Direct Soir n°176 22 jun 2007
Direct Soir n°176 22 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°176 de 22 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Elvis Presley la légende

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°176/Vendredi 22 juin 2007 10 ECONOMIE La « Pastille Vichy » Le bonbon qui fait du bien De toutes les pastilles, celle de Vichy est de loin la plus connue. Commercialisée pour ses vertus thérapeutiques, elle devient rapidement une des friandises françaises les plus réputées. Grâce à son goût mentholé et sa forme originale, le succès de la pastille de Vichy ne s’est jamais démenti. AVEC PLUS DE 600 SPÉCIALITÉS, D’AIX À CAMBRAI, DE NANTES À NANCY, DE VICHY À FLAVIGNY, NOS RÉGIONS REGORGENT DE SUCRERIES. Les productions locales de fruits, d’agrumes, de noix ou d’amandes inspirent les plus grandes confiseries. Plus qu’une gourmandise, les bonbons sont entrés dans la tradition et font la réputation de leurs communes d’origine. DE L’EAU DE SOURCE AU MÉDICAMENT Vichy, ville célèbre pour ses carottes, ses carreaux et ses cures thermales. Vichy, connue également pour son eau de source, riche en sels minéraux et en oligo-éléments. En 1820, messieurs Berthier et Puvi, deux ingénieurs du corps royal des Mines, demandent l’autorisation d’extraire les principes actifs de la fameuse eau. En vain. Le médecin et inspecteur Lucas refuse de leur donner l’autorisation. Seulement, cinq ans plus tard, il l’accorde sans raison particulière à Jean-Pierre-Joseph Darcet. Le chimiste mélange alors les sels minéraux de l’eau de Vichy à du sucre pour obtenir une pastille de forme ovale. C’est en 1825 que le pharmacien Bartillat produit les premières tablettes et les commercialise. Vantant son nouveau produit, il affirme qu’il faciliterait la digestion. Huit ans plus tard, les frères Bosson, propriétaires de la Compagnie fermière de DR Interview du SPÉCIALISTE La grande pastillerie de Vichy au XIX e siècle. 1825 La pastille de Vichy est un bon moyen d’allier santé et plaisir gustatif l’établissement thermal de Vichy, déposent la marque « Pastille Vichy ». Pour développer la production, il faut un lieu. La ville décide alors de construire une première pastillerie dans l’ancien couvent des Célestins, proche de la source du même nom. Le bicarbonate connu pour ses propriétés digestives est utilisé pour la fabrication. En 1856, le médicament adopte une forme octogonale, désormais caractéristique et toujours d’actualité. Très appréciée par l’impératrice Eugénie, la pastille reçoit son certificat d’originalité par décret impérial. Elle est désormais vendue dans les pharmacies, uniquement à Vichy. LA PASTILLE DEVIENT SUCRERIE La pastille de Vichy connaît un véritable succès. Les clients se l’arrachent. Un engouement qui incite les confiseries de l’Allier à les détourner de leur but originel. Oubliées, les vertus thérapeuti- ques. Qui aurait pu penser que le produit pharmaceutique deviendrait une friandise à déguster à tout moment de la journée ? Au déjeuner, après le café ou même en dessert, la tablette à la saveur mentholée se savoure à n’importe quelle heure. Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1960, une dizaine de fabricants continuent de la produire. Vichy-Central, Vichy-Etat et Vichy-Lardy restent les trois principales sociétés concernées. Le groupe Perrier, ayant racheté la Compagnie fermière de l’établissement thermal de Vichy, s’investit en 1966 dans la vente de ces bonbons. Progressivement, le nombre de confiseurs tend à disparaître. En 1978, il n’existe plus que deux maisons capables de produire la pastille de Vichy : la société Moinet et la Société nouvelle des pastilles de Vichy (SNPV) acquise aujourd’hui par le groupe britannique Cadbury Schweppes. Gérard Sallet - pharmacien à Vichy LA PASTILLE