Direct Soir n°269 21 déc 2007
Direct Soir n°269 21 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°269 de 21 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Yannick Noah au Zénith de Paris ce soir

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
Directsoir N°269/Vendredi 21 décembre 2007 10 ÉCONOMIE Christofle L’argent fait le bonheur 178 ans d’orfèvrerie et une renommée mondiale. Christofle a servi les tables les plus prestigieuses, avec le souci permanent d’être en accord avec son temps. Révolutionnaire et avant-gardiste, la maison invente et manie le métal argenté avec aisance et finesse. « BLANC ET BRILLANT », COMME L’IN- DIQUE L’ORIGINE SANSCRITE (UNE ANCIENNE LANGUE INDIENNE) DE SON NOM, L’ARGENT, MATIÈRE NOBLE, EST SY- NONYME DE PURETÉ. « L’histoire du métier d’orfèvre, qui consiste à travailler ce métal précieux et à le transformer pour en exalter ses qualités, est liée jusqu’à présent au nom de Christofle », écrit David Rosenberg, dans son livre consacré à cette maison de « haute orfèvrerie » (Christofle, aux éditions Assouline). On retrouve « du Christofle » sur les tables de l’empereur Napoléon III, des ministères et des ambassades, des princes et des maharadjahs d’Inde, des plus grands palaces de Paris, Londres, New York et Alexandrie, des trains les plus célèbres (Orient Express et Transsibérien) et des paquebots de luxe (L’Impératrice Eugénie, L’Atlantique, Le Normandie). Le métal argenté, spécialité de la maison, agrémente aussi les tables de familles moins fortunées depuis 1845. DES BIJOUX AU MÉTAL ARGENTÉ A la tête d’une des plus grandes bijouteries françaises depuis 1830, Charles Christofle acquiert, grâce au soutien financier de son beau-frère Joseph Bouilhet, les brevets d’argenture par électrolyse en 1842. Ce procédé est une révolution. Désormais, les objets sont recouverts d’une fine couche régulière d’argent, grâce à la réaction chimique induite par l’électrolyse. Trois ans plus tard, le bijoutier dépose ses poinçons de maître orfèvre et crée la première manufacture d’orfèvrerie argentée. Le métal argenté égale ainsi les pièces d’argenterie massive du XVIII e siècle, avec Interview du PRÉSIDENT CHRISTOFLE/DR un coût et des dangers moindres pour les orfèvres. A cette époque, « l’usage de la « salle à manger » se répand dans les maisons bourgeoises et le repas devient un mode privilégié d’affirmation de son statut social », explique David Rosenberg. En 1846, la maison Christofle reçoit sa première commande officielle, celle du roi Louis-Philippe qui souhaite un service pour sa résidence en Normandie. « L’orfèvre du roi », « le fournisseur de l’Empereur » inaugure en 1847 le premier magasin de la marque, dans le Pavillon de Hanovre, boulevard des Italiens à Paris. Les points de vente Christofle porteront désormais le nom de « pavillon », et non de magasin. A cette période, la principale usine Christofle est à Paris, et ce n’est qu’en 1876 que la marque ouvre un autre site de production, à Saint-Denis, qui concentrera dès 1932 l’essentiel de l’activité. Depuis l’année dernière, celle-ci a été entièrement transférée à Yainville, en Normandie. CHRISTOFLE SOLLICITE LES CRÉATEURS « Charles Christofle n’est pas un créateur, mais il fait appel à des créateurs », précise Anne Gros, responsable du musée Christofle. Solliciter les artistes les plus réputés de leur époque est encore et toujours la politique de la maison, très attachée à ce DR principe. Les sculpteurs Rouillard, Moreau, Mallet, Carrier-Belleuse, au XIX e siècle, puis l’architecte Gio Ponti ou les artistes comme Man Ray, Hans Arp, Jean Cocteau ou André Masson, Tapio Wirkkala, Lino Sabattini et Claude Picasso au XX e siècle, et enfin les designers Elisabeth Garouste, Mattia Bonetti, Andrée Putman ou encore Ora Ïto au XXI e siècle… voici quelques exemples des collaborations de Christofle, chacune reflet de leur temps. UNE MARQUE ANCRÉE DANS SON ÉPOQUE « Christofle a toujours été un acteur du style de son époque », explique Julien Rousseau, directeur marketing de Christofle. Avec ces multiples apports extérieurs, la marque ne cultive donc pas de style propre. « Le style Christofle est éclectique, mais qu’on veut intemporel, confie le directeur marketing. On ne veut pas être dans l’air du temps mais avoir une certaine intemporalité », poursuit-il. La marque est ainsi fortement ancrée dans les principaux courants artistiques, qu’elle Anne Gros - Responsable du Musée Christofle POURQUOI AVOIR CRÉÉ UN MUSÉE CHRISTOFLE ? La collection patrimoniale de Christofle est si importante que la direction a décidé en 1966 d’ouvrir un musée, dans les locaux de l’usine principale de Christofle à Saint-Denis, inaugurée en 1876 et fermée uniquement depuis cette année, l’activité ayant été transférée sur le site de production de Christofle en Normandie. Ce musée est ouvert au grand public. Modèle « Malmaison Diamants Pluie ». Ces couverts sont en argent massif et sertis de véritables diamants. Pour Charles Christofle, avant d’être une industrie, l’orfèvrerie était d’abord l’art d’agrémenter l’hospitalité et la convivialité. QU’Y TROUVE-T-ON ? Le musée rassemble 2000 pièces, qui sont des créations Christofle datant de 1830 à nos jours dans 400 m² d’exposition, et présente aussi une vitrine consacrée aux techniques de fabrication. On y expose à chaque fois ce qui est le plus représentatif de l’époque. On y trouve par exemple des couverts et deux candélabres ayant appartenu à Napoléon III, une torchère (gros chandelier) en émail cloisonné ou une copie du calice de Jean-Paul II lors des JMJ de 1997. 650 c’est le nombre d’employés Christofle. traverse et alimente par la créativité de ses collaborateurs : japonisme, orientalisme, naturalisme, style antique, Renaissance, Art nouveau, Art déco, Design… Les formes et les motifs Christofle sont d’une rare diversité. Bougeoirs, flambeaux, candélabres, coupes à cendres de cigare, ronds de serviette, ramasse-miettes, pinces à sucre, râpes à muscade, casse-noix, corbeilles, seaux à glace, articles de voyage… Mais le produit phare reste le couvert, qui représente aujourd’hui 50% du chiffre d’affaires. UNE HISTOIRE FAMILIALE « Pour Charles Christofle, avant d’être une industrie, l’orfèvrerie était d’abord l’art d’agrémenter ORGANISEZ-VOUS DES EXPOSITIONS ? Oui, chaque année en France ou dans le monde. Cet été, 300 pièces étaient exposées pendant un mois à La Baule. Dans la réserve, nous avons de quoi faire des expositions sur un thème particulier ou sur l’histoire de Christofle. La collection est suffisamment vaste pour être abordée de différentes façons. Nous faisons aussi des prêts. Par exemple, certaines de nos pièces seront présentées aux Etats-Unis, dans une exposition consacrée à l’Art déco. CHRISTOFLE/DR Table basse de Toni Grilo, pièce unique.
