Direct Soir n°186 6 jui 2007
Direct Soir n°186 6 jui 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°186 de 6 jui 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Al Gore prophète de l'écologie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C. RAYNAUD DE LAYE DR Directsoir N°186/Vendredi 6 juillet 2007 14 CULTURE Joyeux anniversaire Le Festival d’Avignon, qui débute aujourd’hui, souffle ses 60 bougies. L’occasion de faire le bilan de cet événement, parfois décrié, souvent applaudi, sur lequel une brise légère et nouvelle semble souffler. La mise en scène des Feuillets d’Hypnos de René Char par Frédéric Fisbach. Même s’il représente la plus grande réjouissance théâtrale de l’Hexagone, le Festival d’Avignon a toujours suscité la polémique. Après avoir matérialisé une approche populaire du théâtre, il a, au moment de la crise des intermittents en 2003, constitué un laboratoire des politiques culturelles, avant de faire l’objet d’une querelle esthétique en 2005. Pour la quatrième année consécutive, Vincent Baudriller et Hortense Archambault se partagent la direction. Leur première innovation fut d’associer un artiste à la programmation du festival. Jan Fabre, en 2005, fit scandale, jusqu’à remettre en cause le Festival. L’année dernière, Josef Nadj permit à Avignon de retrouver les faveurs du public. Pour cette nouvelle édition, Frédéric Fisbach reprend le flambeau et se mesure aux difficiles Feuillets d’Hypnos de René Char, qui fête cette année son centenaire. « Il y a une vraie exigence de Frédéric Fisbach pour trouver des formes contemporaines, afin de faire entendre des textes classiques ou modernes, explique Hortense Archambault. Mais cette exigence s’accompagne de la volonté de ne La vie imaginée d’un musicien à travers l’Europe du XVIIe. TOP DES TOPS DR 1 CHRISTOPHE WILLEM Double Je jkle pas faire un théâtre élitaire. » Une ambition qui correspond à celle des deux jeunes directeurs, ouverts sur l’écriture et la société tout entière. Cette année, un effort particulier a aussi été fait en direction des événements qui entourent les spectacles : débats, films, expositions et installations, comme l’Hommage aux justes réalisé par Agnès Varda. Sans oublier qu’Avignon présente la particularité d’avoir un « hors festival ». Immense foire du théâtre pour les uns, inexorable labyrinthe pour les autres, le « Off » permet de déambuler, d’admirer quelques artistes de rue et de se laisser tenter par un spectacle ou un autre… Il représente aussi pour de jeunes compagnies la chance de jouer et de se faire voir, mais sans compter, car l’opération est rarement rentable. Des représentations qui s’accompagnent de longues discussions sur la culture autour d’un verre.Alors, à bas les complexes ! Avignon n’est pas réservé qu’aux aficionados. C’est avant tout la fête du spectacle vivant, au cœur d’une ville magnifique. Festival d’Avignon, jusqu’au 27 juillet. Tél. : 04 90 14 14 14. 2 AGENCE BERNAND Le festival en trois dates ■ 1947 : La naissance En 1947, le collectionneur d’art Christian Zervos et le poète René Char invitent Jean Vilar à monter à Avignon la pièce Meurtre dans la cathédrale. Le comédien hésite, puis finit par accepter de monter trois autres pièces. C’est le début du Festival d’Avignon, que Jean Vilar dirigera jusqu’à sa mort en 1971. ■ 1967 : Festival In/Festival Off Parallèlement au Festival officiel, un « hors festival » s’est rapidement développé. Il rassemble des troupes locales et de jeunes équipes venues de toute la France. Ainsi, dès 1967, le Festival d’Avignon comporte une programmation officielle dite « In » et des spectacles en marge du festival qualifiés de « Off ». Le « Off » représente chaque année près de 700 spectacles, pour 250 000 spectateurs. C’est l’un des plus grands festivals de compagnies indépendantes au monde. ■ 2003 : L’année noire La grève des intermittents du spectacle, qui protestent contre la modification des règles d’indemnisation du chômage, provoque l’annulation du Festival « In » d’Avignon. Seule une centaine de spectacles du festival « Off » est maintenue. Les bonnes notes du Festival ■ Entre pièce théâtrale, concert et opéra, Le voyage de Filiberto Tula est l’histoire de la vraie vie d’un musicien… imaginaire. Chansons et airs de cour du XVII e siècle, d’Italie, de France, d’Angleterre, d’Allemagne et d’Espagne donnent l’occasion de découvrir des instruments anciens comme le luth ou le théorbe. La compagnie Finis Africae, fondée en 2006, s’efforce d’allier sensibilité théâtrale avec un spectacle parfois cocasse ou fanfaron au sein d’une mise en scène originale et d’une recherche musicale pointue. Le voyage de Filiberto Tula, du 6 au 28 juillet. Théâtre