Direct Soir n°164 6 jun 2007
Direct Soir n°164 6 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°164 de 6 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Angela Merkel la chancelière allemande reçoit le G8

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mocassins Tod’s Les picots du « shoe-bizz » Voici l’étonnante histoire d’une banale chaussure de pilote qui, entièrement revisitée par Diego Della Valle, est aujourd’hui devenue le « must have » du chic contemporain, mélange de confort et d’élégance, alliance parfaite entre tradition et modernité. COMMENT LE PETIT ATELIER DE CHAUSSURES EST DEVENU UN GROUPE MONDIAL À LA POINTE DU LUXE ITALIEN. Avec une telle consonance anglo-saxonne, on pourrait aisément s’imaginer que Tod’s soit originaire d’une grande famille américaine. Il n’en est rien. Aucun lien généalogique en provenance d’outre- Manche, aucune origine faisant référence aux Etats-Unis non plus. Tod’s est tout simplement né sur la côte adriatique, en Italie, dans les Marches plus exactement, où la tradition veut que l’on se transmette la passion de la chaussure de génération en génération. Presque tout naturellement, Diego Della Valle, petitfils de cordonnier, alors âgé de seulement 16 ans, a une révélation : il est tombé amoureux du cuir, lui qui a passé toute son enfance au milieu des peaux dans l’usine de chaussures de son père. Mais son père préfère qu’il envisage une autre carrière et décide de l’envoyer faire des études de droit à Bologne. Cependant, Diego ne perd pas son idée de vue, et c’est à la fin des années 1970, lors d’un déplacement à New York, que Diego porte toute son attention sur une « driving shoe » de fabrication portugaise, une sorte de mocassin destiné aux sports automobiles. Son allure est plutôt ringarde et laide, 3 questions à… BÉNÉDICTE VERMERIE ÉCONOMIE DR DR 1 an 10 Directsoir N°164/Mercredi 6 juin 2007 Jean Reno portant des Tod’s, au Festival de Cannes 2006. Une seule consigne : la perfection ! mais Diego attache surtout une grande importance au potentiel de confort que pourrait apporter sa semelle à picots de caoutchouc. UN NOM TROUVÉ DANS LE BOTTIN De retour en Italie, il relève le pari de la transformer en une élégante chaussure de ville, un mocassin entièrement fait main. Son but, qui est d’ailleurs à l’origine du concept Tod’s, est de créer un modèle « casual », pouvant se porter de façon chic la semaine, et de façon plus décontractée le weekend. En 1978, le Gommino, célèbre mocassin aux 133 picots de gomme antidérapants, était né. Il n’y a aucune explication au fait qu’il y ait très exactement 133 picots sur chaque modèle. D’ailleurs, lorsqu’on pose la question à Diego, il répond : « Et pourquoi pas » … Quant au nom, il a été choisi au hasard par Diego Della Valle dans l’annuaire téléphonique de Boston. Pourquoi Tod’s ? La réponse est aussi simple que surprenante:Tod’s sonne bien à l’oreille, est agréable à lire et peut se prononcer facilement dans toutes les langues. Le nom de la marque est trouvé, il est court, efficace et présente l’avantage de pouvoir s’exporter à travers le monde. 120 OPÉRATIONS DIFFÉRENTES POUR RÉALISER UN MOCASSIN La marque attache beaucoup d’importance au travail artisanal. Même dans son usine ultramoderne de Brancadoro, constituée de 45000 m² de verre, d’acier et de marbre : pas de chaînes de production, mais des ateliers où d’excellents artisans exercent manuellement. Chaque ouvrier réalise 350 C’est le nombre de contrôles de qualité que subit chaque paire de mocassins Tod’s avant d’être déclarée « apte » à être mise en boîte. Bénédicte Vermerie Directrice du bureau de style de la Fédération française de la chaussure À QUOI RECONNAÎT-ON UN MOCASSIN DE QUALITÉ ? On reconnaît un mocassin de qualité grâce à ses surpiqûres, sa semelle en cuir premier choix et une structure de chaussant qui reste toujours élégante et ne se déforme pas. COMMENT SE PORTE LE MARCHÉ DU MOCASSIN AUJOURD’HUI ? Le marché du mocassin se porte de mieux en mieux, car les hommes et les femmes aiment que le mocassin soit intemporel. Le mocassin est un produit « juste ». Actuellement, on a envie de confort et de décontraction. Le mocassin reste le symbole de l’essentiel pour voyager et pour la ville. Il est la chaussure sport avec son côté chic, à la pointe de la mode tout en gardant un style très relax. QUELLES SONT LES TENDANCES ACTUELLES EN MATIÈRE DE MOCASSINS ? AVEC QUELLE TENUE FAUT-IL LES PORTER ? Les tendances pour les coloris sont toute la gamme des tons naturels, beige, camel, tout le travail de couture et de montage à la main et de façon artisanale. Précisons que la fabrication d’un mocassin nécessite environ 120 interventions bien distinctes. Chaque mocassin est réalisé dans des peaux de très haute qualité (croco, lézard, python, autruche…) bénéficiant d’un traitement irréprochable. Sans oublier les innombrables et inévitables contrôles qualités (près de 350) dont fait l’objet chaque paire de mocassin avant leur mise en vente. Tod’s vient d’ailleurs de lancer une collection haut de gamme très particulière : les « Masterpieces », des mocassins réalisés dans des peaux extrêmement rares, atteignant le summum de ce que l’on pourrait attendre en terme de qualité et de perfection. Ils sont bien évidemment vendus en séries ultra-limitées. marron et aussi l’or et l’argent et pour cet été beaucoup de blanc, mais des blancs métallisés. En ce qui concerne le style, le mocassin classique est à l’honneur. On trouve des variantes, comme des mocassins avec un tout petit talon bottier pour les femmes et pour cet été des mocassins avec des bijoux sur le dessus, ou bien des mocassins avec le dos de la chaussure ouvert comme une sandale. Les mocassins se portent avec des tailleurs-pantalons, mais aussi avec des tailleurs-jupes.
DR www.directsoir.net ESTIMATION DE L’ÉVOLUTION DES VENTES DE MOCASSINS SUR LES MARCHÉS HOMME ET FEMME EN FRANCE 2002 14,85 M 2003 14,35 M 2004 13,05 M (en millions de paires). Source : SEPIC/Fédération Française de la Chaussure. 2005 2006 13,25 M La collection homme printemps-été 2007. LES STARS À SES PIEDS, OU LE CONTRAIRE… Comment agir pour faire connaître ce futur produit phare ? Comment faire pour sortir de l’anonymat et s’imposer face à de très puissants concurrents ? Diego Della Valle, avec son sens inné de la communication, comprend vite le pouvoir de l’image. Il décide donc d’en envoyer une paire à Gianni Agnelli, le patron de Fiat. Celui-ci, séduit par leur côté antidérapant, les portera sur son yacht ainsi que lors d’une interview télévisée qui transformera le mocassin Tod’s en véritable « must have » de la branchitude tranquille. Paparazzis des côtes italiennes et décrypteurs de looks les propulseront directement dans la presse.Voilà comment les mocassins Tod’s se retrouvent du jour au lendemain à la une des journaux, au même titre que l’homme qui les portaient. Diego Della Valle décide d’aller beaucoup plus loin, en mettant en scène des célébrités décédées charismatiques et appréciées de tous dans ses campagnes de publicité. Ce qui se traduira par des clichés et autres affiches d’Audrey Hepburn ou encore des frères Kennedy apparaissant « pour de faux » avec des Tod’s. Le public est séduit. Diego De la Valle avait vu juste : les people du monde entier vont se l’arracher immédiatement ! Les stars en sont fans depuis plus de 25 ans. On a pu les apercevoir aux pieds du roi Juan Carlos, de la princesse Diana qui les aimaient couleur rose nacre, d’Henry Kissinger, Hillary et Bill Clinton,Andie McDowell, Hugh Grant, Harrison Ford, Sharon Stone, Michael Douglas, Jack Nicholson, Pierce Brosnan, Catherine Deneuve, Caroline de Monaco, Laura Smet, Jeanne Moreau… Les picots sont partout, que ce soit à Hollywood, sur le rocher de Monaco, ou dernièrement sur le tapis rouge du Festival de Cannes, aux pieds des personnalités du monde entier. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’on retrouvera les Tod’s nombreuses cet été à Saint-Tropez… 13,35 M 1 an Années 1940 : Eugène Blanchard, fondateur de J.M. Weston, dessine le « mocassin180 ». Sa création relève d’une recherche intense : plus de 200formes sont nécessaires à sa mise au point définitive. Best-seller de la collection, il a toujours été réalisé à Limoges, en sept largeurs par demi-pointure. Plus de 200prises en main sont à chaque fois nécessaires à sa fabrication. En mai 68, les étudiants, en jean, portent ceux de leurs pères sur les barricades. Dans les années 1980, on glisse une pièce de monnaie sous la languette de la chaussure : c’est le « Penny Loafer ». Le mocassin 180 est aujourd’hui une référence dans l’univers de la chaussure de luxe pour homme. ÉCONOMIE 11 J. M. WESTON Le mocassin à la française SEBAGO L’esprit bateau « made in US » Sebago (du nom du lac Sebago, dans le Maine) est né aux Etats-Unis, en 1946. Très vite, la chaussure de bateau en cuir avec une semelle en caoutchouc voit le jour. Des années 1940 à 1960, c’est le modèle « Loafer » qui devient « la » référence en matière de chaussure casual, entièrement cousue à la main et apparue après le mocassin indien. Puis c’est au tour de la « Docksides », en 1970, avec un succès immédiat Arcus est une société française familiale, installée dans le sud-ouest de la France depuis 1872, et dirigée actuellement par la cinquième génération (PDG : Arnaud Baron). Précurseur dans l’utilisation de cuir à tannage végétal – depuis 1997 – leurs collections sont réalisées principalement en veau, agneau ou buffle pour les modèles femme, en taurillon ou élan pour les modèles homme, provenant des meilleures tanneries mondiales. Depuis 1872, Arcus accorde une importance particulière au chaussant, en définissant des L’entreprise Hirica, fabricant de mocassins, a vu le jour en 1904. Autant dire que la société connaît bien son métier. Des années d’expérience qui ont permis au modèle de base de se moderniser et d’être toujours d’actualité aujourd’hui, tout en gardant sa spécialité depuis toujours : le mocassin intégral. Chaque modèle est entièrement fabriqué en France, avec des cuirs d’une extrême souplesse et de haute qualité. Hirica est aujourd’hui un des leaders incontestés sur le marché de la chaussure et international. Depuis 1992, Sebago est fournisseur officiel de l’équipe américaine de nautisme. 21300000 chaussures plus tard, Sebago revisite ses classiques avec le modèle « Grant », un mocassin en cuir avec semelle caoutchouc thermoplastique texturée et une construction cousue main. Une gamme complète de mocassins qui reflète la quintessence de l’élégance américaine depuis les années 1960. ARCUS Semelles 100% naturelles HIRICA Ultra-souples depuis plus de 100 ans Des mocassins « made in France ». LES CONCURRENTS Le « mocassin 180 » de J. M. Weston. « cotes », gardées très secrètes car elles permettent de chausser toute forme de pied correctement avec un maintien fonctionnel. Une des particularités de la marque est d’utiliser du pur lait d’hévéa pour la fabrication de ses semelles, un matériau écologique 100% naturel qui amortit les chocs, restitue l’énergie et offre une extrême souplesse. Ces semelles sont uniques, extraordinairement souples et légères, puisqu’elles sont constituées de minuscules « coussins d’air » qui jouent le rôle d’amortisseurs. souple, avec des semelles extérieures en gomme élastomère ultra-souple. Ses modèles de chaussures se veulent faciles à vivre et à destination des femmes actives, afin de leur permettre d’être à l’aise tout en gardant un côté chic. Leur design tient également une place très importante, étudié de telle sorte que chaque modèle soit à la fois élégant et confortable à porter. Une véritable stratégie de séduction basée sur le rapport qualité-bien-être-souplesse, et qui dure depuis plus de 100 ans. DR XXXXXXXXX



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