Direct Soir n°201 14 sep 2007
Direct Soir n°201 14 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°201 de 14 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Christine Albanel ouvre les portes du patrimoine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°201/Vendredi 14 septembre 2007 10 ECONOMIE Montblanc Un stylo-plume au sommet Plus de cent ans après sa création, le stylo-plume Montblanc fait toujours rêver. L’étoile enneigée du célèbre Meisterstück 149, produit historique de la marque, se vend partout sur la planète. Symbole de qualité, Montblanc représente le savoir-faire artisanal européen. UN CORPS D’ÉBÈNE, UNE PLUME EN OR, UN CAPUCHON SURMONTÉ D’UNE ÉTOILE BLANCHE, LE MONTBLANC REPRÉSENTE À LUI SEUL LA CRÈME DES STY- LOS-PLUMES. Fin, élégant, design intemporel, il s’invite et s’expose dans les vitrines luxueuses du monde entier. Avec l’arrivée des nouvelles technologies, il aurait pu craindre d’être détrôné. Mais écrans et ordinateurs n’ont pas d’emprise sur lui. Le stylo-plume Montblanc est indémodable. Ce bijou d’écriture n’aurait jamais vu le jour sans la rencontre de trois entrepreneurs allemands. En 1906, l’ingénieur August Eberstein et le banquier Alfred Nehemias rentrent d’un séjour aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Là-bas, ils ont fait une découverte qui va bouleverser leur existence : le stylo-plume doté d’un réservoir. Oubliés les encriers, les flacons d’encre et les taches sur les doigts. De retour en Allemagne, ils s’associent avec le négociant Claus Johannes Voss et créent une « joint-venture », fusion de talents et de ressources financières. Vendre des stylos-plumes haut de gamme en petite quantité, c’est le défi que se lancent ces trois hommes. Ambitieux, ils y croient mais sont loin d’imaginer ce qui les attend. Leur projet ne sera pas un coup d’essai mais un coup de maître. Leur invention entrera dans l’Histoire. Interview d’un PASSIONNÉ DR HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS Avec lui [le Meisterstück], je sens chaque mot au bout de ma plume. Virginia Woolf, Mrs. Dalloway « UN STYLO QUI NE FAIT PLUS DE TACHES » Avant de commercialiser les stylos-plumes, ils doivent trouver un lieu de production. Eberstein, Nehemias et Voss s’installent alors dans le quartier hambourgeois de Schanzen et baptisent leur manufacture Simplo Filler Pen Company. Après trois années d’exploitation, leur première collection sort. Il leur faut trouver un nom. Ce sera « Rouge et Noir » en référence au roman de Stendhal publié en 1830. Fait d’ébonite – caoutchouc transformé à la couleur proche de l’ébène– et coiffé d’un capuchon rouge, le styloplume de luxe sera rapidement surnommé le « Petit chaperon rouge ». Pour la première fois, le styloplume ne fuit plus une fois fermé. Il peut se glisser dans toutes les pochettes de veste. L’entreprise devient Montblanc Simplo GmbH et intensifie la fabrication de produits de luxe. Quatre ans plus tard, en 1913, les trois inventeurs allemands adoptent comme emblème une étoile blanche à six branches, symbolisant les six vallées du massif alpin. Une marque de fabrique toujours fièrement arborée par les produits Montblanc. 4 810, LE NUMÉRO FÉTICHE La compagnie frappe fort et lance, en 1924, le légendaire stylo Meisterstück 149 ou « chef-d’œuvre » dans la langue de Goethe. Le nombre 4810 est Bruno Lussato - Fondateur du Musée international du stylo et de l’écriture EN TANT QUE COLLECTIONNEUR, QU’ÉVOQUE POUR VOUS LA MARQUE MONTBLANC ? Je me souviens de mon premier stylo-plume, un sublime Meisterstück 149. Montblanc, c’est avant tout un objet culte. S’inspirant des modèles de la marque « Omas », ce stylo a rencontré un grand succès au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pour l’époque, sa forme unique et ses plumes souples en or étaient extraordinaires. Ci-contre, l’écrivain anglaise Virginia Woolf. 