Direct Soir n°235 5 nov 2007
Direct Soir n°235 5 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°235 de 5 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Hillary Clinton objectif Maison-Blanche

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°235/Lundi 5 novembre 2007 10 ÉCONOMIE Vanessa Bruno Le cabas réinventé Des magasins de Tokyo à ceux de New York, il s’en vend un toutes les 30 minutes. Gansé de ses fameuses paillettes, le cabas de Vanessa Bruno est un succès planétaire. EN AVOIR OU PAS ? À SHIBUYA (ARRONDISSEMENT DE TOKYO), LA QUESTION EST VITE RÉGLÉE. DANS CETTE VILLE DE LA MODE ET DES SORTIES, ON PORTE DES CHAUSSETTES LONGUES, UNE ROBE DE BABY-DOLL ET ON A SON (SAC) VANESSA BRUNO. C’est même dans ce laboratoire des tendances « made in Tokyo » que le cabas de la jeune Française a débuté sa carrière de « must international ». En 1997, dans sa version originelle, le cabas blanc scintille de toutes ses paillettes roses sous les néons de la capitale nipponne. Il n’en faut pas plus, les Japonaises adorent ! Reste qu’à Paris – autre bastion « fashion » –, les débuts du sac sont moins frénétiques. Il faudra attendre que l’hebdomadaire Elle – indiscutable guide de la Interview du SPÉCIALISTET PAOLO ROVERSI Depuis sa création il y a dix ans –il était blanc, ses paillettes étaient roses– ce cabas en a vu de toutes les couleurs. Mon style est à la fois élitiste et familier. Vanessa Bruno mode – s’en mêle. La consécration, Vanessa Bruno la doit à la photo de deux naïades qui se baignent avec son cabas sur la tête. Cette fois, les Parisiennes flashent, c’est le début du bouche à oreille, « un vrai succès de clientes », se félicite-t-on chez Vanessa Bruno. Doux euphémisme : le sac connaît un succès planétaire. Son secret ? « C’est qu’il est universel, selon Jean- Jacques Picart, consultant mode et produits de luxe, il s’adresse à toutes les femmes du monde et il est multi-usage ». Multi-usage, c’est ainsi qu’il a été conçu par Vanessa Bruno, quelques mois après la naissance de sa fille. La femme d’affaires avait besoin d’un sac où elle puisse aussi ranger ses biberons. Ce fut un grand cabas fourre-tout, la ganse de paillettes et le glamour en plus. Depuis, renouvellement oblige, le cabas en a vu de toutes les couleurs : des pois, des imprimés, décliné en cuir, en tapisserie, avec ou sans lacets. Evoluer pour durer. Quant à l’été prochain ? Vanessa promet la transparence avec une version vinyle translucide pour tout montrer (ou presque). Décidément très dans le vent… UNE QUESTION DE GÈNES Il est des destinées auxquelles il est difficile d’échapper. Celle de Vanessa Bruno est de celles-là. Sa mère est un top model danois qui coud et brode ses jupes et ses robes. Son père, un pionnier du prêt-à-porter, cofonde Cacharel et Emmanuel Khan. La mode est dans le sang de la jeune Vanessa. Elle part au Canada pour s’initier à la confection, après un détour par le mannequinat lors de l’adolescence. Encore quelques années auprès de Dorothée Bis et Michel Klein et, à 24 ans, l’autodidacte lance sa marque. Elle installe un corner au Bon Marché, puis ouvre sa première boutique parisienne en 1997, dans le quartier du Marais. Un an plus tard, nouveau magasin, cette fois-ci au Japon. C’est l’émeute et le début d’une grande histoire entre Vanessa Bruno et les Japonaises. En France, ce sont ses collaborations successives avec les deux champions de la vente par correspondance, les 3 Suisses et La Redoute, qui vont la faire connaître du grand