Direct Soir n°259 7 déc 2007
Direct Soir n°259 7 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°259 de 7 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Mahmoud Ahmadinejad le maître de Téhéran

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°259/Vendredi 7 décembre 2007 6 EN COUVERTURE Mahmoud Ahmadinejad L’ambiguïté nucléaire MAHMOUD AHMADINEJAD, 51 ANS, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D’IRAN. PREMIER LAÏC À OCCUPER CE POSTE, MAIS RELIGIEUX ULTRACONSERVATEUR, PROPHÈTE DE LA DESTRUCTION D’ISRAËL, L’ENNEMI JURÉ DES ÉTATS-UNIS SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID SUR LE DOSSIER NUCLÉAIRE. FARZANEH KHADEMIAN/ABACAPRESS
ISNA/STR/AFP www.directsoir.net Costume gris mal ajusté, chemise blanche sous une barbe poivre et sel, Mahmoud Ahmadinejad est plutôt frêle. Presque rassurant, de loin, à la tribune de l’ONU. On a envie de croire le rapport des renseignements américains qui annonçaient lundi dernier que l’Iran avait renoncé à son programme nucléaire militaire en 2003. Il y déjà presque cinq ans, au moment même où l’administration Bush décidait de renverser Saddam Hussein et de rechercher, en Irak, des armes de destruction massive qui n’existaient pas. Fort de ce précédent, quand Mahmoud Ahmadinejad discourt à Téhéran comme à New York, il invoque le bénéfice du doute. Et rappelle « l’erreur irakienne ». Le président iranien se réjouit donc du rapport qui ne le disculpe pas lui, mais ses prédécesseurs, de la poursuite des activités nucléaires militaires. « Ce rapport vise à sortir le gouvernement américain de l’impasse, mais il s’agit de la déclaration de la victoire du peuple iranien face aux grandes puissances », analyse-t-il. Reste que ses actions comme son parcours n’ont rien de rassurant. INGÉNIEUR MAIS PAS INGÉNU Quand, à la surprise générale, l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad est élu président de la République islamique d’Iran le 24 juin 2005, le futur cauchemar de la Maison Blanche est un relatif inconnu. Il succède au modéré Khatami et souffle la victoire à Akbar Hachemi Rasfandjani, l’un des fondateurs de l’Etat chiite ultra-religieux converti à une politique réaliste faite de compromis avec les Etats-Unis. De fait, peu de chose le prédestinait à devenir l’un des hommes les plus puissants de son pays. Né en 1956 dans un petit village à 90 km au nord de Téhéran, d’un père forgeron, le président Ahmadinejad a gagné ses galons au sein de la société civile, à l’inverse de nombre de ceux qui gravitent autour de la plus haute sphère de la « mollahcratie » de Téhéran. Titulaire d’un doctorat en transport public de l’Université iranienne des sciences et de la technologie, il a derrière lui un long passé de militant. Etudiant, il est membre actif du « bureau de renforcement de l’unité ». Cette organisation a fait partie des groupes qui ont diligenté la prise d’otages de l’ambassade des Etats- Unis en 1979. Une opération dans laquelle le futur Président, qui se veut un « pacifiste passif », aurait eu un rôle direct. Des photographies (contestées), mais surtout le témoignage de plusieurs diplomates de la mission américaine l’ont identifié parmi les preneurs d’otages. L’affaire embarrasse suffisamment les autorités iraniennes pour que, près de trente ans plus tard, cellesci dénoncent toujours une manœuvre de propagande. La CIA, elle, ne se prononce pas. Le bénéfice du doute. Toujours. LES GUERRES D’UN HOMME Quand la guerre avec l’Irak est déclarée en 1980, Mahmoud Ahmadinejad rejoint l’armée, comme des millions d’autres jeunes. Six ans plus Plusieurs diplomates tard, il s’enrôle dans les « forces spéciales des de la mission américaine gardiens de la Révolution, où il se retrouve l’ont identifié parmi les preneurs d’otages rapidement mêlé aux » actions secrètes du régime islamiste. Si peu d’informations fiables sont disponibles sur cette période de sa vie, il est au moins établi qu’il était présent sur la base qui servait aux opérations extraterritoriales des gardiens. Opérations qui comprennent notamment les assassinats à l’étranger. L’ingénieur EN COUVERTURE 7 Alors qu’un rapport des renseignements américains tend à établir que l’Iran ne conduit pas de programme nucléaire militaire, le président Mahmoud Ahmadinejad peut se réjouir de ce revers infligé à son ennemi juré, George W. Bush, mis en difficulté par ce dossier. Mais au regard des ambiguïtés qui émanent de l’homme fort de Téhéran, les chancelleries occidentales continuent à se tenir sur leurs gardes. Hitler cherchait des prétextes pour attaquer les autres nations, le régime sioniste cherche des prétextes sans fondements afin d’envahir les pays musulmans, et en ce moment, il justifie ces attaques par des excuses non fondées. Mahmoud Ahmadinejad, juillet 2006. devient alors l’un des principaux commandants de la brigade de Jérusalem. Au sein de cette faction, il aurait directement organisé l’assassinat, en juillet 1989, d’un leader kurde iranien à Vienne, en Autriche. Il aurait aussi commandé une tentative d’assassinat contre l’écrivain Salman Rushdie, critique de l’islam fondamentaliste. LE PARI DE LA LIGNE DURE Politiquement comme religieusement, Mahmoud Ahmadinejad, marié et père de trois enfants, a toujours choisi la ligne dure. Pendant les années 1990, lorsqu’il était gouverneur de province ou maire de Téhéran, il a su nouer des alliances avec les leaders les plus puissants et les plus conservateurs de son pays. Si le système constitutionnel de la République islamique offre théoriquement le dernier mot au Guide suprême de la Révolution, Mahmoud Ahmadinejad est le Président qui a sans doute eu le plus de latitude dans son action. Il s’est taillé un costume de religieux zélé et d’héritier des idées les plus dures et les plus populistes de la Révolution islamique. Il a ainsi pour guide spirituel l’ayatollah Mohammad Taqi Mesbah-Yazdi, membre émérite d’une école cléricale qui prône un contrôle Le premier président civil de la République islamique d’Iran. absolu des religieux sur le gouvernement civil. Ce paradoxe n’est visiblement pas de trop pour le premier président civil de l’histoire du régime. Ces positions en font un protégé de choix pour l’ayatollah Khamenei, l’actuel Guide suprême. Celuici a dû particulièrement apprécier la remarque de son candidat, le plus conservateur des sept en lice pour l’élection de 2005, quand il expliquait que l’Iran « n’a pas fait sa Révolution pour devenir une démocratie, mais pour avoir un gouvernement islamiste ». Mahmoud Ahmadinejad a ainsi soigné ses relations avec les seules forces qui pouvaient influencer le déroulement de l’élection qui l’a vu triompher. Reste à établir ce qui a permis à ses soutiens de lui conférer une légitimité suffisante pour prendre par surprise un homme de l’expérience de Rasfandjani, vieux briscard des palais de Téhéran. POPULISME MYSTIQUE Le conservatisme de Mahmoud Ahmadinejad s’appuie sur un mélange efficace de promesses populistes et de charisme dépouillé, qui n’est pas sans rappeler le style de son « frère », le président vénézuélien Hugo Chávez. Invité devant les étudiants et les professeurs de la prestigieuse université américaine de Columbia, Mahmoud Ahmadinejad explique le plus sérieusement du monde K. JAAFAR/AFP



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