Direct Soir n°247 21 nov 2007
Direct Soir n°247 21 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°247 de 21 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Jacques Chirac mis en examen

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°247/Mercredi 21 novembre 2007 8 ENQUÊTE En trois mois, nous avons réussi des choses qui n’ont jamais été réussies en cinq ans. Hugo Chávez, hier à Paris, sur les négociations engagées. L’éducation a fortement progressé. 20000 médecins cubains ont ainsi été « prêtés » par l’ami Fidel Castro, pour soulager les populations défavorisées du Venezuela, en échange de pétrole à prix réduit. Mais derrière cette façade, le système hospitalier ne suit pas. LIBERTÉS REMISES EN CAUSE Les officiels vénézuéliens présentent l’opposition comme un mouvement manipulé par les élites qui possèdent la majorité des médias. Peut-être est-ce l’une des raisons qui ont poussé les autorités à ne pas renouveler la licence d’exploitation hertzienne de la télé la plus populaire du pays, RCTV, en mai dernier. Sur la question de la liberté de la presse, l’attachée de presse de l’ambassadeur répond que la chaîne est encore visible sur le câble et que, de toute façon, au Venezuela le câble ne coûte rien. Puis le discours s’infléchit : « Que ferait le gouvernement français si TF1 soutenait un coup d’Etat contre le président et diffusait de fausses informations ? ». Une TROIS ALLIÉS A. ERNESTO/EPA/CORBIS Hugo Chávez est accueilli par Nicolas Sarkozy à son arrivée à l’Elysée, hier. FIDEL CASTRO référence au coup d’Etat de 2002, qui avait vu Chávez déposé pendant quelques heures. RCTV n’avait pas non plus soutenu le coup d’Etat de MBR-200 en 1992. En attendant, cent soixante fois par an, toutes les ondes, publiques ou privées, doivent retransmettre les interventions présidentielles. « Pour informer le peuple vénézuélien. » CNN fait aussi l’objet d’une plainte de la présidence et pourrait bientôt être interdite au Venezuela. En fait, les libertés politiques sont remises en cause les unes après les autres. D’abord l’indépendance de la Banque centrale. Plus inquiétant, l’article prévu dans la réforme de la Constitution qui prévoit que « le président de la République pourra décréter des régions spéciales militaires à des fins stratégiques ou défensives dans toute portion du territoire ». Une façon de pouvoir mettre à tout instant sous tutelle les gouvernements des provinces. La fermeture de RCTV et les mesures de plus en plus dures prises par Chávez ont commencé à retourner une partie de l’opinion, même si le soutien au « Presidente » ■ A 81 ans, le dictateur de Cuba est le dernier représentant de la guerre froide. Il est un mentor pour Hugo Chávez, qui a repris sa théorie d’un 11-Septembre orchestré par Washington. Les deux hommes, qui se présentent comme des amis proches, ont mis en place plusieurs programmes de coopération et sont à l’origine de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba). H. VILLALOBOS/EPA/CC reste fort. Dernière affaire en date, une incursion d’un groupe armé sur un campus universitaire, pourtant protégé par la police, qui a pu sévir pendant un long moment sans être inquiété. LA MAGIE DE L’OR NOIR Un baril à 100 dollars favorise la politique chaviste, même si les autorités vénézuéliennes s’en défendent. La manne lui permet de soigner son image à l’étranger, en offrant un carburant à prix réduit aux victimes américaines de l’ouragan Katrina, ou aux bus de Londres. Interrogée sur l’opportunité d’une telle opération en France, l’ambassade précise que Caracas pourrait répondre favorablement aux sollicitations d’organismes caritatifs. En attendant, si l’on en juge par les visages attristés et déçus de la famille d’Ingrid Betancourt, hier, à l’Elysée, on peut dire qu’Hugo Chávez n’a pas répondu aux espoirs et à l’attente de toutes celles et tous ceux qui continuent de se battre pour faire libérer la Franco-Colombienne dont, rappelons-le, les preuves de vie datent désormais de 2003. EVO MORALES ■ Le président bolivien est un proche allié d’Hugo Chávez. A 57 ans, il est le premier chef d’Etat amérindien de Bolivie. Cet ancien syndicaliste s’est fait le champion des planteurs de coca. Depuis son investiture en 2006, il a dû affronter la contestation des mineurs, a nationalisé de nombreux secteurs de l’économie, et a rejoint l’Alba de Castro et Chávez. H. JAMALI/AP R. DE LA MAUVINIERE/AP DR VU PAR Elizabeth Burgos, écrivain et anthropologue d’origine vénézuélienne. « Au Venezuela, ce sont les chemises rouges à la place des chemises brunes » ■ « Hugo Chávez est en pleine campagne électorale pour le référendum. Les enquêtes montrent que le non l’emporterait si les élections se déroulaient normalement. Depuis l’élection de Chávez, il y a une forte abstention dans ce pays qui aimait voter. Les gens n’ont pas confiance dans le système électoral. Le conseil électoral est à la solde du Président, et les machines électroniques effraient. Les fonctionnaires – l’Etat est le premier employeur du pays – ont peur que les empreintes prises au moment du vote permettent de savoir pour qui ils ont voté. Lors de chaque scrutin, les votes « contre » et les abstentions représentent environ 70%. La Constitution est à la mesure de son projet : celui d’un nouveau totalitarisme, constitutionnel et légal. C’est du castrisme, un système beaucoup plus proche du fascisme que du communisme. Au Venezuela, les chemises rouges ont remplacé les chemises brunes. Le président colombien sait très bien que Chávez a des contacts avec les Farc. Marulanda (le chef des Farc) se sert de Chávez et de son faible pour la médiatisation. Mais tout geste se fera en échange d’un geste fort, comme la mise en place d’un gouvernement en exil à Caracas ou d’une représentation diplomatique. De la France, les Farc attendent d’être rayés de la liste des organisations terroristes. Je ne pense pas qu’une libération intervienne avant les élections colombiennes, prévues pour dans deux ans. Les otages sont un outil médiatique trop précieux. Chávez a réussi à convaincre les Farc de sortir de la logique de la guerre et de gagner comme lui les élections. » MAHMOUD AHMADINEJAD ■ Le président vénézuélien présente son homologue iranien comme un « frère ». Chávez soutient Téhéran dans sa course à l’énergie atomique et envisage de lancer son propre programme. L’Iran et le Venezuela ont signé plusieurs accords de coopération. Ils disposent des deuxième et troisième réserves de pétrole les plus importantes du monde.



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