DE VICHY VENDUE EN PHARMACIE EST-ELLE DIFFÉRENTE DE CELLE QU’ON TROUVE DANS LES SUPERMARCHÉS ? Oui, tout à fait. La teneur en sels minéraux est plus importante dans les pastilles vendues en pharmacie. Ce sont d’ailleurs des gammes exclusives. Quand elle est commercialisée dans les rayons confiseries, la pastille de Vichy contient plus de sucre pour un meilleur goût. Trop de sels minéraux dans l’alimentation est fortement contre-indiqué. LA PASTILLE A-T-ELLE DE RÉELLES VERTUS THÉRAPEUTIQUES ? Je ne pense pas. C’est plus une gourmandise qu’un médicament. Elle n’aide pas vraiment à la digestion. En tant que pharmacien, je vous conseillerais de suivre un traitement en cas de ballonnements ou d’indigestion. VENDEZ-VOUS TOUJOURS AUTANT DE PASTILLES DANS VOTRE PHARMACIE ? Toujours, depuis trente ans. Les clients viennent acheter la spécialité vichyssoise date de naissance de la pastille de Vichy UNE FABRICATION INDUSTRIELLE D’artisanale, la fabrication évolue peu à peu pour devenir industrielle. Après six années de recherche, l’arrivée de la comprimeuse automatique dans les ateliers de la Compagnie Fermière situés au 128, boulevard de l’Hôpital, bouleverse la production vichyssoise. En 1954, la première pastille de sucre comprimée est produite. Elle n’est plus confectionnée par moulage, technique utili- pour les déguster ou les offrir. Les touristes souhaitent aussi ramener un souvenir de la pastillerie. VOUS INTÉRESSEZ-VOUS À L’HISTOIRE DE LA PASTILLE ? Oui, je suis un passionné. Je conserve depuis des années un tas de photographies sur le sujet. Je dispose également d’un nombre important de boîtes de Vichy anciennes. Régulièrement, je décore la vitrine de ma pharmacie pour expliquer aux touristes l’histoire de la pastille. DR Une gamme exclusive pour les pastilles vendues en pharmarcie.
DR DR www.directsoir.net La « salle des machines » de la pastillerie. Dans les années 1950, l’étape de saturation des sucres d’orge. sée au cours du XIX e siècle, ni même par découpe de plaques molles durcies par séchage en étuve. Désormais, on extrait par évaporation les sels minéraux de l’eau thermale avant de les broyer et de les mélanger avec du sucre et du glucose. Le résultat est ensuite séché et parfumé avec un arôme naturel. Grâce à cette machine, les confiseries accélèrent les rendements et peuvent inscrire le nom de « Vichy » sur les célèbres tablettes. Un procédé ingénieux qui a peu évolué depuis. LA PASTILLE S’ADAPTE AU MARCHÉ Les confiseurs ont su s’adapter à la demande et proposer de nouvelles saveurs. Parfumée à la menthe pour une sensation rafraîchissante, la pastille se décline aussi à l’anis ou au citron. Mais la saveur mentholée représente encore 90% des ventes totales de pastilles, les autres goûts n’ayant jamais réussi à la détrôner. Une autre Vichy apparaît en 1990 et s’associe à TYPOLOGIE DES CONSOMMATEURS DE BONBONS EN FRANCE Les gourmands 20% Les réticents 12% Les indifférents 13% Les généreux 9% la version traditionnelle. Nommée « Pastille Vichy Forme », elle offre la possibilité à toutes les personnes ne pouvant consommer du sucre d’en profiter. Petits ou grands, il n’y a plus d’âge pour la goûter. Une saveur tout de même modifiée par l’ajout d’aspartame et de sorbitol, des édulcorants artificiels. La pastille ne serait pas ce qu’elle est sans son emballage qui évolue au gré des années. D’abord commercialisées dans des boîtes en carton et en papier, les « Vichy » sont rapidement stockées dans des coffrets en plastique moulé. Mais rien ne vaut les boîtes métalliques pour préserver toute la saveur de la pastille. Ce conditionnement luxueux a un coût et souvent, les clients préfèrent les sachets en plastique distribués dans les commerces. On peut alors transporter les pastilles dans son sac ou dans sa poche. A sucer ou à