Célimène, 25 bis, rue des remparts de l’Oulle. Tél. : 04 90 82 96 13. GREGORY LEMARCHAL De temps en temps Meurtre dans la cathédrale au Théâtre national de Chaillot en 1952. DAVID GUETTA AMEL BENT NZH 3 & CHRIS WILLIS 4 5 Nouveau Français Princess Love is gone jkle jkle jkle jkle Success Story. Peu de changement cette semaine au classement des meilleures ventes de singles en France, si ce n’est un léger tour de passe-passe entre David Guetta et Amel Bent. Les départs en vacances y sont-ils pour quelque chose ? Une chose est sûre, Double Je de Christophe Willem s’impose comme « le » tube de l’été, puisqu’il fête son premier mois au sommet du Top 50… Légende : (e) nouvelle entrée — Source : SNEP/IFOP FESTIVAL D’AVIGNON Voyage dans l’univers claudelien ■ Directrice du théâtre de l’Aquarium, Julie Brochen (photo) créait, à sa sortie du Conservatoire national d’art dramatique, la troupe des Compagnons de jeu avec qui elle effectue un trajet original, fruit de ses lectures et rencontres. Elle met en scène, avec l’aide de Valérie Dreville, L’échange de Paul Claudel et replonge le spectateur dans ce verbe claudelien, si particulier. L’enjeu de cette pièce réside aussi dans le concert à quatre voix et la puissance de la passion amoureuse et du désir. « Au théâtre, il ne faut pas comprendre… Il faut perdre connaissance », disait le poète, parfois contradictoire, mais toujours bouleversant. L’échange, de Paul Claudel, du 8 au 18 juillet, au cloître des Célestins. Livres : de l’histoire à la légende ■ A l’occasion du soixantième anniversaire du Festival, des plumes racontent l’histoire de cette manifestation artistique créée au sortir de la guerre. Bernard Faivre d’Arcier, directeur du Festival pendant plusieurs années, livre dans Avignon vue du Pont (éd. Actes Sud) un recueil de souvenirs et d’anecdotes souvent drôles. Avec Histoire du Festival d’Avignon (éd. Gallimard), Emmanuelle Loyer et Antoine de Baecque se penchent d’avantage sur l’incidence de l’histoire culturelle et politique de la France sur le Festival. Deux livres illustrés, très bien documentés, qui réjouiront tous les passionnés de scènes. DR F. BELONDE
DR www.directsoir.net « Tenacious D », les dix commandements du rock ★★★★★ Genèse d’un vrai groupe de metal, celui du comédien Jack Black, « Tenacious D » est un amusant parcours initiatique. Kyle Gars et Jack Black (à droite). L’acteur Tim Robbins, que l’on aperçoit dans le film, est aussi l’homme qui a lancé Jack Black, en tant que professeur au sein de l’Actor’s Gang et en tant que réalisateur du film Bob Roberts. Les films à la gloire de groupes de rock ne s’adressent pas à tout le monde. Quand, en plus, il s’agit de pastiches ultra-référencés, ces films ont l’assurance de devenir cultes, comme Spinal Tap de Rob Reiner, mais ils prennent aussi le risque d’être totalement incompris. Tenacious D, genèse parodique d’un vrai groupe de metal, celui du comédien Jack Black, ravira les fans de l’acteur, mais « dégoûtera » les autres. Car le bon goût, ici, est mis à rude épreuve. De l’esthétique à la musique, rien ne lui est épargné. Creusant le sillon « white trash » (« plouc ») de la comédie moderne américaine, ce film s’amuse à exposer des corps disgracieux aux mœurs douteuses et vulgaires. Ici, on fume, on boit, on bouffe. Dans la lignée de la saga Wayne’s World, Tenacious D revisite l’univers des éternels enfants aux rêves impossibles (devenir une rock star) en le confrontant à la réalité telle qu’elle est vraiment : crétine et cruelle. Autant faire abstraction de l’histoire un CULTURE 15 CINÉMA peu bateau, Tenacious D est surtout une ode à la gloire de Jack Black. Acteur, scénariste, musicien et producteur du film, il trouve ici le terrain de jeu dont il rêvait pour laisser libre cours à cette énergie corporelle hors du commun entreaperçue dans le film Rock Academy. Chantre d’une gestuelle singulière, lourdaude mais assumée, Jack Black, suivi par son complice Kyle Klass, emploie tout son art à se ridiculiser. Avec ce ventre, ce cou de taureau, et cette fameuse face simiesque qui le caractérisent, l’acteur remarqué dans L’amour extra-large des Frères Farrelly fait partie de cette nouvelle génération de comiques enfantée par Jim Carrey, qui privilégie le burlesque du corps à l’émotion, plus excessif qu’expressif. On retiendra de ce film ses nombreux invités prestigieux, de Tim Robbins à Ben Stiller, en passant par les rockeurs Meat Loaf et Dave Grohl, chanteur des Foo Fighters, qui donnent au film une authenticité rock que personne ne pourra lui contester, pas même ceux, nombreux, qui le trouveront écœurant. Tenacious D, de Liam Lynch, en salle.



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