Direct Soir n°266 18 déc 2007
Direct Soir n°266 18 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°266 de 18 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Christine Boutin face au défi du logement

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°266/Mardi 18 décembre 2007 6 EN COUVERTURE Christine Boutin L’énergie du cœur CHRISTINE BOUTIN, MINISTRE DU LOGEMENT. ELLE INCARNE L’AILE CATHOLIQUE SOCIALE DU GOUVERNEMENT. FEMME DE CONVICTION, MAIS AUSSI DE COURAGE, LE RETOUR DU FROID ET LA CRISE DU LOGEMENT LA PLACENT EN PREMIÈRE LIGNE DE L’ACTUALITÉ DE CETTE FIN D’ANNÉE. HAMILTON/REA
F. FIFE/AFP www.directsoir.net Christine Boutin retrouve, aujourd’hui, à Matignon, Augustin Legrand, chef de file des Enfants de Don Quichotte, à qui elle avait proposé une mission d’études au sein du ministère fin septembre. François Fillon a voulu cette réunion alors que la controverse sur le logement des sans-abri prend de l’ampleur. L’évacuation des tentes des « Enfants de Don Quichotte » des berges de la Seine samedi dernier a médiatisé et ravivé le débat. « C’était une affaire purement médiatique, [qui] mettait en risque la vie d’autrui » déclarait Christine Boutin ce matin au micro d’Europe 1. La réunion de ce jour promet d’être tendue, entre des interlocuteurs qui ne s’accordent ni sur les chiffres, ni sur la démarche. Afin d’apaiser le début de polémique sur l’accueil des SDF, François Fillon a voulu recevoir « les associations les plus directement impliquées » dans ce dossier, afin de « faire le point sur les réponses qui peuvent être apportées aux besoins des personnes sans abri, notamment dans le cadre du Plan d’action renforcé pour les personnes sansabri (Parsa) ». Et ce matin, à quelques heures de cette réunion, le ministre du Logement, toujours sur Europe1, rendait hommage à toutes les associations impliquées dans l’aide d’urgence aux mal-logés et aux sans-abri. Toutes, sauf les « Enfants de Don Quichotte » dont elle dénonce le goût pour la médiatisation. DES CONVICTIONS À L’ACTION Chez Christine Boutin, les convictions morales se traduisent en engagements concrets. En témoigne l’épisode de la rue de la Banque : l’occupation en guise de protestation de cette rue du deuxième arrondissement de Paris, par des familles qui vivaient dans des habitats insalubres et qui réclamaient d’être mieux logées, durait depuis plusieurs semaines. A peine évacuées, ces personnes, réinvestissaient les trottoirs sous l’objectif des caméras et avec le soutien de quelques personnalités médiatiques comme le comédien Gérard Depardieu. Difficile, face à la misère réelle et aux indignations médiatiques, de tenir un discours factuel et d’élaborer des réponses techniques. La ministre a dû faire preuve de toute sa détermination pour faire comprendre au DAL (Droit au logement), qui représentait ces personnes, qu’une solution supposait une liste nominative et individuelle des demandeurs. Vendredi dernier, un accord est finalement signé. Il prévoit le relogement de toutes les familles concernées d’ici un an. Autre outil bientôt mis à la disposition des mal-logés : la mise en ligne prochaine par le ministère d’un système d’information sur l’hébergement, qui fera le compte des places dans les centres d’accueil de chaque région, « pour vérifier qu’il y a bien des places disponibles ». EN COUVERTURE 7 Grand froid, manque de logements, loyers en hausse, crise des banlieues : la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, est en première ligne sur les dossiers les plus délicats de l’hiver. Rien d’insurmontable pour cette femme, qui s’appuie sur sa détermination et son franc-parler. Aujourd’hui, elle sera à Matignon, au côté du Premier ministre François Fillon, pour recevoir les représentants des associations de défense des sans-logis. Chez Christine Boutin, les « convictions morales se traduisent en engagements concrets » Christine Boutin en visite dans un centre d’accueil de nuit de la Croix-Rouge, à Paris, le 14 décembre. LA DIGNITÉ EN JEU Pour Christine Boutin, la dignité ne se brade pas, et ne peut naître que dans la reconnaissance de chacun comme un individu unique. A l’occasion d’un discours sur l’habitat indigne, prononcé à Saint-Etienne le 27 novembre, elle expliquait ainsi : « La dignité de l’homme n’est pas dans le regard des autres : elle est. Elle n’est pas relative, elle n’est pas négociable. » Critiquée, comme tous ses prédécesseurs, par les représentants des associations de défense des mallogés et des sans-abri, Christine Boutin a pour elle ce que ses adversaires ont beau jeu de lui reprocher : son franc-parler. Tout au long de sa carrière, ses choix se sont toujours inspirés d’une conception sincère et personnelle du respect de la personne humaine. Pendant la nuit, et aujourd’hui, je n’ai aucun retour de province me disant que des personnes qui souhaitaient être hébergées sont restées dehors. CHARITÉ ET FERMETÉ S’il est une valeur importante pour celle que l’on réduit trop souvent à sa ferveur chrétienne, c’est la compassion. Un sentiment qu’elle s’efforce d’articuler avec une posture de fermeté face aux invectives de la société civile, inquiète de la venue du grand froid. Augustin Legrand, remonté après l’échec de l’installation de tentes pour les SDF à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Paris, samedi dernier, dénonce les « promesses non tenues ». Christine Boutin refuse les incantations et rétorque, factuelle, qu’il « reste des places d’hébergement libres ». Jean- Louis Borloo avait promis, en janvier dernier, 27 100 places d’hébergement. Aujourd’hui, 14 000 places ont déjà été créées, avec un accent mis sur les solutions de moyen terme, pour plusieurs nuits. Les progrès sont réels, mais les enfants de Don Quichotte dénoncent une promesse non tenue, et regrettent que les places de transitions aient paralysé, selon eux, le dispositif d’urgence. Sur France Inter, la ministre rétorquait dimanche : « Personne ne peut contester qu’il y a encore des places libres à Paris. Pendant la nuit, et aujourd’hui, je n’ai aucun retour de province me disant que des personnes qui souhaitaient être hébergées sont restées dehors. » Christine Boutin, le 16 décembre sur France Inter. CONTRE L’INSTRUMENTALISATION Face aux cris d’indignation de l’opposition, mais aussi de certains membres de la majorité, comme le député UMP Georges Fenech, la ministre s’est insurgée contre « l’utilisation de la misère ». « La sensibilisation a eu lieu l’année dernière. Cette année, je pense que tout le monde est parfaitement au courant de la difficulté. Ce que je voudrais, c’est qu’on arrête d’utiliser la misère et de l’instrumentaliser », déclarait-elle dimanche sur France 3, faisant allusion en termes à peine voilés à Augustin Legrand, à qui elle reproche de chercher une médiatisation outrancière. Christine Boutin ne prend pas la détresse humaine à la légère, et a elle-même eu son lot de coups durs. Aînée d’une fratrie de trois enfants, elle a perdu sa mère à l’âge de cinq ans, et a connu des difficultés matérielles dans sa jeunesse. Cette histoire personnelle explique peut-être son choix d’entrer en politique – elle qui a une formation de juriste et qui fut journaliste –, non seulement pour JOBARD/SIPA



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