public. Les ouvertures de boutiques se succèdent en Europe et surtout en Asie – « The absolute fan-club ». On en Jean-Jacques Picart - Consultant mode et produits de luxe QU’EST-CE QUI EXPLIQUE LE SUCCÈS PLANÉTAIRE DU CABAS DE VANESSA BRUNO ? Il est universel, il s’adresse à toutes les femmes. Et puis c’est un succès fonctionnel. On peut l’emmener partout, en ville ou à la plage. Il faut le remettre dans le contexte de l’époque. En 1997, ce sont les sacs couture qui marchent. Avec le sac de Vanessa Bruno, on n’est pas « prisonnier » comme avec un sac Kelly ou un Lady Dior. C’est un plus pour les rédactrices de mode, le cabas se prête aussi bien à un sujet urbain qu’à un bord de mer. Le sac a eu beaucoup de presse. Ça compte. Il a bénéficié d’un vrai facteur sympathie auprès des journalistes. LE PRIX A-T-IL PARTICIPÉ À SON SUCCÈS ? Bien sûr. Les paillettes vont lui apporter un vrai twist, et en même temps il reste très abordable pour un sac de mode. Les jeunes filles peuvent s’offrir la version en toile. Il est évidemment plus démocratique. 130000 sacs Vanessa Bruno ont été vendus dans le monde en 2007 compte huit au Japon, trois en Corée du Sud, d’autres à Hong Kong et Taïwan. La Française a aussi conquis les Etats-Unis et s’affiche dans les magasins Bloomingdale’s et Barneys à New York. Au total, 350 points de vente multimarques dans le monde entier. Elle est loin, l’époque du petit corner du Bon Marché. En 2006, la marque Vanessa Bruno soufflait ses dix bougies en grande pompe, avec trois semaines spéciales au Printemps-Haussmannà Paris. UN STYLE DANS L’AIR DU TEMPS Le style Vanessa Bruno, c’est la bohème chic. Un petit air vaporeux nimbé de folklore scandinave. Il y a du Virgin Suicides (le film de Sofia Coppola) chez la styliste, et une fraîcheur angélique très dans l’air du temps. « Ses créations sont le reflet de son univers personnel », commente son attachée de presse, Marie-Anne Capdeville. Vanessa Bruno essaie toutes les pièces qu’elle dessine, EST-IL APPELÉ À ENTRER DANS LA LÉGENDE, COMME UN KELLY OU UN SPEEDY ? Je ne pense pas qu’on puisse le comparer à des icônes comme le Kelly (Hermès) ou le Speedy (Louis Vuitton). Ce sont des intouchables. Ce qui est sûr, c’est qu’il fera date. C’est plutôt un classique, comme le cardigan pressionné d’Agnès B. Le seul risque, c’est qu’on l’a beaucoup vu. La mode aime la rareté. Mais on peut le redécouvrir dans quelques saisons, réinventé avec des fleurs ou parsemé de pois. V. BRUNO
F. HUGIER/RAPHO www.directsoir.net La créatrice Vanessa Bruno. « pour en préciser l’esprit ». Son goût du naturel est mâtiné par sa culture urbaine et ses influences pop rock. Un univers très hybride, aux accents « vintage », qui séduit toutes les catégories sociales. Vanessa Bruno recrute aussi bien chez la femme d’affaires que chez la mère au foyer ou l’adolescente. A chacune de composer sa silhouette, la styliste n’est pas une adepte du « total look ». Pour Marie- Anne Capdeville : « On achète des pièces chez Zara ou H&M et on craque pour une pièce de Vanessa Bruno. » Mais la force de la styliste, c’est aussi son pragmatisme. « Elle dessine des vêtements du quotidien que les femmes peuvent s’approprier immédiatement. » Vanessa Bruno crée pour les fem- NOMBRE DE CABAS VANESSA BRUNO VENDUS CHAQUE ANNÉE DANS LE MONDE 1999 10000 unités vendues FALOUR/STARFACE 2004 100000 unités vendues mes de tous les jours. « Ce qui me touche, dit-elle, ce n’est pas la femme idéale. C’est plutôt la femme qui est tellement intéressante humainement qu’on l’aime ». Bref, il n’y a pas que le physique qui compte pour la styliste. Un tel postulat de base est une bouffée d’oxygène pour la gent féminine, asphyxiée par les « diktats de la minceur ». La marque séduit d’ailleurs des actrices emblématiques. Pas des « bombes », mieux : Charlotte Gainsbourg et Charlotte Rampling. Des femmes qui ont ce « petit quelque chose en plus ». C’est justement ce qu’elle recherche. « Il faut arrêter d’halluciner sur les mannequins, on est entouré de jolies femmes partout. » On ne verra d’ailleurs jamais d’icône sulfureuse sur ses photos. Vanessa Bruno pratique le casting sauvage dans la rue, « à la recherche d’une touche de grâce ». La dernière (repérée dans un café) « était une Suédoise, un ange ! » Le cabas de Vanessa Bruno incarne la bohème chic. 2007 130000 unités vendues ■ Certaines seraient prêtes à tuer pour arborer au bras le fameux sac de Grace Kelly. A l’époque des fiançailles de la blonde actrice, il est de toutes ses sorties ou presque. Une icône du glamour. Et puis c’est la consécration en 1956, quand Life magazine publie le cliché de la princesse tentant de dissimuler sa grossesse derrière un grand sac Kelly. Reste que ce dernier n’a pas été créé pour elle. En 1862, son ancêtre, beaucoup plus grand et prosaïque, était destiné à transporter une selle et des bottes de cheval. ÉCONOMIE 11 PETITES HISTOIRES DE SAC LE KELLY Le mythe signé Hermès LE LADY DIOR Un autre sac de princesse DIOR Le Lady Dior, créé en 1995. LE KEEP-ALL L’ancêtre du sac de voyage ■ Il est au voyage ce que le pantalon fut aux femmes, celui par qui la liberté de mouvement arrive. C’est l’ancêtre de tous les sacs de voyage, un précurseur. Lancé en 1930 par Louis Vuitton, le « keep-all » – littéralement le « fourre-tout » – finira par reléguer les malles à fond de cale. Dans la France des années 1960, le temps est aux courts séjours, aux week-ends SAC À LOUER Un vrai business ■ Les sacs, c’est aussi une question de standing : plus ils coûtent cher, plus il faut en changer. Une triste réalité, mais un vrai « business model ». Tout le monde a le droit à sa part de rêve. D’où la naissance des sacdunjour.com et autres feelchic.fr. Des sites internet qui louent des sacs Le sac Kelly nécessite 18 heures de travail. ■ On le reconnaît à son cuir surpiqué « cannage ». Un clin d’œil aux chaises Napoléon III, sur lesquelles les clientes de Christian Dior posaient leur séant lors des défilés de la rue Montaigne. Créé en 1995, le Lady Dior doit une fière chandelle à Bernadette Chirac. La première dame – championne du lobbying économique – en avait offert un exemplaire à Lady Diana. Il a suffi d’une photo de la princesse des cœurs, armée de son petit sac dans un centre de Birmingham, pour créer le « buzz » médiatique. Quelques mois après sa parution, Dior en aurait écoulé plus de 200000 exemplaires. et aux escapades à la campagne. La génération « Nouvelle Vague » vit plus vite. Françoise Sagan part en virée à Deauville et Brigitte Bardot descend à Saint-Trop’. Le keep-all répond parfaitement aux exigences de ces nouveaux nomades et le sac de voyage va devenir le bagage fétiche de ces stars. DR Le site sacdunjour.com. de luxe, à la journée ou au mois. Comptez quand même 155 euros pour promener votre Lady Dior pendant 30 jours. Et si décidément, avec toute la bonne volonté du monde, vous ne pouvez plus vous en séparer, on vous propose même de l’acheter d’occasion. AFP



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