Direct Soir n°194 5 sep 2007
Direct Soir n°194 5 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de 5 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Amélie Nothomb seizième roman, nouveau succès

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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C.J. SANSOM Directsoir N°194/Mercredi 5 septembre 2007 14 CULTURE Olivier Adam par KO « A l’abri de rien » est le nouveau roman d’Olivier Adam, dans lequel il aborde l’exclusion sous toutes ses formes. Au fil des livres, ce jeune auteur s’impose comme un grand écrivain des fêlures et des blessures de l’âme.C.J. Sansom. TOP DES TOPS DR 1 La môme TF1 Vidéo jkle DR Livre après livre, Olivier Adam n’en finit pas d’évoquer les âmes en peine et les existences torturées, rongées par le deuil ou tout simplement par l’insoutenable banalité du quotidien. Marie, la narratrice d’A l’abri de rien, fait partie de ces frêles embarcations tentant tant bien que mal d’avancer dans la vie, mais qui menacent sans cesse de sombrer. La terrible voie d’eau subie au moment du décès de sa sœur ne s’est jamais colmatée. Après avoir perdu son emploi de caissière, Marie se perd dans son ordinaire et terne vie de femme au foyer, dans un lotissement près de Calais. Olivier Adam excelle dans la description de ce morne quotidien pavillonnaire : « Ici, à l’abri des maisons, et partout ailleurs en France, toutes les vies se ressemblent. Se lever, se nourrir, travailler, manger, voir des amis, aller au cinéma, regarder la télévision, passer voir sa mère, s’occuper des enfants, faire ses comptes, les magasins, l’amour, tout est profondément pareil. A quelques détails près. » Ce détail, pour Marie, ce sera les « Kosovars ». Autrement dit, les réfugiés clandestins, irakiens, kurdes ou afghans, qui hantent la région depuis la fermeture du centre de Sangatte. Elle rencontre l’un de ces fantômes à l’occasion d’une panne de voiture. Fascinée et bouleversée par ces hommes encore plus miséreux, plus exclus qu’elle, Marie s’engage corps et âme pour aider les clandestins, quitte à s’éloigner de sa famille, et du rivage de la raison. Le titre A l’abri de rien évoque bien sûr les immigrés clandestins, sous la menace permanente de la reconduite à la frontière. Il fait aussi référence à Marie, qui n’arrive plus à se protéger et va finalement basculer. Mais ET AUSSI... Thriller royal et palpitant Un jeune écrivain reconnu ■ Né le 12 juillet 1974, Olivier Adam a fait ses débuts littéraires chez Le Dilettante avec le roman Je vais bien, ne t’en fais pas, qui obtient un succès d’estime en 2000. Passé aux éditions de l’Olivier, il a reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour le recueil Passer l’hiver, en 2004, tout en écrivant également pour la jeunesse. Le roman Falaises a été cité en 2005 par les grands prix littéraires. Olivier Adam a également participé à l’adaptation au cinéma de Je vais bien, ne t’en fais pas. Ce film de Philippe Lioret, avec Mélanie Laurent et Kad Merad, a été doublement primé aux césars 2006. ■ Le troisième tome de la saga des thrillers historiques deC.J. Sansom transporte les lecteurs dans les conflits politiques et religieux de l’Angleterre des Tudor. Dans Sang royal, Matthew Shardlake, avocat et enquêteur fouineur, se retrouve impliqué dans un complot qui vise le Roi Henry VIII. Il est enfermé à la prison de la Tour de Londres. Maniant subtilement l’humour et l’ironie, l’auteur réaffirme son talent pour poser une intrigue complexe, ménager le suspense jusqu’à la dernière page et induire immanquablement sur de mauvaises pistes. Palpitant ! Sang royal, deC.J. Sansom, Belfond, 500 p., 22 €. 2 Taxi 4 Fox Pathé Europa RENTRÉE LITTÉRAIRE Le dernier roi d’Ecosse Fox Pathé Europa T. JEANNE VALES cet A l’abri de rien peut tout aussi bien s’appliquer au lecteur, qui se retrouve exposé à la rage et à l’urgence qui irradient les textes d’Olivier Adam. Ce jeune auteur de 33 ans fait de l’écriture des coups de poing. Ses phrases sont des frappes sèches, ses mots desuppercuts. Certes, l’accumulation de malheurs dans ce livre pourrait l’entraîner vers le misérabilisme. Mais Olivier Adam ne triche pas : il évolue sur le fil, comme ses personnages. Au final, on ressort de ce roman sonné, mais déjà impatient de retourner sur le ring, avec un auteur qui boxe désormais dans la catégorie des poids lourds de la scène littéraire française. A l’abri de rien, d’Olivier Adam, éd. de l’Olivier, 218 p., 18 €. 3 4 5 Lettres d’Iwo Jima Warner Home Vidéo jkle jkle jkle jkle Meilleures ventes de films en DVD De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York, la pétillante Marion Cotillard interprète avec audace le destin glorieux et douloureux d’Edith Piaf. L’émotion, la passion, la douleur, l’amour, tout y est. Quand ce film à sensations s’achève, à notre tour, nous nous laissons emporter par la foule. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : Borat Fox Pathé Vidéo THÉÂTRE Une rencontre improbable entre forains et bobos. Le choc des mondes ■ Le temps d’une nuit au milieu de nulle part, trois forains, en panne de camion au bord d’une voie ferrée et un couple de bobos, descendus d’un train reparti sans eux, partagent l’attente. Une comédie grinçante qui se joue de l’absurdité de l’humain pris dans le carcan des codes socioculturels. Les forains, jusqu’au 14 octobre. Théâtre 13, 103A, bd A. Blanqui, Paris 13e. Réservations au 0145886222. La réalité dépasse la fiction Trois parcours qui se croisent à la Goutte d’Or. ■ En immersion totale dans la réalité de la Goutte d’Or, quartier dit sensible, à la rencontre des habitants, metteur en scène et actrice de ce spectacle, Laurence Février raconte la vie et les histoires de cette portion d’humanité. Retranscrits mot pour mot du réel, ces récits dévoilent le destin de personnages aux parcours bigarrés : le marchand de journaux venu ouvrir son kiosque, l’Africaine réfugiée politique ballottée entre désespoir et joie de vivre, et la femme politique convaincue d’être au service de la « cité ». En un court instant, la vie se révèle sur la scène du Lucernaire. Ils habitent la Goutte d’Or, jusqu’au 27 octobre au théâtre du Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6 e (01 45 44 57 34). S. LAFOURGADE B. FNATON/CIT’EN SENE
HAUT ET COURT DR www.directsoir.net 15 En bas de l’affiche ★★★★★ Premier film de Marc Fitoussi, « La vie d’artiste » présente trois personnages face à l’échec de leurs carrières artistiques. Sans surprise, mais avec un bon casting. Décidément, l’appétit insatiable du cinéma français pour le film choral n’est pas près de prendre fin, quitte à risquer l’indigestion chez les spectateurs.Après les Fragile(s), Selon Charlie ou Fauteuils d’orchestre, c’est au tour de Marc Fitoussi de s’essayer à ce genre pour son premier long-métrage. Avec une spécificité : s’intéresser à la vie d’artistes modestes, loin des paillettes et de la célébrité. Dans cette Vie d’artiste, nous trouvons trois personnages centraux qui aspirent aux récompenses dans leurs disciplines respectives, mais qui se heurtent à la dure réalité. Alice (Sandrine Kiberlain) rêve de grands rôles. Mais pour l’instant, elle doit se Parmi les seconds contenter de doubler un dessin animé japonais. Bertrand (Denis Podalydès), profes- rôles de La vie d’artiste, on retrouve Maria Schneider, qui s’est faite rare à l’écran. seur de français, tente d’achever l’écriture L’actrice a notamment donné de son second roman. Pourtant sa plume ne la réplique à Marlon Brando suit pas ses ambitions de prix littéraires. dans Le dernier tango à Paris. Cora (Emilie Dequenne) vient d’arriver à Paris Emilie Dequenne (à d.) aspire à la vie de chanteuse, mais doit se contenter d’animer des karaokés. DVD Mel Gibson s’intéresse à la chute des Mayas. Violent et beau ■ Encore un film de Mel Gibson qui ne laisse pas indifférent. Il faut le regarder comme une fable, un conte. Violent certes, mais fort. Lors de la chute de l’empire Maya, un jeune chef de tribu et père de famille voit son village massacré. Il est capturé puis emmené pour être sacrifié. Les images sont belles, les acteurs uniques, les sensations éprouvantes. 2h18 d’émotions. Apocalypto, TF1 Video, 19,99 €. « Cashback », la vie en pose Doté du pouvoir de suspendre le temps, un jeune garçon se perd dans les allées d’un supermarché, entre poses lascives et quête de sens. ■ L’idée de ce film a de quoi séduire. Ben, étudiant aux Beaux-Arts d’une vingtaine d’années, dispose du pouvoir ultime : suspendre le temps. Souffrant d’insomnies chroniques, il travaille de nuit dans un supermarché. C’est là qu’il rencontre une galerie de personnages hauts en couleurs. Mais ce sont surtout les clientes qui créent les plus beaux moments du film. Mettant son don à profit, Ben suspend le temps pour déshabiller ces femmes et les dessiner. Jamais aussi intéressant que lorsqu’il prend la pose, Cashback est, on le sent bien, le film d’un photographe. Issu du milieu de la mode, Sean Ellis est à l’aise dans sa quête du beau, mais beaucoup moins quand il s’agit de trouver un véritable sens DR Arrêter le temps pour déshabiller les femmes… Un fantasme que le héros de Cashback réalise. à cette histoire d’adolescents, coincée entre fantaisie poétique et crétinerie régressive. Cashback, de Sean Ellis, 20 €. CULTURE CINÉMA pour tenter sa chance comme chanteuse. Elle doit pourtant se contenter d’animer des soirées karaoké. Comme le veut le genre, ce long-métrage repose sur des personnages qui sont dans une impasse existentielle. Sans surprise non plus, La vie d’artiste oscille entre la tragédie et la comédie, comme nombre de ses prédécesseurs. Mais, s’il n’innove ni sur le fond, ni sur la forme, Marc Fitoussi a le mérite de réunir un beau casting. En écrivain qui tente de se persuader de son génie, Denis Podalydès est, comme toujours, parfait. C’est de lui que viennent les scènes les plus drôles du film, à l’image de cette séance de dédicaces sans lecteurs, et donc sans signatures. Quant à Sandrine Kiberlain, elle traduit très bien le narcissisme et l’égotisme de l’acteur. Cette Vie d’artiste offre souvent une impression de déjà-vu, mais peut toucher par la modestie de son propos et le talent de ses interprètes. La vie d’artiste, de Marc Fitoussi. En salle.



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