Direct Soir n°192 3 sep 2007
Direct Soir n°192 3 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°192 de 3 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Nelson Mandela aujourd'hui à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°192/Lundi 3 septembre 2007 6 EN COUVERTURE UNE LÉGENDE VIVANTE. A 89 ANS, CELUI QUI FUT ÉLU EN 1994 PREMIER PRÉSIDENT NOIR D’AFRIQUE DU SUD, PARCOURT LE MONDE AFIN DE RECUEILLIR DES FONDS POUR LA LUTTE QU’IL MÈNE CONTRE LE SIDA. NICOLAS SARKOZY, QUI L’ACCUEILLE AUJOURD’HUI À PARIS, LE REÇOIT AVEC LES ÉGARDS D’UN CHEF D’ETAT EN FONCTION. Nelson Mandela Une vie de combats W. MCNAMEE/CORBIS
PA PHOTOS/ABACA www.directsoir.net Impossible, alors que le coup d’envoi de la Coupe du monde de rugby sera donné vendredi au Stade de France, d’oublier une image. Elle remonte au 24 juin 1995. Dans l’enceinte en liesse de l’Ellis Park de Durban, Nelson Mandela, rayonnant, remet la coupe du champion à François Pienaar, le capitaine afrikaaner de l’équipe des Springboks. Quelques minutes plus tôt, à l’issue d’une finale fermée, l’équipe sud-africaine, par un drop de son demi d’ouverture a forcé les All- Blacks, sempiternels favoris du monde de l’Ovalie, à poser le genou à terre. Sur l’aile, Chester Williams, premier joueur noir à réintégrer l’équipe nationale sudafricaine, est le symbole d’une équipe, qui, comme toute une nation, semble décidée à tourner la page d’un demi-siècle de ségrégation raciale. Une nation « arc-en-ciel » derrière son président, Nelson Mandela, premier supporter de son équipe vainqueur de « sa » Coupe du monde, dans son pays enfin revenu dans le concert des nations. Nelson Mandela a endossé le maillot national, vert et orange, floqué du numéro 6, avec une antilope – le fameux springbok – cousue sur le cœur. Il glisse au capitaine sudaf « Merci de ce que vous avez fait pour l’Afrique du Sud ». Et Pienaar de répondre : « nous ne pourrons jamais faire autant que ce que vous avez déjà fait pour le pays ». « Nelson ! Nelson ! » : le prénom du premier président noir d’Afrique du Sud résonne dans un stade essentiellement remplis de supporters blancs. Douze ans plus tard, Bryan Habana se souvient de ce moment : « ça a été le déclic ». Dimanche, il devrait être aligné dans l’équipe des Springboks pour leur premier match de la compétition face au Samoa. Il jouera à l’aile, dont il est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux. Il est aussi l’un des rares joueurs de couleur d’une équipe qui tarde à réellement enclencher la transformation tant espérée. Symbole de la réconciliation d’un peuple en 1995, le rugby sud-africain est aujourd’hui le reflet d’une société dans laquelle le combat contre les inégalités raciales reste à gagner. Quelle image aussi — si précieuse pour les hommes politique — que de s’afficher aux cotés de celui qui changea la face de son pays ! « Un accueil exceptionnel pour un homme exceptionnel » : l’Elysée qualifie ainsi le protocole réservé à Nelson Mandela, accueilli aujourd’hui à Orly, à 15h15, par le président de la République lui-même. Accueil habituellement réservé aux chefs d’Etat. Il s’agit d’une visite « privée », « amicale », nous a indiqué Franck Louvrier, chef du service de presse de l’Elysée. MATRICULE 46 664 Huit ans après avoir quitté le pouvoir en Afrique du Sud et cédé sa place à l’actuel président Thabo Mbeki, Nelson Mandela continue de fasciner les dirigeants du monde entier. Nicolas Sarkozy éprouve « une très grande admiration pour le prix Nobel de la paix 1993 qui, une fois libéré, après 27 ans de prison, n’a eu qu’une seule obsession, le combat de son pays pour le chemin de la réconciliation et de la tolérance et avec quelle efficacité ! » a déclaré le porte-parole du président français, ajoutant qu’il le cite souvent en privé. Le 3 septembre 2002, à l’issue du sommet de la Terre à Johannesbourg, Jacques Chirac avait parlé de sa rencontre avec celui que ses compatriotes surnomment « Madiba » comme d’un moment émouvant, estimant que « pour beaucoup d’entre nous et dans le monde