Direct Soir n°215 4 oct 2007
Direct Soir n°215 4 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°215 de 4 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Corée, réconciliation historique nord-sud

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L. MANNING/CORBIS 4 Directsoir N°215/Jeudi 4 octobre 2007 20 22 EN JEUX COUVERTURE Corée vers un traité de paix Nord-Sud 50 ANS D’ARMISTICE ■ Depuis un demisiècle, les deux Corées sont théoriquement en guerre puisqu’elles n’ont signé qu’un armistice. Le 27 juillet 1953, l’armistice de Pam Mun Jon met fin à trois ans d’affrontements entre le Nord et le Sud. Le conflit aurait fait entre un et trois millions de morts. Aujourd’hui, le 38 e parallèle marque toujours la frontière entre les deux pays. La DMZ, la zone démilitarisée, est paradoxalement l’un des sites mondiaux où le déploiement militaire est le plus important. NUCLÉAIRE ■ La Chine a annoncé hier un accord conclu entre les deux Corées, les Etats-Unis, le Japon, la Russie et la Chine elle-même, selon lequel le régime de Pyongyang s’engage à démanteler son principal site nucléaire de Yongbyon ainsi qu’à déclarer l’ensemble de son programme nucléaire d’ici à la fin de l’année. Cet accord a été qualifié d’important par le président américain George Bush. Officiellement en guerre depuis plus d’un demi-siècle, les deux Corées viennent d’annoncer, par la voix de leurs chefs d’Etat, réunis en sommet, leur volonté de signer un traité de paix. Depuis deux jours, les deux leaders ont multiplié les symboles du rapprochement entre leurs pays. C’est peut-être l’événement international du dernier trimestre 2007. Les yeux rivés sur le mouvement démocratique violemment réprimé en Birmanie, préoccupée par la question du nucléaire iranien, la communauté internationale n’a sans doute pas assez saisi l’enjeu d’une poignée de main entre deux hommes, encore inédite avant-hier. Deux chefs d’Etat, dont les pays sont officiellement en guerre depuis plus d’un demi-siècle et qui viennent d’annoncer ce matin leur volonté de signer un traité de paix. C’est historique. « Le Sud et le Nord partagent la vue selon laquelle ils doivent mettre fin à la situation d’armistice actuelle et instaurer un système de paix permanent », ont annoncé aujourd’hui, dans une déclaration commune, Kim Jong-il et Roh Moo-hyun, les chefs d’Etat de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, réunis en sommet depuis deux jours à Pyongyang. Les deux pays, qui n’ont signé qu’un armistice en 1953 (voir cicontre) sont toujours théoriquement en guerre. Depuis quarante-huit heures, la capitale nord-coréenne est le théâtre d’un réchauffement sans précédent entre les deux pays, incarné par les relations entre leurs deux chefs d’Etat. Ainsi, mardi, lors d’une cérémonie à laquelle assistaient une centaine de personnes, le leader nord-coréen n’a pas hésité à rompre le protocole pour aller accueillir lui-même son hôte sud-coréen, qu’il a ensuite accompagné devant une longue haie d’honneur. Roh Moo-hyun aurait dû être accueilli par le numéro deux du régime. Quelques heures plus tôt, il avait franchi, à pied, le 38 e parallèle qui marque la frontière historique entre les deux Corées. Tout un symbole. Hier, les deux hommes se sont rencontrés à deux reprises dans la résidence occupée par le leader nord-coréen à Pyongyang. A l’issue du premier entretien, le président sud-coréen s’était déclaré satisfait, qualifiant « d’honnête et franc » le ton de la rencontre. Kim Jong-il était même allé jusqu’à proposer à son hôte de prolonger sa visite de 24 heures. Invitation finalement déclinée par Roh Moo-hyun. PAIX SPORTIVE Une délégation de supporters commune à la Corée du Nord et à la Corée du Sud devrait être envoyée à Pékin en 2008 pour les Jeux olympiques d’été organisés dans la capitale chinoise. Dans la déclaration finale du sommet, les deux hommes ont réaffirmé leur volonté de mettre fin au programme nucléaire de Pyongyang, alors que la Chine a rendu public hier un accord sur la dénucléarisation de la Corée du Nord (lire ci-contre). Un verre à la main, ils ont annoncé leur décision d’accroître leur coopération économique pour construire un chantier naval dans la ville nord-coréenne de Nampo. Une liaison ferroviaire destinée au fret sera ouverte entre les deux pays. Quant au traité de paix, qui était présenté comme un objectif par le président sud-coréen, il ne pourra pas intervenir dans un avenir immédiat, les Etats-Unis et la Chine devant aussi le signer. Les deux Corées ont fait part de leur volonté d’organiser un sommet avec ces deux pays. En tout état de cause, l’événement coréen fera date. Le Sud et le Nord (doivent) instaurer un système de paix permanent. Déclaration finale du sommet intercoréen. Aujourd’hui, les présidents du Sud et du Nord, Roh Moo-hyun et Kim Jong-il, ont porté un toast à la réconciliation historique des deux Corées. A. BRADSHAW/EPA/CORBIS UN DIALOGUE DÉJÀ EXISTANT La question énergétique, au cœur des relations entre les deux Corées – régulièrement, le Nord ne parvient pas à satisfaire la demande de ses 23 millions d’habitants – n’est pas l’unique sujet de dialogue entre les deux pays. Depuis un premier sommet intercoréen, les 13 et 14 juin 2000, les relations entre les deux pays se sont réchauffées. Outre les livraisons de riz du Sud au Nord qui ont repris le 26 juin dernier, la politique dite « du rayon de soleil », inspirée par l’Ostpolitik allemande, a permis les retrouvailles d’une centaine de familles, séparées par le 38 e parallèle. Ce processus prévoit aussi une coopération économique accrue. L’étonnant complexe de Kaesong, implanté en Corée du Nord est un exemple de cette coopération entre les deux pays. Treize mille Nord-Coréens y sont employés par 22 entreprises sud-coréennes. A plusieurs reprises, Pyongyang a appelé Séoul a accélérer le développement de cette zone importante pour une économie nord-coréenne exsangue. Le président sud-coréen, de retour de Pyongyang où il rencontrait le leader nord-coréen, devait faire étape à Kaesong. AFP/POOL
www.directsoir.net BIRMANIE La junte durcit la répression ■ Les forces de sécurité birmanes poursuivent la répression à l’abri des regards. Discrets dans la journée, policiers et soldats traquent à la nuit tombée les opposants ayant pris part au mouvement de protestation populaire, la semaine passée. La nuit dernière, ils ont procédé à des dizaines d’interpellations. Semblant disposer de listes de suspects, photographiés ou filmés pendant les grandes manifestations des 24 et 25 septembre, ils ratissent Rangoun pendant les heures AFRIQUE DU SUD La fin d’un cauchemar de couvre-feu, et procèdent à des arrestations ciblées. La population a reçu pour consigne de ne pas s’opposer à ces interpellations. « Visuellement, Rangoun revient à la normale mais je pense que les tensions sous-jacentes et la peur sont encore là », a indiqué Charles Petrie, le plus haut représentant des Nations unies en Birmanie. Selon les diplomates occidentaux, les arrestations se compteraient par milliers, et la répression aurait fait bien plus que les 13 morts officiels. ■ Plus de trois mille mineurs sud-africains étaient encore bloqués ce matin au fond d’une mine d’or, mais ils sont en cours d’évacuation vers la surface un à un. Les hommes étaient regroupés au fond d’une galerie à plus de deux kilomètres sous terre après une panne sur l’ascenseur principal. D’après les propriétaires de cette mine située à une centaine de kilomètres de Johannesburg, les premiers hommes à avoir rejoint la surface dans la matinée étaient en bonne santé. Dans la nuit, du personnel médical avait rejoint le groupe pour lui porter assistance et vérifier qu’il a accès à l’eau et que la galerie restait correctement ventilée. DIPLOMATIE Nicolas Sarkozy rencontre les infirmières bulgares à Sofia ■ Le chef de l’Etat poursuit en Bulgarie sa tournée des capitales européennes, entamée le mois dernier à Budapest. Cette visite officielle a pour but de resserrer les liens politiques et économiques avec la France. Mais le point d’orgue En bref L’ACTU MONDE T. HADEBE/AP Les premiers mineurs évacués ce matin. de la journée sera la rencontre, prévue en fin d’après-midi, avec les infirmières et le médecin sortis des geôles libyennes cet été. Contrairement à la chanteuse d’origine bulgare Sylvie Vartan, la première dame, Cécilia Sarkozy, qui s’était, elle aussi, beaucoup investie dans l’affaire, ne fera pas partie de la délégation française. Pour remercier Nicolas Sarkozy de son action dans ce dossier, le président bulgare Gueorgui Parvanov devait lui remettre les insignes de l’ordre de la Stara Planina, la plus haute distinction du pays. La visite présidentielle doit également être ponctuée par une rencontre avec le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev, ainsi que par un discours devant de jeunes Bulgares à l’université Saint-Clément d’Ohrid, et une rencontre avec la communauté française. DIPLOMATIE. Angela Merkel entame sa première tournée en Afrique subsaharienne. La chancelière allemande devait s’entretenir avec les dirigeants éthiopiens, à Addis-Abeba. L’Afrique du Sud et le Liberia sont les deux prochaines étapes du voyage de la chancelière, qui s’achève dimanche. ❚ ANNIVERSAIRE. Il y a cinquante ans, la Russie prenait de vitesse les Etats-Unis en lançant autour de la Terre le premier satellite artificiel Spoutnik. ❚ T. HADEBE/AP



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