Direct Soir n°219 10 oct 2007
Direct Soir n°219 10 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°219 de 10 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Condoleezza Rice ambassadrice de la paix

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Directsoir N°219/Mercredi 10 octobre 2007 6 EN COUVERTURE Condoleezza Rice Celle qui ne renonce pas CONDOLEEZZA RICE, 52 ANS, SECRÉTAIRE D’ÉTAT DES ÉTATS-UNIS. FIDÈLE D’ENTRE LES FIDÈLES DU PRÉSIDENT GEORGE W. BUSH, PIANISTE CHEVRONNÉE, PROFESSEUR ÉMÉRITE A STANDFORD, ELLE EST LA PREMIÈRE FEMME AFRO-AMÉRICAINE À DIRIGER LA DIPLOMATIE DE LA PLUS GRANDE PUISSANCE DU MONDE. La secrétaire d’Etat américaine à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, le 13 janvier dernier. POOL/ISRAEL SUN REA
M. THEILER/EPA/CORBIS www.directsoir.net Ce dimanche matin-là, elle n’a rien vu. Juste la vibration, le bruit étourdissant d’une bombe qui éclate. Et quatre fillettes qui meurent. On est loin de l’Irak ou de l’Afghanistan. Loin de tous ces pays dont elle connaît déjà les noms du haut de ses huit ans. Quatre fillettes tuées parce qu’alors des Blancs haïssaient des Noirs, dont les enfants jouent aujourd’hui avec les leurs. Pour Condoleezza Rice, il n’y a pas de différence entre ces hommes et ceux qui aujourd’hui posent des bombes dans les marchés de Bagdad ou Bassora. « C’est un son que je n’oublierai jamais, qui raisonnera pour toujours dans mes oreilles. Cette bombe a pris la vie de quatre jeunes filles, dont mon amie et camarade de jeu, Denise McNair. Le crime avait été pensé pour ôter l’espoir de jeunes vies, pour enterrer leurs ambitions. Mais ces peurs n’ont pas fait leur lit, ces terroristes ont échoué », a-t-elle raconté en 2004, lors de la remise des diplômes de l’université de Vanderbilt. Réaliste, tenace, Condoleezza Rice est confrontée tous les jours à ceux qui s’ingénient à briser les espoirs. La semaine prochaine, pour la énième fois, elle se rendra au Proche-Orient, pour préparer le prochain sommet israélo-palestinien, qui doit se tenir fin novembre aux Etats-Unis. Elle porte la lourde charge de ne pas décevoir non seulement les espoirs des deux frères ennemis, mais aussi ceux de l’administration Bush, qui, comme celle de Bill Clinton il y a huit ans, se trouve acculée à dénouer ce nœud gordien des relations internationales, pour sauver une présidence en demi-teinte. Au-delà d’une conviction profonde, qui la pousse à défendre la démocratie partout et à (presque) n’importe quel prix, Condoleezza Rice, l’une des dernières fidèles de George W. Bush, veut incarner une part du rêve américain. L’idée que, quand l’Etat de droit se fait le même pour tous, ce sont les individus et la grandeur de leurs aspirations qui permettent la réalisation de tous. Et que, un jour prochain, les enfants israéliens et palestiniens pourront eux aussi jouer ensemble. LA MARQUE DE LA SÉGRÉGATION Condoleezza Rice n’est pas avare d’anecdotes sur son enfance à Birmingham, dans l’Alabama, pendant la Ségrégation. Née le 14 novembre 1954, elle est fille unique. Ses parents font de son éducation et de sa réussite la clé de tout, leur réponse au racisme. « Ils refusaient de laisser les limites et les injustices de leur époque restreindre nos horizons », raconte-t-elle (Birmingham Times, janvier 2005). Son père, le révérend John Wesley Rice Jr., en plus d’être pasteur, est conseiller pédagogique au lycée Ullman, et sa mère professeur de sciences, de musique et d’art oratoire. Ces vocations se retrouvent dans l’éducation de la jeune fille. Pianiste chevronnée et élève brillante, elle se passionne pour la cause noire et le combat pour les droits civiques. L’une de ses amies d’enfance raconte qu’elle devait lire le journal tous les jours pour ne pas perdre le fil de ses conversations avec Condoleezza. Ce sentiment d’appartenance n’empruntera jamais les chemins de la violence, même dans les moments dramatiques. « Ces événements terribles me dévoraient l’esprit. J’ai manqué beaucoup de jours de classe à cause de fréquentes alertes à la bombe » (The Times, novembre 2004). Ses parents préfèrent la préparer « à confronter la société EN COUVERTURE 7 Vendredi à Moscou et au Proche-Orient la semaine prochaine, Condoleezza Rice a pour mission de débloquer l’un des plus vieux conflits du monde. Pas de quoi désespérer la secrétaire d’Etat, qui a connu les humiliations du racisme avant de devenir l’une des femmes les plus influentes du monde. Elle veut incarner « le rêve américain » Le parti républicain me regarde comme un individu, pas comme une partie d’un groupe. Condoleezza Rice, 1980 En sept ans, la secrétaire d’Etat est une des rares à être restée au côté de George W. Bush. blanche sur son propre terrain ». Quand d’autres ont recours aux armes, elle apprend le français, la musique, le patinage artistique et la danse classique. Avec douceur : « con doleezza ». C’est cette expression, empruntée aux compositeurs italiens, qui est à l’origine de son prénom. A quinze ans, l’âge où elle entre à l’université, elle veut devenir concertiste. Quand elle comprend qu’elle n’a pas le talent nécessaire, elle s’oriente vers les sciences politiques, à l’université de Denver, dans le Colorado, où sa famille s’installe en 1967. Douceur contre principe de réalité. Elle embrasse une brillante carrière universitaire, mais continue, aujourd’hui encore, de jouer avec un orchestre de chambre. Durant ses études, elle suit les cours de relations internationales du professeur Joseph Korbel, le père de Madeleine Albright, secrétaire d’Etat sous Bill Clinton et première femme à occuper ce poste… avant Condoleezza Rice. En 1979, elle a 25 ans, elle est recrutée par la prestigieuse université de Stanford comme professeur assistant. Promue professeur associée, spécialiste de l’Union soviétique, elle enseigne aussi à Berkeley et acceptera le poste de trésorière de l’université dans les années 1990. FIN DE LA GUERRE FROIDE, DÉBUTS EN POLITIQUE En 1986, sa réputation de soviétologue hors pair intéresse l’administration Reagan. Longtemps démocrate, elle trouve auprès des républicains la considération individuelle qui va lancer sa carrière politique. Lorsque George Bush senior accède à la Maison Blanche, elle est nommée directrice des Affaires soviétiques et est-européennes du Conseil national de sécurité, et assistante spéciale du président de cette instance. A ce poste, elle façonne ni plus ni moins la politique américaine qui accompagne l’effondrement de l’adversaire communiste. C’est elle qui développera la position de Washington sur la réunification allemande. Le président Bush la présenta à Mikhaïl Gorbatchev comme celle qui « lui a appris tout ce qu’il sait sur l’URSS ». En 1991, quand l’Armée rouge n’est plus menaçante que dans les superproductions hollywoodiennes, elle retourne vers Stanford et commence à siéger dans plusieurs conseils d’administration de sociétés privées. Pendant ces années tranquilles, elle reste proche du milieu politique, pour lequel elle est une consultante de choix à ses heures. On la retrouve en 2000 auprès du fils de son ancien mentor, le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, George W. Bush. Elle a pris une année sabbatique pour développer G. FABIANO/NEWSCOM/SIPA



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :