Direct Soir n°260 10 déc 2007
Direct Soir n°260 10 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°260 de 10 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Cristina Kirchner prend la présidence de l'Argentine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°260/Lundi 10 décembre 2007 6 EN COUVERTURE CRISTINA FERNÁNDEZ DE KIRCHNER, 54 ANS, PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ARGENTINE. AVOCATE ET SÉNATRICE, ELLE EST DEVENUE LA PREMIÈRE FEMME PRÉSIDENTE ÉLUE DANS SON PAYS, SUCCÉDANT À SON MARI, NESTOR KIRCHNER, AU POUVOIR DEPUIS 2003. Cristina Kirchner De première dame à Présidente C. DE LUCA/EPA/SIPA
C. REYES/EPA/SIPA www.directsoir.net Cristina, comme l’appellent les Argentins, est la cinquième femme présidente de l’histoire latino-américaine élue au suffrage universel. Après le Nicaragua, le Panamá et Porto Rico, la dernière en date était son amie Michelle Bachelet, élue le 11 mars 2006 au Chili. C’est une vague féminine qui est arrivée dans le sous-continent américain, parallèlement au virage à gauche. Le plus proche rival de Mme Kirchner était aussi une femme, arrivée en deuxième position dans la course à la présidentielle : Elisa Carrió, députée libérale-chrétienne. Avocate de formation et sénatrice, madame Kirchner a derrière elle une expérience parlementaire de vingt ans, acquise dans les provinces de Santa Cruz et de Buenos Aires. Une nouvelle page de l’aventure politique conjugale s’écrit aujourd’hui, au côté de son mari, Nestor. CHARME ET DÉTERMINATION Brune, toujours élégante, habillée par les plus grands couturiers, son charme semble être un atout dans sa conquête du pouvoir. Elle l’assume totalement, mais s’émeut quand les journalistes le lui font remarquer. D’où vient Cristina Kirchner ? Elle est avant tout une fine politique, avec un franc-parler qui lui vaut d’être surnommée la « rebelle » par la presse argentine. Aussi sent-on chez elle un certain esprit de contradiction, qui lui vient de ses origines. Elle a grandi avec une mère syndicaliste adulant le président Perón. Et un père entrepreneur antipéroniste. Anecdote révélatrice : après sa victoire, elle a choisi pour sa première interview télévisée un journaliste qui s’était fortement opposé à son mari. RETOUR SUR LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE La campagne de Cristina Kirchner fut à son image. La candidate péroniste était à la tête du Front pour la victoire, regroupant péronistes, radicaux et socialistes dissidents. Le parti a été créé en 2003, issu du Parti justicialiste. En dépit de son score élevé, elle a mené paradoxalement une campagne plutôt discrète, d’autant plus que le couple Kirchner n’accorde que de rares interviews. « Cristina » reproche aux médias de prendre trop position. Elle a sans aucun doute bénéficié du bilan positif de son mari, qu’elle a accompagné durant son mandat en le conseillant. Mais elle était déjà populaire, grâce à son parcours d’avocate et de parlementaire, qu’elle a mis au service de grandes causes. A présent, Nestor Kirchner s’efface, renonçant à un deuxième mandat qu’il briguera peut-être en 2011, de l’avis de certains. Cristina Kirchner ne tarit pas d’éloges sur lui, qualifiant sa propre victoire de « reconnaissance » du travail politique accompli par son mari. Le secret de la longévité du couple résiderait-il dans leur complicité politique ? Selon Cristina Kirchner, « depuis 2003, nous sommes revenus à l’industrialisation ». En effet, depuis cinq ans, l’Argentine connaît une croissance annuelle moyenne de 8 à 9%, bénéficiant notamment de l’augmentation du prix des matières premières. Une prouesse lorsqu’on se souvient de la grave crise qui avait secoué le pays en 2001-2002, attribuée notamment à une surévaluation de la monnaie