Direct Soir n°238 8 nov 2007
Direct Soir n°238 8 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de 8 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Vladimir Poutine le maître du Kremlin

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°238/Jeudi 8 novembre 2007 8 EN COUVERTURE Pour chaque collaborateur de la police tué, nous espérons tuer dix criminels. Dans le cadre de la loi, bien sûr. tie intégrante des organes démocratiques de pouvoir ». Il ne fait pas plus de mystère de sa formation au sein du KGB. Car l’actuel président russe a eu un véritable parcours d’apparatchik. A 23 ans, après des études de droit, il intègre la célèbre institution. Elève brillant, il gravit rapidement les échelons et est affecté pendant quinze ans à la prestigieuse Première direction générale, le service des renseignements extérieurs. En 1991, le KGB tombe en disgrâce du fait de son implication dans la tentative de putsch visant à contrer le processus démocratique. C’est à cette époque que Vladimir Poutine quitte le puissant organe, avec le grade de lieutenant-colonel. Il le retrouvera brièvement en 1998 pour assurer un intérim d’un mois à la tête du FSB, qui succède au KGB. Ainsi, l’homme qui règne sur la Russie est un pur produit de l’appareil communiste. Il n’est pas très surprenant de le voir reproduire certains travers autoritaristes du régime des soviets. Les libertés individuelles sont régulièrement bafouées. Les opposants politiques sont, TROIS REPÈRES AKG Le président russe ne pourra briguer un troisième mandat consécutif en 2008. au mieux, muselés, sinon écartés (comme l’oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, ancien PDG du groupe pétrolier Ioukos, qui purge actuellement une peine de huit ans d’emprisonnement dans un pénitencier de Sibérie).Les médias sont également étroitement tenus. En particulier les chaînes de télévision qui sont toutes aux ordres de la présidence. Enfin, l’opacité des élections est régulièrement dénoncée. Ainsi, l’OSCE a encore récemment protesté contre la forte réduction du nombre de ses observateurs autorisés à superviser le scrutin des prochaines législatives, et contre les restrictions « sans précédent » qui leur sont imposées à cette occasion. Autant d’éléments qui rappellent le temps du parti unique et de la presse de propagande… C’est dans ce contexte de forte personnification du pouvoir et de contrôle strict du débat public que se pose aujourd’hui la question de la succession de Vladimir Poutine. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat consécutif. Et même si près de quatre Russes sur RÉVOLUTION ■ Hier, le 7 novembre, on commémorait l’anniversaire de la révolution russe, menée par Lénine et Trotsky. Si l’Histoire a retenu ces événements sous le nom de Révolution d’octobre, c’est que dans le calendrier julien, en vigueur sous le règne des tsars, l’insurrection éclata dans la nuit du 24 au 25 octobre. Cette date correspond au 7 novembre dans notre calendrier grégorien. cinq se disent favorables à ce que cette règle soit modifiée pour lui permettre de rester à la tête de l’Etat, l’intéressé a rejeté cette éventualité. Mais s’il a beau jeu de plaider la cause de l’alternance démocratique, sa mainmise sur l’administration et la marge de manœuvre dont il jouit auprès de l’opinion publique, lui assurent les clés du pouvoir. Comment Poutine continuera-t-il à l’exercer ? Il a démenti l’idée, un temps évoquée, selon laquelle il occuperait le poste de Premier ministre. Il pourrait désigner un homme de paille, dans l’ombre duquel il gouvernerait. Rien n’interdit non plus d’envisager que le prochain Président élu n’aille pas au terme de son mandat et démissionne au bout d’une semaine, d’un mois ou de deux ans. Il faudrait alors organiser un nouveau scrutin, et rien n’empêcherait Vladimir Poutine de s’y présenter. Toutes les hypothèses sont envisageables. Une seule chose semble acquise : que ce soit en coulisses ou sur le devant de la scène, le « tsar Poutine » ne devrait pas être trop éloigné du théâtre du pouvoir. FIN DE L’URSS ■ La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, précipite l’éclatement du bloc soviétique. Les Etats satellites prennent leur indépendance les uns après les autres. En juin 1990, Boris Eltsine déclare la souveraineté de la Russie. L’URSS n’est plus qu’une coquille vide, mais n’est officiellement dissoute que le 26 décembre 1991, au lendemain de la démission de son dernier dirigeant, Mikhaïl Gorbatchev. H.C. PLAMBECK/LAIF-REA VU PAR Jean-Michel Carré* « Il ne fait preuve d’aucun état d’âme » ■ « Poutine est un maître du pouvoir et un personnage fascinant. Dès son adolescence, il se sent investi d’une mission. Il parvient à accéder au pouvoir en ne laissant jamais deviner son ambition. Il a eu un parcours d’apparatchik loyal et serviable, même avec ceux qu’il n’appréciait pas du tout, qu’il détestait même. Tout le monde lui a fait confiance, et il a réussi à franchir une à une les étapes qui l’ont mené à la tête de l’Etat. Mais dès son entrée au Kremlin, il met en œuvre sa mission d’une manière extrêmement rapide et brutale. Il ne fait preuve d’aucun état d’âme, que ce soit vis-à-vis de la liberté de la presse, de la justice, de l’armée ou de l’économie. Jusqu’à devenir une sorte d’autocrate incroyable. Quelqu’un qui a réussi à marier dans un nouveau système le soviétisme et l’économie de marché. Mais une économie de marché bien comprise, pas celle qu’avaient envisagée les derniers dirigeants de l’URSS ou les oligarques pendant la présidence d’Eltsine. » *Coréalisateur, avec Jill Emery, du documentaire Le système Poutine, qui sera diffusé sur France 2, dans le cadre de la collection Infrarouge, le 29 novembre. POUTINE AU POUVOIR ■ Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine est contraint de démissionner. Vladimir Poutine, alors Premier ministre, assure l’intérim. Il est élu président le 26 mars 2000, dès le premier tour, avec 52,52% des suffrages. Quatre ans plus tard, sans véritable opposition, le président russe est reconduit pour un second mandat avec un score de plus de 71%. B. SCHAEFFER/FEDEPHOTO
LABEL CAMPAGNE D'INTÉRÊT GÉNÉRAL attribué par le Premier ministre



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