Direct Soir n°21 19 sep 2006
Direct Soir n°21 19 sep 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de 19 sep 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Ségolène Royal, la rose et les épines

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Mardi 19 septembre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW MICHEL ROCARD « Quand Ségolène Royal ne dit rien sur son programme, elle a raison. » L’homme de la « deuxième gauche » parle du début de la campagne présidentielle dans un entretien avec la rédaction de Directsoir. Ce week-end à Lens, les militants socialistes auditionnaient les postulants à l’investiture PS à l’élection présidentielle. Avez-vous fait votre choix ? M.Rocard : J’ai apporté mon soutien à Dominique Strauss-Kahn, le plus proche de ma manière de penser.C’est un homme de négociation,Européen convaincu,reconnu au niveau international et doté d’une véritable connaissance du monde. Précisément, quelle place l’Europe doit-elle tenir dans la campagne interne du PS ? Une place essentielle. Les candidats à l’investiture doivent faire comprendre aux Français qu’une Europe vigoureuse sur le plan économique et financier est indispensable. Il faut notamment qu’ils expliquent que certains dogmes,jusqu’ici imposés à la construction européenne, doivent sauter. Par exemple, vous savez que l’Europe n’a pas le droit d’emprunter. Dès lors, comment financer les travaux d’infrastructure, de transport, d’urbanisme ou d’intérêt communautaire,pourtant nécessaires au soutien d’une croissance durable ? Une coalition PS-UDF n’est ni souhaitable ni envisageable Repères AFP/STF Et l’Europe politique ? L’Europe politique est morte le 29 mai. Quand Nicolas Sarkozy parle de « minitraité » pour relancer l’Union, il rappelle un espoir largement commun, mais aujourd’hui hors de portée. Il y a, Dieu merci, un champ sur lequel les Européens réussissent désormais à s’entendre, c’est le Moyen-Orient. On y arrive parce qu’on est à peu près unanimes, bien que trop souvent, la France de Monsieur Chirac commence par faire cavalier seul.Dans le cas du Liban,comme celui de l’Irak, la France a proposé les bonnes solutions, mais sans consulter.En oubliant trop souvent d’y associer,au préalable,ses partenaires,Jacques Chirac sabote l’idée même d’une politique étrangère européenne auprès de l’opinion publique,alors que celle-ci est plus que jamais indispensable. AFP/P. HERZOG ROUDEIX SANDRINE/JDD/GAMMA Revenons au dossier du moment : l’alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général, mis à l’ordre du jour par Nicolas Sarkozy et François Fillon. Personne ne nie la nécessité de réformer les régimes spéciaux de retraite. L’essentiel, c’est la méthode pour le faire. Poser le problème en laissant croire qu’on va s’attaquer à tous les régimes spéciaux à la fois – qui concernent plus de 5 millions de Français, fonctionnaires, employés des entreprises publiques, agriculteurs, parlementaires… – sans préciser le comment, c’est braquer inutilement les Français contre une réforme inexorable. Et l’on sait, depuis 1988, que cela ne peut passer que par un travail préalable de négociation sociale avec les syndicats, avec un examen régime par régime.Nicolas Sarkozy veut aller trop vite,sans doute parce qu’il est déjà en campagne présidentielle. Quelle regard portez-vous sur cette campagne présidentielle ? Elle a commencé beaucoup trop tôt, cela devient lassant. Il est à craindre que, quand la vraie campagne présidentielle commencera en février-mars, certains candidats qui sont en permanence dans l’effet d’annonce n’aient plus rien à dire et ne soient plus audibles. AFP/G. CERLÈS Mais quand l’UMP et les socialistes critiquent la discrétion de Ségolène Royal sur son programme, ont-ils tort ? Quand Ségolène Royal ne dit rien de son programme, elle a raison. Elle doit le réserver aux Français pendant la campagne officielle, au risque de décevoir,sur le moment,ceux qui souhaiteraient qu’elle dévoile toutes ses cartouches.Il ne faut pas exaspérer les Français en commençant trop tôt. Toute campagne finit comme un sprint. C’est pour ce moment-là qu’il faut des munitions. Craignez-vous un nouveau 21 avril ? Les divisions qui ont perdu Jospin en 2002 pourraient faire perdre Sarkozy en 2007.L’union de son camp est une condition nécessaire pour gagner. Et la gauche est aussi menacée que la droite. Vous avez participé à l’Université d’été de l’UDF, une coalition PS-UDF serait-elle envisageable ? Il n’y a pas eu de rapprochement intellectuel entre le PS et l’UDF. François Bayrou prend une distance intelligente et nécessaire vis-à-vis de l’héritage gaullien, mais le drame est que son électorat n’a pas évolué dans le même sens.Tant que le parti centriste n’aura pas fait son examen critique en matière économique, une coalition PS- UDF n’est ni souhaitable ni envisageable. G. CLAEYS, G.KLOSSA ET A. DE MALLERAY 1970, extrême gauche avec Sartre 1988,Premier ministre de Mitterrand 2005, Euro-député à Strasbourg Après avoir participé à la création du PSU en 1960 et joué un rôle important lors des événements de mai 1968, il se présente à l’élection présidentielle de 1969, mais ne recueille que 3,61% des voix. PROFIL Michel Rocard a apporté un soutien officiel à Dominique Strauss-Kahn pour la candidature à l’investiture du Parti socialiste le 14 septembre dernier. Avec 25 parlementaires, il a signé un appel de soutien au député du Val d’Oise ; affirmant que l’ancien ministre de l’Economie et des Finances est « celui qui porte le langage de vérité et de clarté nécessaire à l’établissement d’une confiance durable ». Un penchant que le Premier ministre n’avait jamais caché... 1988. Il succède à Jacques Chirac au poste de Premier ministre au début du second septennat de François Mitterrand. Avec son gouvernement, il créera le RMI (Revenu minimum d’insertion). Depuis 1994, il siège au Parlement européen où il prit à plusieurs reprises la présidence d’une commission permanente, comme celle de l’emploi et des affaires sociales, de 1999 à 2002.



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