croquer, tous les moyens sont bons pour profiter du goût mentholé et rafraîchissant de la pastille de Vichy. Les accros 15% Les raisonnables 19% Les sans sucre 12% ■ Selon un sondage BVA réalisé pour la Chambre syndicale de la confiserie en mai 2006, huit Français sur dix mangent des bonbons. ■ La consommation de bonbons et de confiseries est de 3,6 kg en moyenne, par personne et par an. DR L’ANIS de Flavigny ■ Une graine d’anis vert enrobée de sirop de sucre, c’est la spécialité de Flavigny-sur-Ozerain, en Bourgogne. En 719, les moines bénédictins fondent l’abbaye et se lancent dans la fabrication du bonbon. Ils remplacent l’amande utilisée dans les dragées par une graine d’anis amenée par le voyageur Flavien. Dès 1923, la famille Troubat reprend la fabrique. Les Anis de Flavigny se déclinent en six arômes dans des boîtes ovales. Les illustrations relatent la romance intemporelle entre un berger et sa bergère. LA BÊTISE de Cambrai LE CALISSON d’Aix ■ Les premiers calissons apparaissent au Moyen Age en Italie. Les « calisone » régalent alors les gourmands. Nappé de glace royale, le petit losange blanc fait irruption en France en 1454, lors du second mariage de René d’Anjou avec Jeanne de Laval. La princesse, réputée peu aimable, retrouve le sourire en dégustant cette fine pâte de fruits et d’amandes broyées offerte par le confiseur du roi. Un des courtisans aurait dit ■ La bergamote est l’emblème gourmand de la cité nancéienne. Cette tradition remonte au XV e siècle à René II, duc de Lorraine et roi de Naples et de Sicile. Le climat de l’île était favorable à la culture de l’agrume. La recette de ce bonbon raffiné et succulent naît au milieu du XIX e siècle. ■ Reconnaissable à sa forme pyramidale et à ses lignes colorées, il est devenu l’une des plus célèbres spécialités régionales. Dans les années 1830, il a la forme d’une coquille d’escargot et se vend en petits cornets dans les rues de Nantes. La légende veut que le nom de berlingot soit un dérivé de l’italien « berlingozzo » qui désignait au XVIII e siècle une friandise. Nantes importe des Antilles ECONOMIE 11 SAVEURS DE TOUJOURS LA BERGAMOTE de Nancy La bergarmote de Nancy : un héritage du XV e siècle. ■ Deux maisons se disputent sa paternité : les confiseries Afchain et Despinoy. L’origine de ce « coussin » de sucre battu parfumé à la menthe et caramélisé remonterait à la moitié du XIX e siècle. Un apprenti-confiseur de la ville de Cambrai commet une erreur dans la fabrication des bonbons. Sa mère s’écrie : « Ils sont ratés tes bonbons (...) Tu as encore fait des bêtises ! » Mais l’erreur est rentable et devient un succès. Un nom célèbre qui fait les beaux jours de la ville de Cambrai. qu’il s’agissait « Di Calin soun » (« ce sont des câlins »). La production de cette gourmandise se développe au cours du XVI e siècle et devient une des spécialités de la ville d’Aix-en-Provence. Au XVII e siècle, les Aixois lui prêtent bon nombre de vertus dont celle de guérir de la peste. Aujourd’hui plus de maladie, mais toujours le plaisir de déguster le calisson, mélange d’amandes et de melons confits, de pêches et d’abricots. C’est la première friandise française à bénéficier d’un label régional de qualité, en 1994, lui conférant sa renommée internationale. LE BERLINGOT de Nantes Six arômes et des boîtes à collectionner. La bêtise se porte toujours aussi bien. de grandes quantités de sucre et l’utilise pour produire le bonbon. Sa fabrication est simple : une fois le sucre cuit, il est allongé en bâtonnets. Le ruban est ensuite coupé à la « Berlingotière », une machine de la fin du XIX e semblable au fonctionnement des ciseaux. Avec celui de Carpentras, plus petit, le berlingot de Nantes est l’un des plus vendus et appréciés. DR DR



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