Direct Soir n°194 5 sep 2007
Direct Soir n°194 5 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de 5 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Amélie Nothomb seizième roman, nouveau succès

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°194/Mercredi 5 septembre 2007 6 EN COUVERTURE DEPUIS SON PREMIER ROMAN À SUCCÈS, « HYGIÈNE DE L’ASSASSIN » PUBLIÉ EN 1992, LA ROMANCIÈRE BELGE SUSCITE TOUJOURS AUTANT D’ENGOUEMENT. A CHAQUE RENTRÉE LITTÉRAIRE, ELLE RETROUVE SES LECTEURS FIDÈLES, QUI AIMENT SE PLONGER DANS SON UNIVERS INSOLITE. Le fabuleux destin littéraire d’Amélie NothombL. BIRON/VISUAL
DR www.directsoir.net Tiré à 200 000 exemplaires, à peine en librairie, déjà best-seller, le nouveau roman d’Amélie Nothomb, Ni d’Eve, ni d’Adam, constitue l’un des événements d’une riche rentrée littéraire. Depuis seize ans et la parution de son premier roman, Hygiène de l’assassin (Albin Michel), cette romancière publie un roman par an. Choix personnel, rythme de vie, il y a derrière cette régularité métronomique une immense envie de partager : « J’ai parfois l’impression que je ne traite que de mes petites obsessions intimes et je me dis « mais qui cela peut-il intéresser d’autre que toi ? » Mais, une fois de temps en temps, à tort ou à raison, j’ai l’impression qu’il y a des émotions partageables ; c’est à ce moment-là que je publie mes livres. » Avant toute publication, il est une décision encore plus cruciale : le choix du manuscrit. Car Amélie Nothombest de ces écrivains prolifiques : pour preuve, ses tiroirs regorgent de livres jamais publiés. Si elle reconnaît prendre sa décision seule et être essentiellement guidée par le désir, elle dit assumer totalement le risque de se tromper. Elle marche à l’instinct, qu’elle met au service de sa création, même si elle avoue ne pas maîtriser ce phénomène mystérieux : « Qu’est-ce qui fait que tout à coup on est enceinte de quelque chose ? J’imagine mon inconscient comme un gigantesque processus digestif. » Une digestion qui s’avère parfois longue. SON OBSESSION D’ÉCRIRE Il aura fallu près de seize ans à la romancière pour répondre à cette question : comment et pourquoi devient-on écrivain ? Seize années et la parution de Ni d’Eve ni d’Adam pour appréhender la genèse de sa vocation. Dans ce dernier roman, qui pourrait être son premier tant il est fondateur, elle révèle les raisons de son obsession d’écriture. Si elle écrit depuis ses 17 ans, elle n’imaginait pas à l’époque se faire publier. Pour elle, « cette autre démarche – très risquée finalement – et qui s’appelle la publication est sûrement liée à l’échec japonais ». Un échec dont elle parle déjà dans Stupeur et tremblements, roman drôle et terrifiant dans lequel elle raconte sa descente aux enfers dans une entreprise japonaise où elle passe, en un an, de traductrice à dame pipi. Cette humiliation sera un déclic : « J’avais tout de même certainement besoin de me construire une image un tout petit peu acceptable de moi, cela m’a donné le courage d’envoyer ce premier manuscrit Hygiène de l’assassin à un éditeur ». Un échec aussi lié à ce qu’elle nomme son identité de « Japonaise ratée ». C’est la seule nationalité qu’elle ait jamais rêvé d’avoir, mais qu’elle laissera filer, comme elle le raconte dans son nouveau roman, en n’acceptant pas d’épouser son fiancé japonais. UNE ENFANCE JAPONAISE Le Japon est un moment fondateur dans la vie d’Amélie Nothomb, mais dont elle avait peu parlé auparavant. Sa fascination pour ce pays remonte à son enfance près de Kyoto, dans la région du Kansai, ce Japon des origines où elle a passé ses cinq premières années. Un endroit « magnifique » dont elle garde des souvenirs émus, notamment celui de sa gouvernante japonaise, qu’elle aimait comme sa mère. Quand elle quitte ce pays tant aimé pour la Chine à l’âge de cinq ans, elle ne s’en remet pas : « Quand j’ai quitté le Japon à l’âge de 5 ans, cela a été pour moi la fin du monde ». Elle laisse la beauté japonaise pour un pays qu’elle trouve « hideux » (Le sabotage amoureux, Albin Michel). Les années passent. Au gré des mutations de son père ambassadeur, elle découvre d’autres contrées : les États-Unis, le Bangladesh, la Birmanie, le Laos… Autant de destinations attachantes, mais qui ne susciteront jamais chez elle ce même sentiment d’identification : « Je suis restée fidèle à la première imprégnation ». RETOUR NOSTALGIQUE Elle rêve de repartir pour le Japon, sa vraie patrie. Ce n’est qu’à l’âge de 21 ans qu’elle y retourne, pour, dit-elle, « accomplir son destin ». Naïvement, à l’époque, elle pense que le pays de son enfance va l’accueillir à bras ouverts et qu’elle va enfin accomplir son rêve : devenir japonaise. Pour évoquer ce retour mythique, elle emprunte l’image d’Antée, ce géant, fils de Poséidon et de Gaia, qui reprenait EN COUVERTURE 7 Dans son nouveau roman, « Ni d’Eve ni d’Adam », l’auteur d’« Hygiène de l’assassin » et de « Stupeur et tremblements », prix de l’Académie française en 1998, revient sur la genèse de sa vocation d’écrivain. Pour cela, elle retrouve la beauté des terres japonaises, celles de son premier amour. Analyse d’un succès. Une histoire d’amour, « cela prend du temps à digérer » Amélie Nothombsera l’invitée des Livres de la 8, présentée par François Busnel, pour une émission spéciale, le 26 septembre sur Direct8, à 22h10. force chaque fois qu’il touchait la terre dont il était sorti. Mal dans sa peau, elle éprouve la même sensation lorsqu’elle touche le sol japonais seize années après son départ. Revenir sur cette terre nourricière, qui l’accueille pour la seconde fois, est comme une seconde naissance pour la romancière. Mais, au-delà des souvenirs d’enfance, ce qui lie Amélie à cette culture, « c’est l’amour de la beauté, surtout de la beauté japonaise, qui est celle qui me touche le plus. Et puis une espèce de culte de la nostalgie, très japonaise » dont elle se dit être une « indécrottable ». Enfin, des odeurs, des saveurs qu’il est impossible de mettre en mots car elles appartiennent à la petite enfance. Aujourd’hui, avec Ni d’Eve ni d’Adam, elle revient sur l’épisode qui a changé sa vie et a suscité sa vocation d’écrivain. Elle y relate son histoire d’amour avec un Japonais de 20 ans, Rinri. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour coucher sur le papier cette période essentielle de sa vie ? « Une histoire d’amour, cela prend du temps à L’auteur, dans les locaux de son éditeur, Albin Michel. digérer », surtout quand elle a signifié la fin de ses rêves japonais. SON PREMIER AMOUR Ce roman est donc le récit d’un premier amour. Elle n’en est pas à sa première histoire, mais « c’est la première fois [qu’elle s’est] sentie respectée ». Une histoire qu’elle revisite des années plus tard pour en comprendre toutes les dimensions, et se « pénétrer de ce [qu’elle a] vécu ». Elle cite à cet égard Virginia Woolf : « Aussi longtemps que l’on n’a pas écrit, il ne s’est rien passé ». C’est avec ce regard distancié qu’elle explore aujourd’hui ses sentiments, en mettant en scène les différences de culture amoureuse. Elle se remémore ses sensations, évoque ce « koï », « ce goût pour », très éloigné du sentiment amoureux français, qu’elle a ressenti pour Rinri, et dissèque les codes de cette société japonaise ultra-normée. A la fois spectatrice et participante, elle parle de ces rites amoureux, passages obligés dont elle montre à la fois l’aspect artificiel et comique pour l’Occidental, mais aussi la véritable praticité : « On n’avait pas à se poser 36 000 questions. » Dans un dialogue permanent avec le lecteur, Amélie Nothombs’interroge sur GAMMA



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