Direct Soir n°182 2 jui 2007
Direct Soir n°182 2 jui 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°182 de 2 jui 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, Afrique majeure

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°182/Lundi 2 juillet 2007 10 ECONOMIE Carambar Le caramel blagueur Mon premier colle aux dents, mon second raconte toujours une petite blague, et mon tout fait le bonheur de générations de gourmands. Depuis plus de 50 ans, le Carambar fait recette. D’ABORD, IL Y A CETTE FORME OBLON- GUE, COMME UNE FRITE SUCRÉE, ET CES COULEURS ROUGE ET JAUNE QUI ATTIRENT L’ŒIL. Ensuite, il y a la monnaie du pain, 5 centimes de franc ou 10 centimes d’euro. C’est elle qui, dans la plupart des cas, permet l’achat du Carambar, placé à hauteur du regard des enfants dans les boulangeries. Il y a également la tradition, qui convainc les parents devant un présentoire de sucreries : « D’accord, mais je t’achète un Carambar. » S’en suit un challenge pour les doigts : parvenir à retirer le précieux caramel sans altérer l’emballage. Enfin, le gourmand est confronté à un dilemme cornélien : précipiter la friandise dans sa bouche pour entamer le long processus qui consiste à faire fondre tendrement le caramel entre la langue et le palais, mais être incapable de prononcer le moindre mot pendant cinq minutes, ou conserver le Carambar à la main afin de pouvoir lire à voix haute la blague inscrite à l’intérieur de l’emballage. D’un côté le gourmand égoïste, de l’autre le comique altruiste ? « ON NE DIT PAS » Ce n’est pas tout à fait vrai : si le Carambar ne se partage pas, c’est d’abord parce qu’il est compliqué de couper en deux ce caramel, trop mou pour être cassé, trop dur pour être séparé. Enfin, en ce qui concerne la blague, elle restera toujours une « blague Carambar » et le lecteur n’obtient pas toujours l’effet escompté. Ne dit-on pas d’ailleurs d’un mauvais jeu de mot : « Tu l’as trouvé dans un Carambar ou quoi ? ». Egoïste et pas si drôle, pourquoi le Carambar est-il alors si populaire ? Probablement parce qu’il allie deux notions de marketing aujourd’hui très en vogue : simplicité et authenticité. Malgré une multiplication des saveurs offertes aux L’AVIS DU SPÉCIALISTE DR Le plus gros Carambar fabriqué, le 12 février 1993, mesurait 4,05 mètres et pesait 212 kilos. gourmands (seize différentes aujourd’hui), le Carambar classique remporte toujours le plus grand succès. Les parents y retrouvent la saveur de leur enfance, et transmettent à leur progéniture un témoignage de leur jeunesse. « LE SAVIEZ-VOUS ? » Le Carambar possède une histoire. Pas une blague, mais une erreur. Qui a donc imaginé produire un bonbon en forme de frite ? Personne. C’est une machine de l’usine Delespaul-Havez, à Marcq-en- Barœul dans le Nord, qui s’en est chargée. En 1954, ne sachant que faire d’un surplus de cacao, deux ingénieurs inventent une recette originale, mêlant le cacao au caramel. Qu’ils placent dans une machine à bonbons traditionnelle : celle-ci se dérègle et sort une barre de friandise de 6,2 cm de long. Du caramel en barre ? Caram’bar ! La friandise gagne rapidement la bouche et le cœur des bambins, grâce à une idée marketing : sur chaque emballage, un point « DH » est imprimé, qui permet de gagner des cadeaux : affiches, voitures miniatures, ballons, etc.Au début des années soixante, 300 millions de barres sont vendues chaque année en France. Un succès sur lequel vont lorgner différents groupes industriels : Delespaul-Havez est racheté en 1965 par la Générale alimentaire (qui possède déjà La pie qui Chante, Vandamme et Amora). 1,2 milliard de Carambars sont consommés chaque année Didier Renou, vice-président du syndicat national de la confiserie QU’EST-CE QUI FAIT QU’UN BONBON MARCHE ? Un bonbon marche s’il fidélise la clientèle. C’est un mixte de marketing compliqué entre l’image du bonbon, le plaisir de la dégustation, et sa pratique, la proximité de l’achat. C’est important que le bonbon soit à côté des autres produits du quotidien : près des caisses de supermarchés ou de stationsservices, dans les tabacs. Les produits les plus exposés sont les plus achetés. L’achat de bonbons est principalement impulsif. QUEL SERA LE BONBON DU FUTUR ? Il sera forcément plus sophistiqué. Nous sommes très copiés à l’étranger, donc il faut de nouvelles propositions plus élaborées. La France est regardée car elle a un savoir-faire qualitatif, notamment dans le choix des arômes. QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE LES BONBONS POUR ENFANTS ET CEUX POUR ADULTES ? Les bonbons pour enfants sont très mous et très gélifiés. Les adultes n’aiment pas le côté gélifié et préfèrent le vrai sucre, avec un côté plus classique Le groupe intègre l’année suivante Magnez-Bossard, l’imitateur de Carambar, qui fabriquait depuis 1960 des barres similaires mais au nougat : le Caranouga. 