Direct Soir n°172 18 jun 2007
Direct Soir n°172 18 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°172 de 18 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : François Fillon remanie le gouvernement

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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N. TAVERNIER/REA Directsoir N°172/Lundi 18 juin 2007 6 EN COUVERTURE Valérie Pécresse Ministre du savoir VALÉRIE PÉCRESSE A ÉTÉ BRILLAMMENT RÉÉLUE DÈS LE PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DANS SA CIRCONSCRIPTION DES YVELINES. LA JEUNE MINISTRE DISPOSE MAINTENANT DE LA LÉGITIMITÉ NÉCESSAIRE À LA CONDUITE D’UNE RÉFORME A HAUT RISQUE : CELLE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.
M. EULER/REUTERS www.directsoir.net Elle fait partie des 110 personnalités politiques qui ont pu suivre hier soir en toute sérénité les résultats du second tour des élections législatives. Réélue au premier tour dans la 2 e circonscription des Yvelines (Chevreuse, Vélizy-Villacoublay -Versailles sud), Valérie Pécresse a réalisé le meilleur score de l’UMP dans ce département. Légitimée par les urnes, comme le demandait Nicolas Sarkozy, la jeune ministre (39 ans) laisse son siège à son suppléant, Yves Vandewalle, et peut se consacrer pleinement à sa mission. PRIORITÉ À LA CONCERTATION Valérie Pécresse n’a pas attendu pour prendre les rênes du ministère de la rue Descartes. Comme le président de la République, elle s’est lancée dans l’action dès sa nomination, le 18 mai, multipliant les rencontres pour prendre la mesure des défis qui l’attendent. Celui de l’université est incontournable. Consciente des séquelles laissées au printemps 2006 par la crise du Contrat première embauche (CPE), souvent attribuée au manque de pédagogie du gouvernement, Valérie Pécresse affiche sa volonté de concertation. Le 31 mai dernier, recevant ses nouveaux interlocuteurs pour leur présenter ses projets de « refondation de l’université », elle déclarait : « Je suis la ministre des étudiants, avec deux principes intangibles : travailler pour eux mais aussi travailler avec eux ». Lors de cette réunion, la ministre a constitué trois groupes de travail, afin de formuler une série de recommandations et de préparer la loi sur la gouvernance et l’autonomie des universités. Une autonomie qui devrait donner une plus grande latitude aux présidents d’université pour le financement et le recrutement. Valérie Pécresse n’a laissé que trois semaines à ces groupes de réflexion pour rendre leur copie, attendue vendredi prochain. Les syndicats n’ont pas manqué de critiquer ces délais, jugés trop brefs pour travailler correctement. Mais pour la ministre, plus nombreux seront les échanges en cette fin d’année universitaire, plus juillet pourra être mis à profit pour travailler le projet de loi au Palais-Bourbon. Elle ne veut pas être accusée d’avoir profité des grandes vacances pour faire passer des mesures impopulaires. LA NOUVELLE UNIVERSITÉ Cinq grandes directions devraient orienter l’édification de la « nouvelle Université » que veut entreprendre la ministre : l’amélioration des conditions de vie des étudiants, la revalorisation des carrières des professeurs, la remise à neuf des infrastructures universitaires, la création d’un statut de jeune chercheur ou d’enseignant chercheur pour mettre fin à la « fuite des cerveaux » et enfin une réflexion sur l’orientation en premier cycle universitaire (licence). Toutes les précautions sont prises pour éviter de froisser le monde de l’enseignement supérieur, qui ne saurait s’opposer pour le moment à ces projets ainsi présentés. D’autant plus que le chiffon rouge de la sélection n’a jamais été agité, si ce n’est pour le condamner. « J’ai déjà eu l’occasion de le dire, la sélection à l’entrée de l’université n’est pas compatible avec un projet de formation démocratique », a déclaré Valérie Pécresse, qui privilège la politique d’orientation. FINANCER ET CONVAINCRE Ce programme pose la question de son financement. Mais sur ce point, Valérie Pécresse peut s’appuyer sur l’une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy : augmenter le budget des universités de 50% en cinq ans et porter la qualité des universités et de la recherche