Direct Soir n°205 20 sep 2007
Direct Soir n°205 20 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°205 de 20 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Jane Birkin Bretagne au coeur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SIMON COHEN Directsoir N°205/Jeudi 20 septembre 2007 6 EN COUVERTURE Jane Birkin Ma Bretagne JANE BIRKIN, AMIE DE LA BREIZH TOUCH, QUOI DE PLUS NATUREL ! C’EST À SON PÈRE, HÉROS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE, QU’ELLE DOIT SON COUP DE CŒUR POUR LA BRETAGNE. A TEL POINT QU’ELLE Y A ÉLU DOMICILE UNE PARTIE DE L’ANNÉE.
PROD DB/DR www.directsoir.net Jane Birkin aime sa maison de l’Aber Wrac’h, près de Lannilis dans le Finistère. « Elle est belle, très photogénique, mais tout tombe en ruine… là-bas, je me sens protégée ». Une petite folie qu’elle a achetée il y a une dizaine d’années après avoir revendu sa maison de Normandie (un presbytère « grand comme (sa) cuisine actuelle ») à la réalisatrice Diane Kurys. A l’époque, Jane vit une période très douloureuse, le décès à trois jours d’intervalle de Serge Gainsbourg et de son père, David.Pour tenir le coup elle communique nuit et jour avec sa mère par fax. Hasard ou coïncidence, c’est par ce même fax que lui parvient un jour la photo d’une maison située à l’endroit même où son père, ex-commandant de la Royal Navy, s’est illustré pendant la Seconde Guerre mondiale. A l’époque, David Birkin se charge de rapatrier vers la Grande- Bretagne les aviateurs anglais récupérés par les réseaux résistants français. « C’était risqué car les côtes étaient très surveillées… papa disait qu’il voyait les cigarettes des Allemands qui faisaient le guet » se souvient Jane dans un entretien au magazine Bretons. « Mon père a gardé le secret jusqu’en 1967 (où) l’interdiction de montrer des documents a été levée. Je l’ai appris à ce moment-là ». A la mort de ce dernier, Jane, guidée par les résistants de l’époque, décide de disperser ses cendres sur ces plages du Finistère… et d’y vivre une partie de l’année. Sans doute pour garder le lien – elle confie qu’elle va souvent se recueillir sur le rocher ou allait son père – « sur la plage où il arrivait avec son bateau », mais aussi par amour pour cette région. Jane a souhaité « un film de filles, de femmes, de mères… » COMME UNE ÉVIDENCE, C’ÉTAIT IL Y A TREIZE ANS. Un 2 août, jour de la mort de Michel Berger, Jane dépose ses cartons. Depuis, elle vient se ressourcer avec sa chienne Dora, ou en tribu pour des parties improvisées de chasse aux crabes. Au début, elle a cru à une folie – elle s’est endettée pour quinze ans – mais reconnaît aujourd’hui qu’elle se sent chez elle, peut être même plus qu’à Londres. Il faut dire que la Bretagne a été comme un coup de foudre. Coup de foudre pour ses paysages qui lui rappellent son enfance à l’île de Wight avec ses longues plages et son atmosphère pluvieuse. Coup de foudre aussi pour sa culture : « j’apprécie la mélancolie de certains instruments […] le bruit du vent dans la cheminée ou le visage très tendre d’une vieille femme que je croise sur le bord de la route. » (Bretagne magazine). Jane se sent donc l’âme bretonne et admire ses habitants, qui ont cette manière si particulière de « se rebiffer ». Ici ses amis s’appellent les Madec, monsieur Jourdan (le boucher) ou encore Mohammed(le poissonnier). Au magazine Bretons, elle raconte qu’ils forment comme un écran de protection contre les curieux mal intentionnés : « Vous imaginez ? Moi, avec Charlotte, la famille, sur la plage, à table, ce n’est pas dénué d’intérêt pour des magazines comme Voici. Mais je suis sûre que les gens autour de moi […] préfèrent crever plutôt que laisser des photographes m’approcher ». Ici Jane peut vivre tranquillement avec ses « fantômes », ces êtres chers qui ne vous quittent jamais réellement : « les fantômes sont avec nous […] ils sont toujours là même si nous ne pouvons plus jamais retrouver exactement le tracé d’un nez, d’un front, d’un joli cou. » Dans cette maison, elle a pris soin de laisser la mémoire des anciens propriétaires, leurs cactus, « une gigantesque table à cartes » mais aussi les traces faites par les cadres. Un décor propice à l’introspection : c’est dans cette maison que Jane a écrit puis EN COUVERTURE 7 Une trentaine de personnalités du monde économique, sportif ou artistique soutiennent la Breizh Touch. Parmi elles, Jane Birkin, la plus française des artistes anglaises. Quoi de plus naturel pour cette Bretonne de cœur qui a élu domicile une partie de l’année dans une grande maison du Finistère ? Retour sur ce lien un peu particulier qui unit la chanteuse à la Bretagne. Jane Birkin à Lannilis (Finistère), après le tournage de son film Boxes. tourné son deuxième long-métrage, Boxes, un récit clairement autobiographique (même si les prénoms ont changé) où elle campe son propre rôle aux côtés de Géraldine Chaplin et de sa propre fille, Lou, qui joue le rôle de Charlotte. « BOXES » Boxes, comme toutes ces boîtes que l’on déballe au moment d’un déménagement, avec son lot de souvenirs et de regrets. Exactement ce que Jane a pu vivre il y a treize ans lorsqu’elle écrit le scénario : « C’était peu après la mort de mon père », confie-t-elle au Figaro. « J’ai écrit très vite. Je voulais exprimer d’une façon un peu loufoque et personnelle le désarroi presque panique que peut éprouver une femme de 50 ans quand les aînés ont déjà quitté le nid. » Le film a été très long à financer, plus de dix ans. Aucun producteur ni chaîne de télévision n’y ont cru, à l’exception de la Région Bretagne, très impliquée dans la mise en valeur du patrimoine breton (comme en témoignent les films Western de Manuel Poirier ou plus récemment L’équipier de Philippe Lioret). Boxes est finalement sorti dans les salles en juin et Cela ne me dérange pas de vivre dans un endroit où on a l’impression d’avoir un brumisateur contre le visage, je ne suis pas dépaysée. a été présenté au dernier Festival de Cannes à l’occasion de son soixantième anniversaire. « Je ne m’y attendais pas ! Avec ce film, j’avais l’impression d’avoir fait un enfant très curieux […] mais je savais aussi qu’il valait le coup », explique-t-elle au site Internet Allo Ciné. Jane a souhaité un film « de filles, de femmes et de mères ». On y retrouve ainsi toutes les femmes de la tribu : Jane et sa mère – la comédienne Judy Campbell qui s’est éteinte en 2004, mais aussi ses trois filles, Kate, Charlotte et Lou. Les hommes sont également présents – on aura reconnu tour à tour John (Barry), Serge (Gainsbourg) et Jacques (Doillon) – mais ils ne font que passer. Boxes traite du rapport mère fille avec tous les malentendus et les questionnements qui peuvent en découler : ai-je été une bonne mère ? Ai-je été assez présente ? Leur ai-je assez dit qu’elles étaient jolies ? Le personnage de Jane le reconnaît d’ailleurs dans le film : « Les enfants ne sont pas livrés avec le mode d’emploi ». SAGESSE Ce film, Jane l’a écrit à 50 ans et tourné à 60. « C’est bien que le film ait mis dix ans à se faire. Je ne suis plus la même F. TANNEAU/AFP



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