Direct Soir n°207 24 sep 2007
Direct Soir n°207 24 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°207 de 24 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Lionel Jospin secoue le PS

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°207/Lundi 24 septembre 2007 10 ECONOMIE Le trench-coat Burberry Le chic so british ! Indémodable, le trench-coat Burberry célèbre le chic anglais dans le monde entier. En quelques années, son style est redevenu moderne et glamour. TOUS LES CRÉATEURS DE MARQUES DE LUXE RÊVENT UN JOUR DE CONCEVOIR UN PRODUIT QUI DÉFIERAIT LE TEMPS ET LES MODES. Le trench-coat Burberry fait partie du microcosme de ces objets indémodables. Curieusement, il n’a pas du tout été conçu pour être un accessoire de mode. En effet, l’histoire du trench de Burberry est riche en péripéties. Elle commence en Angleterre au milieu du XIX e siècle. UN MANTEAU DE SOLDAT Accessoire de la féminité aujourd’hui, manteau de soldat hier… c’est un Anglais, Thomas Burberry, génie de 21 ans, qui réussira ce coup de maître… C’est en chassant dans les plaines d’Ecosse que ce jeune apprenti drapier a l’idée d’un manteau imperméable. Un manteau qui permettrait à ce sportif accompli, né en 1835, de pouvoir faire des mouvements et de laisser sa peau respirer. Au pays de la pluie, il met au point en 1870 une étoffe aux trois qualités : elle est solide, quasiment infroissable et surtout imperméable… Il vient de créer la gabardine, qui s’inspire, dit-on, de la description shakespearienne du manteau de Caliban dans La tempête. Mais comment rendre un tissu imperméable ? Il utilise des fils extrêmement serrés recouverts d’une substance secrète… Imperméable donc et surtout extrêmement léger. Un tissu si résistant qu’il est utilisé pour la fabrication du Tielocken, l’ancêtre du trench, un manteau utilisé par les soldats de l’armée anglaise pendant la guerre des Boers (à la fin du XIX e siècle en Afrique du Sud). Interview d’une SPÉCIALISTE F. DARMIGNY/PARIS PREMIERE DPA/ABACAPRESS Kate Moss, nouvelle égérie de la marque. Qu’on me donne mon Burberry ! Edouard VII, roi d’Angleterre (1841-1910). Mais c’est la Première Guerre mondiale qui va voir naître le fameux trench-coat. Entre-temps, la maison Burberry est devenue le fournisseur officiel de l’armée britannique et le sponsor de grandes expéditions polaires. Pour se battre dans les tranchées (« trench » en anglais), les soldats portent toujours un manteau imperméable mais il est doté d’une « pièce » supplémentaire : une ceinture à anneaux, les « D-Rings », permet de suspendre les grenades à l’avant et un sabre à l’arrière ; pour se protéger du froid le bas des manches est resserré par une bride au poignet et une mentonnière est ajoutée sous le cou. Un « trench » que les militaires n’abandonneront pas au sortir de la guerre. En période de paix, il se révèle très pratique pour affronter le climat de la perfide Albion. Devant le suc- cès du modèle, d’autres maisons comme Barbour ou Ramasport le reproduisent. Pour se démarquer de ses concurrents, Burberry y ajoute une doublure en tartan Nova Check, le fameux tissu écossais qui va devenir le signe de reconnaissance du manteau Burberry. Consécration suprême : en 1955, Burberry devient fournisseur officiel de Sa Gracieuse Majesté. Des hommes politiques aux stars de cinéma, tout le monde adopte ce manteau. LE TRENCH, UN VÉRITABLE ACCESSOIRE DE CINÉMA Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé, Humphrey Bogart dans Casablanca ou encore Peter Sellers héros des Aventures de la panthère rose… Le trench-coat va devenir un accessoire de cinéma 500000 Le nombre de soldats britanniques qui ont combattu lors de la Première Guerre mondiale avec un imperméable Burberry. Alexandra Golovanoff, présentatrice sur Paris Première * A quel moment Burberry était-elle devenue une marque ringarde ? Dans les années 1980, Burberry s’est trop diversifiée : les dirigeants ont donné trop de licences, allant même jusqu’aux gâteaux Burberry. Ils ont fait des produits très abordables comme les écharpes. D’autres produits, comme les chapeaux avec l’imprimé écossais, sont devenus le signe de ralliement des hooligans. Quelles sont les clés du renouveau Burberry ? Les propriétaires de Burberry ont compris * Emission : LA MODE, LA MODE, LA MODE (spécial défilés du 2 au 6 octobre, à 20h40). que l’image de la marque était vieillissante. Ils ont donc recruté à la tête du groupe l’Américaine Rose-Marie Bravo, une spécialiste des sauvetages. Elle a fait venir des designers excellents, dont l’Anglais Christopher Bailey. En même temps, ils ont recentré leur activité, en arrêtant les licences, et limité l’utilisation du tartan (l’imprimé écossais). Burberry a su sauvegarder son identité british : un savant mélange entre le fournisseur officiel de la reine et un côté plus rock’n’roll. Burberry continue à faire des choses grâce au charisme et à la classe des têtes d’affiche. Et ce sont les actrices qui vont le féminiser. Elles empruntent déjà à l’époque de nombreux codes masculins, du smoking à la cravate. Katharine Hepburn, Lauren Bacall ou encore Marlene Dietriech l’adoptent et l’adaptent. Dans Kramer contre Kramer, Meryl Streep est inoubliable dans son rôle de mère… vêtue d’un trench-coat Burberry. Un peu plus tard, dans les années 1980, Michael Douglas, trader à la Bourse, le porte comme un signe de réussite dans Wall Street. La maison Burberry continue de vivre sur son succès mais innove de moins en moins. Peu à peu, l’image du trench-coat et de la marque Burberry se démode et l’univers de la mode oublie ce manteau un peu trop « classique ». très classiques et en même temps a considérablement rajeuni ses collections. Le trench-coat est il un produit de luxe ? Oui, par son prix d’abord : il coûte entre 800 et 1500 euros. Un trench-coat Burberry est un produit increvable. C’est pour moi l’une des premières définitions du luxe : un produit qui est fait pour durer, qui ne se démode pas et qu’on a plaisir à porter. C’est un produit que l’on peut récupérer de sa mère, exactement comme une veste Chanel. PA PHOTO/ABACAPRESS
RUE DES ARCHIVES/PVDE www.directsoir.net Humphrey Bogart (ici dans Fedora), reste un des meilleurs ambassadeurs de Burberry. RÉPARTITION DES VENTES DANS LE MONDE PAR CATÉGORIES 10% Asie (hors Japon) 36% Japon 4% Autre 35% Europe 15% Amérique du Nord RUE DES ARCHIVES/PVDE Une publicité anglaise dans les années 1950. LE RENOUVEAU Il faut attendre 1997 et l’arrivée d’une Américaine à la tête de la maison Burberry, Rose Marie Bravo, pour que la marque renaisse. Spécialiste des sauvetages, elle donne un sacré coup de neuf dans la maison. Outre le fait que Burberry’s devient Burberry, l’arrivée de nouveaux stylistes rajeunit considérablement les collections. A commencer par le fameux trench. Décliné dans des couleurs vives, ligne revisitée, campagnes de pub orchestrées par Mario Testino avec Kate Moss ou Stella Tenant en égéries. Le trench-coat prend un vrai coup de jeune. Il se transforme même en minuscule cape. Cependant, la marque continue à vendre des trench-coats classiques pour sa clientèle traditionnelle. Mais selon les tendances de la saison, la silhouette du trench-coat est ajustée, l’ourlet plus ou moins long. Et le succès est immédiat : il plaît aux « fashion victims ».Véritable objet de culte, ces fans de mode partent à la recherche de modèles vintage. La marque