Direct Soir n°207 24 sep 2007
Direct Soir n°207 24 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°207 de 24 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Lionel Jospin secoue le PS

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°207/Lundi 24 septembre 2007 6 EN COUVERTURE Lionel Jospin Analyse d’une impasse A 70 ANS, CELUI QUI FUT PREMIER SECRÉTAIRE DU PARTI SOCIALISTE SOUS FRANÇOIS MITTERRAND ET PREMIER MINISTRE SOUS JACQUES CHIRAC, AFFICHE UN DES CV LES PLUS DENSES DE LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE. AUSSI DISCRET QU’INFLUENT, IL VEUT PARTICIPER À LA RÉNOVATION D’UN PS DÉSORIENTÉ PAR LA VICTOIRE DE NICOLAS SARKOZY À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. J.L. LUYSSEN/GAMMA
N. ANTONELLO/GAMMA www.directsoir.net Depuis plusieurs semaines, les médias attendaient avec impatience de se ruer dans L’Impasse, l’essai de Lionel Jospin mis en vente aujourd’hui dans les librairies. L’éditeur, Flammarion, avait entretenu une confidentialité drastique autour de cette sortie, annoncée comme un événement. Mais en dépit de ce halo de mystère, le quotidien Libération a pu révéler dès lundi dernier le contenu de ce livre, qu’un libraire distrait de province avait mis en vente. Contacté le jour même, l’éditeur déplorait le vif embarras engendré par cette fuite, mais persistait à maintenir son embargo. Larmes de crocodile ? Le « buzz » généré par cette avantpremière incontrôlée a assuré à L’Impasse un boulevard médiatique dont rêverait l’attaché de presse le plus chevronné. La semaine s’annonçait pourtant sereine du côté du parti socialiste. Dimanche 16 septembre, François Hollande avait rencontré plusieurs leaders de la gauche – Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et Cécile Duflot (PS) – à la Fête de l’Humanité pour organiser une stratégie d’opposition à Nicolas Sarkozy, tandis qu’environ 800 personnes d’obédience jospiniste, s’étaient réunies autour de Bertrand Delanoë, dont la cote de popularité atteint des sommets, pour réfléchir à la refondation du PS. En visite au Québec, Ségolène Royal laissait du champ aux leaders du parti qui n’avaient pas cédé aux sirènes de l’ouverture sarkozyste. Renaissance de la mythique gauche plurielle, émergence d’un nouveau leader, reconstruction d’un discours. « JEU DE MASSACRE » Le PS semblait redresser la tête dimanche dernier et pouvait espérer délivrer un message audible au cours d’une semaine au programme social chargé, marquée par les discours de Nicolas Sarkozy sur la réforme des retraites, de la fonction publique, de la représentativité syndicale ou du contrat de travail. Le livre de Lionel Jospin est venu ruiner cet espoir et a fait naître de nouvelles divisions dans les rangs socialistes. Le lendemain, à la journée parlementaire du PS, l’assistance ne parlait que de ce livre et avait bien du mal à fourbir des arguments contre les projets de réforme que Nicolas Sarkozy devait annoncer, ou contre le projet de loi sur l’immigration que Brice Hortefeux a soumis mardi à l’examen des députés. Observant ces remous avec une ironie jubilatoire, les ténors de la majorité n’avaient nul besoin de jeter de l’huile sur le feu, les déclarations de leurs adversaires socialistes témoignant suffisamment bien de leur désarroi. Lionel Jospin « sort la sulfateuse », « le mal est fait », « il a pété les plombs », c’est une manifestation « d’aigritude », un « jeu de massacre », commentent respectivement Christophe Caresche, Daniel Vaillant, Jean-Marc Todeschini, Gaëtan Gorce ou Vincent Peillon. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, fait part de sa colère et stigmatise sur France Inter l’auteur « à la retraite » de L’Impasse. Quel lièvre Lionel Jospin a-t-il pu lever pour provoquer une telle bronca ? Rien de bien nouveau, si ce n’est une critique assassine de Ségolène Royal, accusée de porter l’entière responsabilité de la défaite à l’élection présidentielle. Selon l’ancien conseiller général de Cintegabelle (Haute- Garonne), cette « candidate qui était la moins capable de gagner » « était une « figure secondaire de la vie publique » et ne doit en aucun cas prendre en charge la rénovation du parti. La charge est sévère, mais ne fait que s’ajouter à la série de coups de griffes portés à Ségolène Royal pendant la campagne, et après la défaite. Avec un sens inné de la réplique, des rives du Saint- EN COUVERTURE 7 Théoriquement retiré de l’avant-scène politique depuis le 21 avril 2002, l’ancien Premier ministre continue à hanter ses coulisses. Sans mandat électif, ni responsabilité au parti socialiste, il entend continuer à pourvoir la gauche en idées et en projets. Il publie aujourd’hui « L’impasse », un essai en forme de brûlot. « Provoquer le débat plutôt que le subir » Lors d’un meeting de soutien à Ségolène Royal et aux candidats parisiens en 2007. Laurent, l’ex- « Madone des sondages » élève la polémique à des altitudes mystiques inattendues. Voyant une proximité entre elle et Jeanne d’Arc au bûcher, elle s’approprie les paroles du Christ en croix : « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font », avant d’imputer les reproches de Lionel Jospin à des ressorts plus sombres et plus inattendus : sexisme et même racisme. UN MAGISTÈRE MORAL Comment expliquer la virulence de cette polémique, alors que Lionel Jospin est officiellement retiré de la vie politique active et libre de tout mandat ? En premier lieu, parce qu’il s’agit d’une des figures majeures du socialisme français depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avec Pierre Mendès France et Guy Mollet, il fait partie des principaux — et rares — hommes de gauche qui ont occupé Matignon dans la durée avec une véritable autonomie, ce que les Premiers ministres de François Mitterrand n’ont pu réellement expérimenter puisque le pouvoir était à l’Elysée. Lionel Jospin ne se prive pas d’ailleurs de rappeler qu’il est le seul socialiste avec François Mitterrand à avoir mené son camp à la victoire sous la V e République. Les socialistes sont partis à la bataille avec une candidate qui, malgré son aplombet sa détermination, n’était pas taillée pour le rôle. (Lionel Jospin,L’Impasse) Premier ministre de cohabitation pendant cinq ans (1997-2002), il a adopté une série de mesures majeures durant l’exercice de ses fonctions, au premier rang desquelles l’abaissement controversé de la durée légale du temps de travail hebdomadaire à 35 heures. Autres actes majeurs de son action : la mise en place de la couverture maladie universelle (CMU), l’instauration du pacte civil de solidarité (PACS), ou encore la création des emplois jeunes et de la police de proximité. Outre ce prestigieux cursus, Lionel Jospin conserve auprès de ses camarades un magistère moral, légitimé par un profil intellectuel séduisant et une longue expérience. Etudiant brillant, il est diplômé de Sciences-Po et ancien élève de l’ENA. A la sortie de la prestigieuse école d’administration, il choisit la voie diplomatique et entre au Quai-d’Orsay en 1965. Arrivé au Parti socialiste en 1971, il en gravit très vite les échelons, repéré par François Mitterrand qui lui confiera les clés de la rue de Solferino (siège du PS) durant son premier septennat (1981-1988). Ministre de l’Education nationale de 1988 à 1992, Lionel Jospin dirige l’une des administrations les plus sensibles politiquement, mais il doit démissionner avec le HALEY/SIPA



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