Direct Soir n°240 12 nov 2007
Direct Soir n°240 12 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°240 de 12 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Pervez Musharraf, le Pakistan à l'heure du choix

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°240/Lundi 12 novembre 2007 8 EN COUVERTURE Je ne suis pas un politicien. Je ne pense pas être fait pour la politique. Il est hors de question que je me présente à une élection. Pervez Musharraf, juillet 2001. « Ce qui me fait peur, c’est le fait que le Pakistan, nation dotée du nucléaire, est directement sur la voie du Jihad, de l’anarchie. » Le pays est, à l’heure actuelle, le seul Etat musulman doté de l’arme nucléaire. En 2004, l’un des cerveaux du programme, le docteur Abdul Qadeer Khan, a reconnu avoir facilité l’acquisition des technologies nécessaires à la puissance atomique à la Corée du Nord (qui a fait exploser sa première bombe l’an passé), à la Libye (qui essaie de recentrer ses activités sur le nucléaire civil), et à la Syrie (dont les intentions restent à ce jour mystérieuses). Si les talibans, alliés d’al-Qaida, prenaient le pouvoir au Pakistan, le risque que l’organisation terroriste s’empare d’engins de destruction massive serait à son maximum. PARI À HAUT RISQUE Il semble que Pervez Musharraf mise sur la crainte de ce scénario cauchemardesque. Après les attentats du 11 septembre 2001, le général s’était immédiatement érigé en allié des Etats-Unis, contre TROIS ÉTAPES DE SA CARRIÈRE BALKIS/ABACA L’ARMÉE ■ Le général Musharraf a effectué la majeure partie de sa carrière dans l’infanterie et les forces spéciales, après son engagement en 1964. Major général en 1991, il est promu chef d’état-major par le Premier ministre Sharif en 1998, en reconnaissance de son obéissance au pouvoir civil. En 1999, Sharif décide de le limoger pour sa responsabilité dans le conflit du Kargil, qui oppose le Pakistan à l’Inde. Le général Pervez Musharraf a promis des élections législatives pour le 9 janvier. le terrorisme islamiste international. Depuis, Washington a versé 11 milliards de dollars d’aide au régime militaire pour financer ses efforts contre les talibans. Mais la destination de ces sommes reste inconnue. Pire, les signes de mauvaise volonté des services de sécurité pakistanais dans leur lutte contre les dirigeants d’al-Qaida et les talibans – qui opèrent depuis la frontière avec l’Afghanistan – sont un fait avéré. Les analystes soutiennent l’idée qu’Oussama Ben Laden et ses proches seraient réfugiés dans les zones tribales du nord du Pakistan. En l’absence de toute alternative politique sérieuse au Pakistan, Washington a choisi la politique du moindre mal en soutenant Musharraf. Aujourd’hui encore, les sanctions prises par l’administration Bush contre le coup de force du général restent symboliques. Perplexes, les médias anglo-saxons évoquent ouvertement le « gâchis » de l’alliance entre Washington et Islamabad. Mercredi, la Maison Blanche a averti le président pakistanais que la patience des Etats-Unis n’était REZA/WEBISTAN/CORBIS pas « illimitée » et que Washington comptait sur un retour rapide à la démocratie. Pour Musharraf, la rapidité aura donc comme horizon le 9 janvier. IMPUISSANCE AMÉRICAINE L’issue de la crise pakistanaise semble reposer sur la pression américaine. Et sur les risques que Pervez Musharraf est prêt à prendre. Washington sait que la popularité du Président au sein de l’armée est en chute libre. Redistribuer les cartes, en scindant pouvoir militaire et exécutif, est sans doute la meilleure option. Le processus est déjà en marche, mais il reste précaire. En faisant monter la pression à son paroxysme et en précipitant le Pakistan au bord du chaos, Pervez Musharraf fait un pari audacieux pour montrer qu’il reste l’homme fort, et que si Mme Bhutto devait devenir son Premier ministre, il ne s’effacerait pas devant elle lors de désaccords. Pour la Maison Blanche comme pour Musharraf, il s’agit de ne pas perdre la face, et ce « dans l’intérêt général ». LE COUP D’ÉTAT ■ Le 12 octobre 1999, après son limogeage, le général Musharraf revient au Pakistan à bord d’un vol commercial. Sharif fait face au refus des généraux d’accepter le remplaçant de Musharraf, soutenu par la Cour suprême. A peine atterri, Musharraf devient chef de l’exécutif et fait mettre Sharif aux arrêts. Celui-ci et plusieurs personnalités pakistanaises seront exilés à la suite de ces événements. P.AVENTURIER/GAMMA L. VAN DER STOCKT VU PAR Jean-Luc Racine, directeur de recherches au CNRS et enseignant à l’EHESS « Un profil semblable à Atatürk » ■ « Pervez Musharraf a invoqué la dégradation de la situation sécuritaire, mais la clé de la proclamation de l’état d’urgence, c’est sa relation avec la Cour suprême. Il a pu reconstituer une cour à sa main : lors de l’état d’urgence, les juges doivent à nouveau prêter serment. Cette nouvelle Cour devrait valider sa réélection du 6 octobre, que les juges démis envisageaient d’annuler parce qu’un militaire ne peut être candidat en sa qualité de fonctionnaire. Cela a déclenché le mouvement des avocats, mais aussi des étudiants. Il existe deux explications au choix de Musharraf de ne pas prolonger l’état d’urgence et de tenir des élections début 2008. D’une part, il considère que l’état d’urgence a fait son œuvre et que la nouvelle Cour va valider son élection. Il le prolongera d’un ou deux mois, le temps de juguler l’opposition. D’autre part, il cède en partie aux injonctions de la communauté internationale. Musharraf est très sensible à son image à l’étranger. En 1999, il avait pris la précaution de ne pas proclamer la loi martiale. Depuis 2002, il suit la doctrine de la « modération éclairée ». C’est l’un des points communs qu’il a avec Benazir Bhutto. Il a un profil semblable à Mustafa Kemal Atatürk, sans doute hérité des années de jeunesse qu’il a passées en Turquie lorsque son père était en poste à l’ambassade. » LA PRÉSIDENCE ■ Le 20 juin 2001, le général Musharraf s’autoproclame Président. Depuis son arrivée au pouvoir, il entretient des relations compliquées avec le pouvoir judiciaire et la Cour suprême, à qui il a tenté d’imposer un serment d’allégeance. Les juges avaient alors majoritairement démissionné. Obligé de tenir des élections en octobre 2002, il fait précéder celles-ci d’un référendum instaurant un mandat présidentiel allongé à cinq ans. Le référendum a été boycotté par les forces d’opposition. DR
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