Direct Soir n°196 7 sep 2007
Direct Soir n°196 7 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°196 de 7 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Laporte le grand rendez-vous

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°196/Vendredi 7 septembre 2007 6 EN COUVERTURE BERNARD LAPORTE NÉ LE 1 ER JUILLET 1964 À RODEZ, ANCIEN DEMI DE MÊLÉE, CHAMPION DE FRANCE AVEC BÈGLES-BORDEAUX EN 1991. CHAMPION DE FRANCE AVEC LE STADE FRANÇAIS EN TANT QU’ENTRAÎNEUR EN 1998. SÉLECTIONNEUR DU XV DE FRANCE DEPUIS NOVEMBRE 1999. Bernard Laporte L’homme des défis C. LIEWIG/CAMELEON/ABACA
ABACA www.directsoir.net Qui se souviendra du vainqueur du Tournoi des VI Nations 2007 ? Ce qui compte, c’est la Coupe du monde. » En début d’année, le sélectionneur du XV de France rappelait, avec son franc-parler habituel, l’ordre des priorités. Et l’échéance de la Coupe du monde 2007 occupe l’esprit de Bernard Laporte depuis bientôt quatre ans. Le 16 novembre 2003, l’équipe de France quitte le Telstra Stadium de Sydney la tête basse. Battue en demi-finale par l’Angleterre, galvanisée par son ouvreur de génie, Jonny Wilkinson. Les Anglais seront sacrés champions du monde quelques jours plus tard. Pourtant les Tricolores avaient laminé leurs adversaires lors de la phase de poules (dont un cinglant 51-9 face à l’Ecosse), avant de livrer un récital face aux Irlandais en quart (43-21). Ce parcours avait laissé espérer une victoire face aux meilleurs ennemis anglais, favoris mais auteurs d’un match poussif face au pays de Galles. La désillusion n’en fut que plus douloureuse. ENVIE DE REVANCHE Comme souvent dans les sports collectifs, l’entraîneur est le premier à être pointé du doigt après un échec. Et lorsque les Bleus reviennent de leur campagne aux antipodes, leur patron essuie le feu des critiques. On lui reproche un jeu trop stéréotypé, contrariant les initiatives individuelles. Bernard Laporte hésite à poursuivre son mandat à la tête de l’équipe nationale. Pas tant à cause des reproches qui lui sont adressés – il n’est pas homme à renoncer face à l’adversité –, qu’au nom d’une certaine vision de la responsabilité. Il cultive une estime de sa mission qui implique une obligation de résultat. Malgré tout, la perspective d’une Coupe du monde disputée à domicile est un challenge alléchant pour ce compétiteur dans l’âme. Les joueurs, dont beaucoup l’ont connu lorsqu’il entraînait le Stade Français (qu’il a mené de la 3 e division au titre de champion en trois ans, de 1995 à 1998), lui maintiennent leur confiance. Fort du soutien du président de la Fédération, Bernard Lapasset, l’homme fort des Bleus se décide à « rempiler ». La suite lui donne raison. Quelques mois après la déception australienne, les Tricolores remportent le tournoi des VI Nations 2004 sur un Grand Chelem. L’année suivante, ils n’échouent que face au pays de Galles, qui empoche le titre. Le XV du Coq renoue avec la victoire en 2006 et 2007, à chaque fois en devançant de justesse les Irlandais. Le bilan du sélectionneur est donc plus qu’honorable au moment d’aborder le rendez-vous planétaire. Pour éviter que celui-ci ne tourne au rendez-vous manqué, l’équipe de France a mis toutes les chances de son côté. LA FRANCE EN MISSION Le manager de l’équipe, Jo Maso, résume parfaitement l’enjeu de ce Mondial français : « C’est un privilège de jouer sur ses terres. Il ne faut pas galvauder cette chance. Nous sommes en mission, et nous nous devons de sortir la tête haute. » La médaille a son revers : si le XV de France bénéficie d’un surplus de motivation en évoluant devant son public, il devra aussi assumer une pression supplémentaire. A quelques heures du coup d’envoi de cette Coupe du monde, on peut être optimiste. Le groupe de trente joueurs constitué par Laporte a réalisé une excellente préparation, ponctuée par un carton plein lors de trois matchs préliminaires, avec un seul essai encaissé. Après une première victoire face à l’Angleterre à Twickenham (15- EN COUVERTURE 7 La Coupe du monde de rugby à XV, qui s’ouvre ce soir au Stade de France, avec un France-Argentine crucial, représente pour Bernard Laporte une double échéance. Au-delà du rendez-vous, que le sélectionneur national prépare depuis quatre ans, c’est le prélude à une nouvelle carrière. Dès la fin de la compétition, il rejoindra le gouvernement de François Fillon au poste de secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. C’est un privilège de jouer « sur ses terres. Il ne faut pas galvauder cette chance. » Jo Maso, manager de l’équipe de France. J’aime la politique, la vraie, celle qui consiste à faire au mieux de l’intérêt général. J’aime ceux qui, en politique comme nous en rugby, retroussent leurs manches et ne craignent pas de prendre des coups. Bernard Laporte 21), les Bleus ont confirmé une semaine plus tard à Marseille face au même adversaire (22-9), avant de balayer le pays de Galles à Cardiff (7-34). Les Français abordent le match d’ouverture de ce soir avec un capital confiance chargé à plein. Et ils en auront besoin. Car bien que leur palmarès soit maigre, les Pumas argentins font figure d’épouvantail dans l’un des seuls groupes où trois équipes peuvent sérieusement prétendre aux deux places qualificatives. S’ils ne sont parvenus à atteindre les phases éliminatoires qu’une fois, en 1999, les Sud-Américains restent des adversaires à prendre au sérieux. En atteste leur bilan récent face aux Tricolores. Lors de ses cinq derniers testmatchs, le XV de France ne l’a emporté qu’à une seule reprise : une victoire étriquée, à un point d’écart. PARCOURS DE COMBATTANTS La France n’aura donc pas le droit à l’erreur pour son entrée en matière. Un succès lancerait idéalement une phase de poules où l’autre adversaire de taille sera l’Irlande. Et il faudra à tout prix s’extirper de ce groupe D en première position. Sous peine de se retrouver condamné à l’exploit dès les quarts de finale. Le second est en Bernard Laporte à Val-d’Isère, aux côtés de Chabal et Pelous. effet quasiment assuré d’être opposé aux redoutables All Blacks néo-zélandais, archi-favoris de l’épreuve. Dans le cas où la France parviendrait à éviter cette frayeur, elle pourrait affronter l’Ecosse ou l’Italie en quart de finale. Viendrait ensuite une demifinale contre l’Afrique du Sud ou l’Angleterre, avant une finale le 20 octobre face aux All Blacks ou aux Australiens. D’UNE BATAILLE L’AUTRE Si cette date obnubile Bernard Laporte, ce n’est pas uniquement parce qu’elle pourrait lui fournir l’occasion de brandir cette fameuse Coupe Webb Ellis. Il a prévu depuis longtemps de quitter son poste de sélectionneur à l’issue du Mondial. Mais depuis le 19 juin, et l’annonce de sa future entrée au gouvernement, il sait aussi qu’il va devoir abandonner provisoirement ce jeu auquel il a consacré sa vie. « Tous les jours j’y pense. Plus ça avance, plus je sens que ça me manquera », avouait-il récemment. Il ne faut pas pour autant en déduire qu’il ait accepté à contrecœur ses futures fonctions de secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. Dans son livre Le rugby m’a fait homme (éd. M. Lafon), Bernard Laporte faisait part de son intérêt pour le monde politique. « J’aime ceux qui, en politique, comme nous dans le rugby, retroussent leurs manches et ne craignent pas de prendre des coups. » En filigrane de cette définition, se dessine la silhouette de Nicolas Sarkozy. Tout à la fois mentor ICON SPORT



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