Direct Soir n°199 12 sep 2007
Direct Soir n°199 12 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°199 de 12 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Sean Connery seigneur du septième art

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°199/Mercredi 12 septembre 2007 6 EN COUVERTURE Sean Connery Plus fort que James Bond SEAN CONNERY NÉ EN 1930, 60 FILMS À SON ACTIF. DEUX PASSIONS PUBLIQUES : LE GOLF ET L’ÉCOSSE. UNE PASSION DISCRÈTE : L’ÉDUCATION. IL EST À L’AFFICHE DE « THE OFFENCE », RÉALISÉ EN 1972, QUI SORT CETTE SEMAINE EN SALLE POUR LA PREMIÈRE FOIS. GOFF/STARFACE
WARNER BROS/DR www.directsoir.net Le regard sombre est loin, très loin, de la nonchalance de James Bond. La moustache et le sourcil broussailleux le transfigurent, le rendent plus fort, plus inquiétant aussi, que lorsqu’il brandit le Walter PPK. Dans The Offence, un film de Sydney Lumet datant de 1972, jamais projeté en France jusqu’à aujourd’hui (voir l’article p.15), Sean Connery n’a pas de permis de tuer, mais cela ne l’empêche pas de livrer l’interprétation la plus complexe de son impressionnante filmographie. Parmi la soixantaine de films à son actif, l’inspecteur Johnson est l’un des rôles qu’il préfère. L’acteur écossais est transcendé dans ce long-métrage oppressant et intimiste, comme si un an après Les diamants sont éternels (1971), il avait voulu prouver au monde comme à lui-même qu’il était plus que James Bond. Pourtant, il était peutêtre le seul à en douter. Sir Sean Thomas Connery, 77 ans, a passé son existence à livrer une course effrénée contre le passé, mu par la volonté d’échapper aux mauvais coups qui prennent trop souvent les traits d’un destin. Aussi, lorsqu’il déclare qu’il « n’y a rien de tel qu’un défi pour faire ressortir le meilleur d’un homme », cette déclaration prend des allures de devise. NÉ DANS UNE ÉCOSSE OUBLIÉE En 1930, l’Ecosse n’a rien d’un endroit rêvé pour naître au monde. A Edimbourg, ville grise, ni vraiment industrielle, ni vraiment commerçante, mais juste loin de Londres, Thomas Connery voit le jour dans une famille modeste, un peu après dix heures, le 25 août. Son père est chauffeur et sa mère femme de ménage. Obligé de se débrouiller dès son plus jeune âge, élève moyen mais décidé à honorer les efforts de ses parents, il apprend très vite la valeur de l’argent. Pour faire face à l’arrivée de son jeune frère Neil – il a alors huit ans – il doit enchaîner les petits boulots. Livreur, apprenti boucher, vernisseur de cercueils, le futur sir fait tout ce que l’époque peut proposer de pénibles métiers. Si bien qu’à 13 ans, l’école n’est déjà plus qu’un souvenir. Pour s’échapper, ou parce qu’il n’y a rien d’autre à faire, il s’enrôle dans la Royal Navy. Deux tatouages et quelques mois plus tard, un ulcère le renvoie sur la terre ferme. Encore des illusions perdues, encore la misère, et le manque d’idées sur la tournure qu’il pourrait donner à cette vie le pousse à reprendre les petits boulots de son adolescence. MUSCULATION ET PREMIERS RÔLES Le destin lui offre enfin une occasion, en 1951. John Hogg, qu’il vient de rencontrer, lui fait découvrir le King’s Theatre. Ce monde le fascine. Sean Connery décide alors de se sculpter une silhouette et s’inscrit dans un club de musculation. En moins d’un an, il décroche la médaille de bronze au concours de Monsieur Univers, qui se tient à Londres, et tente de trouver une place dans un théâtre de la capitale pour financer ses cours de diction. En 1956, il décroche un petit rôle dans Les criminels de Londres La chance lui sourit en 1957 quand, bénéficiant d’un heureux hasard de circonstances, il remplace à la dernière minute le premier rôle d’un téléfilm de la BBC. Sur le plateau, il impressionne ses partenaires. Mais pas autant que la critique, unanime sur ses qualités au lendemain d’une diffusion qui établit un record d’audience. La Fox lui offre un contrat de sept ans, rompu au bout de quatre. Il ne reste pas grandchose des films de cette époque, mise à EN COUVERTURE 7 A l’affiche dans « The Offence » (1972), un film inédit en France qui sort aujourd’hui en salle, Sean Connery se fait discret depuis sa retraite, prise en 2002. L’ex-Bond a tout le temps de s’adonner à sa passion pour le golf, mais aussi de soutenir les causes qui lui tiennent à cœur : l’indépendance écossaise et la scolarisation des enfants en difficulté. A huit ans, il enchaîne « les petits boulots » Inspecteur dans The Offence (1972), un film de Sydney Lumet en salle aujourd’hui. part sa rencontre avec le réalisateur Terence Young, sur le tournage d’Au bord du volcan. JAMES BOND CONTRE SEAN CONNERY C’est précisément auprès de ce dernier qu’il va devenir une légende et voir son nom pour toujours associé à celui de James Bond. Rien n’était cependant joué pour lui. Le producteur Albert R. « Cubby » Broccoli pensait à Cary Grant ou à Roger Moore, tandis que l’écrivain Ian Fleming, qui a créé le personnage de007, voulait un gentleman. Pas vraiment un obscur acteur au physique de docker. Quand ils l’auditionnent, fin 1961, Broccoli dit oui. Fleming ne veut même pas l’envisager. Planté devant la table, Sean Connery écoute les deux hommes parler. Il s’impatiente. On dit que l’Ecossais aurait perdu son calme et aurait fait plier le destin à la force du poignet. Plus exactement en tapant sur la table. Les deux hommes comprennent qu’ils ont devant eux toute l’inflexible volonté de James Bond. James Bond contre Docteur No est un pari risqué, une série B avec un petit budget (l’acteur est payé 16500 dollars). Jusqu’alors, toutes les tentatives d’adaptation sur écran du héros de Ian Fleming J’aime les femmes. Je ne les comprends pas, mais je les aime. Sean Connery ont échoué. Mais la rencontre entre Young et Connery crée une alchimie parfaite. Le réalisateur transforme le culturiste en gentleman, en une incarnation de l’élégance vestimentaire, sociale et intellectuelle. Avec sa beauté et son charisme, Sean crève l’écran. Cigarette au coin des lèvres, smoking parfait, les cheveux plaqués : la première apparition de l’acteur à l’écran crée littéralement un mythe, un moment d’histoire du cinéma. Il n’a pourtant prononcé que trois mots : « Bond, James Bond ». Entre 1962 et 1971, Sean Connery incarne six fois 007. Mais ses relations avec son personnage le rongent : la peur d’être cantonné à ce rôle, la folie qui entoure la sortie de chaque film, son perfectionnisme aussi, le poussent à claquer la porte une première fois en 1967 après On ne vit que deux fois. Un titre prémonitoire puisqu’il acceptera, alors que ses tempes sont déjà grises, de reprendre du service en 1971. Des années plus tard, il confiera que c’est sur le tournage du deuxième opus de la saga (Bons baisers de Russie, 1963), toujours auprès de Terence Young, qu’il a le plus appris sur son métier. En 1972, la page Bond est tournée. TANTALLON/DR



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