Direct Soir n°233 30 oct 2007
Direct Soir n°233 30 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°233 de 30 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Vincent Elbaz gentleman braqueur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Directsoir N°233/Mardi 30 octobre 2007 6 EN COUVERTURE XAVIER BERTRAND, 42 ANS, MINISTRE DU TRAVAIL, DES RELATIONS SOCIALES ET DE LA SOLIDARITÉ. ÉLU DÉPUTÉ DE L’AISNE EN 2002, L’ANCIEN ASSUREUR A RÉUSSI EN CINQ ANS UNE PERCÉE SUR LA SCÈNE POLITIQUE NATIONALE. PÉDAGOGUE ET DÉTERMINÉ, IL A REÇU POUR MISSION DE MENER À BIEN LES RÉFORMES SOCIALES PROMISES PAR LE CANDIDAT SARKOZY. Xavier Bertrand L’art de négocier PAUL DELORT/FIGAROPHOTO.COM
N. TAVERNIER/REA www.directsoir.net Entre conférence sur le pouvoir d’achat, réforme des régimes spéciaux et vote, aujourd’hui à l’Assemblée nationale, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité est en première ligne sur les dossiers les plus houleux de la rentrée. En plaçant à ce ministère clé un homme dont le nom n’était connu, il y a encore cinq ans, que des habitants du département de l’Aisne, Nicolas Sarkozy a misé sur les qualités de l’un des négociateurs les plus fins de son équipe. Un choix logique : celui de confier le ministère du Travail au porteparole d’une campagne électorale construite sur le thème du travail. Les dossiers sont délicats, mais ne semblent pas effrayer celui qui a dû gérer de front le chikungunya et la canicule de l’été 2006 lorsqu’il était en poste au ministère de la Santé. Sa méthode n’a pas changé d’un ministère à l’autre : volontarisme et écoute. « CHANGER LES HABITUDES » Interrogé sur le terme de déception exprimé par Jean-Claude Mailly (FO) après son entrevue avec le ministre à la fin de la semaine dernière, il prévient : « On va changer les habitudes. Il y a quinze jours, j’ai remis un document d’orientation. On m’a fait des propositions : je veux les étudier sérieusement. » Pour Xavier Bertrand, il en va aussi bien de ces dossiers, qu’il connaît à fond, que des propositions des syndicats : il faut une approche pragmatique et ouverte. « Je ne sais pas avant une réunion ce que je vais dire après. J’essaie de trouver des réponses aux inquiétudes. Je ne suis pas dans les logiques du « ça passe ou ça casse ». » Dans son livre témoignage sur la campagne de Nicolas Sarkozy (L’aube le soir ou la nuit, Flammarion, 2007), Yasmina Reza raconte l’entraînement de Nicolas Sarkozy au débat avec son opposante socialiste entre les deux tours. Sous un arbre, en Corse, le porte-parole incarne la candidate : « Xavier Bertrand (…) est épatant en Ségolène Royal, calme, pointu, persiflant », estime la dramaturge. Cette volonté de voir avec les yeux de l’autre ne s’est pas effacée avec la campagne. « Pour bien comprendre la politique, je ne sais pas s’il faut avoir fait Sciences-Po ou être capable de comprendre la psychologie des uns et des autres. Respecter son interlocuteur, c’est être capable de se mettre à sa place. » UN STYLE QUI TRANCHE Le style Xavier Bertrand tranche. Disponibilité et proximité. Deux principes qu’il n’a pas appris sur les bancs de la rue Saint-Guillaume ou de l’ENA comme Jacques Chirac, Alain Juppé, ou Dominique de Villepin – qui l’ont lancé sur la scène nationale. Interrogé sur les origines de son engagement en politique, il ne parle pas de tradition familiale ou de vocation. Il répond concrètement : « Une double origine ». Tout d’abord, comme un cri du cœur : « La campagne présidentielle de 1981. Je n’ai pas encore seize ans et je suis toute la campagne, je me passionne pour la campagne de Jacques Chirac. » Trois fois le mot campagne en quelques instants. Le terme est révélateur : Xavier Bertrand aime l’action. Depuis son adolescence. « Six, sept mois après [la campagne présidentielle], j’ai l’occasion de EN COUVERTURE 7 Alors que Xavier Bertrand affronte la grogne syndicale sur les régimes spéciaux, celui à qui Nicolas Sarkozy a demandé de défendre le service minimum et l’uniformisation du droit du travail s’impose comme un atout majeur de l’équipe Fillon. A 42 ans, ce négociateur est une valeur montante de la scène politique. Respecter son interlocuteur, c’est « être capable de se mettre à sa place » Je pense que les parlementaires sont porteurs d’énormément de bon sens. visiter le Sénat, se rappelle-t-il, et je rencontre Jacques Braconnier. » Celuici est le sénateur de l’Aisne (Picardie). L’homme est séduit par la capacité de travail du jeune homme et lui propose immédiatement de s’engager à ses côtés. Huit ans plus tard (il a 24 ans), il est élu conseiller municipal d’opposition à Saint-Quentin, dans le département de l’Aisne. Il s’impose peu à peu sur la scène locale. Il obtient parallèlement un DESS d’administration locale. En 1992, il dirige la campagne du « non » au traité de Maastricht dans le département. Agent d’assurances, il doit attendre 1995 pour devenir adjoint au maire Pierre André, qui emporte la ville lors des municipales. Chargé de la redynamisation de la ville, il a l’idée de créer une plage de sable devant l’Hôtel de Ville. Pierre André, d’abord réticent, est vite gagné par l’enthousiasme du jeune élu. Paris-Plage naîtra sept ans après. « Ça ne me dérange pas que l’idée ait été reprise. Douze ans après, ça marche toujours aussi bien. » L’ascension au niveau local se poursuit : élu conseiller général du département en 1998, il devient en 2001 président de l’intergroupe RPR-UDF-Indépendants Avec Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté. du Conseil général de l’Aisne. Un an après avoir été reconduit dans ses fonctions à la mairie, il devient député de la deuxième circonscription de l’Aisne, lors de la « vague bleue » de 2002. UNE ASCENSION FULGURANTE Le Palais-Bourbon n’impressionne pas le jeune député. Membre de la commission des Finances, de l’Economie générale et du Plan, il est, dès 2003, nommé rapporteur du budget aux anciens combattants (il est reconduit en 2004). Repéré par Alain Juppé, il est chargé du débat sur les retraites au sein de l’UMP dès janvier 2003 et devient dans la foulée secrétaire général adjoint en charge des débats de société. L’ascension fulgurante prend un tournant décisif lorsqu’il est nommé secrétaire d’Etat à l’Assurance maladie, le 31 mars 2004, sous la tutelle de Philippe Douste-Blazy. Lorsqu’un an plus tard Jean-Pierre Raffarin est remercié par Jacques Chirac suite à la victoire du « non » au référendum (Xavier Bertrand faisait cette fois-ci partie du camp du « oui »), il est le seul « juppéiste » sauvé par Dominique de Villepin qui lui confie la Santé. A ce poste, il prend sa dimension actuelle en gérant de front FANNY TONDRE/REA



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :