Direct Soir n°18 29 jun 2006
Direct Soir n°18 29 jun 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de 29 jun 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : PPDA sur tous les fronts

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
Directsoir t Jeudi 29 juin 2006 4 EN EXCLUSIVITÉ INTERVIEW DE PHILIPPE COURROYE Un juge rigoureux et discret En tant que premier juge d’instruction au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, Philippe Courroye est en charge des dossiers les plus sensibles. A son actif, différentes affaires qui ont toutes été très médiatisées : le cas Noir-Botton, les ventes d’armes à l’Angola, l’arrestation du nationaliste corse Charles Pieri, le renvoi de Charles Pasqua devant la cour de justice de la République… Cette agitation n’empêche pas Philippe Courroye de garder la tête froide et de travailler en toute discrétion. Jugez-vous votre métier difficile ? Nécessairement. Juger et être juge est un métier difficile, surtout au pénal, car nous sommes souvent confrontés à des situations de violence, de déviance, parfois d’atrocité, et dans le domaine qui est le mien, de délinquance extrêmement sophistiquée. Quelles qualités faut-il avoir pour être juge d’instruction ? Etre juge implique bien sûr de la technicité, afin de tenter de prendre les bonnes décisions. Mais aussi des qualités humaines et la culture de certaines vertus comme le doute et l’humilité. Cette phrase du philosophe Alain résume bien l’éthique du juge : « Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. » Comment le juge d’instruction arrive-t-il à prendre du recul sur une affaire ? Clélie Mathias Etre juge, implique doute et humilité Repères C’est probablement le point le plus important et le plus délicat de la fonction du juge d’instruction, mais cela ne s’apprend pas dans une école. C’est une ascèse permanente, un travail sur soi pour tenter d’arriver à établir une distance entre sa subjectivité, ses passions personnelles et le dossier pour parvenir à l’objectivité indispensable à la fonction du juge. Cela passe par une quête de maturité. Vous sentez-vous menacé ? Instruire un dossier, c’est inévitablement s’exposer à certains risques. Accepter même parfois de mettre sa vie en danger. Dans certains cas, le juge est aussi confronté à des attaques personnelles et médiatiques. Il faut avoir la force de l’accepter et résister. Quelles affaires vous ont le plus marqué ? Celles qui m’ont le plus appris sur les hommes, leur bassesse, leur grandeur, leur lâcheté, leur courage, sur la comédie humaine. Et, au travers de cela, celles qui m’ont le plus appris sur moi. Quelle est votre journée type ? Il n’y en a pas. Je peux aussi bien étudier un dossier, préparer un interrogatoire, m’entretenir avec des experts, des avocats, J. DEMARTHON/IMAGEFORUM des collègues du parquet, gérer une garde à vue ou me rendre sur un lieu de perquisition… Tout cela est très divers et enrichissant. Loin d’être le personnage isolé que l’on décrit souvent, le juge d’instruction ressemblerait plutôt à un chef d’orchestre. Pourquoi le juge d’instruction fait-il si peur ? Peut-être parce qu’il est statutairement indépendant. Certains peuvent être amenés à redouter cette autonomie. Que vous inspirent les travaux de la commission parlementaire sur l’affaire d’Outreau ? Ce dossier doit nous faire réfléchir sur tous les dysfonctionnements de la chaîne pénale mais aussi sur l’indépendance d’esprit, le refus du conformisme qui doivent animer le magistrat du siège ou du parquet. Les critiques nées de la commission d’Outreau se sont beaucoup trop focalisées sur la personne et la fonction du juge d’instruction. Ce qui est trop réducteur. D’après vous, faut-il réformer la fonction de juge d’instruction ? Je suis contre la suppression du juge d’instruction. Il faudra toujours un magistrat pour instruire un dossier. Mais des Instruction Discrétion Protection R. RAT/GAMMA améliorations sont évidemment nécessaires. Cela passe tout d’abord par une meilleure gestion des ressources humaines à l’ENM (Ecole Nationale de la Magistrature) et durant la carrière, afin de déceler si certaines personnes ont le profil pour exercer ces fonctions. Ensuite, l’idée d’une collégialité des juges est intéressante, mais la concertation entre eux doit être réelle. En outre, elle ne se justifie pas pour tous les dossiers. Je suis surtout favorable à la création d’un corps d’assistants judiciaires, qui ne seraient ni des greffiers ni des magistrats, mais des intermédiaires destinés à aider les magistrats dans leurs décisions et à les assister dans l’exécution de leurs tâches. Enfin, les moyens financiers sont le préalable indispensable à toutes les réformes. Réformes qui doivent être lisibles, réalisables et budgétées. Quelles sont vos attentes ? J’espère que nous serons en mesure d’exercer la justice du 21 e siècle, une justice où les délais seront raccourcis, la coopération internationale améliorée et dotée de moyens modernes témoignant de l’importance de la place que le politique accorde au judiciaire. J. GUEZ/IMAGEFORUM FACELLY/SIPA
Les golfeurs aussi ont parfois besoin d'assurance. ASSUREUR OFFICIEL DEL.:OPEN DE FRANCE Membre d'ADianz



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :