Direct Soir n°178 26 jun 2007
Direct Soir n°178 26 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°178 de 26 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Tony Blair il quitte le pouvoir

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°178/Mardi 26 juin 2007 14 CULTURE ANNIVERSAIRE Coup d’éclat pour le musée du quai Branly. Un an après avoir installé ses quartiers aux pieds de la tour Eiffel, le bâtiment de Jean Nouvel, havre de paix et poumon parisien dédié aux arts et civilisations d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique,est pris d’assaut.Véritable succès populaire,avec 1,7 million de visiteurs,le musée atteint quasiment son seuil de saturation, évalué à 1,9 million. « Le musée a accueilli beaucoup plus de visiteurs que prévu : les estimations étaient fixées entre 800 000 et 1,2 million »,explique Stéphane Martin,président de ■ Un objet blessé peut lui aussi se retrouver en première ligne d’une exposition. Ceux exposés au musée du quai Branly sont ligaturés, cloués, agrafés, leurs cicatrices colmatées. L’objectif : redonner vie à ces objets abîmés. Figurines, masques ou ustensiles du quotidien (calebasses, bracelets, couverts) rendent compte de cette culture de la réfection propre au continent africain. Une fois raccommodées, les statues sacrées recouvrent leur fonction symbolique et les outils profanes leur utilité. Cent-quinze œuvres collectées ces deux derniers siècles et un hommage photographique à ces artisans soulignent TOP DES TOPS DR L’élégance du hérisson Muriel Barbery Gallimard l’établissement. Ce lieu est loin d’attirer un public d’habitués : 20% des visiteurs n’ont pas visité d’autres musées dans l’année.Leurs origines sont très variées : 20% des curieux sont Parisiens, 20% viennent de banlieue, 40% de province et seulement 20% sont des touristes étrangers.Et le public accroche. Six mois après l’ouverture,un amateur sur six revient explorer le musée, pour une visite moyenne de 2h30. Retour aux sources ou simple curiosité, un visiteur sur sept ressent un fort attachement pour l’une des cultures présentes au musée. Le Quai-Branly ne la valeur culturelle et économique de l’art de réparer. Objets blessés, la réparation en Afrique, jusqu’au 16 septembre. Musée du quai Branly. Les enfants de la liberté Marc Levy Robert Laffont Seras-tu là ? Guillaume Musso Grasset QUAI-BRANLY Un an de succès pour le musée des Arts premiers Inauguré par Jacques Chirac le 23 juin 2006, le musée du quai Branly célèbre sa première année d’existence. Une réussite éclatante. L’édifice du musée, à deux pas de la tour Eiffel, a été dessiné par l’architecte Jean Nouvel. L’art de la « retape » en Afrique 1 MUSÉE QUAI BRANLY/L. SCHNEITER/E-MEDIA 2 s’est pas limité aux expositions et a su montrer une diversification artistique. Les spectacles du théâtre Claude Levi-Strauss ont accueilli 5 000 personnes et le pôle universitaire, dirigé par Catherine Clément, 9 000 adhérents. « L’objectif à présent, précise Stéphane Martin, est de fidéliser les habitués des musées comme les curieux. » Attaché à satisfaire son public, le Quai-Branly tâche de répondre aux critiques. Jugé trop sombre, le bâtiment accueille 400 nouveaux projecteurs. Pas assez explicite,le système d’information et de signalétique est repensé de façon plus claire. Des tables d’orientation lumineuses pour chaque zone géographique guident désormais le public.Sujet polémique lors du lancement, l’accès aux handicapés a été facilité. Le musée se donne les moyens de ses ambitions. Avec un coût de 270 millions d’euros, dont 232 financés par des fonds publics, il peut supporter le surcoût sur ses recettes propres et poursuit sa politique d’acquisition d’œuvres. Pour fêter son premier anniversaire, le musée lance deux nouvelles expositions : Les objets blessés,la réparation en Afrique et Iddeqi, l’art des femmes berbères (lire ci-dessous). A l’occasion de la Coupe du monde 2008, le rugby néo-zélandais, fidjien et sudafricain sera exposé. Le Bénin, le Pérou, la diaspora africaine et son art tiendront aussi le haut de l’affiche en 2008. Le dialogue des cultures fonctionne à plein régime au Quai-Branly. Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris 7e. Tél. : 01 56 61 70 00. Précieuses poteries berbères ■ « Ideqqi », en tamazight, langue berbère, signifie poterie. En l’honneur de cet art populaire, le musée du quai Branly expose 140 pièces aux lignes arrondies et aux décors épurés. Qu’elles soient à usage domestique, ornemental ou religieux, elles témoignent d’un inestimable passé. Garantes de ce savoir-faire traditionnel, les femmes berbères – potières, brodeuses, tisseuses – révèlent leur univers créatif. Ideqqi, art de femmes berbères, jusqu’au 16 septembre, musée du quai Branly. 3 4 5 Au secours pardon Frédéric Beigbeder Grasset La femme fatale Raphaëlle Bacqué Albin Michel jkle jkle jkle jkle jkle Meilleures ventes de livres (hors BD et poche). L’élégance du hérisson. La rencontre improbable entre une concierge dotée d’une redoutable intelligence, et une gamine de 12 ans surdouée qui a décidé de mettre un terme à sa vie le jour de ses 13 ans. Entre satire sociale et réflexion philosophique, ce second roman est une savoureuse apologie de la seule intelligence qui vaille, celle du cœur. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : THÉÂTRE Une pièce intense plusieurs fois récompensée. « CamilleC. » poésie accordée ■ Spectacle musical consacré « meilleur spectacle inattendu » aux molières 2005, CamilleC. narre la passion du sculpteur Auguste Rodin et de Camille Claudel. Jean-Luc Moreau met en scène un spectacle surprenant et émouvant. La chanson Je suis Camille, interprétée par Annick Cisaruk, a été récompensée par le prix Claude-Michel Schönberg. CamilleC., ce soir à L’Européen, 5, rue Biot, Paris 17e. Tél. : 01 43 87 97 13. BD Retour en Algérie ■ Lorsque les Carnets d’Orient voient le jour en 1987, personne ne se doute que vient de naître une formidable saga sur l’Algérie. Et pourtant, vingt ans après, Jacques Ferrandez continue sa fresque, avec le même talent, et sa passion pour ce pays et son histoire, parfois sanglante, cruelle et « sale ». Dans ce nouvel épisode, qui se déroule en 1958, après la bataille d’Alger, le général de Gaulle propose la « paix des braves » : chacun choisit son camp. Et l’on retrouve nos attachants héros, en proie à l’Histoire, inexorable. Jamais univoque, l’auteur se penche, avec sensibilité, sur l’humain et sa part d’ombre en temps de guerre. En filigrane, s’esquisse alors avec force notre actualité, écho de ce passé trouble. Carnets d’Orient, tome 9, dernière demeure, Jacques Ferrandez, Casterman, 14,95 €. DR DR
DR www.directsoir.net « Persepolis », une jeunesse iranienne ★★★★★ Marjane Satrapi a adapté sa propre bande dessinée, « Persepolis », d’inspiration autobiographique. La petite « Marjie » va vivre l’installation de la dictature islamiste en Iran. Le coût de l’amour Retrouvez les séducteurs de « Hors de prix », Audrey Tautou et Gad Elmaleh, ainsi que les secrets de tournage sur DVD. Tomber amoureux d’Irène (Audrey Tautou), jeune séductrice courant les hôtels de luxe à la recherche d’un riche mari, a un prix. Sous le charme de cette aventurière, Jean, serveur réservé d’un luxueux palace, en fera les frais. Prêt à tout pour la séduire, le jeune homme, interprété par Gad Elmaleh, joue les milliardaires. Démasqué, il fait l’impossible pour répondre aux caprices de la belle. Caviar, champagne, robes de soirée… son compte en banque épuisé, il ne lui reste plus qu’une solution : adopter les méthodes peu scrupuleuses d’Irène et charmer les femmes mûres fortunées. Entre eux, complicité et jeu de séduction s’installent. Au-delà du film, le réalisateur Pierre Salvadori rapporte dans ce DVD les aléas et les bons moments ■ A chaque été son film d’horreur. Cette année, c’est Dérive mortelle qui se chargera de procurer la montée d’adrénaline estivale. L’histoire, vraie au demeurant, est simple : six anciens camarades de lycée partent en croisière sur un yacht. Comme il fait bien chaud sur le bateau, la petite bande se jette à l’eau. Oups ! L’échelle pour remonter n’était pas dépliée. Les voilà prisonniers du grand large. Les futurs vacanciers sont donc prévenus : gare à l’oubli d’échelle. Dérive mortelle, en salle. du tournage. Le film se construit « en direct ». Les coulisses et le making of valent le détour : fous rires, scènes manquées, tours de passe-passe de Gad Elmaleh, plaisanteries des techniciens, les bonus ont des airs de spectacles comiques. Hors de prix, TF1 Vidéo, 19,99 €. Persepolis est le premier film d’animation primé au Festival de Cannes depuis La planète sauvage de René Laloux, en 1973. Une échelle mortelle DR Lors du dernier festival de Cannes, le film d'animation Persepolis n'a laissé personne insensible : ni les festivaliers, qui lui ont offert une longue standing ovation, ni les jurés qui lui ont décerné un prix du jury, ni les officiels iraniens qui ont dénoncé sa présence dans la sélection officielle. Ce long-métrage est l'adaptation de la bande dessinée en quatre tomes, véritable phénomène éditorial. Marjane Satrapi y racontait son enfance dans l'Iran des mollahs. Elevée dans une famille moderne et cultivée, elle a vu l'énorme espoir, né avec la chute du régime du Chah, s’éteindre peu à peu sous la chape de l’obscurantisme. La petite « Marjie » s’oppose à la dictature islamique avec pour seule arme l’insolence de la jeunesse. Pour la protéger, ses parents l’envoient à l’âge de 14 ans en Autriche. Le choc des cultures est douloureux. Elle reviendra dans son pays natal, connaîtra la dépression et un mariage raté. Constatant que l’intégrisme n’a pas reculé, elle s’exile définitivement en France en 1994. CULTURE 15 CINÉMA Pour l’adaptation de ce récit, Marjane Satrapi a collaboré avec un autre auteur de BD, Vincent Paronnaud. Ils ont dirigé une équipe de 90 dessinateurs, avec pour mission de conserver le noir et blanc et la simplicité du coup de crayon. Pour les voix, le tandem a fait appel à un beau casting : Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux et Simon Abkarian. Cette transposition au cinéma n’enlève en rien à la force de Persepolis. Dans un registre tragicomique, ce récit d’initiation mêle intime et politique et propose une chronique satirique du quotidien dans une théocratie.Avec son humour mordant, Marjane Satrapi dénonce aussi bien la folie intégriste que les travers d’une société occidentale qui baigne dans l’opulence. « C’est un film humaniste, qui va à l’encontre de tous les clichés sur l’Iran », a-t-elle déclaré à Cannes. Sur papier, Persepolis s’est vendu à un million et demi d’exemplaires dans le monde. Sans aucun doute, le cinéma donnera à l’histoire de Marjane Satrapi une tournure encore plus universelle. Persepolis, de Marjane Satrapi, en salle demain.



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