Direct Soir n°233 30 oct 2007
Direct Soir n°233 30 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°233 de 30 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Vincent Elbaz gentleman braqueur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DUNN MEAS P.RAMETTE/ADAGP 2007 Directsoir N°233/Mardi 30 octobre 2007 14 CULTURE THÉÂTRE Les madeleines de Jean Rochefort Jean Rochefort rend hommage, sur la scène du théâtre de la Madeleine, aux auteurs, humoristes ou chanteurs qui ont marqué sa vie. Un moment rare et délicieux. Jean Rochefort, artiste élégant et burlesque. « On est bien, là », déclare en prélude Jean Rochefort sur la scène du théâtre de la Madeleine. Effectivement, on est bien. Accompagné par l’accordéoniste Lionel Suarez, le comédien se raconte durant deux heures. Plus exactement, il lit des textes d’auteurs, poètes humoristes ou chanteurs qui ont façonné sa vie. Le spectacle Entre autres ressemble à ce dandy loufoque et élégant, mêlant gravité et rire, émotion et légèreté. A la fantaisie du fou chanté Charles Trenet succède le poème mis en exergue du livre Si c’est un homme de Primo Levi. Des amuseurs comme Jean Yanne ou Fernandel côtoient Raymond Carver,Verlaine, Cioran ou Roland Barthes. Ces lectures sont accompagnées d’anecdotes personnelles. Jean Rochefort feuillette Socles à réflexion (utilisation). TOP DES TOPS GALLIMARD JEUNESSE 1 EXPOSITION sans nostalgie son album de souvenirs, ressuscitant la voix nasale de Michel Audiard ou se remémorant une rencontre avec Jacques Prévert. Magnifique déclaration d’amour aux textes, Entre autres est aussi une prestation physique. Indifférent au temps qui passe, le génie burlesque de l’acteur est intact. On découvre un Jean Rochefort imitateur animalier, évoquant le coït du lion, le chimpanzé, l’éléphant ou le caméléon. Ce dernier numéro (le caméléon) est, à en croire son créateur, une exclusivité quasi mondiale : « Il y en a un qui le fait dans le Wyoming, mais tout le monde dit que c’est pas très bon ». Entre autres, Jean Rochefort, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Madeleine, 19, rue de Surène, Paris 8 e (0142650628). Philippe Ramette crée l’événement EXPO THÉÂTRE Le Beau et la bête ■ Kasper explore le lien intime entre l’homme et l’animal au travers de son œuvre sculpturale. Une telle présentation de son travail serait néanmoins réductrice, l’artiste se livrant aussi à une réflexion stimulante sur la littérature et l’humanisme, comme en témoigne avec éclat son buste de Victor Hugo. La fondation Taylor offre au regard du public une trentaine de ses œuvres. L’animalité y est incontournable, renouant avec l’inspiration des sculpteurs à l’aube de l’humanité. Les poissons anthropomorphiques renvoient l’homme à son berceau océanique. L’énigmatique minotaure privé de tête rend étonnamment présents les mythes fondateurs européens. Plus contemporain, Sun et bios est un hommage aux chiens guides d’aveugles et à leurs maîtres, par un artiste qui toujours a eu le souci de s’adresser aux non-voyants par la sculpture. Du 2 au 24 novembre, Fondation Taylor, 1, rue La Bruyère, Paris 9 e, du mardi au samedi (0148748524). ■ Le domaine départemental de Chamarande présente une exposition consacrée à l’artiste et photographe Philippe Ramette. Défiant les lois de la gravité, la logique et les canons de l’art photographique, ce créateur réalise aussi des performances acrobatiques sans trucage, aimant confronter l’absurde et le réel. L’exposition aborde deux thèmes qui lui sont chers : le burlesque (hommage à Buster Keaton et au cinéma) et le miroir. Philippe Ramette, Domaine départemental de Chamarande (91), jusqu’au 3 février (0160825201). Harry Potter et les reliques de la mort J.K. Rowling Gallimard Jeunesse jkle 2 Chagrin d’école Daniel Pennac Gallimard 3 4 5 Anticancer David Servan-Schreiber Robert Laffont Dans le café de la jeunesse perdue Patrick Mondiano Gallimard Meilleure vente de livres (hors BD et livres de poches). Le septième tome des aventures de Harry Potter entre en tête du top hebdo. Dans cet ultime chapitre, l’apprenti sorcier doit localiser et détruire les restes de l’horrible Voldermort, et affronter les reliques de la mort. Un dénouement très attendu dans lequel J.K. Rowling nous réserve bien des surprises. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : Sun et bios (2003). L’élégance du hérisson Muriel Barbery Gallimard jkle jkle jkle jkle DR DR Fabrice-Robert, l’éternel volubile. Tout sur Robert ■ Fabrice Luchini reprend ses lectures : Valéry, Barthes, Flaubert, Rimbaud, Chrétien de Troyes… De digressions en explications de textes, Luchini se dévoile (Robert est son vrai prénom), et transmet sa passion des belles-lettres. Le point sur Robert, jusqu’au 16 novembre, Théâtre de la Gaîté Montparnasse, 26, rue de la Gaieté, Paris 14 e (0143221618). LIVRE Si la stupidité nous était contée… ■ La stupidité est un talent « typiquement humain ». Mieux, elle est l’apanage de l’homme… Dans son Encyclopédie de la stupidité Matthijs Van Boxsel a compilé ses travaux sur le sujet, fruit de vingt-cinq années de recherches. Loin d’être un sottisier dépourvu de fond, son travail revisite l’histoire humaine et sa pensée et invite à réfléchir. Politique, art, religion ou télévision, il n’élude aucun domaine et démontre que le champ d’investigation de la stupidité est infini. Cette « capacité d’intervenir contre son propre intérêt » est ainsi traquée par l’auteur avec maestria. Et le lecteur de fermer le livre, fier de porter en lui les gênes de la stupidité… qui sont la marque de sa grandeur. L’encyclopédie de la stupidité, de Matthijs Van Boxsel, éd. Payot, 20 €. IBO/SIPA
DR LYDIE/SIPA www.directsoir.net Vincent Elbaz Dans la peau d’un truand FILMOGRAPHIE ■ 2008 : Les randonneurs à Saint-Tropez, de Philippe Harel. ■ 2007 : Le dernier gang, d’Ariel Zeitoun et Tel père, telle fille, d’Olivier de Plas. ■ 2005 : Ma vie en l’air, de Rémi Bezançon, et Dans tes rêves, de Denis Thybaud. ■ 2003 : Ni pour, ni contre (bien au contraire), de Cédric Klapisch. ■ 2002 : Embrassez qui vous voudrez, de Michel Blanc, et Rue des plaisirs, de Patrice Leconte. ■ 2000 : La parenthèse enchantée, de MIchel Spinosa, et J’peux pas dormir, de Guillaume Canet. ■ 1999 : Quasimodo d’el Paris, de Patrick Timsit, et Peut-être, de Cédric Klapisch. ■ 1998 : César du meilleur espoir masculin pour Les randonneurs. ■ 1997 : La vérité si je mens, de Thomas Gilou, et Les randonneurs, de Philippe Harel. ■ 1995 : Le péril jeune, de Cédric Klapisch. AU THÉÂTRE AUSSI… Avec « Le dernier gang », Vincent Elbaz prouve qu’il est aussi à l’aise dans les comédies – « La vérité si je mens » – que dans des films plus sombres. Entre le théâtre et la promotion de son dernier film, Vincent Elbaz a accordé un entretien à « Directsoir ». A l’affiche au cinéma avec Le dernier gang, Vincent Elbaz fait également l’actualité au théâtre. Dans la pièce Good Canary, mise en scène par John Malkovich, il incarne un jeune auteur à succès vivant en couple avec une femme toxicomane (Cristiana Reali). L’acteur avait déjà travaillé avec Malkovich en 2002 pour Hysteria, qui lui avait valu deux nominations aux molières. Pour Vincent Elbaz, ces deux rôles représentent un retour à ses premiers amours, puisqu’il avait débuté sa carrière sur les planches, jouant des pièces de Sam Shepard ou de Carlo Goldoni. Good Canary, Théâtre Comédia, 4, bd de Strasbourg, Paris 10 e (01 4238 22 22). Directsoir : Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’histoire du gang des postiches ? VincentElbaz : En tant qu’acteur, je me suis d’abord penché sur le scénario. Il fallait que je puisse vivre une expérience. Que cette expérience soit au plus proche de ce qui s’est vraiment passé. Au niveau des braquages, il n’y a pas de souci majeur, ce sont des faits divers, il est aisé de les adapter au cinéma. Les scènes d’action sont faciles à reproduire. En revanche, pour ce qui relève de la vie intime de ce gangster, sa vie de couple, tout ce qui est de l’ordre de l’émotion, il y avait beaucoup de choses à aller chercher. Qu’estce qui se passe quand ils sont en cavale ? Avec leur petite fille ? Quand ils sont en conflit, et pourquoi ? André Bellaïche a beaucoup raconté, et le reste, il a fallu se l’approprier. A côté de la simple histoire de voyous, le film fait ressortir certaines valeurs fortes, d’amitié, d’amour. V. E. : Cette histoire est très spécifique. Les membres ne faisaient pas partie du milieu des voyous. Même les autres gangsters de leur quartier ont appris qui faisait partie du gang des postiches seulement lorsqu’ils se sont fait arrêter, c’est-à-dire bien des années plus tard. C’est une bande de délinquants, qui a trempé dans la criminalité et les braquages certes, mais ce sont surtout des amis : il n’y a pas de chefs entre amis, chacun amène ce qu’il est, ses pulsions, sa violence et ses idées. C’est un peu fou comme histoire, car à côté ils ont leur famille, leur vie d’homme. Il y a une belle histoire d’amour, très pudique, entre votre personnage, Simon, et celui joué par Clémence Poésy. V. E. : La violence et la sexualité peuvent s’exprimer de plusieurs manières. Je préfère lorsque les émotions sont exprimées par des voies détournées. Ce que je n’aime pas dans certains scénarios, ce sont les scènes qui montrent directement ce qu’elles veulent exprimer. Je m’explique : pour jouer un père de famille, l’homme rentre systématiquement chez lui, embrasse sa femme et dîne en famille avant d’aller faire l’amour avec son épouse. Chez Scorsese par exemple, la sexualité s’exprime par tous les biais sauf par l’intermédiaire du sexe. Ou alors certains réalisateurs, pour exprimer la violence, le meurtre, font dire à leur personnage « Attention, je vais te tuer ! ». Ces situations sont trop courantes, trop banales, trop faciles. J’aime l’originalité, la différence. Vous êtes nombreux au casting de ce film : l’ambiance était bonne entre vous ? V. E. : Oui, et il fallait que tout le monde puisse exprimer la vérité de son rôle. Remplir l’espace donné sur un plateau n’est pas toujours évident, les partenaires doivent se laisser de la place mutuellement. Pour Le dernier gang, tout s’est bien passé. Même si bien s’entendre sur un plateau ne veut pas forcément dire que l’on doive nécessairement s’aimer. L’entente entre acteurs, c’est laisser les gens exister, savoir recevoir et donner, laisser les autres faire leur travail. Ceci étant, pour jouer une forte amitié comme celle de Simon et Casa (Sami Bouajila), c’est difficile de tricher, il vaut mieux CULTURE 15 Vincent Elbaz joue Simon, personnage principal du Dernier gang. s’aimer réellement. Avec Sami justement, comme on jouait deux amis, deux frères, j’ai tout de suite ressenti le besoin d’être tactile avec lui. Au visionnage du film, qu’avez-vous ressenti ? V. E. : Je me suis dit « c’est pas mal du tout ! ». J’ai trouvé le film très touchant, on sent la violence, mais également la détresse de mon personnage. On comprend qu’il est victime de lui-même, et cela me touche énormément. A chaque fois qu’il fait des choix de vie, il s’enfonce un peu, mais c’est un être humain victime de lui-même. Certains s’en sortent, mais cet engrenage est souvent fatal. André Bellaïche a réussi à se réinsérer, à payer sa dette et à devenir un autre homme. Mais c’est vraiment rarissime. Vos projets ? V. E. : J’attends de pouvoir explorer un peu plus l’univers des films noirs, des polars. J’ai aimé l’expérience. J.-M. PERIER/PHOTOS 12



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