française à celui des pays en pointe sur ces domaines. La loi en préparation pourrait néanmoins décevoir les partisans d’une réforme plus radicale de l’Université. Jean-Robert Pitte, le président de la Sorbonne, préconise depuis longtemps une meilleure orientation et la sélection à l’entrée des universités et l’augmentation des droits d’inscription en fonction des capacités des familles, pour dégager de nouveaux financements. « Favoriser l’autonomie est une excellente chose, déclare-t-il à Directsoir, mais nous sommes EN COUVERTURE 7 Révélée par la campagne présidentielle, réélue dès le premier tour des législatives dans sa circonscription des Yvelines, Valérie Pécresse pilote le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Plus d’un an après la crise du CPE, elle veut apaiser enseignants et étudiants, et dynamiser la recherche francaise. Valérie Pécresse affiche sa volonté de concertation Valérie Pécresse a participé vendredi et samedi derniers au « G8 de la recherche », organisé en Slovénie par Janez Potocnik, le commissaire européen à la Recherche. Chaque ministre abordait un thème particulier. Valérie Pécresse a choisi de traiter la question de la biodiversité. Valérie Pécresse visitant les laboratoires du Cirad, le 13 juin à Montpellier. assez nombreux à penser qu’il faut aller plus loin. Il faudrait ainsi s’engager dans la voie de l’orientation-sélection, mais Mme Pécresse ne semble pas vouloir en parler. Les rallonges financières qui devraient figurer au budget 2008 sont aussi très positives, mais il faut que l’Université trouve des financements propres. Ce qui revient à s’attaquer à une question taboue : la nécessaire augmentation des droits d’inscription. » A l’UMP même, certains préconisaient d’aller plus loin dans la réforme, tel Claude Goasguen, spécialiste des questions universitaires qui, lors de la convention UMP d’octobre 2006 consacrée à la « société de la connaissance », proposait d’associer les entreprises privées au financement des facultés, et donc à leur administration. Laurence Parisot, la présidente du Medef encourageait pour sa part « tout ce qui décloisonne les échanges université-entreprises » dans les colonnes du Figaro jeudi dernier. Un rapprochement qui, s’il était amorcé, entraînerait une révolution culturelle dans certaines sphères de l’Université, viscéralement attachées au caractère public de l’enseignement supérieur. Valérie Pécresse semble donc plutôt mettre l’accent sur l’amélioration des conditions de vie des étudiants et des professeurs. Signe de cette priorité, son directeur adjoint de cabinet, Marie- Danièle Campion, s’est vu spécifiquement attribuer les dossiers de la vie étudiante et de la revalorisation des carrières. Professeur à l’université de Paris V et ancien recteur de l’académie d’Amiens, elle connaît bien ces problématiques. Dès le 9 juillet, un rapport pour préparer les réformes des conditions de vie étudiante devrait être remis à Valérie Pécresse, afin de préparer le traitement d’une série de problèmes comme l’accès au logement, la santé et la clarification du système d’aide sociale. RECHERCHE ET CROISSANCE Sur le dossier de la recherche, c’est une communauté encore plus hétérogène, qui attend beaucoup de la ministre. Il s’agit de la recherche académique, menée dans les universités ou dans les établissements publics à caractère scientifique et technique (EPST) – comme l’Insermou le CNRS – dont elle a la responsabilité. Il s’agit aussi de la recherche privée, menée dans les grands laboratoires industriels ou les « start-up » technologiques, qui la concerne aussi, avec d’autres ministères. Ces entités sont les acteurs clés du dynamisme économique de demain, les études révélant l’étroite corrélation entre le niveau d’investissement d’un pays dans l’innovation et son taux de croissance. La réflexion sur l’innovation et la recherche devrait être accentuée dans un second temps, après la décantation de la réforme de l’Université. Cette question n’est toutefois pas absente des réformes qui pourraient être introduites par la loi, puisque le statut de l’enseignant-chercheur devrait permettre à ceux qui en bénéficient de multiplier les projets. P.GUYOT/AFP



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