Direct Soir n°200 13 sep 2007
Direct Soir n°200 13 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°200 de 13 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Yann Arthus-Bertrand la passion de la Terre

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°200/Jeudi 13 septembre 2007 6 EN COUVERTURE YannArthus-Bertrand Un œil sur la Terre LES CLICHÉS DE YANN ARTHUS-BERTRAND ONT MAGNIFIÉ LA TERRE. ILS SONT AUSSI UN FORMIDABLE OUTIL PÉDAGOGIQUE, GRÂCE AUQUEL LE PHOTOGRAPHE DÉNONCE LES ATTEINTES SUBIES PAR L’ENVIRONNEMENT. À QUELQUES HEURES DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PROTECTION DE LA COUCHE D’OZONE, RENCONTRE AVEC UN « ÉCO-CHEVALIER ». JUESCA/EFE/SIPA
DR www.directsoir.net On fait l’interview maintenant, je pars avec Jean-Louis Borloo au Groenland, je viens de l’apprendre et je ne serai pas de retour avant mardi. » Samedi dernier, l’oreille collée au téléphone, YannArthus- Bertrand boucle ses bagages dans l’urgence. On craint une interview express, mais l’entretien sera, en fait, approfondi. Car dès qu’on l’interroge sur les changements climatiques et sur son engagement pour le respect de l’environnement, YannArthus-Bertrand n’est plus avare de son temps. A ce sujet, il est intarissable : il prend très à cœur le rôle de défenseur de l’environnement que les médias lui ont donné. Il passe d’un sujet à l’autre : le réchauffement climatique bien sûr, la désertification, l’affaiblissement de la biodiversité, les 4x4, un mot sur la pauvreté de certaines populations, la clairvoyance d’autres, les OGM… Le photographe, qui dit de lui-même qu’il est une éponge, connait bien la leçon et la récite avec conviction, la sienne, celle d’un citoyen de la Terre qui a pu observer les prémices des périls annoncés. « Ca fait vingt ans que je sillonne la planète, que je la survole et j’ai réellement vu des changements. A Bornéo, par exemple, la déforestation est criante. Pour le photographe que je suis, cela peut avoir des aspects très graphiques, presque beaux, comme les rivières qui déversent des eaux colorées dans les estuaires. Mais au-delà des belles couleurs, des lignes droites, c’est l’Océan qui est pollué, les champs de soja, les plantations de palmiers à huile qui remplacent la forêt ! » COMPENSATION YannArthus-Bertrand serait-il le nouvel homme pressé de l’environnement ? Les sollicitations affluent. Il ne les refuse pas. Si l’on souhaite son éclairage, il suffit de demander. Lui se chargera d’expliquer. Après son récent voyage à bord d’un avion de la flotte présidentielle, le photographe se sent un peu obligé d’apporter une précision : « Je ne suis pas associé à telle ou telle autre famille politique. Nicolas Sarkozy, c’est vrai, voulait me rencontrer, pour que nous parlions d environnement. Le « Grenelle de l’environnement » est en route et je pense qu’il veut sincèrement comprendre. Comme beaucoup de politiques et d’industriels, il est conscient des enjeux environnementaux. On peut espérer qu’ils prendront ensemble les bonnes mesures. C’est en rencontrant Sarkozy que j’ai croisé Jean-Louis Borloo, et me voilà dans l’avion avec lui et une délégation de 40 scientifiques, direction le Groenland. J’espère qu’ils vont compenser les émissions de CO 2 du voyage (rires) ». La compensation des émissions de gaz à effet de serre est l’un des créneaux de l’association de YannArthus- Bertrand. Action Carbone est précurseur de ce principe. En résumé, cela fonctionne comme ceci : le voyage de l’équipe de Jean-Louis Borloo au Groenland, long de 7 000 kilomètres, génère 65 tonnes d’émission de CO 2. Pour effacer cette « ardoise » — c’est l’idée même de la compensation —, il faut subventionner des projets de « développement propre » dans des pays en croissance, en versant 20 euros par tonne de CO 2 émise. Cohérent, YannArthus-Bertrand montre l’exemple : lorsqu’il mobilise un hélicoptère pour réaliser ses clichés « vus du ciel », il EN COUVERTURE 7 On lui doit « La Terre vue du ciel », son chef-d’œuvre. Avec ses photos, YannArthus-Bertrand a révélé la fragilité des écosystèmes et des équilibres naturels. Il ne cesse, depuis, de dévoiler les beautés de la planète. Le photographe et infatigable globe-trotter est devenu l’un des grands défenseurs de l’environnement. Depuis vingt ans, je survole « la planète et j’ai réellement vu des changements » Un des superbes clichés parmi les 100 nouvelles photos de YannArthus-Bertrand pour la liberté de la presse. Ici, les montagnes enneigées du Band E Amir, en Afghanistan.compense les émissions de CO 2. « On calcule l’ensemble de nos émissions, y compris celles engendrées par le chauffage des locaux de mon association, et, en fin d’année, on finance tel ou tel projet de développement propre. » SAINTE COLÈRE Le monde dans lequel nous vivons commence à irriter le photographe, ses aberrations, ses gaspillages, son « ordre » des choses. « Nous vivons dans un monde de consommation. Avant même d’entrer à l’école, un gosse a déjà vu des milliers de pubs. On vous dit que votre téléphone est dépassé au bout de six mois et tout le monde trouve cela normal ! Savez-vous que l’on remue 500 kilos de terre pour produire un téléphone mobile et qu’il s’en vend désormais un milliard par an ? » Dans le même élan, il ajoute : « Je ne dis pas que c’est facile. On peut avoir envie de posséder un 4x4, pourquoi pas, mais à condition de sacrifier de temps en temps au covoiturage, parce qu’utiliser une voiture de deux tonnes pour trimballer un gars de 70 kilos, c’est aberrant ! Ça manque de bon sens. » L’écologie, c’est vivre ensemble ! Opposer les gens, les chasseurs contre les protecteurs d’oiseaux, les agriculteurs contre les protecteurs de l’environnement, ce n’est pas une solution. UN AUTRE MONDE Le travail qui a précédé la sortie de La Terre vue du ciel, devenu rapidement un best-seller, a profondément transformé son auteur. On le ressent et lui-même le reconnaît : « J’adore ce recul, le point de vue que cela m’apporte sur notre Terre. » Et lorsque YannArthus- Bertrand regarde la Terre, les hommes ne sont jamais loin de son champ de vision. « J’ai rencontré des hommes dont la seule ambition, chaque jour, est de nourrir leur famille. Nous avons oublié cela, cette courageuse ambition du travail de la terre pour se nourrir. Malheureusement, ce seront ces populations qui payeront le prix fort du changement climatique. Et dire que pour eux notre monde, ce « monde conso » dont je parlais, c’est le monde dont ils rêvent ! Quel exemple leur donne-t-on ? » L’ARCHE DE YANN L’émission que YannArthus-Bertrand anime sur France 2 arrive en droite ligne. « Vu du ciel est un programme engagé, nous avons une liberté totale. C’est une émission que j’assume de A à Z, j’en suis très fier, même si l’audience est fluctuante. » Le globe-trotter a retrouvé le devant de la scène, les projecteurs de l’ex- Y.ARTHUS-BERTRAND/ALTITUDE



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