Direct Soir n°261 11 déc 2007
Direct Soir n°261 11 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°261 de 11 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Mouammar Kadhafi cinq jours à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°261/Mardi 11 décembre 2007 8 EN COUVERTURE Mouammar Kadhafi Sur le chemin de la normalisation MOUAMMAR KADHAFI, 65 ANS, GUIDE DE LA GRANDE RÉVOLUTION DE LA GRANDE JAMAHIRIYA ARABE LIBYENNE POPULAIRE ET SOCIALISTE. COLONEL PUTSCHISTE, LONGTEMPS HONNI PAR LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE POUR SON SOUTIEN AU TERRORISME, IL A MANIFESTÉ DEPUIS DIX ANS SON SOUCI DE RÉINTÉGRER LE CONCERT DES NATIONS. VERNIER/JBV NEWS
AFP www.directsoir.net En recevant le colonel Kadhafi depuis hier, Nicolas Sarkozy n’a pas fait le choix le plus consensuel. La première visite du chef d’Etat libyen en France en 34 ans est le signe du retour dans la norme de celui qui fut pendant longtemps un acteur du terrorisme international. Celui qui fut le soutien de la plupart des guérillas à travers le monde a officiellement renoncé à son programme d’armement nucléaire, en livrant ses codes aux services secrets britanniques en 2003. Suite à la médiation de la présidence française, il a libéré cet été les infirmières bulgares et le médecin palestinien qui étaient détenus et condamnés à mort par la justice libyenne, accusés d’avoir inoculé le sida à des enfants. Cette visite, c’est aussi le choix de la « realpolitik » à la française. Alors que l’Italie, le Royaume-Uni, la Russie, l’Allemagne et d’autres courent après une part du gâteau, Paris n’entend pas laisser passer sa chance. Question de pragmatisme. Seif el-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi, annonçait samedi dans une interview au Figaro que son pays comptait acheter 3 milliards d’euros de produits français. Ce matin le chiffre des commandes que la Libye ferait à la France est proche des 10milliards. La Libye est intéressée par un réacteur nucléaire, mais aussi par des Rafale, l’avion de combat développé par Dassault qui n’a jamais été exporté. A ces commandes importantes, il faut ajouter le projet d’autoroute côtière de Tripoli, qui devrait un jour relier l’Egypte à la Tunisie et pour lequel les entreprises françaises, qui comptent quelques champions dans ce genre de travaux, entendent jouer un rôle de premier plan. Reste que cette visite soulève certaines critiques. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a ainsi appelé à boycotter l’intervention du Guide de la révolution devant les parlementaires prévue aujourd’hui. Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des droits de l’homme, a exprimé ses réserves sur la venue du colonel Kadhafi. Ses déclarations et celles de l’opposition ont alimenté la polémique toute la journée d’hier. Nicolas Sarkozy, de son côté, a justifié cette visite par les efforts réalisés depuis plusieurs années par la Libye pour réintégrer le concert des nations. L’HOMME DU DÉSERT Mouammar Kadhafi n’a que 27 ans lorsqu’il devient, le 1 er septembre 1969, l’homme fort de la Libye. De Paris à Washington, personne ne connaît ce jeune officier. Avec quelques amis, il vient de renverser la monarchie du roi Idris 1 er, qui devait abdiquer le jour suivant. Du jour au lendemain, celui qui n’est encore que lieutenant se retrouve à la tête d’un grand pays désertique, doté d’une petite population de cinq millions d’âmes et de très importantes ressources pétrolières. Rien ne le destinait à devenir homme politique ou même militaire. Né dans une famille de Bédouins, non loin de Syrthe, dans le désert, il est le premier Kadhafi à faire des études dépassant l’enseignement primaire. C’est à l’école préparatoire de Sebha qu’il fonde un groupe de militants révolutionnaires, d’inspiration socialiste. Suivent les années de droit et l’académie militaire, après son renvoi de Sebha. Un parcours inattendu pour ce jeune homme fasciné par un modèle. Celui de Gamal Abdel Nasser, quien 1952 a renversé le roi Farouk d’Egypte. Dès son accession au pouvoir, Kadhafi s’aligne sur les positions EN COUVERTURE 9 Le colonel Kadhafi, qui dirige la Libye depuis 1969, effectue sa première visite à Paris depuis trente-quatre ans, sur fond de polémiques, mais avec aussi à la clé la signature d’une importante série de contrats. Le dirigeant souhaite faire de cette visite historique une étape supplémentaire sur le chemin de la normalisation des relations entre son pays et la communauté internationale. Il améliore peu à peu « la condition féminine dans son pays » Nicolas Sarkozy reçoit Mouammar Kadhafi pour une signature de contrats économiques entre la France et la Libye. de son inspirateur, en devenant un infatigable prêcheur du panarabisme. Comme lui, il se revendique d’une démocratie directe. Contrairement à Nasser cependant, il refusera toujours le titre de président, préférant celui de Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. Jamahiriya qui signifie « Etat des masses ». Cette « modestie » s’exprime aussi par une faible appétence pour les grades militaires. Après le coup d’Etat, Kadhafi devient colonel. On est loin du titre de maréchal que Saddam Hussein s’était octroyé. Mouammar Kadhafi n’a jamais tourné le dos à ses origines bédouines. Aujourd’hui encore, il reçoit sous la tente. Des tentes qui n’ont rien à envier en confort aux plus belles résidences de Park Avenue ou de la Riviera. Kadhafi pousse le respect de la tradition jusqu’à planter sa tente là où il se rend en visite. Ainsi, durant son séjour à Paris, le colonel a planté sa tente dans les jardins de l’Hôtel de Marigny, La France reçoit un chef d’Etat qui a renoncé définitivement à la possession de l’arme nucléaire, qui a décidé de rendre les stocks sous contrôle des organisations internationales, qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme et qui a choisi d’indemniser les victimes. Nicolas Sarkozy, hier. la résidence des invités étrangers du président de la République. FAIRE RAYONNER LA LIBYE Mouammar Kadhafi n’a jamais caché son désir d’assurer le rayonnement de son pays. Parfois avec des errances tragiques. Les années 1970 ont été celles d’une affirmation de la souveraineté libyenne. Expulsion des colons italiens, fermeture des bases américaines et britanniques. Dans le même temps, Kadhafi opère une véritable révolution sociale, améliorant peu à peu la condition féminine dans son pays, même si certains droits fondamentaux ne sont toujours pas respectés. Sa garde rapprochée est constituée de femmes, que l’on appelle ses « amazones ». En plein milieu de la Guerre froide, Kadhafi fait le pari de ce tiersmondisme, qui comme en Egypte refuse de s’aligner sur les deux grandes puissances, mais s’accommode volontiers de l’amitié soviétique. Comme l’Egypte, il s’essaie à des unions ou L. SAZY/FEDEPHOTO



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