nationale et à un taux d’endettement élevé. Désastre qui avait conduit à un mouvement social sans précédent. Un article publié dans Le Monde du 8 novembre 2007 rapporte les propos d’Alicia Kirchner, ministre du Développement social : « En 2003, l’Argentine était au bord du gouffre. Les inégalités et les déchirements provoqués par le néolibéralisme nous ont placés devant le défi de reconstruire EN COUVERTURE 7 C’est aujourd’hui que Cristina Kirchner prête serment et prend ses fonctions au palais présidentiel de Buenos Aires, la Casa Rosada, pour un mandat de quatre ans. Le 28 octobre dernier, avec 45% des suffrages, elle a gagné, dès le premier tour, l’élection présidentielle argentine face à une opposition divisée. Mais elle ne compte pas rester sur des acquis pour servir son pays. Son leitmotiv : « le changement dans la continuité ». Nous voulons « nous intégrer au monde de manière intelligente. » A la clôture de la campagne présidentielle, quatre jours avant sa victoire, le 29 octobre 2007. le tissu social et de rétablir la confiance des Argentins en euxmêmes. » Elle poursuit : « La pauvreté est passée de 57% de la population en 2003 à 26%. » Qu’en est-il du chômage ? Au second trimestre 2007, il atteignait les 8,5%. Dans ce contexte, les seules fausses notes ne s’entendent qu’à la fin du mandat de Nestor Kirchner, entaché par des scandales de corruption et une inflation inquiétante. La politique est bel et bien une histoire de couple chez les Kirchner. Un couple à la fois semblable et hétérogène. C’est en tout cas ce qu’observe un ancien ministre, Rafael Bielsa, dans La Nación : « Ils ont des styles différents mais le même modèle de pays dans la tête. » CONTINUITÉ ET CHANGEMENT L’enjeu pour Cristina Kirchner est aujourd’hui de s’appuyer sur les acquis de son mari. Ses objectifs : lutter contre la pauvreté et le chômage, améliorer la santé et l’éducation. Elle a ainsi choisi la continuité. Dans son gouvernement, parmi les douze ministres (dont seulement trois femmes), sept occupaient déjà un poste dans le gouvernement antérieur. A signaler, la nomination d’un Français au ministère de l’Économie, Martin Lousteau. Que pense l’opinion de cette continuité ? « Nous allons collaborer, nous allons répondre à l’invitation lancée par le président Nicolas Sarkozy. » (Cristina Kirchner, hier soir, à propos de l’appel à la mobilisation en faveur d’Ingrid Betancourt, lancé par Paris) Les couches populaires et pauvres l’approuvent, elles qui ont accordé en masse leur confiance à « Cristina » et qui ont vu leurs conditions de vie s’améliorer ces dernières années. Reste à convaincre une partie de l’électorat urbain qui a voté pour l’opposition libérale. Par ailleurs, cette garantie de continuité devrait s’accompagner de changements, comme l’annonce le slogan de campagne : « Le changement dans la continuité ». A propos de l’inflation, Mme Kirchner se dit favorable à une révision des indicateurs de l’Indec, l’organisme qui la mesure, accusé de communiquer des chiffres qui ne reflètent pas la réalité. Sur le plan international, la Présidente veut imposer son style. Elle multiplie ses visites à l’étranger, ce qui tranche avec le repli relatif qu’avait adopté son époux pour sortir son pays de la crise. Le couple a rencontré fin novembre le chef du gouvernement espagnol ; ils se sont engagés à réaliser des actions conjointes. Cristina Kirchner s’est également entretenue avec le président brésilien Lula, annonçant la création d’une commission étatique de coopération argentinobrésilienne. Avec le président vénézuélien Chávez, « Cristina » semble prendre quelques distances. Mais elle mise sur la coopération du bloc latino-américain. R. FERRARI/ARCHIVOLATINO/REA



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