Direct Soir n°196 7 sep 2007
Direct Soir n°196 7 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°196 de 7 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Laporte le grand rendez-vous

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ADINE SAGALYN/OPALE DR 14 Directsoir N°196/Vendredi 7 septembre 2007 20 22 COUPE JEUX DU MONDE Rugby : « Je veux y croire » par Denis Tillinac LES CLASSIQUES DU RUGBY C’est la collection des éditions de La Table Ronde consacrée au rugby. 15 titres et les plus grandes signatures, dans les exemples récents : Lacouture, Pastre, Blondin, Herrero, Lalanne… « RUGBY BLUES » ■ Pour aller plus loin dans la prose de Denis Tillinac et mieux comprendre son amour du rugby. Un coup de gueule et une déclaration d’amour. « LA PEAU DES SPRINGBOKS » ■ Par une des plus belles plumes de l’Ovalie : Denis Lalanne. Un livre de 1964 qui raconte l’épopée du XV de France parti affronter les Sud-Africains. « LES MOUCHES ONT CHANGÉ D’ÂNE » ■ Un guide de survie dans le maquis lexical du rugby, rédigé par Pierre Albaladejo, l’ancien capitaine de Dax. Denis Tillinac est un écrivain amoureux du rugby, de la beauté du geste et des valeurs qu’il porte. A la tête des éditions de La Table Ronde, il a consacré une collection exceptionnelle à l’Ovalie. Il a accepté de confier à Directsoir ses doutes et ses espoirs à l’aube de la Coupe du monde. L’impact du sport dans l’imaginaire collectif supporte la comparaison avec la tragédie chez les Grecs anciens : Sophocle, s’il vivait aujourd’hui, mettrait en scène les divinités de l’OM ou du BO et on trouverait dans ses pièces l’intégrale de la dramaturgie humaine. Loin derrière le foot, mais de moins en moins loin, le rugby focalise des émotions, des pulsions, des passions qui, jadis, étaient l’apanage du combat guerrier et de la poésie lyrique. On s’en aperçoit avec l’engouement pour cette Coupe du monde que la France organise pour la première fois. Certes, les droits de retransmission télévisuels et l’argent des équipementiers ont métamorphosé en spectacle ce jeu de mains et de vilains, issu de la soule populaire et du tournoi aristo. Mais au delà, on perçoit dans le pays une ferveur telle que l’enfantement d’une chanson de geste est envisageable. Y compris au Nord de la Loire, où l’on escompte de l’événement une sorte d’ensoleillement offert gratis par une Gascogne idéale. Car le rugby n’est pas un sport universel ; partout il a planté ses racines sur une géographie et une sociologie précises pour y pimenter leurs cultures. Au royaume enchanté de l’Ovalie à la française, les tuiles sont romaines, les apéritifs anisés et l’accent chante en langue d’oc. A l’instar du regretté Henri IV, le rugby semble en mesure de s’imposer à Paris, et d’envoûter jusqu’à la soumission le reste du « Il s’agira d’embobiner les dieux du stade, qui sont capricieux. » C pays. Des écrivains, des philosophes, des artistes, des capitaines d’industrie clament leur enthousiasme en décrivant les vertus singulières d’un jeu dont l’extrême violence est canalisée, voire sublimée par une codification sophistiquée. Les glorieux ancêtres sont commis à l’illustration d’une série de légendes qui situent l’âge d’or dans un passé plus ou moins fabulé – le temps de Prat, le temps de Mias, le temps des Boni, le temps de la bande à Fouroux. Un jour peut-être, dans les bodegas des bastides occitanes, on célébrera le temps de Laporte et de Chabal car, pour l’heure, ces deux personnalités hors normes font l’affiche. Peutêtre même s’en souviendra-t-on à Nantes et à Strasbourg, ça dépendra des verdicts du tableau d’affichage. Soit les Tricolores accéderont au zénith, autant dire à la finale au Stade de France, et ils auront leur place dans l’Histoire, avec une majuscule enluminée, surtout s’ils gagnent le 20 octobre. Alors, Laporte sera le ministre des Sports le plus populaire de toute la V e République. Soit le coq gaulois battra de l’aile, et le rugby français redeviendra ce qu’il est, l’ingrédient corsé d’un art de vivre sudiste, au même titre que la pelote chez les Basques, l’écarté chez les Landais, le foie gras dans le Gers, le cassoulet rad-soc en Languedoc. C’est déjà très bien. On ne peut plus s’en satisfaire ; la surchauffe médiatique place dans nos cœurs la barre à l’altitude minimum de cette finale, et si nous la perdons, DENIS TILLINAC EN BREF’est à l’adolescence que Denis Tillinac, justement mais hâtivement catalogué « écrivain du terroir », a découvert le rugby, son esthétique, sa poésie, ses valeurs et ses acteurs. S’il craint aujourd’hui de voir ce noble sport dénaturé par le règne de l’argent, il demeure confiant dans la solidité de ses piliers : l’amitié, l’effort, Sébastien Chabal, lors du match contre l’Angleterre le 11 mars 2007, à Twickenham (Londres). nous ruminerons des rancœurs, non sans accuser l’arbitre de partialité, mauvaise foi oblige. J’écris cela pour me faire peur. Cette compétition, nous allons la gagner, les trente preux de Laporte et de Maso en sont capables. Le génie français est une médaille à deux faces : « french flair » et « furia francese ». Nous avons, semble-t-il, plus de fantassins durs au mal que de cavaliers empanachés. Si les poilus d’Ibanez ont la fougue de Bayard à Marignan, le soleil d’Austerlitz embrasera en tricolore l’herbe du Stade de France. Je veux y croire. L’essai fantastique de Chabal contre les Anglais cautionne mon espérance : seul un Français peut ainsi renverser des montagnes. Nous devons arraisonner les Argentins, qui sont rudes, puis les Irlandais, qui sont astucieux. Après, il s’agira d’embobiner les dieux du stade, qui sont capricieux. Au bout du rêve, il y a, pour le rugby français, l’aubaine d’une accession à l’empyrée des mythologies fondatrices. C’est tout le mal que je lui souhaite. D. T. le goût du risque, l’audace et la joie simple. Ses livres (Spleen en Corrèze, L’été anglais, Maisons de famille…) chantent à merveille ses racines. Directeur des éditions de La Table Ronde (aujourd’hui détenues par Gallimard) depuis 1990, il est aussi journaliste. Il a reçu plusieurs prix, dont le Kléber-Haedens, le Roger-Nimier et le Jacques-Chardonne. LUTTIAU/STADE TWICKENHAM/L’ÉQUIPE M. ROUGEMONT/OPALE
2007 TCFFC DR www.directsoir.net Jenna (Keri Russel) les mains dans la farine avec son amie Dawn (Adrienne Shelly). DVD Le shérif Hoyt (R. Lee Ermey). La tronçonneuse de Liebesman ■ 1969. Avant de partir pour le Vietnam, Dean et son frère emmènent leurs petites amies en virée sur les routes du Texas. Leur chemin les conduira sur la route de Leatherface. Jonathan Liebesman, en voulant montrer les origines du tueur à la tronçonneuse, réalise un film gore et sans envergure, qui plaira néanmoins aux amateurs de scènes sanguinolentes. Massacre à la tronçonneuse : le commencement, de Jonathan Liebesman, Metropolitan FilmExport, 19,99 €. Beau parleur pour cause goudronnée La prévention du tabagisme menace les ventes de Big Tobacco. Mais la société a un atout dans sa manche : Nick Naylor. ■ Nick Naylor (Aaron Eckhart) est le représentant des cigarettiers. Pas de diplôme, mais une forte personnalité, dont use l’Académie des études sur le tabac pour influencer les pouvoirs publics dans leurs intérêts. En bref, il défend l’indéfendable et y excelle. Le film Thank you for smoking s’inspire de l’ouvrage du même nom, sorti en 1994 aux Etats-Unis. Quand Hollywood a commencé à vouloir porter à l’écran ce roman, Mel Gibson avait fait l’acquisition des droits. Mais c’est finalement Jason Reitman, le fils du réalisateur Ivan Reitman (SOS Fantômes…) qui, en 2002, est chargé de l’adaptation. Il conserve la plupart des dialogues du roman, tout en étoffant la dimension humaine du personnage de Nick Naylor, par l’entremise d’une relation DR « Merci de fumer, c’est bon pour nous ! ». père-fils un tantinet lourdingue. Apologie du politiquement incorrect, Thank you for smoking dénonce les rouages des groupes de pressions avec le sourire irrévérencieux que l’Amérique peut encore porter sur elle-même. Thank you for smoking, de Jason Reitman, Aventi, 17,99 €. « J’ai écrit ce film au huitième mois de ma grossesse, à l’époque où l’idée de devenir mère m’inspirait une crainte profonde. » Adrienne Shelly 15 Les tartes de Jenna ★★★★★ « Waitress », une histoire de désamour et d’amour servie avec poésie et humour par Adrienne Shelly. Tandis que son imbécile de mari la harcèle sans relâche, la ravissante Jenna (Keri Russel) échafaude des plans pour lui échapper. Ses seuls moments de répit ont lieu au Joe’s Dinner, où elle travaille comme « waitress », c’est-à-dire serveuse. C’est là qu’elle retrouve ses deux amies, Dawn (Adrienne Shelly) et Becky (Cheryl Hines) et qu’elle s’adonne à sa passion pour les tartes. Jenna évacue ainsi douleurs et frustrations avec des créations originales sucrées ou salées, baptisées selon la situation du moment. Lorsqu’elle s’aperçoit avec horreur qu’elle est enceinte, elle crée la tarte « Je ne veux pas du bébé d’Earl » (brie fondu, jambon fumé et pâte feuilletée). Sa vie prend un sens différent le jour où elle rencontre son CULTURE CINÉMA nouveau gynécologue, le très séduisant docteur Pomatter (Nathan Fillion). De leur entrevue « médicale » naît une idylle gourmande et passionnée, tout à fait amorale. Le dernier long-métrage d’Adrienne Shelly est emprunt de poésie et d’humour. Elle excelle dans l’art du portrait satirique. Tous les hommes de Waitress, à l’exception notable du docteur Pommater, sont perçus comme des brutes à demi sauvages. Sans réelle violence, ils sont tous si frustrés qu’ils défoulent leur mal être en se montrant outrageusement macho et odieux avec les femmes. L’un des meilleurs exemples est celui d’Earl, le mari de Jenna, qui lui intime l’ordre de l’aimer toujours plus que leur bébé. L’autre personnage emblématique du film est le vieux Joe, propriétaire du restaurant dans lequel les trois filles travaillent. Incarné par le charismatique Andy Griffith, il est le stéréotype du vieillard aigri râlant par habitude, mais gardant un œil bienveillant sur la jeunesse. Malgré un casting d’acteurs habitués aux séries télévisées, les interprétations sont justes et touchantes. Sans être un grand film, Waitress est une très bonne comédie romantique, mais malheureusement la dernière de la réalisatrice, assassinée à New York en novembre 2006. Waitress, de et avec Adrienne Shelly, en salle.



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