entier, [il représente] l’image même de la sagesse, de la détermination et de l’avenir. » « Le plus grand et le plus courageux des dirigeants de notre génération », a déclaré, la semaine dernière, le Premier ministre britannique, Gordon Brown. Sur le même ton, Ken Livingstone, le maire de Londres a salué « une des figures politiques majeures de notre temps ». Mercredi dernier, Nelson Mandela a inauguré une statue à son effigie dans la capitale britannique. Haute de près de trois mètres, elle se dresse sur Parliament Square, entre les statues des Premiers ministres britanniques Winston Churchill et Benjamin Disraeli, et de l’historique président américain, Abraham Lincoln. « Pour célébrer mes 90 ans l’an prochain, ma campagne internationale contre le sida, baptisée « 46 664 » (en référence au matricule de Mandela pendant ses 27 années de réclusion,ndlr), fera une nouvelle fois appel à vous en tant que nation britannique pour vous rassembler ». Celui qui fut la figure de la lutte anti -apartheid a fait du combat contre le virus du sida, qui touche plus de 5 millions de personne en Afrique du Sud, son nouveau cheval de bataille. Et il prépare déjà un grand rendez-vous. Le EN COUVERTURE 7 L’ancien président sud-africain, 89 ans, arrive aujourd’hui à Paris, à l’occasion d’une tournée mondiale de collecte de fonds pour lutter contre le sida. Retour en images sur le destin exceptionnel de celui qui fut l’un des plus célèbres prisonniers politiques du XX e siècle. « Nous ne pourrons jamais faire autant pour le pays que vous. » François Pienaar, capitaine des Springboks champions du monde en 1995 27 juin 2008, « 46 664 » organisera un concert géant à Hyde Park, au cœur de Londres. Nelson Mandela entretient une relation particulière avec la population britannique. Dans les années 1970-1980, des manifestations, organisées jour et nuit devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Trafalgar Square exigeaient la libération de l’un des plus célèbres prisonniers politiques. Le 11 juin 1988, un concert est organisé dans le mythique stade de Wembley pour célébrer les 70 ans de Mandela, toujours emprisonné. Moins de deux ans plus tard, le 16 avril 1990, les notes retentissent à nouveaux dans l’enceinte sportive anglaise. Cette fois, elles célèbrent la sortie de prison de l’adversaire numéro un de l’apartheid. LES APPLAUDISSEMENTS DE KISSINGER La libération, le dimanche 11 février de cette même année, sur ordre du président de l’époque Frederic de Klerk, donne lieu à la diffusion d’une nouvelle image. Nelson et Winnie Mandela, main dans la main, le poing levé en guise de victoire. Elle sourit. Il paraît plus réservé, presque sévère. Le couple divorcera Le plus grand et le plus courageux des dirigeants de notre génération Gordon Brown, Premier ministre britannique quelques années plus tard. La photo suivante dans l’album de Madiba a été prise en Norvège. Elle date de 1993. Mandela et De Klerk se voient remettre le prix Nobel de la paix. Le communiqué de presse parle de « leur travail pour mettre un terme (…) au régime d’apartheid » et souligne que les lauréats ont pointé « les voies pour résoudre de façon pacifique des conflits similaires et profondément enracinés ailleurs dans le monde ». L’année précédente, à Paris, au siège de l’Unesco, l’image déjà est forte. Devant un parterre d’officiels qui les applaudissent, les deux hommes montent sur une scène. Ils sont là pour recevoir des mains d’Henry Kissinger le prix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. De Klerk reçoit sa distinction, remercie Kissinger puis se tourne vers son co-récipiendaire. Bousculant le protocole, le président blanc, ému, saisit la main de l’ancien détenu noir qui n’a toujours pas reçu son prix. L’un avait dénoncé l’apartheid, l’autre, après l’avoir défendu comme le moyen de faire vivre ensemble les différentes communautés, s’était rendu compte de l’impossibilité de maintenir un tel régime. La scène semble durer une éternité, les O. DOULIERY/ABACA



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