Direct Soir n°179 27 jun 2007
Direct Soir n°179 27 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°179 de 27 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Ségolène Royal objectif PS

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°179/Mercredi 27 juin 2007 6 EN COUVERTURE LE TEMPS DES SCRUTINS EST PASSÉ. SÉGOLÈNE ROYAL N’EST PAS PRÉSIDENTE, LA GAUCHE NE GOUVERNE PAS. MAIS UNE GRANDE TÂCHE D’OPPOSITION ET DE REFONDATION ATTEND LES SOCIALISTES. ROYAL L’INDÉPENDANTE VOUDRAIT TIRER SON ÉPINGLE DE CE JEU, AVEC UN POINT DE MIRE : 2012. Ségolène Royal Sur la route de 2012 MOUSSE/ABACA
SEBA/VISUAL PRESS AGENCY www.directsoir.net Spectaculairement absente, samedi dernier, du conseil national du PS organisé dans un hôtel parisien, mais annonçant dans les médias ses projets pour 2012, Ségolène Royal étonne ses partisans en affichant sa stratégie : passer par-dessus l’appareil du parti pour s’adresser directement aux adhérents et, à terme, aux électeurs. En ne briguant pas un nouveau mandat de député des Deux-Sèvres, elle a décidé de se priver d’une tribune au Palais-Bourbon. Pour autant, les ségodéputés sont présents dans un hémicycle moins bleu azur que prévu, et Ségolène Royal parvient tout de même à faire entendre sa voix d’opposante, d’autant que la présidence du groupe a été confiée lundi à Jean-Marc Ayrault, qui fait partie de ses proches. Fidèle à la stratégie, qui lui a réussi jusqu’à présent, elle s’affranchit des appareils et des institutions pour continuer d’exister dans le paysage politique. Depuis le 6 mai, la fin de la course à l’Elysée ne l’a pas plongée dans le silence. Elle se veut l’une des principales opposantes à la politique menée par la droite au pouvoir. Reçue jeudi dernier par le Président, elle a qualifié son projet européen de traité simplifié de « miniambition ». Mais ses piques les plus acérées ont visé d’autres aspects de l’action gouvernementale. Le paquet fiscal, rapidement mis en œuvre par l’exécutif, attire ses foudres. La détaxation des heures supplémentaires en serait « la pire des mesures », qui se révélera « extrêmement négative sur la croissance et l’emploi », assure-t-elle. Symboliquement, ses attaques ne visent pas François Fillon ou un de ses ministres. Ségolène Royal ne veut se reconnaître qu’un adversaire : Nicolas Sarkozy, qu’elle croit pouvoir retrouver en face-à-face en 2012. GAGNER LA BATAILLE DES IDÉES Les critiques de Ségolène Royal à l’encontre de la politique menée par le président de la République font partie de son rôle naturel d’opposante. L’action de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon lui fournit de quoi ébranler son propre parti. Mercredi dernier, le second gouvernement de François Fillon est nommé. Une seconde fois, l’ouverture à gauche et la diversité sont au rendezvous et, selon l’ex-candidate socialiste, cela devrait « interpeller le PS », qu’elle considère « en retard » sur le plan de la diversité. Son message est clair : le parti socialiste doit se moderniser – il faut « tout revoir de fond en comble » –, et Ségolène Royal veut mener ce renouveau. Pour y parvenir, elle doit s’affranchir des têtes d’affiche du parti qui prônent aussi la modernisation. L’officialisation de sa séparation d’avec François Hollande tombe à point nommé. Même si les deux protagonistes ont pris soin de dissocier vies conjugale et politique, même si 83% des Français estiment que c’est « une affaire strictement privée », la rupture du couple confirme un éloignement politique. D’autres qualifient ce comportement d’opportunisme. La semaine dernière, c’est avec le programme socialiste, et particulièrement l’aile gauche du parti que Ségolène Royal a pris ses distances. « Le Smic à 1 500 euros brut dans cinq ans ou la généralisation des 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j’ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n’ont pas été du tout crédibles », a-t-elle déclaré le 20 juin dernier. Ce revirement a provoqué quelques remous. Royal a EN COUVERTURE 7 Depuis sa défaite face à Nicolas Sarkozy au soir du 6 mai, Ségolène Royal a les yeux rivés sur la prochaine présidentielle. Elle n’est plus la candidate socialiste, ni présente à l’Assemblée nationale. Pourtant, Ségolène Royal croit encore pouvoir s’imposer comme chef de file de l’opposition. « Le Smic à 1 500 euros était une idée de Laurent Fabius » Avec Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë, François Hollande et Laurent Fabius, pour un meeting avant les législatives, au Zénith de Paris. précisé que « le Smic à 1 500 euros était une idée phare de Laurent Fabius ». Autant de critiques qu’elle dirige vers les autres hiérarques du parti socialiste, tout en affirmant qu’elle aurait appliqué ces mesures si les Français lui avaient confié les clés de l’Elysée. Les tensions idéologiques au sein du PS sont fortes, et Royal en prend acte. « C’est tout cela, la nouvelle frontière de la gauche et des démocrates de progrès », lance-t-elle. Sous-entendu : il existe une gauche ancienne et immobile. Les « démocrates de progrès », sociaux-démocrates qui ne disent pas leur nom, doivent être portés à la tête du mouvement socialiste. Avec, pour les emmener, Ségolène Royal, alors que DSK incarne déjà le courant socialdémocrate. PRENDRE LE PARTI Motiver une refondation du parti socialiste est une des étapes de la tâche que Ségolène Royal s’est fixée. Au-delà de la rénovation des idées, elle veut remporter une autre bataille : le renouvellement du leadership. L’avenir politique de François Hollande n’est pas aussi sombre qu’il y parait (son calendrier a été confirmé lors du conseil national de samedi), et d’autres éléphants, Laurent Quatre champs d’action sont prioritaires pour Ségolène Royal : le travail pour tous, la lutte contre le réchauffement climatique, l’invention de nouvelles relations Nord-Sud et la diminution de la dette. Fabius et Dominique Strauss-Kahn en tête, affûtent leurs défenses dans la perspective de succéder à l’ancien compagnon de Ségolène Royal. Si l’évolution idéologique du parti le dirige vers une social-démocratie, Dominique Strauss-Kahn sera un sérieux concurrent. Mais Ségolène Royal croit pouvoir écarter les ténors du parti. Pour devenir la candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal avait contourné les éléphants, en s’appuyant sur les militants. Sur ce plan, la présidente de la région Poitou- Charentes semble avoir conservé certains acquis de la campagne. Dans un sondage LH2 pour Libération publié mardi, il apparaît que 32% des sympathisants socialistes voudraient encore la voir prendre la tête d’un parti socialiste rénové. Ils sont 23% à plébisciter Dominique Strauss-Kahn. Mais si l’on considère l’ensemble des Français, DSK la devance largement (30% contre 21%). La tactique est claire : il faut une consultation des militants pour la refondation du parti. Depuis quelques jours, ses proches au PS portent ce message. Pour David Assouline, un référendum interne « donnerait plus de force au processus de rénovation ». C’est là tout le sens de sa déclaration de Ségolène Royal qui était invitée dimanche dernier J.C. LUYSSEN/GAMMA



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