Direct Soir n°238 8 nov 2007
Direct Soir n°238 8 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de 8 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Vladimir Poutine le maître du Kremlin

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°238/Jeudi 8 novembre 2007 6 EN COUVERTURE Vladimir Poutine Le nouveautsar VLADIMIR VLADIMIROVITCH POUTINE, NÉ LE 7 OCTOBRE 1952 À SAINT-PÉTERSBOURG. ENTRÉ AU KGB EN 1975, IL INTÈGRE L’ADMINISTRATION PRÉSIDENTIELLE EN 1997 ET DEVIENT VICE-PRÉSIDENT L’ANNÉE SUIVANTE. NOMMÉ PREMIER MINISTRE EN AOÛT 1999, IL DEVIENT PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE EN MAI 2000. F. LEONG/AFP
M. GARANGER/PIXOCLOCK www.directsoir.net Lorsqu’il prend les commandes du Kremlin, le 31 décembre 1999, personne ne connaît réellement Vladimir Vladimirovitch Poutine. Les Russes ont découvert cet exlieutenant-colonel du KGB, austère et déterminé, qui semble plus à son aise dans l’ombre que face au public, six mois plus tôt, quand Boris Eltsine en fait son Premier ministre. La communauté internationale, elle, assiste dubitative à l’arrivée au pouvoir d’un homme qui promet d’aller « buter [les terroristes tchétchènes] jusque dans les ch… ». A l’époque, peu d’observateurs lui prédisent un avenir politique, ne voyant en lui qu’un pantin voué à mettre en œuvre des mesures dictées depuis les coulisses. Pourtant, près de huit ans plus tard, c’est un « homme de fer » que l’on évoque. Au cours de ses deux mandats successifs, Vladimir Poutine est parvenu à mettre sous son emprise tous les cercles de décisions. Aujourd’hui, il personnifie à ce point le pouvoir que la question de sa succession donne lieu à toutes sortes de spéculations, à quatre mois du scrutin présidentiel. La réussite du président Poutine, c’est d’avoir su mettre en place un système de gouvernance qui intègre l’économie de marché tout en respectant certains héritages de l’histoire russe. Un système complexe combinant ultralibéralisme économique et régime autoritaire, ouverture diplomatique et discours nationaliste. L’administration Poutine appelle cela une « démocratie dirigée ». Manière pudique d’admettre que l’adaptation en Russie du modèle démocratique ne tourne pas totalement la page de la tradition autocratique, qui a toujours prévalu dans la vie politique de ce pays, passé directement dutsarisme au soviétisme en 1917. Or, la façon dont est dirigée cette démocratie rappelle, par plusieurs aspects, la gestion communiste du temps de l’URSS. Malgré le faible espace d’expression laissé à l’opposition, certaines voix commencent à se faire entendre. Ainsi, l’ancien champion du monde d’échecs Gary Kasparov, devenu l’un des principaux agitateurs de la fronde anti-Poutine, déclare que le chef de l’Etat « à quelques nuances près, a rétabli le système soviétique ». NOSTALGIE Vladimir Poutine est le fils d’un ouvrier modèle qui servit dans le régiment spécial des services secrets pendant la Seconde Guerre mondiale. Et le petit-fils du cuisinier personnel de Staline. Né le 7 octobre 1952 à Saint-Pétersbourg, qu’on appelait Leningrad à l’époque, il a grandi dans le culte de la Russie soviétique. Comme de nombreux compatriotes de sa génération, il a gardé une certaine nostalgie du temps où l’URSS s’illustrait dans la conquête spatiale, tenait tête à la superpuissance américaine, et jouait les premiers rôles sur la scène internationale. Dès son arrivée au Kremlin, il EN COUVERTURE 7 Alors que l’on célébrait hier le 90 e anniversaire de la révolution bolchevique, et à quatre mois des élections présidentielles, Vladimir Poutine incarne plus que jamais la puissance retrouvée de la Russie. 70 à 80% « de la population lui accorderaient son soutien. » Des partisans communistes sur la place Rouge, la veille du 90 e anniversaire de la révolution bolchevique. La tragédie, c’est que je suis le seul pur démocrate au monde. Depuis la mort du Mahatma Gandhi, je n’ai plus personne à qui parler. s’emploie à flatter la fibre patriotique de son peuple. La guerre en Tchétchénie, dossier qui tourne à l’obsession pour Poutine, s’inscrit déjà dans le cadre d’un sursaut nationaliste. La fermeté et la virulence du président russe à l’égard des séparatistes témoignent de sa volonté de ne pas laisser ce qu’il reste de l’empire communiste se déliter un peu plus. Vladimir Poutine entreprend également de réhabiliter certains symboles de l’ère stalinienne. Au cours de sa première année de mandat, il rétablit l’hymne national instauré par le « Petit père des peuples », après avoir simplement expurgé le texte des références à l’URSS. Et le drapeau rouge redevient l’emblème de l’armée russe. Dans un second temps, l’homme fort de Moscou veut faire renaître le sentiment de fierté nationale, en cherchant à replacer la Russie dans le cercle des grandes puissances. Il va pour cela jouer sur les leviers diplomatique et commercial. Conscient que l’approvisionnement énergétique est devenu un enjeu géopolitique majeur, il s’assure que l’Etat reprend le contrôle des principales ressources du pays, bradées aux oligarques après l’effondrement du bloc soviétique. Parallèlement, il intensifie les relations diplomatiques de la Russie et l’implique dans les négociations sensibles de tous les dossiers internationaux. Puis, lors de son deuxième mandat, il devient davantage offensif. La Russie, avec la Chine, prend de plus en plus souvent le contre-pied des autres membres du G8. Statut du Kosovo, nucléaire iranien, déploiement en Europe de l’Est du bouclier anti-missile américain, ou encore relations israélo-palestiniennes : les sujets de discorde avec les Occidentaux en général, et les Etats-Unis en particulier, ne manquent pas. Pour couronner le tout, le Kremlin profite de sa position de force sur le marché des ressources énergétiques pour prospecter auprès de pays ouvertement défiants vis-à-vis de Washington (Iran, Corée du Nord, Venezuela…). Moscou n’hésite pas à jouer de cet atout pour faire pression sur les satellites de l’ex-URSS afin d’y Vladimir Poutine maintenir son influence. Cette posture agressive sur l’échiquier international regonfle l’orgueil des Russes, fiers que la Fédération rejoigne le concert des nations, et y assume le rôle de soliste. Et c’est en grande partie à cette fierté retrouvée que Vladimir Poutine doit son immense popularité auprès de ses concitoyens. Selon les sondages, 70 à 80% de la population lui accorderaient son soutien. Mais ce score est aussi la conséquence du parfait verrouillage du pouvoir mis en place aux abords de la place Rouge. Et c’est sûrement dans ce dernier aspect que l’exercice du pouvoir selon Poutine rappelle le plus l’époque de l’empire soviétique. APPARATCHIK Dès 2003-2004, le numéro un russe commence à étendre sa mainmise à tous les niveaux de l’Etat. Les gouverneurs et présidents des Républiques de la Fédération ne sont plus élus mais désignés par le Kremlin. Et Vladimir Poutine s’entoure progressivement de membres du FSB (les services secrets russes, successeurs du KGB) à tous les postes clés. Si bien qu’aujourd’hui les agents sont omniprésents dans toutes les instances dirigeantes. Loin de s’en cacher, Poutine déclarait même en 2003, et sans aucun cynisme, que le FSB fait désormais « par- ALEXANDER ZEMLIANICHENKO/AP



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