Direct Soir n°164 6 jun 2007
Direct Soir n°164 6 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°164 de 6 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Angela Merkel la chancelière allemande reçoit le G8

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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B. FLITNER/LAIF-REA 6 Directsoir N°164/Mercredi 6 juin 2007 EN COUVERTURE 1 an Angela Merkel Madame la chancelière PREMIÈRE FEMME CHANCELIÈRE DE L’HISTOIRE ALLEMANDE, ANGELA MERKEL A VÉCU PENDANT PLUS DE TRENTE ANS DE L’AUTRE CÔTÉ DU MUR. GRANDE PARTISANE DE LA RÉUNIFICATION DE LA RFA ET DE LA RDA, ELLE EST MEMBRE DEPUIS 1990 DE L’UNION CHRÉTIENNE-DÉMOCRATE (CDU).
T. BRAKEMEIER/ABACA www.directsoir.net Avant de présider le Conseil européen, les 21 et 22 juin prochains, Angela Merkel accueille depuis aujourd’hui et jusqu’à vendredi les membres du G8 dans la ville de Heiligendamm (nord du pays). Considérée par le magazine Forbes comme la femme la plus puissante du monde, Angela Merkel fait figure de pionnière dans la vie politique allemande : première femme chancelière, elle est aussi la première personne issue de l’Allemagne de l’Est à diriger le pays unifié. DE LA RFA À LA RDA Née le 17 juillet 1954 à Hambourg, elle n’a que quelques semaines lorsque ses parents déménagent dans la ville de Quitzow, en RDA. Son père, Horst Kasner, est pasteur. Soucieux de « ne pas abandonner les Allemands de l’Est à leur sort », c’est par « sens du devoir » qu’il décide de partir exercer dans la partie communiste de l’Allemagne. De 1961 à 1971, la petite Kasner étudie à l’école polytechnique de Templin (Land de Brandebourg). Son enfance, elle la résume ainsi : « Tout a toujours été un combat, un combat pour ne pas attirer l’attention, un combat pour être un peu meilleure que tous les autres. » Elève studieuse, elle démontre des capacités au-dessus de la moyenne en mathématiques et en langues étrangères – elle parle couramment l’anglais et le russe. Avant de rejoindre l’université Karl-Marx de Leipzig, elle rallie les Jeunesses communistes (FDJ), condition indispensable pour entreprendre des études supérieures. De 1973 à 1978, elle suit un cursus en physique-chimie. C’est durant ces années qu’elle fait la rencontre d’Ulrich Merkel, scientifique lui aussi, avec qui elle se marie en 1977 - elle divorcera quatre ans plus tard. Son diplôme en poche, elle est admise comme collaboratrice à l’Académie des sciences de Berlin-Est, à la pointe de la recherche est-allemande. Elle se consacre alors à sa thèse et obtient son doctorat de physique en 1986. L’Académie lui offre un poste de chercheur. LA FIN DE LA RDA Lors de la chute du Mur, en novembre 1989, Angela Merkel a 35 ans. Cet événement suscite en Allemagne de l’Est un bouillonnement intense, ce dont profite la jeune Ossie (surnom donné aux Allemands de l’Est) pour prendre son envol politique. Ne se sentant aucune affinité avec les sociaux-démocrates, pas plus qu’avec la Christlich Demokratische Union (CDU) locale, à qui elle reproche d’avoir collaboré avec le Parti communiste, elle opte pour le Demokratischer Aufbruch, où elle devient la responsable des relations avec les médias. Très vite, ce tout jeune parti est éclaboussé par un scandale. Son président, Wolfgang Schnur, se révèle être un ancien collaborateur de la Stasi, la police politique de l’ancienne dictature communiste. C’est Angela Merkel ellemême qui se charge d’en faire l’annonce à la presse. EN COUVERTURE 7 Surnommée « das Mädchen » (la gamine) par Helmut Kohl, Angela Merkel a su, au fil des années, s’émanciper de son mentor politique. Obstinée, elle a gravi une à une les marches de son parti, la Christlich Demokratische Union (CDU), pour devenir, en 2005, la première femme chancelière d’Allemagne. De « fille de Kohl » à « mère courage » 1 an Je suis une politicienne pour toute l’Allemagne avec des racines est-allemandes. DÉBUT D’UNE CARRIÈRE Lors des élections législatives de mars 1990 en RDA, le Demokratischer Aufbruch n’obtient que 0,9% des suffrages. Malgré ce faible score, Angela Merkel est appelée par Lothar de Maizière, le nouveau chef du gouvernement est-allemand, comme porte-parole adjointe. Ce qui lui permet d’assister, de façon privilégiée, au processus de réunification. Un processus dont elle ne se contente pas d’être simple spectatrice. Dans le débat qui oppose Lothar de Maizière, ardent défenseur des intérêts de la RDA, à son secrétaire d’Etat, Günther Krause, partisan d’une réunification rapide, Angela Merkel prend parti pour ce dernier. Son objectif : tout faire pour éviter d’être cataloguée « Allemande de l’Est ». Elle-même se définit « comme une politicienne pour toute l’Allemagne avec des racines est-allemandes ». Afin d’empêcher un exode massif de l’Est vers l’Ouest, elle plaide en faveur de l’entrée de la RDA dans l’économie de marché ainsi que dans la zone mark. Sa conception est la suivante : « Dans la concurrence des valeurs de base, nous devons aujourd’hui réaffirmer la signification de la liberté. Nous ne devons pas oublier nos racines libérales. A celles-ci appartiennent l’autonomie de l’individu, la concurrence, la responsabilité individuelle, et beaucoup d’autres choses encore. De tout cela, ces dernières années, nous avons plutôt manqué. » Angela Merkel Avec le Premier ministre britannique Tony Blair, le 3 juin à Berlin. L’ENTRÉE À LA CDU En août 1990, du fait de la fusion entre le Demokratischer Aufbruch et la CDU, Angela Merkel devient membre de la formation chrétienne-démocrate. Quelques mois plus tard, profitant d’élections législatives anticipées, elle fait son entrée en tant que députée au Bundestag. A cette même époque, RDA et RFA scellent leur réunification. Helmut Kohl, le chancelier en exercice, cherche à confier un portefeuille mineur à une femme est-allemande. C’est finalement Angela Merkel qui est choisie. En 1991, elle prend les rênes du ministère de la Famille, de la Jeunesse et de la Condition féminine, devenant la plus jeune ministre de l’histoire du pays. Trois ans plus tard, elle hérite du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire. Tout juste nommée, elle commence par limoger les hauts fonctionnaires restés fidèles à son prédécesseur. LA LENTE ASCENSION En 1998, Angela Merkel célèbre son second mariage. Elle épouse Joachim Sauer, professeur de chimie à l’université, avec qui elle vit depuis une vingtaine d’années. Cette même année, la CDU perd les élections législatives. Gerhard Schröder, membre du Parti social-démocrate (SPD), accède à la Chancellerie et succède à M. Kohl, au pouvoir depuis 1982. De son côté, Angela Merkel devient secrétaire générale de la CDU. Cependant, elle reste encore assez méconnue du grand public. Elle rompt définitivement avec l’anonymat en décembre 1999 lorsqu’elle publie une tribune à la première page de la Frankfurter Allgemeine Zeitung dénonçant l’implication d’Helmut Kohl dans le scandale des caisses noires de la CDU. « Il faut que M. Kohl réponde à la justice sur les fonds secrets qu’il admet avoir illégalement reçus entre 1993 et 1998 », écrit-elle. Pour tous les commentateurs, il s’agit d’un coup de maître. Jusqu’alors surnommée « la fille de Kohl », Angela Merkel réussit le crime parfait : celui du père. Désormais, elle peut exister en dehors de l’ombre de son mentor. G. BERGMANN POOL/AP



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