Direct Soir n°248 22 nov 2007
Direct Soir n°248 22 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°248 de 22 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Meryl Streep un si grand talent

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°248/Jeudi 22 novembre 2007 6 EN COUVERTURE Meryl Streep Trente ans de succès APRÈS « UN CRIME DANS LA TÊTE », MERYL STREEP RENOUE AVEC LE FILM POLITIQUE DANS « LIONS ET AGNEAUX » DE ROBERT REDFORD. ELLE Y INTERPRÈTE UNE JOURNALISTE PERPLEXE FACE À UN SÉNATEUR VA-T-EN-GUERRE (TOM CRUISE). UN DUEL RÊVÉ POUR L’ACTRICE, QUI N’A EU DE CESSE DE DÉNONCER LA POLITIQUE IRAKIENNE DE WASHINGTON. BENAINOUS-LEFRANC/GAMMA
20TH CENTURY FOX www.directsoir.net Hollywood s’en va en guerre. L’heure n’est plus au patriotisme étoilé. La « guerre préventive » de l’administration Bush est dans le collimateur de l’industrie du rêve. Après Le royaume de Peter Berg et Dans la vallée d’Elah de Paul Haggis, c’est au tour de Robert Redford, avec Lions et agneaux, de se lancer dans l’exercice. RÉQUISITOIRE EN BONNE ET DUE FORME Le scénario du film est habilement construit. La guerre d’Afghanistan sert de toile de fond à trois histoires qui se rejoignent. A Washington, un sénateur républicain (Tom Cruise) essaie de vendre sa nouvelle stratégie militaire à une journaliste perplexe (Meryl Streep). Dans une université de la côte Ouest, un professeur paternaliste (Robert Redford) veut convaincre un étudiant de réaliser son potentiel. Dans les montagnes d’Afghanistan, deux soldats idéalistes sont aux prises avec les moudjahidins. Lions et agneaux interroge la machine de propagande de l’administration Bush, la manipulation par la peur, les compromissions d’une presse démissionnaire, l’apathie du citoyen face aux événements. Le film ne sombre pas dans un manichéisme démocratique bon teint tendance « tout est de la faute de Bush ». Ici, tout le monde est renvoyé face à ses responsabilités, à commencer par le spectateur. Les films politiques n’ont pas toujours la cote auprès du public mais Redford a voulu un film sérieux, propice aux débats. Ni sexe, ni champs de batailles cataclysmiques, la mise en scène est volontairement dépouillée. A la façon d’une pièce de théâtre, Lions et agneaux repose sur ses face-à-face et ses joutes verbales. Le duel Cruise-Streep est littéralement captivant. Lui tout en fougue cynique et séduction, elle en haussements de sourcils et sourires incrédules à peine esquissés. Tout y défile : le pouvoir, les intérêts politiques, la justice, mais il ne se passera rien d’autre entre ces deuxlà. Dommage : à 58 ans, Meryl Streep est toujours troublante, quant à Tom Cruise (45 ans), il s’est enfin départi de son air d’éternel adolescent. Tous deux font montre d’un très grand talent. GRAINE DE MILITANTE Il aura fallu attendre plus de vingt ans avant de revoir Robert Redford et Meryl Streep réunis à nouveau à l’écran. Leurs amours contrariées sur fond de Kenya colonial avaient été un immense succès commercial. Sorti en 1985, Out of Africa raflait une demi-douzaine d’oscars et marquait les mémoires avec la scène quasi anthologique de Robert Redford shampouinant Meryl Streep en pleine savane. « J’aurais souhaité qu’il recommence », confessera-t-elle des années plus tard. Mais il n’y a pas que les bons souvenirs qui rapprochent ces deux-là. Ils appartiennent aussi au club très en vue des stars « vertes », où l’on fraie avec Al Gore et le prince Charles. Meryl Streep a la fibre écologiste. Une croisée de l’environnement qui a planté son tipi dans un Connecticut proche de la nature et loin des paillettes de Hollywood. A l’instar de Robert Redford, l’actrice est intarissable sur le développement durable. Elle partage aussi avec lui une vision progressiste et démocratique EN COUVERTURE 7 « Lions et agneaux » de Robert Redford est à l’affiche depuis hier. Pour la première fois depuis vingt ans, Meryl Streep retrouve son partenaire de « Out of Africa ». Redford a mis en scène une réflexion à propos de la politique de George W. Bush et de l’apathie du citoyen américain. Tous les choix que nous faisons sont « politiques. Tous nos actes ont un impact sur le monde, et que nous l’admettions ou non, c’est comme ça. » Robert Redford dirige Meryl Streep et Tom Cruise dans Lions et agneaux. de l’Amérique. « Ce pays est rongé par la crainte ; depuis Richard Nixon aucun président n’a ainsi divisé le pays », déclare-t-elle dans L’Express. C’est que Streep a l’âme d’une militante : « A titre personnel, je vais bien, mais comment peut-on être content du monde dans lequel nous vivons ? ». Alors, quand elle ne descend pas dans la rue pour manifester contre la guerre en Irak, elle milite à l’écran. Avant Lions et agneaux, Streep dénonçait déjà dans Un crime dans la tête les dérives du pouvoir sur fond d’affrontement américanoirakien. Elle reste fidèle à ses convictions : « Je continuerai à manifester et à m’exprimer. » PLUS GRANDE ACTRICE DE SON TEMPS On aimerait que « la plus grande actrice de tout Hollywood » (critique et sondages sont presque unanimes) ait connu des débuts difficiles. Il faudrait que la gloire cinématographique soit un parcours du combattant, fait de castings sans lendemain et de rôles de séries B. Eh bien non… Streep n’a pas eu à manger son pain noir. A peine le temps de désirer le succès. Au collège déjà, elle décroche le rôle-titre du spectacle de fin d’année, et Ce serait bien d’avoir une femme présidente. ce, dès sa première audition. A Yale, même scénario, elle éclipse les Sigourney Weaver et autres Wendy Wasserstein pour devenir la star de l’école dramatique. Fraîchement débarquée à New York à l’issue de ses études, elle récidive en obtenant quasi immédiatement le personnage de l’ingénue de Trelawny of the Wells au Lincoln Center. Presque lassant. En 1978 – deux ans après l’université –, elle fait sa première apparition au cinéma dans Julia, aux côtés de Jane Fonda et Vanessa Redgrave, et rafle dans la foulée un Emmy award pour son rôle dans la série télé Holocaust. Il suffira d’une deuxième apparition sur grand écran – dans Voyage au bout de l’enfer – pour qu’elle décroche sa première nomination aux oscars. Voilà : en deux films la messe est dite, égrainer ensuite le chapelet de ses récompenses relève du pensum. Premier oscar pour le film Kramer contre Kramer (1980), avec Dustin Hoffman. Elle y interprète une femme qui se bat pour la garde de son fils après avoir délaissé le domicile conjugal. Savait-elle qu’elle recevrait d’autres statuettes ? Le soir de la cérémonie, elle l’oublie sur le sommet des toilettes. Peu importe, elle a vite fait JERRY WATSON/FOX PICTURES/CAMERAPRESS/EYEDEA



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