Direct Soir n°209 26 sep 2007
Direct Soir n°209 26 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°209 de 26 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Tony Parker du basket au rap

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
DR DR Directsoir N°209/Mercredi 26 septembre 2007 10 ECONOMIE Interview d’un PARTENAIRE La Yellow Boot, créée en 1973. DR TIMBERLAND Du bûcheron au citadin Foulant le bitume ou les sentiers de randonnée, la chaussure Timberland laisse ses empreintes dans le monde entier depuis plus de trente ans. Avec sa mythique Yellow Boot, la marque à l’arbre plaît même aux citadins. Retour sur le succès d’une société familiale. SON NOM VIENT DE « TIMBER ! ». Un cri que les bûcherons du Grand Nord américain prononcent pour signaler la chute d’un arbre. « Timber », c’est aussi le « bois de construction » dans la langue de Shakespeare. Qui aurait pu imaginer que ce look de bûcheron séduirait un jour rappeurs et adolescents du monde entier ? UNE NAISSANCE À L’AMÉRICAINE Timberland est avant tout une affaire de famille. En 1917, Nathan Swartz, petit cordonnier immigré de Russie, pose ses valises près de Boston, dans la région industrielle de la Nouvelle- Angleterre (nord-est des Etats-Unis). Grâce à son savoir-faire, il est rapidement engagé à la Abington Shoe Company, une fabrique de chaussures de l’Etat du Massachussetts, dont les principaux clients sont de grandes marques américaines. Une société qu’il rachète en 1955, avec le soutien de ses deux fils, Herman et Sydney. Le père découvre une technique de fabrication ré- volutionnaire, appelée « injection modling » (« moulage par injection »). Pour la première fois, les semelles sont collées au cuir au lieu d’être cousues, rendant la chaussure totalement étanche. Les coutures sont scellées et renforcées au latex. Flairant le bon coup, Sydney commercialise en 1973 le modèle Yellow Boot, première botte en cuir imperméable. C’est un succès commercial phénoménal. Initialement conçu pour les bûcherons du pays, le produit se vend à travers tout le pays. Pour les Swartz, le rêve américain devient réalité. La Yellow Boot, chaussure mythique, garantit étanchéité, solidité et confort. A ce jour, plus d’un million de paires se sont vendues en France, ce qui représente en lacets la distance entre Paris et Marseille (plus de 800 km). LA MARQUE DÉBARQUE EN EUROPE Profitant de ce succès, l’entreprise Timberland Plus d’un million de paires vendues en France, ce qui représente en lacets la distance Paris-Marseille. Aurélie BOUJON, responsable des partenariats privés à Unis-Cité COMMENT EST NÉE VOTRE COLLABORATION AVEC TIMBERLAND ? Notre association Unis-Cité est devenue partenaire de la marque en 1995. Aux Etats-Unis, Jeffrey Swartz s’est rapidement intéressé à l’action menée par City Year, une association d’aide aux jeunes dont nous nous sommes inspirés. Il a souhaité reproduire ces mêmes actions collectives en France et nous a contactés. Timberland fait figure de pionnier dans ce genre d’investissement. COMMENT LA MARQUE VOUS SOUTIENT-ELLE ? Par le « mécénat de compétences », qui incite les salariés de l’entreprise à s’investir dans des projets sociaux ou environnementaux. Récemment, l’association et des membres de Timberland ont aidé des jeunes de 18 à 25 ans au jardin de Sevran. Ensemble, nous avons essayé de les réinsérer dans le milieu professionnel par l’apprentissage de métiers maraîchers. Timberland nous aide aussi financièrement, à travers le lancement de nombreuses actions. développe sa gamme de chaussures. Le modèle 4x4, très résistant, est cousu à la main avec un fil de nylon. Le laçage contourne la cheville, ce qui permet à chacun d’adapter la chaussure à sa morphologie. Quant à la chaussure « bateau » créée en 1979, elle se plie aux exigences des marins et autres amateurs de nautisme. Sa semelle en caoutchouc, dans laquelle sont découpées au rasoir des entailles, facilite l’adhérence au sol. Les nouvelles lignes proposées par Timberland séduisent et font de la marque un des acteurs les plus importants du marché américain en matière de chaussures. Le succès intrigue et attire. Un homme d’affaires italien, Giuseppe Veronesi, s’intéresse de près à la petite société familiale qui a tout d’une grande. Il propose en 1979 d’importer les chaussures sur le Vieux Continent. L’acheteur, perçu comme un « étranger », effraie les Swartz, qui n’apprécient pas la venue d’un inconnu au sein du groupe. Afin de ne pas être floués, ils demandent à être payés comptant, ne croyant guère à la réussite de leur produit sur le marché européen. C’est pourtant une nouvelle réussite. Veronesi ouvre des franchises en Italie et en Scandinavie. Suivront la Suisse et la filiale française en 1986. QUEL ÉVÉNEMENT A ORGANISÉ TIMBERLAND POUR LES 30 ANS DE LA YELLOW BOOT, EN 2003 ? La marque a demandé à une trentaine d’artistes de réaliser une œuvre originale, à partir de leur propre vision de la Yellow Boot. Puis toutes les œuvres ont été vendues aux enchères. Unis-Cité s’est vu reverser l’intégralité des fonds collectés, ce qui nous a permis de financer de nombreux projets. Pour Timberland, c’est aussi un moyen de valoriser leur image.
DR www.directsoir.net Participation des salariés de Timberland à une journée d’action écologique à Sevran (Seine-Saint-Denis), le 20 septembre. JEFFREY, LE PETIT-FILS, REPREND LA DIRECTION Impossible pour Nathan Swartz d’imaginer une autre personne qu’un de ses descendants à la tête de sa société. Son fils Sydney lui succède en 1986, puis son petit-fils Jeffrey – toujours en poste à ce jour – prend les commandes de Timberland douze ans plus tard. Ce jeune homme ambitieux abandonne ses études de chirurgie et pérennise la réussite du groupe familial. La marque entre en Bourse et devient un produit à la mode. Surprenant pour une marque qui, à l’opposé de ses concurrents tels Adidas ou Nike, ne consacre qu’une part infime de son budget à la publicité. Timberland privilégie l’authenticité. Les chaussures, le textile et autres accessoires estampillés d’un arbre – logo du groupe – sont à présent produits en République dominicaine et en Asie. Avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars par an, le groupe atteint des sommets. UNE SOCIÉTÉ FAMILIALE ÉCOLO ET CITOYENNE Entreprise soucieuse d’éthique et d’environnement, Timberland s’investit dans la préservation de la planète. La société familiale, dont le slogan est « Make it TIMBERLAND : RÉPARTITION DU CA MONDIAL PAR PRODUIT Chaussures S. SANDS/STARFACE better (Faisons la différence) », s’est engagée à utiliser du chanvre, du bambou et du coton bio, respectant les règles du « business responsable ». En 2004, Timberland a réduit de 40% sa consommation d’eau et d’énergie dans ses tanneries. Proche de la nature, elle l’est aussi des hommes. Les employés du groupe peuvent prendre cinq jours de congés payés supplémentaires, ou un congé sabbatique rémunéré jusqu’à six mois pour se consacrer à une action de solidarité. Deux fois par an, les employés se mobilisent pour une journée de service à la communauté. En 2003, l’initiative a sensibilisé 3 300 personnes, représentant en temps de travail plus de 5 670 heures offertes. Au-delà de l’entreprise multinationale, Timberland symbolise avant tout un « style de vie écolo ». 3 paires de chaussures Timberland sont vendues en France chaque minute. Britney Spears et ses Yellow Boots. Accessoires Textile ■ Coutures jaunes, semelle rainurée sur coussin d’air, empreinte inimitable : facile de reconnaître la célèbre « Doc Martens ». Après une blessure en ski, le docteur Klaus Maertens met au point, avec son ami ingénieur Herbert Funck, une semelle fabriquée dans un vieux pneu. En 1959, un fabricant de chaussures, Bill Griggs, rachète la licence et anglicise le nom. Ce sera Dr Martens. Le modèle, sorti des chaînes de production le 1 er avril 1960, est alors baptisé la 1.4.60, première bottine huit trous au coloris rouge cerise. Adoptée par les groupes de musique rock, customisée par les plus grands créateurs et stylistes du monde, la « Doc » s’est imposée comme un accessoire culte. ECONOMIE 11 DR MARTENS De la chaussure orthopédique au look punk-rock ■ Rien ne présageait que Caterpillar se spécialiserait un jour dans le textile et les accessoires. Semelle en caoutchouc, tour de cheville rembourré, le modèle Caterpillar (« chenille » en anglais) est une référence en matière de chaussure de sécurité. A l’origine, le groupe industriel américain fabrique des machines, des moteurs diesel et des générateurs destinés aux chantiers et aux mines. C’est en 1890 que Benjamin Holt et Daniel Best expérimentent les premiers tracteurs sur chenilles. Au cours du XX e siècle, le groupe choisit de se diversifier. Commercialisée dans plus de 120 pays, la « Cat », solide et résistante, symbolise l’univers du bâtiment. PATAUGAS La chaussure chic et décontractée ■ Ancien journaliste et représentant, René Elissade crée en 1950 la célèbre Pataugas, premier brodequin en toile sur une semelle souple en caoutchouc. Cet homme possède déjà sa propre fabrique d’espadrilles établie à Mauléon, commune du Pays basque. Pour obtenir sa semelle, il fait fondre le caoutchouc à l’aide d’un réchaud à gaz, d’où le nom de « Pâte au gaz ». Plus de 500 personnes sont employées pour fabriquer ce produit révolutionnaire. Elles perçoivent des salaires plus élevés que ceux versés dans les autres industries locales. Après la disparition de son fondateur en février 1967, la marque est rachetée par le groupe André, devenu Vivarte aujourd’hui. Destinée initialement aux globe-trotters, la Pataugas séduit à présent une clientèle plus jeune et citadine, grâce au talent du styliste Philippe Morvan. PALLADIUM La chaussure des soldats ■ En 1947, la société Palladium, qui tient son nom de l’ancien cinéma dans lequel est installée l’usine, devient une marque. L’armée française lui demande des chaussures en toile, en cuir et en caoutchouc pour les militaires en Indochine. C’est ainsi que la première « Palabrousse » à semelle crantée fait ACTEURS DU MARCHÉ CATERPILLAR La chaussure de chantier CATERPILLAR La Pataugas, jeune et citadine. La Doc Martens, inusable et indémodable. Cette référence en matière de chaussure de sécurité séduit aussi une clientèle urbaine. DR son apparition. Après l’armée, la marque envahit le monde de la chasse, de la pêche et de la randonnée. Sans oublier les nombreux cascadeurs partant à la découverte du désert. Quelques années plus tard, Palladium crée une chaussure plus basse que le modèle d’origine, la « Pampa ». DR



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :