Direct Soir n°206 21 sep 2007
Direct Soir n°206 21 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°206 de 21 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Brice Hortefeux l'hommes des missions délicates

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°206/Vendredi 21 septembre 2007 10 ECONOMIE Cachou Lajaunie La saga d’une petite boîte jaune Mon premier est petit et noir. Mon second a le goût de la réglisse. Mon troisième est fabriqué à Toulouse, et mon tout tient dans une petite boîte jaune. Qui suis-je ? Chacun aura bien sûr reconnu le fameux bonbon Cachou Lajaunie. FERMEZ LES YEUX ET CONCENTREZ- VOUS SUR VOTRE ENFANCE ! VOUS ÊTES EN CULOTTE COURTE, À COURIR DANS LA MAISON DE VOS GRANDS-PARENTS. Les souvenirs s’effritent mais les odeurs restent, et il flotte notamment dans l’air comme un petit parfum de réglisse ! Ça y est ? Vous y êtes ? Vous pouvez même voir le buffet de la salle à manger, où vos aînés dissimulaient les friandises que vous étiez si pressé d’engloutir. Et puis, quelques fois, grand-père et grand-mère sortaient de la poche de leur gilet une petite boîte jaune, et vous offraient une étrange petite pastille qui faisait les dents jaunes et la langue noire. Vous souriez ? Vous venez de retrouver le Cachou Lajaunie. LE GÉNIE D’UN PHARMACIEN Si le cachou était déjà développé au XVII e siècle, c’est un pharmacien de Toulouse, Léon Lajaunie, qui entreprit en 1880 de modifier la recette et de les commercialiser sous son nom, dans de petites boîtes métalliques. A l’origine, le cachou avait certaines vertus médicinales, ce qui explique qu’il était recommandé par les apothicaires et les médecins. Les cachous étaient appréciés parce qu’ils soignaient les maux d’estomac et l’hygiène buccale. Pour satisfaire les exigences de ses clients, Monsieur Lajaunie réalise un mélange que les pharmaciens de l’époque avaient l’habitude de faire. Content du résultat, il fait alors appel à un ami horloger, avec qui il conçoit une petite boite ronde dont la taille rappelle celle des montres gousset. Ainsi naît la célèbre boite métallique, dont la fabrication fut confiée aux frères Sirven, imprimeurs et fabricants de boîtes en métal. En 1904, sans héritier, Léon Lajaunie rétrocède la marque, les droits d’exploitation et la formule aux frères Sirven. Plus tard, en 1993, ce sont les Anglo- Interview d’un PASSIONNÉ DR Saxons du groupe américain Warner-Lambert qui reprendront le flambeau, après avoir fait l’acquisition des pastilles Vichy en 1988. Le laboratoire développe alors des produits génériques. De ce fait, certains cachous n’en sont plus, et n’en gardent que le nom. Depuis 2003, la marque est propriété de l’entreprise Cadbury Schweppes. À LA SAUCE RÉGLISSE Consommé principalement par les fumeurs pour ses qualités rafraîchissantes, le cachou est aussi apprécié comme moyen d’apaiser les gorges irritées et pour son action digestive. Le cachou est en fait issu de la noix d’arec, fruit de l’areca, un palmier originaire des Indes. La gomme rougeâtre – le suc résineux – tirée de la noix d’arec, puis mélangée à de l’ambre et du musc, constitue ce que l’on appelle le cachou. Les noix d’arec sont aussi utilisées pour réaliser le bétel à mâcher, très apprécié en Inde pour ses qualités stimulantes comparables à la nicotine. La feuille de cachou est d’ailleurs mâchée pour couper la faim. De son côté, Léon Lajaunie se contenta de mélanger plusieurs sortes de réglisse, auxquelles il ajouta notamment du sucre, de l’amidon et du lactose. Il apporta aussi de l’essence de menthe anglaise et décida d’étirer la pâte obtenue pour obtenir une surface extrafine d’environ 1 mm d’épaisseur.Après découpage en petits cubes, il obtint finalement la pastille que nous connaissons aujourd’hui. Sa cou- Bruno Caillou — Collectionneur COMMENT VOUS EST VENUE CETTE PASSION POUR L’UNIVERS DE CACHOU LAJAUNIE ? Un petit peu par hasard. Ma femme est originaire de Toulouse et pour lui rappeler le bon souvenir de sa ville, je lui offrais des boîtes de Cachou. Mais c’est vraiment un voyage à Toulouse, quand nous avons visité l’usine, où maintenant tout est automatisé, qui nous a donné le virus. Et puis nous étions déjà plus ou moins amateurs de brocantes, alors la mayonnaise a pris rapidement ! DR Le réglisse sous toutes ses formes. Lajaunie l’incarne avec son cachou. leur noire est due à l’ajout de charbon de peuplier. En 1985, Cachou goût blond est lancé : il s’agit d’un parfum plus doux que le Cachou tradition. En 1991, un Cachou à la vanille voyait le jour, suivi un an plus tard par le Cachou à la menthe. Des parfums qui ont été abandonnés respectivement en 2001 et 2003. Seul Cachou tradition se trouve désormais dans le commerce. AVEZ-VOUS DÉJÀ EXPOSÉ DES PIÈCES DE VOTRE COLLECTION ? Entre collectionneurs, on se connaît tous, et nous avons l’habitude de nous rencontrer pour éventuellement échanger quelques pièces. En avril 2005, nous avons participé à l’exposition Lajaunie, à la Maison de la chicorée d’Orchies, dans le Nord. L’occasion pour nous de faire partager un peu de notre collection au public. A la maison, nous avons environ une centaine de boîtes, plusieurs affiches de 1900 et autres UN SUCCÈS COMMERCIAL Rapidement, Cachou Lajaunie est devenu un succès commercial, grâce à une excellente campagne de communication et de publicité, pour finalement devenir l’emblème de la ville de Toulouse. Les boîtes ne subirent aucun changement, sauf dans les années 1930, à cause de la réquisition du métal. Mais en dehors de cet événement, elles conserveront produits dérivés, comme des camionnettes miniatures décorées aux couleurs de Lajaunie. SAVEZ-VOUS COMBIEN IL Y A DE CACHOUS DANS UNE BOÎTE ? Ah ! J’ai su combien il y en avait, mais j’avoue avoir un peu oublié. Je dirai environ 70. Ce dont je suis sûr en revanche, c’est qu’il y en avait moins dans les boîtes à la vanille, pour la simple raison que ces cachous étaient plus gros à cause d’un enrobage supplémentaire. PHOTOS : G. BOUQUILLON/GAMMA — TM. GAILLARD/REA
SWIM INK2/LLC/CORBIS www.directsoir.net Cachou Lajaunie, Lajaunie… Han han ! Le refrain de la Belle de Cadiz dans la publicité de 1985. toujours leur forme et leur couleur, à l’exception de quelques séries spéciales. En 1914, la publicité est confiée au célèbre affichiste italien Leonetto Cappiello, qui réalise la première affiche d’une femme rousse avec une cigarette allumée et qui suce des cachous pour garder l’haleine fraîche. En 1930, la publicité s’invite au cinéma parlant et la société Havas réalise plusieurs spots avec le héros Cachounet, qui volait au secours des amoureux. Cachou Lajaunie, c’est aussi le fameux bruit, « Tchik–Tchik », de son ouverture, maintes fois repris par les annonces publicitaires. La consécration vient certainement en 1985, avec l’apparition de la Belle de Cadiz (« Cachou Lajaunie, Lajaunie… Han han ! ») avec l’actrice Kristen Hocking. Un spot réalisé pour plus de 400 000 francs LA FABRICATION DU CACHOU EN CINQ ÉTAPES 1- Après 24 heures de cuisson dans un mélangeur, tous les ingrédients ainsi cuits donnent la pâte à cachou, que l’on filtre ensuite dans des bacs. 5- Dernière étape, les cachous sont mis en boite à l’aide d’une garnisseuse, après un ultime passage au détecteur de particules. 10 millions de boîtes sont vendues chaque année dans le monde. les 3 secondes et qui reçut le Minerve de platine de la meilleure publicité de l’année. En 1989, la marque s’offre l’intervention de Naomi Campbell pour le lancement du Cachou goût blond. Après deux ans d’absence dans les médias, Cachou Lajaunie revient sur le petit écran en octobre 1997, avec une série d’une dizaine de spots ; une stratégie qui dopa le volume des ventes de près de 15%. Malgré l’absence de communication depuis 1999, l’image de marque Cachou Lajaunie bénéficie encore d’une large notoriété.Aujourd’hui, les cachous sont distribués dans les commerces de proximité – tabacs, kiosques, boulangeries – et dans la grande distribution, souvent sous blister avec deux boîtes. En 2005, le chiffre d’affaires de Cadbury France était d’environ 633 millions d’euros. 2- L’opération de laminage : après refroidissement, la pâte est découpée en galettes à l’aide d’un laminoir. 1905 : les cachous sont recommandés aux fumeurs et aux « chauffeurs cyclistes ». 3- Cette phase dite de fragmentation, consiste à calibrer les galettes prédécoupées en cachous. 4- Le vernissage consiste à appliquer un vernis à base de cire d’abeilles et de charbon végétal sur les cachous préalablement triés. NAMUR-LALANCE/SIPA M. ROUGEMONT/CEDUS ■ Pour ce bonbon fait à partir d’une graine d’anis enrobée de sucre, l’origine est incertaine. Certains disent qu’il serait venu avec les légions de César, pendant le siège d’Alésia. Ce qui est sûr, c’est qu’en 878, le pape Jean VIII s’est vu remettre plusieurs kilos d’anis par des moines. La légende voudrait même que les cailloux du Petit Poucet soient en fait des bonbons de Flavigny. ■ La recette n’a pas varié d’un iota depuis Louis XIV. Le maître queux – ancêtre du pâtissier – du pape Clément V serait à l’origine du nom et de la fabrication de cette confiserie. Le berlingot se décline sous plusieurs aspects, c’est un bonbon dur, pyramidal, translucide, coloré et rayé de blanc. Sa couleur dépend du parfum : vert pour l’anis, jaune pour le citron, et rouge pour la menthe. En vieux français, « berleng » signifie « jeu de dés ». ECONOMIE 11 L’ANIS DE FLAVIGNY : Le bonbon du Petit Poucet ■ Inventée par les religieuses de Niort, on avait coutume d’appeler l’Angélique « l’herbe des anges » ou la « reine du Saint-Esprit » car on pensait qu’elle préservait du « mauvais air » de la peste. L’angélique est la tige confite d’une plante au goût aromatique très prononcé. Vert foncé, c’est un bâton creux et cannelé à base de sucre, d’eau et d’angélique (plante herbacée médicinale). Madame de Sévigné appréciait énormément cette friandise. Bariolé comme un berlingot. LE NÉGUS DE NEVERS : Le caramel d’Abyssinie L’ANGÉLIQUE CONFITE DE NIORT : La douceur de Mme de Sévigné ACTEURS DU MARCHÉ L’anis de Flavigny : très champêtre. LE BERLINGOT DE CARPENTRAS : Un jeu de dés parfumé Un hommage à l’empereur Ménélik. DR ■ Un confiseur de Nevers eut l’idée de confectionner un bonbon pour les expositions universelles qui avaient lieu chaque année. En 1901, il réalise un caramel mou au chocolat et enrobé de sucre cuit. Pour nommer sa nouvelle confiserie, il choisit un événement important. Cette année-là, le négus Ménélik, empereur d’Abyssinie, vient en France. Le confiseur décide alors de donner à sa nouveauté le nom de Négus de Nevers. Une invention des religieuses de Niort. DR GINET-DRIN/SUCRÉ-SALÉ



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