CHRISTOFLE/DR www.directsoir.net Aquarelle représentant un lit incrusté d’argent du XVII e siècle, dit « lit du nawab », dont la trace a été perdue, de fabrication Christofle. l’hospitalité et la convivialité », résume David Rosenberg. L’homme audacieux qui laisse son nom à la marque décède en 1863, laissant déjà un empire industriel et artistique, que reprendront Paul Christofle, son fils, et Henri Bouilhet, son neveu. Celui-ci, grâce à son savoir-faire d’ingénieur, perfectionne entre autres le procédé de la galvanoplastie massive, une technique de fonte par électrolyse. Christofle entreprend ainsi de nouveaux marchés et réalise des pièces décoratives monumentales, comme les statues de la toiture de l’Opéra de Paris ou celle de l’église Notre-Dame de la Garde à Marseille, encore aujourd’hui la plus grande sculpture en galvanoplastie du monde. PHOTOS : CHRISTOFLE/DR 72% table Verseuse « Vertigo », par Andrée Putman. En 1932,Tony Bouilhet, le petit-fils d’Henri Bouilhet, est nommé à la tête de l’entreprise, dont il établit le siège au 12 de la rue Royale, à Paris. A la conquête des grands marchés de l’Empire ottoman, de la Russie, de l’Allemagne et de l’Empire austro-hongrois, Christofle a très vite développé une notoriété internationale. C’est aussi « l’un des premiers à lancer des boutiques de luxe à l’étranger, dès le milieu du XX e siècle », explique Julien Rousseau.Aujourd’hui, « 80% du chiffre d’affaires se fait à l’étranger : aux Etats-Unis, en Europe, en Asie, par le biais de boutiques ou de revendeurs ». Christofle exporte ainsi « l’art de vivre à la française », dont la marque est l’une des synonymes depuis plus d’un siècle et demi. RÉPARTITION DU CHIFFRE D’AFFAIRES CHRISTOFLE EN 2007 20% maison 8% personne (bijoux, accessoires, naissance) ■ En 2007, le chiffre d’affaires de Christofle s’élève à environ 85 millions d’euros. Cadre photo numérique en argent massif, par Philips Fidelio. Couverts au manche recouvert de fourrure de lapin. PUIFORCAT Coutelier d’origine DR ERCUIS Depuis 140 ans ■ Ercuis, comme le nom d’un petit village du département de l’Oise. Cette orfèvrerie y est née en 1867 selon l’idée du curé Adrien Céleste Pillon, soucieux de moderniser la commune. L’entreprise est spécialisée dans les décors d’émaux en relief argentés et dorés par l’application de la pile Volta. Son activité se concentre sur les arts de la table. Ercuis ouvre des magasins à Paris, en province et même à l’étranger. Après la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise décide de s’orienter vers des créations plus contemporaines, sans pour autant oublier les classiques qui ont fait sa notoriété. Ses nouveautés la positionnent sur le secteur du luxe. Ercuis est aujourd’hui membre du Comité Colbert (association de maisons de luxe). CONSEILS Comment entretenir son argenterie ■ L’argent est un métal qui vieillit, son usage empêche son vieillissement et son oxydation. Pour nettoyer son argenterie, quelques produits bien spécifiques peuvent être utilisés. Il existe aussi une « méthode de grand-mère », économique, qui consiste à plonger l’argenterie, enveloppée dans du papier CHRISTOFLE/DR La soupière « œuf » de Puiforcat. ÉCONOMIE 11 EN SAVOIR PLUS ■ Née en 1820 dans le quartier du Marais, à Paris, la maison Puiforcat est à l’origine une modeste coutellerie créée par Emile Puiforcat. Son poinçon représente un petit canif encadré par les initiales du maître coutelier. C’est en 1902, sous la direction de Louis-Victor Puiforcat, que la société se lance dans la fabrication de pièces d’orfèvrerie ancienne. Cette collection deviendra l’une des plus prestigieuses au monde, en partie exposée aujourd’hui au Musée du Louvre. Pour correspondre à sa nouvelle image, Puiforcat s’installe au 131 boulevard Haussmann, jusqu’en 1988, date à laquelle la maison déménage à nouveau pour ouvrir une boutique à l’angle des avenues Matignon et Gabriel. Autre figure emblématique de la maison : Jean Puiforcat, sculpteur avant-gardiste, opte pour les formes géométriques et épurées, alliant argent et matériaux originaux. En 1993, Puiforcat a rejoint le groupe Hermès. La ligne de couverts « Alto » d’Ercuis. DR d’aluminium, dans une casserole d’eau bouillante quelques minutes. Ou encore la laisser tremper pendant une nuit dans l’eau de cuisson de pelures de pommes de terre. Il faut toujours utiliser un chiffon doux pour manipuler, nettoyer et sécher tout objet en métal argenté ou en argent massif. Dernier conseil : les couverts peuvent se laver en machine, s’ils ne sont pas en contact avec un autre métal. Service à rafraîchir « Vertigo », par Andrée Putman.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :