Direct Soir n°223 16 oct 2007
Direct Soir n°223 16 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°223 de 16 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Christine Lagarde un budget pour la croissance

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°223/Mardi 16 octobre 2007 6 EN COUVERTURE Christine Lagarde La femme de Bercy ITINÉRAIRE D’UNE « FEMME PRESSÉE » APRÈS UNE BRILLANTE CARRIÈRE D’AVOCATE INTERNATIONALE, LA MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DE L’EMPLOI A QUITTÉ SON PAYS D’ADOPTION, LES ÉTATS-UNIS, POUR SERVIR SON PAYS. LUDOVIC/REA
X. ROSSI/GAMMA www.directsoir.net C’est son premier budget. Christine Lagarde, la première femme qui a accédé au prestigieux poste de ministre des Finances à Bercy, ouvre aujourd’hui le débat à l’Assemblée nationale. En dépit de la houle qui affecte l’économie française, avec des pronostics de croissance plus faibles que prévus, la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi entend tenir ses promesses. D’autant qu’elle se veut plus optimiste que les analystes. Dans une interview publiée ce matin dans Le Figaro, elle table sur une croissance comprise entre 2 et 2,5% pour 2007 et 2008. « Les dernières nouvelles sont très encourageantes pour la croissance », déclare-t-elle. Mais la conjoncture ne suffit pas. Il faut aussi une bonne dose de volontarisme. Un atout dans son jeu : une capacité à convaincre et à s’adapter qu’elle avait déjà démontrée au sein du ministère du Commerce extérieur, de 2005 à 2007. Après un bref passage au ministère de l’Agriculture en mai 2007, elle est de retour depuis juin 2007 à Bercy. « Il lui aura juste fallu monter quelques étages » comme le fait remarquer l’une de ses conseillères. L’huissier accueille les visiteurs, questionne sur le motif de la visite et sourit dès que le mot « ministre » est prononcé. « On est content qu’elle soit revenue », dit-il, et dans sa voix pointe une affection non dissimulée. Il a beau la voir passer toujours au pas de course – « c’est vrai qu’on a du mal à la suivre » – elle semble avoir déjà imprimé sa marque. Quelques étages plus haut, dans le couloir menant à son bureau, on retrouve une ambiance plus feutrée, mais toujours cette décontraction assez inattendue qui ferait presque oublier que nous sommes dans un des ministères clés du gouvernement. Le port altier, la démarche assurée, le regard perçant, Christine Lagarde possède cette décontraction naturelle et une certaine forme de « zénitude », pour laquelle la pratique du yoga et de la plongée sous-marine ne sont pas étrangères. Entretenir sa forme physique, se ménager des moments de décompression : un de ses secrets pour garder la tête froide dans la tempête. Il ne faut pas s’y tromper : « Le travail est un des fils conducteurs de ma vie », affirme-t-elle souvent. DE CHICAGO À PARIS : ITINÉRAIRE D’UNE FONCEUSE Ce qui retient l’attention, c’est ce mélange d’équilibre et de maîtrise et cette sensation d’aisance à passer d’un « job » à l’autre. Pourtant, elle a découvert les arcanes du pouvoir il y a deux ans lorsque Dominique de Villepin l’a appelée pour prendre la direction du ministère du Commerce extérieur. Une chance pour celle qui, après avoir passé près de 20 ans aux Etats-Unis, avait envie de faire quelque chose pour son pays. Lorsqu’on l’interroge, elle dément avoir fait preuve de volontarisme pour arriver là où elle est. « Il y a eu des rencontres, des hasards, des conjonctures qui ont été favorables. » Très tôt, elle va cultiver son profil international. Son environnement familial l’y pousse. Son père, professeur d’anglais, est souvent amené, pour ses travaux de recherche, à partir l’été à Oxford ou Cambridge. « Pour moi, aller passer l’été en Angleterre, c’était un peu un classique. » Cette ouverture au monde apparaît dès l’adolescence comme naturelle. C’est sans surprise qu’à 17 ans, bac en poche, elle part aux États-Unis. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle est fascinée : « Dans les années 1970, il y avait une très grande fascination pour ce EN COUVERTURE 7 Aux commandes du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde est en première ligne pour mettre en œuvre le programme économique de Nicolas Sarkozy. Son défi : redonner de l’oxygène à l’économie française tout en évitant les dérapages budgétaires. C’est précisément cette équation que les députés commencent à examiner aujourd’hui à l’occasion du débat budgétaire. On s’enrichit de « ses différences. Personne n’a toute la vérité incarnée » Christine Lagarde, à sa sortie du Conseil des ministres, le 20 juin 2007. Le meilleur chemin du progrès, c’est d’agréger tout ce que chacun a de meilleur pays, qui était d’abord très puissant, très créatif, à la fois en peinture, en musique, en territoire. C’était un pays qui incitait à l’imagination et à la créativité sur fond de sentiment de rébellion. » La case Etats-Unis est essentielle pour comprendre le parcours de cette « femme pressée ». C’est là qu’elle forgera son style et c’est là que naîtra sa conscience politique, après l’attentat de JFK. Elle fait d’ailleurs un parallèle entre lui et Nicolas Sarkozy : « Il y a chez chacun d’eux cette espèce d’enthousiasme et cette façon de manier la politique à la fois comme l’affaire de la cité et en même temps comme un « spectacle » permanent ». Pour elle, « chacun est du coup pris dans le mouvement ». En dépit de son goût certain pour la politique – elle effectuera un stage auprès du sénateur démocrate William Cohen, futur secrétaire d’Etat de Bill Clinton et fera Sciences-Po puis un DESS de droit social – sa vie est placée sous le signe du droit des affaires avec déjà en tête l’idée d’une carrière internationale, comme le lui suggéra Jean Veil à ses débuts. Elle choisit son employeur en connaissance de cause, le cabinet américain Baker & McKenzie. Elle y rentre en 1981 comme avocate associée et en prend la tête en 1999. Elle est à ce jour la première femme au monde à avoir dirigé un cabinet de cette envergure. Après toutes ces années aux États-Unis, il n’est pas étonnant que certains députés l’aient appelé « l’Américaine », une critique dans la bouche de certains mais dont elle ne fait aucun cas. Elle persiste en citant souvent dans ses discours l’auteur de De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville. Elle en est certaine : « Il y a une grande vertu à sentir ses racines et à s’inscrire dans un long chemin qui nous vient de grands auteurs. Je crois beaucoup à ce sentiment de continuité », et d’ajouter : « On trouve sa force dans ses racines. » UNE PRAGMATIQUE À BERCY Si Christine Lagarde n’oublie pas ses racines et sa Normandie natale, sa vie américaine l’a convaincue au moins d’une chose : « On s’enrichit de ses différences, personne n’a toute la vérité incarnée et le meilleur chemin du progrès, c’est d’agréger tout ce que chacun a de meilleur. D’avoir vécu à l’étranger, cela donne un immense sens de la relativité. » Des propos qui sonnent comme une déclaration de principes, VERNIER/JBV NEWS



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