Direct Soir n°192 3 sep 2007
Direct Soir n°192 3 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°192 de 3 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Nelson Mandela aujourd'hui à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L. MONLAÜ/ALBIN MICHEL La vie, ce n’est pas du cinéma DR Directsoir N°192/Lundi 3 septembre 2007 14 CULTURE Eric Fottorino, directeur du « Monde », signe « Baisers de Cinéma », un livre nostalgique et vibrant. Une quête identitaire sur fond de Nouvelle Vague et de passion amoureuse. Eric Neuhoff. TOP DES TOPS DR 1 MIKA Life in cartoon motion jkle LIVRE Depuis juillet dernier, Eric Fottorino a son nom en couverture du quotidien Le Monde, juste à côté de celui d’Hubert Beuve-Méry. Car il est, avant d’être écrivain, un journaliste, qui a accumulé les papiers économiques, les chroniques, les grands reportages, jusqu’à se mettre à l’écriture en sortant Rochelle en 2001. Un style limpide, joliment construit, aujourd’hui au service de Baisers de cinéma. Un titre pailleté qui renvoie à l’univers cinématographique, mais encore plus à la lumière, à la perception. Son héros, Gilles Hector, est un brillant avocat qui vient de perdre son père, Jean Hector, éclairagiste de cinéma considéré comme un véritable maître de la lumière, et en particulier du noir et blanc. Sa mère, il ne la connaît pas. Il a seulement un indice. Son père lui a dit un jour qu’il devait son existence… à un baiser de cinéma. Il a donc une conviction : elle est quelque part, dans un film. C’est peut-être un peu la raison qui le pousse à visionner de nombreuses pellicules de la Nouvelle Vague, espérant que le regard d’une femme lui révélera son passé. C’est dans une salle obscure qu’il croise Mayliss, femme mariée avec qui il va entretenir une liaison passionnée. Petit à petit, cette relation va affirmer son envie de retrouver sa mère, afin de peut-être mieux vivre sa propre vie. Baisers de cinéma a pour cadre principal Paris, l’île Saint-Louis, le 5 e arrondissement et ses cinémas. On est loin de la littérature nombriliste germanopratine : chaque référence sent bon la simplicité et la sincérité, chaque scène est un court voyage dans les errements touchants d’un homme à la recherche de lui-même. Le thème du manque, de la filiation, de la recherche de son identité, avait déjà été abordé par Ma femme a un mec Parcours d’un esthète des lettres Adolescent, Eric Fottorino voulait être champion cycliste. Son destin a basculé à 19 ans, lorsqu’il s’est décidé à faire des études de droit, puis Sciences-Po dans la foulée. Il intègre Le Monde dans les années 1980. Journaliste économique dans un premier temps (il a notamment pigé aux Echos), il deviendra ensuite grand reporter. Son roman le plus salué est Korsakov, inspiré de l’histoire de son grand-père, Marcel Fottorino, ancien militant SFIO en Tunisie. Directeur de la rédaction du Monde depuis 2006, il a été élu, avec plus de 60% des voix, directeur du journal fin juin 2007. ■ La vie est rarement linéaire. Eric Neuhoff, journaliste et écrivain, raconte dans son nouveau livre un épisode qui vient dérouter une existence. Un an après son divorce, le narrateur découvre une réalité brutale : l’un de ses amis, alcoolique, inconstant, a séduit son ex-femme, et passe même l’été avec ses propres enfants. Suit alors la description des relations entre les deux hommes, opposés sur presque tous les points. Un livre quelque peu nombriliste, mais témoin d’une tribu parisienne déboussolée. Pension alimentaire, Eric Neuhoff, Albin Michel, 12,50 €. 2 AMY WINEHOUSE Back to black RENTRÉE LITTÉRAIRE 3 4 5 Rose GREGORY LEMARCHAL La voix d’un ange CHRISTOPHE MAE Mon paradis MIKADO… Flegme du vacancier sur le retour ou blues de la rentrée ? Quoi qu’il en soit, on ne peut pas dire que les Français se soient rués sur les bacs en cette dernière semaine de congés, puisque le haut du top albums reste totalement inchangé. Life in cartoon motion règne toujours en maître au-dessus de ce jeu de mikado, et il faut remonter jusqu’à la 45 e place pour trouver une entrée : celle de la bande originale de la comédie musicale Hairspray. Dur dur, la reprise ! Légende : (e) nouvelle entrée – Source : SNEP/IFOP ROSE jkle jkle jkle jkle C. HELIE/GALLIMARD Eric Fottorino dans Korsakov. Dans ce livre, le héros ne connaît pas son père, et finit par être adopté. Baisers de cinéma a les mêmes qualités : beaucoup de tendresse, de rêverie, de douceur, mêlé à la cruauté de l’absence, d’autant plus forte qu’elle n’a jamais été rompue. Que faire ? Chercher coûte que coûte, ou vivre sa vie en essayant de ne pas y penser ? Peu de temps après la mort de Jean Hector, un incendie détruit son appartement, et avec lui les nombreuses photos. Comme si le passé n’avait finalement pas autant d’importance. Baisers de cinéma, d’Eric Fottorino, éd. Gallimard, 14 €. DR Peggy Semeria et Frédéric Chevaux. A chacun sa cuisine ! THÉÂTRE ■ Quels sont les ingrédients nécessaires à la création d’un bon conte ? Une cuisinière (Peggy Semeria) et son assistant (Frédéric Chevaux) se sont penchés sur cette question avec humour et dérision. Ensemble, ils décortiquent le Blanche-Neige des frères Grimm, assaisonnent les sept nains et hachent menu la morale de cette histoire tragique. La double lecture de la pièce, mise en scène par Angélique Charmey, permet aux spectateurs d’en profiter en famille. La cuisine de Blanche-Neige, à partir de demain au Théâtre du Renard, 12, rue du Renard, Paris 4 e (01 42 71 46 50). C’est quoi ce cirque ? FESTIVAL ■ Des chapiteaux poussent comme des champignons et des troupes de saltimbanques dessinent d’insolites tableaux vivants. C’est le rite festif du 19 e festival des Arts de la rue et du cirque qui dissémine gratuitement sa dose de féerie dans les parcs des Hauts-de-Seine tous les dimanches jusqu’au 23 septembre. Cette semaine, retrouvez parmi les nombreux spectacles proposés Hamlet en 30 minutes, par la compagnie Le bruit qui court. Festival des arts de la rue et du cirque. Le 9, au Plessis-Robinson ; le 16, à Issy-les-Moulineaux ; le 23, à Sceaux. Renseignements et programme au 01 47 29 32 05 et sur le site www.hauts-de-seine.net A. EUGENEBMLANGERO
PYRAMIDE DR www.directsoir.net « Les méduses », film choral et poétique ★★★★★ Premier film d’un couple d’artistes israéliens, « Les méduses », prix de la Caméra d’or à Cannes, raconte les solitudes croisées d’hommes et femmes à la dérive. Un film qui traite de la solitude urbaine, à Tel Aviv. L’histoire d’un père de famille pris de folie. « Dreamgirls » : amour, gloire et beauté dans l’Amérique des années 1970 La comédie musicale, inspirée de la fabuleuse ascension de Diana Ross et de son groupe The Supremes, sort en DVD. ■ En 2005, le show Dreamgirls qui fit fureur à Broadway au début des années 1980, reprenait vie sur grand écran grâce au talent du réalisateur Bill Condon. Primé à de nombreuses reprises, le film reçut notamment deux oscars en 2007 (meilleur son et meilleur second rôle pour Jennifer Hudson), ainsi que le Golden Globe de la meilleure comédie. La sortie du film en DVD permettra aux curieux de découvrir le film par la petite porte. Une dizaine de bonus lèvent le voile sur les secrets de tournage, de montage et de casting. Parmi eux, les « bouts d’essai » de Beyoncé Knowles pour le rôle de Deena, les confessions et doutes d’Eddie Murphy dans son interprétation du personnage de James « Thunder » Early, mais aussi quelques très belles images Folie meurtrière ■ Le réalisateur de The Grudge porte à l’écran Réincarnation, qui narre le massacre de 11 individus par un professeur d’université pris d’un coup de folie. Inspiré d’un fait divers, ce film noir s’inscrit dans la droite lignée du cinéma d’horreur japonais. Et pour pimenter le tout, le décor du film n’est autre que le lieu même du massacre. Angoisses et frissons garantis. Réincarnation, de Takashi Shimizu, en salle mercredi. Beyoncé Knowles (au centre) est Diana Ross. relatant la création et le choix des costumes de tous les acteurs. Dreamgirls, de Bill Condon. Paramount, 19,90 €. Etgar Keret Né à Tel Aviv en 1967, romancier, auteur de bandes dessinées et réalisateur, il est en Israël l’un des auteurs les plus populaires de sa génération. DR C’est une histoire de solitude. Entre la mer et la ville, entre le rêve et le vrai, des hommes et des femmes se croisent, se parlent, s’aiment ou s’ignorent, sans jamais se comprendre. Car telle est la vie à Tel Aviv, cité singulière où chacun cherche sa place, sollicitant, c’est selon, l’oubli ou la mémoire. Réalisé par le couple Shira Geffen et Etgar Keret, célèbre romancier israélien, Les méduses propose une galerie de personnages affectés par la pire des solitudes, celle, translucide et oppressante, de l’absence de communication urbaine. Qu’il s’agisse d’un couple de jeunes mariés privés de lune de miel, d’une Philippine loin de son fils, d’une mystérieuse petite fille sortie des eaux ou d’une vieille femme acariâtre, ces fragments de vie pris sur le vif montrent combien ces CULTURE 15 CINÉMA êtres dérivent dans l’attente d’un secours : une rencontre, parfois, une parole, souvent, une écoute, toujours. Récompensé par le prix de la Caméra d’or au Festival de Cannes 2007, Les méduses est un film construit sur le mode choral, dans la lignée de Short Cuts de Robert Altman ou de Babel de AlejandroGonzález Inárritu. On pourrait reprocher à ces méduses de manquer de souffle, mais ce serait oublier l’élément fédérateur du film, l’inertie, symbole d’un état léthargique des personnages, véritables bouteilles perdues au milieu d’une mer dans laquelle leur passé les a jetées. Car il n’est pas question de rythme, ici, mais de poésie. Le film évoque et suscite plus qu’il n’explique. L’univers du Finlandais Kaurismaki, autre explorateur fameux de la solitude, n’est pas très loin. L’absurde des frères Coen non plus. Grâce à un cadrage très particulier, proche de la bande dessinée bien connue d’Etgar Keret, ce longmétrage livre une vision décalée de Tel Aviv et ses habitants.Tragicomédie inclassable, Les méduses est un beau film protéiforme, où le drôle se change en triste et l’oubli en souvenir, sans que jamais l’émotion ne s’égare. Les méduses, d’Etgar Keret et Shira Geffen. En salle mercredi.



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