mocassin 180, best-seller de J.M. Weston, est fabriqué à Limoges selon des techniques manuelles et un procédé ancestral. Sa qualité et son savoir-faire lui ont permis de surmonter la crise qui sévit au sein du marché de la chaussure « made in France ». EDOUARD BLANCHARD FONDE UNE FA- BRIQUE DE CHAUSSURES À LIMOGES EN 1891. EN 1904, SON FILS EUGÈNE PART S’INSTALLER AUX ETATS-UNIS, À WESTON (dans le Massachusetts) où il découvre une nouvelle technique de montage des chaussures, mise au point par les frères Goodyear, « le montage Goodyear », soit « l’assemblage cousu ». Cette technique permet d’obtenir une chaussure qui, une fois usée, peut être intégralement démontée et ressemelée tout en conservant sa construction initiale. Elle s’obtient par un ensemble de coutures réalisées successivement pour lier tous les éléments de la chaussure, à savoir la tige (le dessus de la chaussure), la première (la semelle) et la trépointe – bande de cuir servant de support – permettant ainsi d’en maximiser le confort et la résistance. Résultat : une seule et unique couture apparaît sur le pourtour de la chaussure. En 1919, Eugène revient en France et reprend l’entreprise familiale qu’il rebaptise « J.M. Weston ». Il commence à exploiter le « montage Goodyear » et l’impact du style américain se fait peu à peu ressentir dans ses créations. En 1927, la première boutique J.M. Weston voit le jour à Paris, rue de Courcelles, et une autre est inaugurée sur les Champs-Elysées en 1932. En 1974, le patron du Interview du DESIGNER R. FRANKENBERG groupe André, Jean-Louis Descours, rachète l’entreprise J.M. Weston à titre personnel. En 1981, la société J.M.Weston procède au rachat de la tannerie Bastin et fils, située à Saint-Léonard-de-Noblat. Aujourd’hui, la société est toujours la propriété de la famille Descours. UNE TANNERIE DE CUIR À SEMELLE Ayant sa propre tannerie, J.M. Weston perpétue le tannage végétal : plus d’un an de travail est nécessaire pour fabriquer des semelles en cuir. Les peaux sont lavées, tannées, c’est-à-dire mises à tremper pendant près de deux mois dans des bains de tanins végétaux (châtaigniers et quebracho) pour ensuite reposer dans des fosses pendant près d’une année, étalées au milieu d’écorces de chênes afin de fixer le tanin. Les peaux utilisées proviennent de races de vaches allemandes et autrichiennes, à la peau très épaisse et à la qualité irréprochable. La maison Bastin en traite près de onze tonnes chaque mois. Autrefois, l’abondance des cours d’eau DR permettait de procéder à un tannage des cuirs 100% naturel. Aujourd’hui, cette étape est effectuée dans des foulons (de grands tonneaux). Cela permet de continuer à effectuer un tannage végétal « à l’ancienne ». A cela s’ajoutent les deux cents artisans qui interviennent afin d’obtenir un résultat strictement parfait. Entre 150 et 180 prises en main successives sont requises pour la réalisation d’une seule chaussure.Aujourd’hui encore, chacune de ces quatre étapes est réalisée à la main : la tige, le broche (travail autour de la semelle), le montage et le bichonnage (cirage). DES AMATEURS PRESTIGIEUX ET FIDÈLES J.M. Weston est toujours à l’écoute de sa clientèle afin de la satisfaire au mieux. Une clientèle masculine, active, attachée à l’élégance et à la décontraction. On comprend pourquoi les hommes politiques (Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing), mais aussi les stars hollywoodiennes (Bruce Willis) ou Tout est une question d’allure. Slogan de J.M. Weston. 