Direct Soir n°231 26 oct 2007
Direct Soir n°231 26 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°231 de 26 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : J.K. Rowling magicienne de Harry Potter

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PATRIMOINE LANVIN/SYLVAIN BARDIN H. DUBOIS/ARCHIVES MUSÉE DAPPER DR Directsoir N°231/Vendredi 26 octobre 2007 14 CULTURE MODE La garçonne fière 1914. Les femmes remplacent les hommes partis au front. Contraintes de travailler, elles s’affirment et gagnent en indépendance. Lorsque la fin de la guerre les libère, une décennie d’années folles les emporte. Dessin Maison Lanvin, robe « Lesbos », Cape « Claire de lune », vers 1925. Plumes, pierreries, perles et paillettes ornent avec panache les robes du soir des élégantes des années 1920.Au sortir de cinq années d’un conflit sanglant, l’ambiance est à la fête et à la légèreté. Emancipées par la guerre, les femmes n’hésitent plus à se couper les cheveux, à exhiber leurs chevilles et leurs genoux en dansant le charleston, à conduire, à boire de l’alcool et à fumer en public. C’est à ces nouveaux modes de vie et modes vestimentaires que le musée Galliera consacre ses salles d’exposition. 170 modèles, des robes pour l’essentiel, 200 accessoires et 50 produits de beauté permettent de retracer 24 heures de la vie d’une Parisienne dans les années 1920. Chanel, Schiaparelli, Lanvin, TOP DES TOPS 1 EXPO Poiret, Patou ont été les initiateurs de cette mode ultra-féminine le soir, androgyne le jour. Outre les somptueuses robes lamées, quelques vêtements ne manquent pas de faire sourire la femme moderne, qui s’étonne encore qu’un maillot de bain ait un jour été tricoté en grosses mailles de laine. Les illustrations sonores, photographiques et cinématographiques viennent compléter l’exposition et donnent un aperçu de l’ambiance de l’époque. Mais la scénographie élaborée sans folie ne parvient pas à faire revivre ces tenues qui habillent de froids mannequins. Les Années folles, jusqu’au 29 février au Musée Galliera. 10, avenue Pierre 1 er -de Serbie, Paris 16 e (0156528600). Si Barcelone m’était contée ■ Barcelone, 1900. Au café des Quatre Chats, un jeune artiste organise sa première exposition personnelle : il s’appelle Pablo Picasso. Incontestablement, la capitale catalane a joué un grand rôle dans la marche vers la modernité. Ce sont précisément ces années de mutations et de renouveau qu’explore le musée Van Gogh d’Amsterdam. L’exposition Barcelona 1900 célèbre en effet le dynamisme et les transformations de la ville espagnole entre 1880 et 1909. Autour de 200 œuvres, elle invite à parcourir un univers artistique unique et original. On y retrouve des artistes très attendus. Comment traverser ces trente années sans saluer Picasso et sans aborder le monde fantastique de Gaudí ? Mais à côté de ces grands noms figurent d’autres talents : Domènech i Montaner et Puig i Cadafalch pour l’architecture ou encore Alexandre de Riquer, Ramon Casas et Isidore Nonell. Tous inaugurent un nouveau style qui restera dans l’histoire de l’art sous le nom de « modernismo ». Barcelona 1900, Van Gogh Museum, Amsterdam, Pays-Bas, jusqu’au 20 janvier. L’iconographie sauvage de l’Afrique EXPOSITION THÉÂTRE ■ Dans la tradition orale, l’animal africain fait partie intégrante du quotidien de l’homme. Que ce soit la bête domestiquée comme le buffle, ou l’animal sauvage comme l’antilope, le léopard ou le crocodile, il figure dans les contes et légendes mais aussi dans les rituels et les actes de divination. L’exposition Animal propose d’éclairer ce lien complexe à la lumière d’œuvres d’art de l’Afrique subsaharienne : parures, statuettes, masques… Animal, jusqu’au 30 mars 2008, Musée Dapper, 35 bis, rue Paul-Valéry, Paris 16 e (0145009175). Melissa M Elle jkle Dessin Maison Lanvin, cape « Rita » et robe « La Cavallini », vers 1925. Masque malien représentant une tête de lion. 2 Koxie Garçon Une œuvre de Josep Llimona, sculpteur moderniste. Sean Kingston Christophe Ora Maté 3 4 Beautiful Girls Willem 5 Kamaté Jacques a dit jkle jkle jkle jkle Stop ou encore. Tandis que l’hymne de la Coupe du monde de rugby dégringole, de façon compréhensible, en cinquième position, une nouvelle venue s’installe à la première place du podium. La jeune Melissa M offre une version française et ralentie du classique Part Time Lover de Stevie Wonder. Le public plébiscite donc cette reprise made in France… pas forcément du goût des puristes. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : SNEP/IFOP LEX VAN LIESHOUT/EPA/SIPA Amour en scène, haine en coulisses ■ Adaptation théâtrale du film de Josiane Balasko sorti en 1998, Un grand cri d’amour est celui de Gigi et Hugo, ex-amants et acteurs sur le retour, contraints de se réunir sur scène pour relancer leurs carrières. Un grand cri d’amour de Josiane Balasko. Péniche La Marquise, 20, quai Augagneur, 69003 Lyon. Jusqu’au 4 novembre. LIVRE Mon père ce zéro ■ Harold Cleaver est un journaliste britannique de renom. Le roman que lui consacre son rejeton atterrit entre ses mains quarante-huit heures avant son interview du président des Etats-Unis. Les phrases cinglantes s’enchaînent, rien ne lui sera épargné. « Mon père aurait exposé sa théorie favorite à une pierre. » Sa vie est un théâtre, les médias l’ont intoxiqué. Tout est sujet à mise en scène et sa petite personne un gros titre de choix. Harold Cleaver improvise alors une cure de désintoxication dans les Alpes italiennes. S’éloigner du tourbillon médiatique et familial pour autoriser le seul tourbillon des pensées. Dangereux ou salvateur ? Style inclassable et détonnant que celui de cet auteur anglais qui n’en est pas à son premier coup de griffe sur les crânes formatés des quadras. Le silence de Cleaver, de Tim Parks, Actes Sud, 23 €. DR DR
DR www.directsoir.net Une plongée dans le spleen adolescent. Par souci de crédibilité, Gus Van Sant a fait appel à des lycéens, comédiens amateurs, qui ont été recrutés via une annonce sur le site myspace. 15 Crime sans châtiment ★★★★★ Avec « Paranoid Park », Gus Van Sant signe un faux thriller, mais un vrai grand film sur l’adolescence. Quatre ans après Elephant, Gus Van Sant continue dans Paranoid Park à disséquer l’adolescence en partant d’un fait divers. Moins puissant que la Palme d’or 2003, ce film n’en demeure pas moins une très belle évocation de cet âge mélancolique. Le long-métrage a d’ailleurs valu à son réalisateur une nouvelle récompense sur la Croisette (Prix du 60 e anniversaire du festival de Cannes). Paranoid Park, adapté d’un roman de Blake Nelson, se situe à Portland, ville chère à Gus Van Sant. Alex, 16 ans, tue accidentellement un agent de sécurité.A l’aide de flash-backs, le réalisateur nous fait entrer dans l’intimité du jeune homme, tourmenté CULTURE CINÉMA par la culpabilité et la peur de la punition. Mais ce « crime sans châtiment » lycéen est avant tout un prétexte pour le cinéaste, qui se plonge une nouvelle fois dans le spleen adolescent. On aura rarement aussi bien filmé les visages acnéiques et les rites de cette période. Gus Van Sant a d’ailleurs fait appel à des acteurs non professionnels, pour obtenir une interprétation la plus instinctive possible. Le blond Gabe Nevins donne vie à Alex, teenager solitaire et renfermé. La famille est lointaine, les parents divorcés. Seule échappatoire : une communauté de skateurs qui se retrouvent au Paranoid Park, un terrain mal famé. Gus Van Sant, lui-même adepte de la planche à roulettes dans sa jeunesse, offre de sublimes images de skateurs en super 8, bien aidé par le grand chef opérateur Christophe Doyle. Ces ballets urbains sont accompagnés d’une bande-son remarquable, qui passe de Nino Rota à Beethoven. L’émotion atteint son comble quand se fait entendre la voix d’ange d’Elliott Smith, chanteur folk ami de Gus Van Sant, qui s’est suicidé en 2003.Avec ce Paranoid Park, le réalisateur réussit donc un beau film, vaporeux et sensible. Comme tout le monde, Gus Van Sant vieillit (55 ans), mais son cinéma, inspiré par ce temps suspendu qu’est l’adolescence, semble ne vouloir jamais sortir de la fontaine de jouvence dans lequel il baigne. Paranoid Park, de Gus Van Sant, en salle.



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