90100 € c’est le prix record du stylo Meisterstück Solitaire Royal Sur la plume en or, le nombre 4810, comme l’altitude supposée du mont Blanc en 1924. POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI DE CRÉER UN MUSÉE DU STYLO ? Encouragé par de grands connaisseurs mondiaux en matière de stylos de collection, j’ai fondé en 1990 le premier musée du stylo au monde. Je possède 400 pièces luxueuses, dont les premiers modèles de l’époque Louis XV, des plumes d’oie et la plume calligraphique parallèle conçue par le japonais Pilot. Ce lieu est dédié aux amoureux de la plume. Même Nicolas Sarkozy est un grand collectionneur. Il est venu visiter le musée, alors installé à Monfort-l’Amaury (Yvelines). gravé sur la plume en or et représente la hauteur estimée à l’époque du plus grand sommet d’Europe. Plus tard, en 1992, des éditions limitées rendant hommage à des mécènes, écrivains ou célèbres musiciens sont éditées à… 4810exemplaires. Parmi les privilégiés figurent les noms d’Hemingway, William Faulkner, Greta Garbo ou encore Marlene Dietrich. Les collectionneurs recherchent ces séries et sont prêts à dépenser des sommes folles pour les acquérir. En 1994, Montblanc produit le Meisterstück Solitaire Royal, serti de 4810 diamants sculptés chacun de 35 facettes. Il entre dans le Guinness des Records comme le stylo le plus cher au monde. MONTBLANC DEVIENT LA COQUELUCHE DES ARTISTES Considéré comme une œuvre d’art, le stylo-plume Meisterstück intègre la collection permanente du MoMa, le Musée d’art moderne de New York. Tout comme la Rolex ou les lunettes Ray Ban, il est de bon ton d’arborer un Montblanc au veston.Au début du XX e siècle, les artistes de Saint-Germain-des- Prés se l’arrachent. Le Meisterstück, garanti à vie, LE STYLO-PLUME A-T-IL ENCORE UN AVENIR ? Avec l’arrivée des ordinateurs, il ne connaît plus le même succès. L’âge d’or du stylo-plume s’est achevé en l’an 2000. La fonction première du stylo était de dessiner des pleins et des déliés. Désormais, le public ne recherche plus la belle écriture. Il préfère acheter des stylos à bille jetables. Heureusement qu’il reste des passionnés. Musée international du stylo et de l’écriture 3, rue Guy de Maupassant, Paris 16e. DR
DR www.directsoir.net connaît un incroyable succès. La romancière Colette rédige sa série de Claudine avec son stylo-plume fétiche, un Montblanc bien entendu. Romain Gary, auteur des Racines du ciel et de La vie devant soi, double lauréat du prix Goncourt, déclarait posséder plusieurs Meisterstück pour éviter une panne d’encre. Au cinéma, le stylo-plume côtoie les plus grandes stars. Roger Moore en James Bond dans L’homme au pistolet d’or tue Christopher Lee, alias Scaramanga, avec son Meisterstück 149 en or massif. Le célèbre Montblanc est de tous les rendez-vous, présent dans certaines signatures d’accords internationaux. Le 26 juin 1963, le président américain John F. Kennedy en visite à Berlin fait don au chancelier Adenauer de son Meisterstück. Récemment, de nombreuses personnalités comme l’acteur Daniel Prévost ou la chanteuse Helena Noguerra ont posé avec la pièce maîtresse de la marque à l’occasion du lancement d’une nouvelle campagne contre l’illettrisme dans le monde. LE MAÎTRE DE LA PRÉCISION Afin d’atteindre la perfection, il faut des heures de travail pour fabriquer le modèle mythique. Depuis 1934, les lignes du stylo demeurent identiques. ■ Source : Richemont, 2006. 2237 Ci-dessus, rencontre entre le chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer et le président américain Kennedy, en 1963. Dans le respect de la tradition, les employés répètent les mêmes gestes avec minutie et passion. Plus de 140manipulations sont nécessaires, soit environ huit semaines de travail pour réaliser une plume en or 18 carats Meisterstück, et rien moins que quatre semaines supplémentaires pour un stylo-plume complet.Avant sa mise en vente, le traitement final est assuré par le département du maître artisan. Après avoir été polies ou gravées, les différentes pièces individuelles sont assemblées et vérifiées une dernière fois.Tout comme le Meisterstück, qui se transmet de père en fils, le savoir-faire artisanal se transmet de génération en génération au sein de l’usine Montblanc. La clé du succès pour exceller dans l’art de la plume : « Ecouter, observer et s’entraîner », révèlent fièrement les outilleurs. Dans les années 1990, les ventes du stylo Montblanc baissent en raison de la crise du marché du luxe. Le groupe suisse Richemont, qui possède la marque, décide de se diversifier en proposant d’autres produits : bijoux, maroquinerie et accessoires de bureau. Il conserve la ligne de stylos Meisterstück mais ajoute les gammes Bohème, Scenium et Starwalker en accord avec les attentes d’une nouvelle clientèle, plus jeune. Le stylo-plume Montblanc reste à la page et continue d’écrire les chapitres de son histoire. RÉPARTITION DES VENTES DU GROUPE RICHEMONT EN MILLIONS D’EUROS Bijoux Montres 1063 Instruments d’écriture Autres 497 238 283 Maroquinerie DR DR DR WATERMAN Le premier… ■ Courtier en assurance-vie à New York, dans les années 1880, Lewis E. Waterman En 1884, Waterman invente le stylo-plume à réservoir. SHEAFFER Le second… ■ Toujours aux Etats-Unis, dans l’Etat de l’Iowa, le bijoutier Walter A. Sheaffer vend des montres et des stylos dans sa boutique à Fort Madison. Cet homme a l’idée de remplacer le tuyau en caoutchouc servant de réservoir par un système de levier. Ainsi, les fuites d’encre sont évitées. Profitant de l’attrait du public pour les instruments d’écriture, il commercialise son propre modèle et crée sa société en 1913. ■ Autre inventeur américain, George Parker. Professeur de télégraphie, il décide de vendre des stylos à ses élèves et imagine un nouveau système d’alimentation en encre. En effet, selon l’orientation du stylo, le débit est plus ou moins régulier. Il dépose son premier brevet en 1889 et innove avec le conduit Lucky Curve en 1894. Des stylos, mais aussi des briquets. PELIKAN L’influence germanique ■ Le chimiste CarlHornemannconçoit en 1838 des couleurs et des ustensiles pour les artistes de l’époque. Il décide alors de créer à Hanovre sa propre société. Trente-trois ans plus tard, l’Allemand Günther Wagner reprend la direction du groupe et dépose ses armoiries. Le Pelican est l’une des premières marques déposées dans le pays. Il développe le panel des produits ECONOMIE 11 ACTEURS DU MARCHÉ manque la signature d’un contrat à cause d’un encrier renversé. Pour éviter une nouvelle mésaventure, cet homme d’affaires décide de mettre au point son propre porte-plume à réservoir. Le 12 février 1884, il dépose le brevet de son invention. C’est un succès inattendu pour le courtier, qui abandonne sa profession pour se consacrer à la production de stylos-plumes. Dans l’arrièreboutique d’un marchand de cigares, sur une table de cuisine, il fabrique 200 modèles par an. Un nombre qui paraît désormais bien dérisoire. La société Sheaffer a été créée en 1913. PARKER Le troisième pionnier américain Il se sert de l’expérience de Waterman pour multiplier les innovations technologiques. A sa mort, ses deux fils, Russell et Kenneth, reprennent la direction de la Parker Pen Company. Kenneth, le cadet, crée le stylo Parker 51 en collaboration avec le designer Bauhaus László Moholy-Nagy. Le stylo-plume rencontre un franc succès, la société multiplie les ventes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les GI écrivent à leurs proches avec des Parker et des milliers de 51 sont commercialisés. S.T. DUPONT L’écriture à la française ■ Simon Tissot-Dupont, jeune Savoyard de 25 ans, est le fondateur de la dynastie. Il crée en 1973 le premier stylo d’orfèvrerie de luxe. Il s’agit d’un stylo-bille à la forme effilée en argent massif. Le lancement chez Maxim’s, restaurant huppée de la capitale, connaît un fort retentissement. La bille a remplacé la plume et cette nouveauté fait sensation au sein du milieu littéraire. En 1996, le groupe S.T. Dupont lance une nouvelle gamme de stylos baptisée Olympio.commercialisés en produisant notamment des rubans pour les machines à écrire. Suivent la vente du premier stylo-plume Pelikan en 1953 et la création des cartouches d’encre. A l’origine, le modèle est proposé en rouge, vert, bleu ou gris. La marque produit des stylos de qualité à un tarif adapté à tous les porte-monnaie. DR



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