100 000 Paires de chaussures J.M. Weston sont vendues chaque année. Michel Perry - Designer, chargé de la création des nouvelles lignes J.M. Weston COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS L’ÉVOLUTION DE LA FORME DES MOCASSINS ? Le délié du pied est d’autant plus élégant que la forme de la chaussure s’allonge, à l’image des silhouettes des dandys du XIX e siècle qui inspirent l’ensemble de mes créations pour J.M. Weston. La souplesse des matières est le reflet d’une recherche de confort immédiat : l’époque n’est plus aux contraintes mais aux silhouettes déstructurées, aux tissus techniques. Les modèles issus de la collection « les souples » sont des interprétations de cette évolution. QUE DOIT-ON PORTER POUR ÊTRE EN PARFAITE HARMONIE AVEC DES MOCASSINS ? Le vêtement doit avant tout souligner, affirmer une personnalité, et c’est pour moi l’unique conseil de style à respecter. Personnellement, je préfère jouer les décalages subtils, détourner les codes, les grands classiques : j’imagine les mocassins de la ligne Conti avec un costume sobre aux harmonies de gris et de noir, coupé près du corps. DR Le mocassin 180, l’emblème de la marque. encore les joueurs de foot (Zinedine Zidane) ont adopté un des modèles J.M. Weston. Les éléments qui entrent dans la composition des semelles Weston sont naturels, permettant au pied de respirer. L’absence de produits chimiques est une garantie de bien-être et de confort. La maison est à même de proposer des demi-pointures, chacune déclinée en différentes largeurs. La gamme des modèles est très large, on y trouve à la fois les grands classiques : le mocassin, le golf, le chasse, le demi-chasse et depuis 2001 les « nouveaux classiques » dessinés par Michel Perry avec les lignes Beaubourg, Savile, Flore, Aston et Conti. Des conseils d’entretien et de réparation sont à la disposition des nouveaux acquéreurs. Les professionnels en sont également très friands : tous les deux ans, (depuis 1970) chaque motard de la gendarmerie bénéficie d’une nouvelle paire de bottes J.M. Weston, fournisseur attitré de ces derniers et de la garde républicaine. QUELS NOUVEAUX DÉFIS VOUS ÊTES-VOUS LANCÉ EN TERME DE CRÉATION ET DE SAVOIR- FAIRE POUR LES PROCHAINES COLLECTIONS ? Depuis mon arrivée chez J.M. Weston, le parti pris est celui d’adapter la collection existante à un univers plus contemporain, en respectant l’âme de la maison. Des classiques revisités qui respectent le savoir-faire, le confort et l’élégance intemporelle, et les prochaines collections porteront toujours ces valeurs. Des nouvelles lignes en forme d’écho aux codes bottiers de la maison, conjuguées à des esthétiques de dandy.
M. LABELLE www.directsoir.net Entièrement cousues, donc entièrement démontables, les Weston sont ressemelables à l’infini. LE MOCASSIN 180, LE BEST-SELLER Le modèle mythique et best-seller de la maison est le mocassin 180. Il fut dessiné par le fondateur de J.M. Weston, Eugène Blanchard, dans les années 1940. Entre esthétique et confort, plus de deux cents formes auront été nécessaires à sa mise au point définitive. Depuis les origines, il est fabriqué en sept largeurs, par demi-pointures. Il est aujourd’hui une référence dans l’univers de la chaussure de luxe pour homme. Le mocassin a récemment signé un retour remarqué au sein des collections de la marque : sur semelle gomme et en cuir moelleux dans la ligne des « souples », racé, il intègre la ligne Aston. 6 5 4 3 2 1 0 FRANCE ■ (Source : CEC) DANEMARK ROYAUME-UNI D. MARAT LE MARCHÉ DE LA CHAUSSURE Nombre d’usines et de fabricants de chaussures ont délocalisé leur production, ou tout simplement disparu. Les chausseurs français ont la vie rude, mais quelques-uns (Heschung, Paraboot, Mephisto, Robert Clergerie…), dont J.M. AUTRICHE IRLANDE ALLEMAGNE ITALIE Weston, ont su faire face en raison de leur offre et de leurs procédés de distribution. En 2006, les exportations de chaussures étaient de 58 millions de paires, alors que les importations s’élevaient à 394 millions de paires. Ajoutons à cela que les Français achètent en moyenne entre cinq et six paires par an, mais que le coût moyen d’une paire ne s’élève qu’à 22 euros… On est bien loin des tarifs pratiqués par les chausseurs français de luxe, – dont les prix varient entre 150 et 3 000 euros. Ainsi, J.M. Weston, le premier chausseur français à s’être lancé dans une