Direct Soir n°270 7 jan 2008
Direct Soir n°270 7 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de 7 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Juan Carlos d'Espagne au sommet de sa popularité

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°270/Lundi 7 janvier 2008 6 EN COUVERTURE Juan Carlos I er Symbole de l’unité espagnole JUAN CARLOS I DE BORBÓN Y BORBÓN, ROI D’ESPAGNE IL EST NÉ LE 5 JANVIER 1938 À ROME EN ITALIE, OÙ SES PARENTS S’ÉTAIENT EXILÉS. IL MONTE SUR LE TRÔNE LE 22 NOVEMBRE 1975, À LA MORT DE FRANCO. IL PROCLAME OFFICIELLEMENT LA MONARCHIE PARLEMENTAIRE LE 27 DÉCEMBRE 1978. A. DIAZ/AP
D. CARDONA/REUTERS www.directsoir.net Il vient d’être élu « personnalité de l’année 2007 » par le journal El País, l’un des principaux quotidiens espagnols. Une distinction due en partie à son inhabituelle présence sur le devant de la scène médiatique au cours de l’année passée. Pour autant, c’est en privé que le roi d’Espagne,Juan Carlos I er, a choisi de célébrer son soixante-dixième anniversaire, samedi dernier. Pas de célébrations officielles, ni de défilé militaire. Tout juste une grande réception sera-t-elle organisée mercredi au Palais royal, en présence de 400invités représentant les plus hautes institutions espagnoles. Une réception dont la presse souligne le caractère exceptionnel, la famille royale ayant l’habitude de fêter ses anniversaires dans l’intimité. Le peuple n’a pas eu l’occasion de témoigner son attachement à son roi. Juan Carlos est en effet l’un des monarques européens les plus aimés. Selon un sondage publié ce week-end par l’autre quotidien de référence ibérique, El Mundo, les Espagnols donnent une note moyenne de 7,89 sur 10 à leur souverain, et près de 83% d’entre eux estiment que la monarchie a été consolidée au cours des trentedeux années de son règne. UNE BRÈVE HISTOIRE CONTEMPORAINE Pour comprendre la popularité de Juan Carlos auprès de ses sujets, il faut connaître l’histoire contemporaine du pays. Et se rappeler que l’Espagne moderne est une jeune démocratie. L’instauration de la monarchie parlementaire, actuellement en vigueur, ne remonte qu’au 27 décembre 1978. Avant cette date, la vie politique espagnole a connu, au fil du XX e siècle, de nombreux bouleversements. Le grand-père de Juan Carlos I er, Alphonse XIII, régna jusqu’à l’avènement, en 1931, de la Seconde République. Cinq ans plus tard, après la victoire dans les urnes du Frente popular (Front populaire), un soulèvement militaire orchestré par les généraux Sanjuro et Franco déclenche la guerre civile. Après trois années d’affrontement, les nationalistes, soutenus par l’armée régulière et les milices phalangistes, viennent à bout des républicains. Le 28 mars 1939, Franco prend le contrôle de Madrid et se proclame Caudillo. La dictature militaire qu’il met en place se maintient jusqu’à sa mort, le 20 novembre 1975. L’ère franquiste fut une page sombre de l’histoire nationale et demeure un vif traumatisme pour de nombreux Espagnols. C’est sans doute au souvenir encore douloureux de cette période que Juan Carlos doit la fidélité de son peuple. Car c’est lui qui succéda au général défunt. Et sa plus grande réussite fut de parvenir à sortir de la dictature et d’assurer une transition démocratique sans effusion de sang. On attendait de lui qu’il solde l’héritage de son prédécesseur, alors qu’il en était le légataire. C’est en effet Franco qui désigna Juan Carlos comme son successeur et en assura la formation. Soucieux d’écarter son père, Juan de Borbón, du trône, le dictateur avait posé cette condition à la restauration de la monarchie. Aussi l’héritier de la couronne d’Espagne avait-il dû, très tôt, quitter l’Italie, où il était né, et où sa famille vivait en exil. LA FIN D’UN LONG EXIL Quand il accède au trône, deux jours après la mort du Caudillo, les Espagnols s’attendent à ce que Juan Carlos I er maintienne le régime en place. Or, plutôt que d’incarner la continuité de la politique franquiste (le Movimiento, Mouvement national), celui-ci entreprend des réformes démocratiques. Une loi créant les bases juridiques nécessaires à la réforme des EN COUVERTURE 7 Le roi d’Espagne célébrait avant-hier son 70 e anniversaire. Après trente-deux ans de règne, l’héritier des Bourbon, qui a succédé au général Franco, est toujours aussi populaire auprès de ses compatriotes. Sa plus grande « réussite : sortir de la dictature sans effusion de sang » Le roi Juan Carlos, le prince Felipe et la princesse Letizia, au Palais royal de Madrid, hier. institutions est adoptée à la fin de l’année 1976. Elle permet la tenue des premières élections démocratiques depuis plus de quarante ans. Les députés et sénateurs qui en sont issus sont chargés d’élaborer la Constitution, ratifiée le 27 décembre 1978. La rapidité avec laquelle le roi d’Espagne a mené la « transition » et le calme dans lequel celle-ci s’est opérée permet au souverain de s’attacher l’estime et la sympathie de ses concitoyens. Mais son trône est encore fragile. Et ce n’est qu’en 1981 qu’il assoit véritablement son pouvoir. Le 23 février, une nouvelle tentative de coup d’Etat militaire surprend le Congrès des députés. Des officiers ouvrent le feu dans la chambre parlementaire au cours d’une session retransmise en direct à la télévision. Le processus démocratique est menacé. Mais Juan Carlos se montre ferme. Il convoque plusieurs dirigeants de l’armée et leur ordonne, en tant que commandant en chef, de défendre la démocratie. Puis, dans une allocution télévisée, il exige que l’armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement légitime. L’avortement de ce putsch installe durablement le monarque à la tête de l’Espagne. Les hommes politiques de tous Les Espagnols donnent une note de 7,89 sur 10 à leur souverain, et près de 83% d’entre eux estiment que la monarchie a été consolidée sous son règne. bords, y compris ceux qui s’étaient montrés les plus réservés, se rallient à lui. LA LÉGITIMITÉ D’UN ROI C’est dans ces événements qu’il faut chercher les racines de la loyauté des Espagnols à leur monarchie, qui doit beaucoup à la personnalité de Juan Carlos et à son aura de libérateur de l’oppression franquiste. D’ailleurs, une expression populaire prétend que les Ibères sont davantage « juancarlistes » que monarchistes. Que ce soit par attachement à l’homme où à l’institution qu’il représente, le roi a toujours constitué, depuis cette époque, un personnage à part sur l’échiquier politique. Symbole de l’unité du pays, il était jusqu’à présent relativement épargné par les critiques. Mais depuis peu, certains mécontents se font entendre et les rumeurs de la contestation se propagent jusqu’aux marches du palais royal. UNE VÉRITABLE PERSONNALITÉ Peut-être est-ce le revers de la volonté, affichée par Juan Carlos ces dernières années, de dépasser son rôle essentiellement protocolaire. Le souverain s’est ainsi efforcé de réunir les diverses orientations REUTERS/MANUEL H. DE LEON/POOL



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