redevient l’une des références du monde de la mode et retrouve son esprit « very british ». Entre 1998 et 2003, le chiffre d’affaires est multiplié par trois. Signe de son succès, le trench est copié dans le monde entier. Il est même devenu une pièce phare du prêt-à-porter. Mais le seul, le vrai reste le Burberry. A tel point que la marque lance cet automne « l’art du trench » : des imperméables faits sur mesure disponibles seulement dans quelques boutiques, dont celle de Londres. Formes, couleurs, doublures, il ne reste plus qu’à choisir. Une chose est sûre, cet imperméable est bien Made in England. 11% Licences 26% Accessoires inclus prêt-à-porter enfant 4% Autre 34% Prêt-à-porter féminin 28% Prêt-à-porter masculin ZIPPO/STARFACE ■ En 1919, le roi Edouard VII fait de Thomas Burberry l’habilleur officiel de la cour d’Angleterre. Suprême consécration pour le célèbre inventeur de la matière imperméable et du trench-coat. Car la route fut longue. Né en 1835, dans un petit village du Surrey, Burberry a pris son envol en 1856 quand le jeune prodige ouvre sa première boutique à Basingstoke. Il a alors à peine 21 ans et habille déjà les notables de sa région. ECONOMIE 11 THOMAS BURBERRY Le fondateur CHRISTOPHER BAILEY Le designer ■ Faire de Burberry une marque glamour et moderne, tel est l’objectif de Christopher Bailey lorsqu’il arrive aux commandes de la création en 2001. Né en 1971, il étudie à la prestigieuse Royal College of Art de Londres, dont il sort diplômé d’un master en mode en 1994. Avant de rejoindre Burberry, il fait ses classes ensuite chez de grands noms de la mode : Donna Karan et Gucci. Il a réussi en quelques années à rajeunir la marque tout en conservant son identité. Rigoureux à l’extrême, ce passionné du détail suit chaque pièce de la création à la finition. ■ Kate Moss et Stella Tennant. Si elles ne sont plus les images de la marque aujourd’hui, ces deux femmes ont elles aussi contribué au renouveau glamour de Burberry. Deux top model, deux images de l’Angleterre. D’un côté, Kate Moss, la légendaire « brindille », a collaboré pendant dix ans avec Burberry. A qui elle a apporté une touche rock’n’roll. De l’autre, la très aristocratique Stella Tennant. Cette fille d’un lord anglais a su véhiculer une image chic et branchée. A elles deux, elles ont formé la parfaite alliance recherchée par Burberry. LES PILIERS DE BURBERRY En quelques années, il fidélise sa clientèle, sa boutique prend de l’ampleur et devient, dès 1870, un grand magasin, ou, comme le veut la terminologie britannique, un « Emporium ». Fort de son succès, Thomas Burberry part s’installer à Londres sous le nom de Thomas Burberry & Sons au 30 Haymarket, siège actuel du groupe. Il s’éteindra en 1924 laissant les rênes de la marque à ses deux fils. LE NOVA CHECK Le fameux imprimé Le tartan, la griffe du Burberry. ■ Blanc noir rouge et beige : ce sont les couleurs du tissu écossais, connu sous le nom de « Nova Check » devenu la marque de la maison. Il a été imaginé par les descendants de Thomas Burberry qui voulaient un signe reconnaissable pour le trenchcoat Burberry et se démarquer ainsi des marques qui copiaient le modèle. Le Nova tchek devient la doublure de l’imperméable en 1924 et la griffe de Burberry. Une griffe qui sera officielle en 1967. Indémodable, il va aussi participer à la renaissance de Burberry : la marque va décliner cet écossais sur un certain nombre de ces accessoires. Echarpes, sacs et même des maillots de bain… Christopher Bailey : le styliste du renouveau. KATE MOSS ET STELLA TENNANT Les icônes du renouveau Les top model Stella Tennant et Kate Moss. V. VIRGILE/GAMMA DR



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