Direct Soir n°228 23 oct 2007
Direct Soir n°228 23 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°228 de 23 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : le défi agricole pour Michel Barnier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°228 / Mardi 23 octobre 2007 10 ÉCONOMIE Le sac 2.55 Le porte-bonheur de Chanel Ce classique a été conçu par Coco Chanel et fut l’instrument de la renaissance de la maison de couture en 1955. Aujourd’hui, c’est Karl Lagerfeld qui le met au goût du jour. COCO CHANEL A EU L’ART DES CRÉA- TIONS INDÉMODABLES. UN PARFUM, LE N° 5 ; UN VÊTEMENT, LA PETITE ROBE NOIRE; UN BIJOU, LE RANG DE PERLES ; ET UN SAC, LE FAMEUX 2.55. Drôle de nom… il le doit à sa date de naissance, le mois de février 1955.A l’époque, sa créatrice Coco Chanel est loin d’être une inconnue… Si la maison Chanel est déjà synonyme de chic et de modernité, elle fait face à un nouveau défi. LE SAC DE LA RENAISSANCE Février 1955 : à 71 ans, Gabrielle Chanel, surnommée Coco, vient de rouvrir sa maison de couture, fermée pendant la Seconde Guerre mondiale et l’après-guerre. Exilée en Suisse, Coco Chanel a assisté à l’ascension d’un autre couturier, Christian Dior, et de son style, le «New Look». C’est-à-dire le contraire du style Chanel: des tenues hyperféminines, avec des baleines, des gaines et autres guêpières. Alors que, depuis 1920, Coco Chanel s’est évertuée à libérer les femmes des carcans que la mode leur imposait. Des choix qui fondent un style: codes vestimentaires empruntés aux hommes, à l’équitation, silhouette androgyne… En bref, une mode pratique mais qui reste d’un chic absolu. Partie de rien, Coco Chanel est une battante; elle relance sa maison en février 1954. C’est une réussite: de nouveau, la créatrice impose des robes près du corps, le tailleur de tweed à motif écossais, des chaussures bicolores et un sac matelassé à chaîne dorée. Ce sac, c’est le 2.55. Il s’inspire de la version élégante du sac à bandoulière, créée en 1929. Mademoiselle Chanel avait décliné au féminin la besace, munie d’une large sangle, utilisée par les militaires en campagne. Une fois de plus, elle transforme un code masculin en accessoire. Les femmes découvrent une nouvelle L’exposition CHANEL La mode passe, mais le style reste. Coco Chanel De multiples détails le rendent fonctionnel: à l’envers du double rabat, une poche à fermeture. Surnommée «la secrète», les femmes peuvent y glisser une lettre ou des billets. Autre coquetterie, la poche-tube, faite pour glisser son rouge à lèvres. Enfin, Coco Chanel choisit comme bandoulière une chaîne gourmette et du cuir lisse. Il ne reste plus qu’à pouvoir fermer ce 2.55, tout est en finesse: un fermoir rectangulaire à tourniquet doré à l’or fin. «Le luxe, c’est que ce soit aussi beau à l’envers qu’à l’endroit» : la série de détails illustre à merveille cette devise de Coco Chanel. Cent quatrevingts opérations sont indispensables à la fabrication du sac. Le succès du 2.55 est immédiat et signe la renaissance de Mademoiselle Chanel. En 1957, elle reliberté: les mains libres. Le 2.55 répond à cette exigence, cet impératif pratique. Coco Chanel confiait à Paul Morand : «Fatiguée de tenir mes sacs à la main et de les perdre, j’y passai une lanière et les portai en bandoulière». Rectangulaire, en cuir matelassé, le 2.55 s’inspire des vestes des lads portées sur les champs de course. «Il faut qu’ils aient du corps», exigeait Coco Chanel de ses sacs. Pour leur donner cet aspect gonflé, elle les fait matelasser au point droit de couturière. Ils sont dotés d’une doublure grenat, couleur des uniformes qu’elle portait petite à l’orphelinat. Sur cette doublure, elle impose sa marque de fabrique, les deux C entrelacés de ses initiales. Les matières sont multiples: du cuir pour la journée, du jersey ou de la soie pour le soir. © MANRAY TRUST/ADAGP PARIS 2007 Le sac 2.55 original. 180 opérations sont nécessaires à la fabrication du 2.55 L’exposition Chanel - L’art comme univers, au musée des Beaux-Arts Pouchkine, à Moscou, du 21 au 21 novembre 2007 «Témoigner de la force de l’intemporalité du langage Chanel» tel est le concept de l’exposition Chanel - L’art comme univers, qui se déroule en ce moment même au musée des Beaux-Arts Pouchkine, à Moscou. Car la culture russe a aussi inspiré le travail de Coco Chanel. Grâce notamment à son amant, le prince Dimitri, elle fit connaissance avec de nombreux Russes, immigrés après la révolution de 1917. Ainsi Coco Chanel hébergea, entre autres, le célèbre compositeur Igor Stravinski et sa famille. La créatrice utilisa les codes du costume russe dans ses vêtements, comme la broderie et les doublures de fourrures des manteaux. Cette exposition est aussi un hommage à la modernité de la styliste. Elaborée par Jean-Louis Froman, historien de la mode, le parcours est composée de cinq pavillons, qui reflètent les différentes étapes de la vie de mademoiselle Chanel, au travers çoit l’oscar de la mode à Dallas. Ce dernier honore alors «la créatrice la plus influente du XX e siècle». Autre signe de son succès, le 2.55 est adopté par Romy Schneider ou Jeanne Moreau, fidèles clientes de Chanel. LE 2.55 SANS COCO CHANEL Après la mort de Coco Chanel en 1971, la création est reprise par Karl Lagerfeld en 1983. Ce dernier n’abandonne pas le désormais mythique 2.55. Fidèle à la phrase de Goethe, «Faire un avenir meilleur avec les éléments élargis du passé», le créateur allemand transforme à l’infini le sac et joue même avec ses codes. Il le pare de jean, de tweed, de velours, de paillettes et même de raphia au gré des saisons. S’il joue avec les matières, Karl Lagerfeld des temps forts de l’identité Chanel: le noir, le rouge, le lamé or, le jersey le tweed. Dans chacun de ces pavillons, le visiteur trouve, pêle-mêle, des créations, des photographies et des œuvres d’art, avec des artistes de renom: Andy Warhol, Julian Schnabel, Picasso, Cocteau ou encore Gainsborough. L’exposition rencontre un très vif succès, à tel point que la conservatrice du musée a dû limiter le nombre de visiteurs. © CHANEL
© DR www.directsoir.net varie aussi les formes, transformant le 2.55 en sac à dos, sac banane ou encore en vanity-case. Parfois, c’est la bandoulière qui se pare d’agneau surpiqué ou le matelassé qui se pare de chevrons. Avec le même succès auprès des stars qu’en 1955: Kirsten Dunst ou encore Kate Bosworth l’ont adopté. Dernière trouvaille: lors des défilés de prêt-à-porter printemps-été 2008, le 2.55 se portait autour de la cheville, en référence au bracelet électronique © CHANEL L’actrice Marie-Hélène Arnaud (Fantomas, Les collégiennes), en 1959. Le modèle «Cruise». EXPORTATION DE LA MAROQUINERIE FRANÇAISE PAR PAYS Source: Fédération française de la maroquinerie. de la mise en liberté conditionnelle. Le 2.55 franchit même les barrières de la mode et inspire des artistes. Une vingtaine d’entre eux exposera les œuvres que lui a inspirés le 2.55, dans un pavillon futuriste créé par l’architecte Zaha Hadid. Appelée Mobile Art, cette exposition fera le tour du monde à partir de janvier 2008. Cinquante-deux ans après sa naissance, le sac 2.55 reste l’accessoire indispensable pour qui «pense» Chanel. Un porte-monnaie de la ligne 