politique de « marque enseigne », compte un peu plus de trente magasins dans le monde, dont une douzaine en France et s’apprête à en ouvrir à Dubaï, à Kuala-Lumpur et en Chine. En 2006, J.M. Weston a lancé une collection complète de petite maroquinerie (porte-documents et de ceintures…). Une collection de chaussures sur semelle gomme, « les souples », a été initiée. Autre axe en développement : l’offre des modèles de chaussures pour femme, bien que très peu nombreuses et directement dérivées des modèles pour homme, devrait s’élargir en 2008. Bottine 631, ligne Beaubourg. LES FRANÇAIS FONT PARTIE DES PLUS GROS ACHETEURS DE CHAUSSURES EN EUROPE. 5,50 5,21 5,21 4,43 4,25 3,77 3,56 3,54 3,17 3,13 2,85 2,70 2,40 PORTUGAL Consommation par habitant en 1998 (en nombre de paires de chaussures). ESPAGNE GRÈCE SUÈDE FINLANDE BELGIQUE DR ÉCONOMIE 11 LES COMMANDES SPÉCIALES Chaussures pure luxe ! ■ J. M Weston ne fait pas de sur-mesure, mais c’est tout comme. Il est en effet possible de commander des modèles spéciaux en sélectionnant les peaux voulues parmi les matières les plus riches ainsi que les coloris et les types de semelles. Il est possible de se faire faire une paire de chaussures en crocodile, en requin, en autruche, en python ou encore en lézard. Environ 1 500 commandes particulières sont réalisées chaque année. LES NOUVEAUX CLASSIQUES La ligne Conti ■ Depuis 2000, Michel Perry, designer, est en charge de la création des nouvelles lignes de la maison : des lignes contemporaines qui enrichissent régulièrement le patrimoine de collection. Ces « nouveaux classiques » rassemblent les lignes Beaubourg, Savile, Flore, Aston et Conti. La ligne Conti, sur une forme effilée à la pointe affirmée, en hommage au prince du XVIII e siècle, amateur et collectionneur d’art, porte un signe distinctif : l’arabesque. Un jeu graphique fait de piqûres et de perforations que l’on retrouve sur l’ensemble des modèles (sauf sur le mocassin, qui présente un bout « golf »). L’élégance intemporelle de cette nouvelle ligne séduira par son esthétisme à la fois chic et rock. MICHEL PERRY Derby 575, ligne Savile, en lézard. De la mode au mocassin ■ Surnommé « le seigneur des escarpins », Michel Perry, au style rock et baroque a fêté en 2007 les 20 ans de sa maison du même nom. Lui qui voulait être artiste peintre quitte avec beaucoup de regrets les Beaux-Arts de Mons en Belgique à 23 ans. Nous sommes en 1968, il intègre les usines Bata pendant 6 mois, puis crée les collections de plusieurs marques italiennes jusqu’en 1987, moment où sa propre maison de chaussures voit le jour. Une boutique ouvre rue de Turbigo en 1990, une autre Place des Petits-Pères, puis plus récemment rue À LIRE « La chaussure pour homme faite main » ■ Cet ouvrage s’adresse aux amateurs de belles chaussures, épris de tradition et de mode, aux professionnels mais également à tous ceux souhaitant découvrir les coulisses des plus grands bottiers du monde. Ces créations artisanales entièrement faites à la main sont le résultat d’un long travail alliant passion et savoir-faire. Comment calcule-t-on la pointure ? Quels traitements le cuir subit-il ? Quel modèle convient-il de porter ? Toutes les réponses à ces questions sont à découvrir dans La Chaussure pour homme faite main, un livre paru en septembre dernier aux éditions Konemann. EN SAVOIR PLUS du Faubourg Saint-Honoré. Ses souliers sont tour à tour dans un esprit rock puis romantique et rencontrent un succès fou. A près de 50 ans, il décide de reprendre ses études aux Beaux-Arts. En 2000, il s’offre le château de Voulnay en Bourgogne. L’art, l’histoire et la peinture ont toujours eu une place conséquente dans chacune de ses créations. Il intègre peu de temps après la maison J. M Weston, qui lui confie la création des collections de chaussures pour homme. www.michelperry.com DR Richelieu arabesque 435, ligne Corti. DR



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