1969, LA BLAGUE « SANS QUEUE NI TÊTE » 1969, année humoristique pour Carambar. La Générale alimentaire lance un grand concours pour ses gourmands : les auteurs de blagues sélectionnées par un jury sont récompensés par leur poids en Carambar. Depuis, la blague a quasiment surpassé le bonbon lui-même. Il suffit d’observer adultes et enfants s’appliquer à ne pas abîmer l’emballage afin de garder le calembour intact. Il y a aussi les frustrés de la blague à demi imprimée, dont on ne peut qu’imaginer la fin. En plus de trente ans, la blague Carambar est même entrée dans le langage courant, et fait l’objet d’un mythe : peut-on postuler pour un poste de « rédacteur de blagues » ? Aujourd’hui Encore, Carambar réalise, via son site internet, des concours de blagues. Mais les temps (et surtout le soin des dents) ont changé : un tirage au sort est réalisé parmi les rédacteurs pour gagner 20 sachets de bonbons. et très traditionnel. Les produits pour adultes sont plus riches, avec un goût plus marqué. COMMENT SE PORTE LE MARCHÉ DE LA CONFISERIE ? Le marché augmente de 1% par an depuis une dizaine d’années. En France, nous sommes des petits consommateurs, avec un bonbon par jour et par habitant. Les Américains en mangent le double et les Suédois le triple. La France est un des rares pays à avoir des repas structurés. Donc la consommation hors repas est inférieure à celle des Anglo-Saxons. DR
DR www.directsoir.net La confiserie Delespaul-Havez vers 1912 TU NE DEVINERAS JAMAIS ! Depuis les années 1970, Carambar a poursuivi son petit bonhomme de bonbon. En 1972, grande évolution, Caram’bar prend 2 centimètres et devient « Super Caram’bar ». L’année suivante, la marque décide de diversifier les saveurs et créé Caram’bar fruits (fraise, orange, citron). En 1977, l’apostrophe disparaît (le « super » sera retiré lui en 1990). Carambar poursuit sa diversification avec plus ou moins de réussite : Carambar réglisse en 1977 est un échec, mais Carambar Cola, qui reproduit le goût de la boisson en 1984, reçoit un accueil favorable. La marque est alors la propriété de Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN, ancien nom de Danone), qui innove du côté des saveurs. D’abord avec les « Deux Goût » (banane-fraîse et tutti frutticitron vert), les « Eloustic » (fourrée d’une substance gélifiée) et les « Atomic » (à la poudre piquante). Il s’agit pour la marque à l’image et au LE MARCHÉ DES CONFISERIES (EN 2003) logo très traditionnels de faire face à une concurrence toujours plus inventive, qui n’hésite pas à user de procéder chimiques pour séduire les cours de récréations. Colorer la bouche (« Elousticolors »), piquer encore plus la langue (« Atomic pique un max » et « Atomic cactus »). « CHARADE » Aujourd’hui, le Carambar dispose de mensurations idéales. Huit centimètres pour 8 grammes. Un prix adapté à l’euro : 0,10 centime, soit la plus petite pièce jaune, celle qui encombre le portemonnaie. La production atteint plus de 5 000 tonnes, soit 1,2 milliard de petites barres. Mais Carambar a du mal à s’exporter, puisque près de 85% des barres sont consommées en France. Probablement grâce aux histoires drôles, la Belgique est le deuxième pays dans lequel Carambar se vend le mieux. Sans blague. ■ En tant que produit, le Carambar arrive en tête des ventes individuelles, loin devant Malabar. Carambar est la troisième marque sur le marché français des bonbons, devancée par Haribo et Lutti. DR ■ C’est l’Espagnol Enric Bernat qui a l’idée, en 1958, de créer un bonbon qui ne colle pas aux mains. Il n’invente pas vraiment la sucette, qui existe depuis belle lurette, mais plutôt un style : petite, ronde, fruitée, et vendue en boulangerie avec la consigne d’être placée devant le comptoir et non plus derrière. La société espagnole produit aujourd’hui plus de 4 milliards de sucettes par an vendus dans près de 150 pays. Pour l’anecdote, son logo a été dessiné par Salvador Dali en personne. ECONOMIE 11 CHUPA CHUPS Le bonbon avec un bâton MALABAR Les « vignettes » Malabar et ses fameuses mini bandes dessinées. HARIBO La diversité ■ Exception à la liste… Haribo n’est pas un produit mais une marque qui rassemble une quantité innombrable de bonbons, tous aussi cultes les uns que les autres : Dragibus, Car en sac, fraises Tagada. Créée en 1920, la société allemande a débuté avec des ours en gélatine. L’entreprise familiale s’est ensuite progressivement étendue jusqu’à devenir aujourd’hui le leader des sucreries gélifiées en Europe avec plus de 360 000 tonnes par an. DR ACTEURS DU MARCHÉ Au musée du bonbon Haribo. BLAGUES Carambar dans le texte La sucette a été créée en 1958. ■ Carambar a ses blagues, Malabar a ses « vignettes », des mini bandes dessinées intégrées au dos de l’emballage qui racontent les aventures d’un jeune blond au pull jaune orné d’un « M ». Le personnage n’apparaît que 10 ans après la création du bonbon en 1958 par la société française Kréma. Malabar, plus dense et plus gros qu’un chewing-gum traditionnel, évoque les concours de bulles. Pour les moins doués, ce sont aussi des bulles mal négociées éclatées sur le visage… Carambar, célèbre pour ses blagues, vient de publier une compilation de ses meilleurs traits d’humour. Ed. Michel Lafon, 9,90 €. DR J.NICOLAS/FEDEPHOTO



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