2.55. Le 2.55 décliné en étui de téléphone portable. Principaux pays clients 2006 en K€ % Monde 1. Japon 580 574 20,70 % 2. Etats-Unis 539 841 19,25 % 3. Hong-Kong 305 644 10,90 % 4. Italie 273 540 9,75 % 5. Allemagne 131 086 4,67 % 6. Grande-Bretagne 128 477 4,58 % 7. Suisse 114 706 4,09 % 8. Singapour 107 686 3,84 % 9. Espagne 106 891 3,81 % 10. Belgique/Luxembourg 85 195 3,04 % 11. Corée du Sud 75 438 2,69 % 12. Grèce 26 932 0,96 % 13. Canada 23 717 0,85 % 14. Emirats Arabes Unis 22 868 0,82 % 15. Portugal 20 577 0,73 % 16. Pays-Bas 20 399 0,73 % 17. Russie 18 339 0,65 % 18. Autriche 18 062 0,64 % 19. Taïwan 17 064 0,61 % 20. Chine 14 960 0,53 % Autres pays 172 884 6,16 % Total Monde 2 804 880 100 % © CHANEL © RUE DES ARCHIVES/AGIP LE KELLY D’HERMÈS ■ Le «Kelly» est inspiré d’un autre sac maison, le sac «haut à courroies», créé en 1892. Il était destiné à porter la selle et les bottes des clients cavaliers de la maison. Dans les années 1930, Hermès, reconverti dans la maroquinerie, le transforme en sac pour femme, en lançant une version plus petite et allégée, sur laquelle une bandoulière pourra être attachée. En 1956, la princesse Grace de Monaco le rend célèbre en cachant son ventre de femme enceinte derrière ce grand sac. Il prendra son nom de jeune fille, Kelly. En cuir, autruche ou crocodile, c’est le grand classique de la maison du 24, faubourg Saint-Honoré. LE LADY DIOR © DIOR ■ C’est à Silvia Fendi que le sac «baguette» doit sa naissance. En 1997, la créatrice italienne voulait un sac du soir qui ne soit ni trop petit, ni trop minimaliste. S’inspirant des sacs «vintage», elle lance donc une pochette rectangulaire et longue, qui se porte sous le bras, comme une baguette de pain. Si le succès est fulgurant, il n’était pas prévisible. Le sac baguette ne peut pas contenir grand-chose, et pourtant toutes les femmes se l’arrachent. Consécration suprême: il est porté par l’égérie de mode Carrie Bradshaw, dans la série Sex and the City. Sans cesse repris dans les collections Fendi depuis dix ans, il a encore été vu sur le podium du défilé pour l’été 2008. ÉCONOMIE 11 LE SAC BAGUETTE DE FENDI LE JACKIE DE GUCCI ACTEURS DU MARCHÉ Un sac ayant appartenu à Grace de Monaco. ■ En 1995, la princesse Diana vient inaugurer à Paris l’exposition Cézanne, sponsorisée par LVMH, la maison mère du groupe Dior. Bernadette Chirac offre alors à la princesse un sac «Lady Dior». C’est un coup de foudre pour Lady Di, qui l’adopte immédiatement. Elle sera prise en photo avec dans un centre d’éducation pour enfants, à Birmingham, où elle enlace un enfant. La photo fera le tour du monde. En quelques mois, plus de 200000 exemplaires sont vendus. En cuir surpiqué, le sac Lady Dior est inspiré par des chaises Napoléon III, choisies par le couturier Christian Dior pour accueillir ses clientes. Le modèle préféré de la princesse Diana. Jackie Kennedy et son sac Gucci (le plus grand des deux), en 1970. Un des derniers modèles de Fendi. ■ Autre sac mythique, le «Jackie» de Gucci. Créé au début des années 1960, il doit son nom à Jacqueline Kennedy, la femme du trente-cinquième président des Etats-Unis. Elle en possédait plusieurs versions, comme le montrent les photos d’elle prises à l’époque. Grâce à son image ultraglamour, il devient l’un des sacs les plus demandés. Très vite, d’autres stars l’adoptent, comme l’actrice américaine Elizabeth Taylor. Si la forme initiale est la même depuis le début, les matières, les teintes et les détails ont évolué au fil des ans. © FENDI © POLARIS/ DEADLINE PHOTO PRESS



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