Direct Soir n°171 15 jun 2007
Direct Soir n°171 15 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°171 de 15 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Rolling Stones légende du rock

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
M. SELIGER/DPA/ABACA Directsoir N°171/Vendredi 15 juin 2007 6 EN COUVERTURE C’était le 26 avril 2006. Keith Richards, le guitariste des Stones, est en vacances au Wakaya Club, luxueux hôtel des îles Fidji, avec Ron Wood, autre guitariste du groupe. Il chute du cocotier où il s’est assis. Commotion cérébrale, hôpital, opération du cerveau en Australie quelques jours plus tard et annulation de la tournée européenne des Stones. Ironie du sort : le guitariste, connu pour ses frasques toxicomanes, était en parfaite maîtrise de ses moyens. L’histoire est digne d’une séquence du rockumentaire de Rob Rainer, This is Deux dates, deux stades, et pas plus. Les Rolling Stones se produisent demain au Stade de France, à Saint-Denis, et lundi au stade de Gerland, à Lyon. Ils reprennent leur Bigger Bang Tour. Le concert de demain pourrait procurer aux 80 000 spectateurs une bonne dose de « Satisfaction ». Rolling Stones Ça roule toujours ! Spinal Tap (1984) qui raconte les déboires d’un groupe de metal à la carrière aussi fulgurante qu’éphémère. La carrière des Stones, au démarrage fulgurant, ne peut pourtant pas être qualifiée d’éphémère, même si certains critiques musicaux estiment que le groupe est mort dans les années 1970, avec l’album It’s Only Rock’n Roll (1974). La chute, puis le retour, à l’image de Keith Richards qui s’est relevé, et revient en pleine forme pour secouer les stades. PIERRES PRÉCIEUSES Et cela grâce à une constante : le groupe a toujours su entretenir son statut de mythe vivant. Peu de groupes ont connu une carrière scénique aussi régulière. Car si la critique semble avoir décroché depuis un moment, les enfants terribles du rock peuvent compter sur des générations de fans plusieurs fois renouvelées, ne se séparant qu’à de rares occasions de leur t-shirt noir orné d’une grosse bouche rouge tirant la langue, l’emblème du groupe. Les Stones sont toujours cités en référence et, dans les lycées, on s’échange même les vieux vinyles retrouvés au grenier dans les cartons de souvenirs paternels. En opposition à l’image aseptisée du groupe aujourd’hui, la jeune génération y retrouve l’essence du rock’n’roll, aux côtés des Stooges ou des Ramones. PIERRES POLIES Autre aspect célèbre des Stones, l’image « sexe, drogue et rock’n’roll » qui a fait sa réputation dans les années 1960 et que le groupe véhicule toujours. Et pourtant, dans les années 1990, c’est plutôt le trio « jet-set, désintoxication et business lucratif » qui les caractérise. A partir de Steel Wheels (1989), un album qui marque un certain retour aux sources, les auteurs de Sympathy for the Devil font fi de leur posture rebelle pour épouser les circuits
K. FRAYER/CP/ABACA SWIFT/RETNA/STARFACE X 3 www.directsoir.net Mick Jagger, charismatique et énergique sur scène, est aussi l’organisateur des tournées. Un leader complet. de l’industrie musicale moderne, en entamant la tournée des stades. Le groupe capitalise sur ses vieux morceaux, à coup de best of ou de rééditions, comme le coffret Jump Back'71-’91 (1993), Forty Licks (2002), un coffret peu élégant qui regroupe les 40 meilleures chansons du groupe, ou encore Rarities (2005). Quant aux albums originaux, Voodoo Lounge (1994), Bridges to Babylon (1997) ou A Bigger Bang (2005), ils sont inégaux, et malgré deux ou trois chansons excellentes, passent vite inaperçus. A chaque interview, les membres du groupe revendiquent ne boire que de l’eau, comme Mick Jagger, ou du thé, comme Keith Richards. Mieux, ils l’assument. Ils profitent de leur vie de famille et apprécient une existence loin des frasques de la ville : Mick Jagger est devenu châtelain, à Pocé-sur-Cisse, près d’Amboise, en Touraine, et est un père exemplaire. On a connu plus rock’n’roll comme attitude, certes, mais il faut bien que vieillesse se passe ! PIERRES DE SCÈNE Si le groupe demeure fidèle à ses origines, c’est essentiellement grâce à la scène. Chacune de leur prestation dégage une énergie folle, un amour du rock et des envolées de guitare, et surtout plaisir d’être là, tout simplement. Il faut voir le sourire béat de Ron Wood, le guitariste, quand il entre sur scène, pour comprendre que cet alcoolique cyclique, dont les optimistes soulignent la volonté de s’en sortir, est le plus heureux des hommes quand il parvient à faire vibrer un stade. A Werchter, en Belgique, la semaine dernière, c’est le tonitruant Start Me Up qui a ouvert le show, histoire de cueillir une audience surexcitée. Vingt chansons plus tard, les quatre musiciens sont toujours debout, dégoulinants de sueur et ravis. Ravis de conclure leur concert sur Sympathy for the Devil, EN COUVERTURE 7 chanson satanique, comme un pied de nez à ce qu’ils sont devenus. Même Keith Richards, 64 ans, devenu acteur à ses heures (il interprète le père de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes 3), semble sur une autre planète, et cette fois sans psychotrope. SEXE, DROGUE ET ROCK’N’ROLL A l’origine de la création des Rolling Stones, une histoire improbable comme seuls les groupes de rock peuvent les vivre. Sur un quai de gare, Mick Jagger, membre avec Keith Richards du groupe de blues-rock Little Boy Blue and The Blue Boys, transporte un vinyle best of de Muddy Waters. Sur le même quai, Brian Jones, un jeune guitariste prodige, qui, à 20 ans, a déjà une vie très agitée, QUATRE GARÇONS DANS LE VENT. LA BANDE DE MICK JAGGER INVESTIT LE STADE DE FRANCE, DEMAIN SOIR, ET SERA À LYON, LUNDI. L’OCCASION DE DÉCOUVRIR OU DE REDÉCOUVRIR SUR SCÈNE CE GROUPE MYTHIQUE, FONDATEUR DE L’ATTITUDE ROCK, REBELLE, SULFUREUSE ET DÉCOMPLEXÉE. Le guitariste Keith Richards, autre figure de proue des Stones. Charlie Watts, batteur discret au jeu atypique. Ron Wood, deuxième guitariste du groupe londonien. A Bigger Bang est la plus grosse tournée de l’histoire de la musique. Depuis l’automne 2005, elle a engrangé 437 millions de dollars, en 110 spectacles regroupant plus de 3,5 millions de spectateurs. entre alcool et femmes. Il repère le vinyle, et rejoint peu après les Blue Boys qui se rebaptisent Rolling Stones, du nom d’un des titres de Muddy Waters. Le groupe se fait remarquer en 1962 au Marquee, un club de Londres, en plein boom du Swinging London, et surtout en pleine folie Beatles. Seule solution pour les Stones : prendre le contrepied des scarabées et de leur apparence de gendres idéaux. Et donc ne plus apparaître, comme lors de leurs premières prestations à la télévision, en costume cravate. C’est la rencontre avec leur futur manager, Andrew Long Oldham, qui va les décomplexer : les musiciens prennent un air de méchants garçons sulfureux et deviennent des anti-Beatles rebelles et sexy. Stones contre Beatles, un débat qui n’est toujours pas clos. Même s’il ne faut pas le dire aux fans, c’est bien avec un titre écrit par Paul McCartney et John Lennon, I Wanna Be your Man, que les Stones ont commencé leur carrière discographique.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :