Direct Soir n°162 4 jun 2007
Direct Soir n°162 4 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°162 de 4 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Alain Juppé, les priorités du ministre de l'écologie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°162/Lundi 4 juin 2007 10 ÉCONOMIE Le VéloSolex La bicyclette qui roulait toute seule Véritable symbole, le VéloSolex a traversé la seconde partie du XX e siècle. Après la guerre, il est devenu une figure emblématique du quotidien des Français et pourrait bien, aujourd’hui, continuer de briller. Retour sur la naissance d’un mythe. LES GRANDES HISTOIRES DÉMAR- RENT SOUVENT PAR UNE RENCONTRE. C’est celle de deux hommes, Maurice Goudard et Marcel Menneson, qui a donné naissance à la marque Solex. Ils se trouvent ensemble sur les bancs de l’Ecole Centrale au début du XX e siècle et fondent l’entreprise Solex en 1905. Rapidement, la société grandit grâce à ses radiateurs et carburateurs et devient une référence mondiale dans la fabrication de moteurs, de l’automobile à l’aéronautique. Mais Solex a bien d’autres projets en tête. Dès 1917, Marcel Mennesson dépose un brevet pour un vélo à moteur. Aucune production n’est cependant réalisée. Il faudra attendre l’année 1946 pour voir les premiers VéloSolex sillonner les routes de France. Le principe ? Placé sur la roue avant, un petit moteur entraîne un galet frottant sur le pneu, et assure ainsi la motorisation du vélo. Ces nouveaux engins sont produits à Courbevoie, à la cadence de quinze machines par jour. Un an plus tard, c’est DR 3 questions à… JEAN-PIERRE BANSARD Comme la baguette de pain et le béret, le Solex est entré dans le patrimoine français Jean-Pierre Bansard au tour de la Solexine de faire son apparition. Il s’agit d’un mélange d’essence et d’huile spécifique pour le moteur d’un Solex. PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ Très vite le Solex remporte un franc succès, il devient l’emblème de l’économie française d’aprèsguerre. Compagnon indispensable des Français, il fait figure de moyen de transport de masse. Le Solex séduit aussi bien l’ouvrier que l’étudiant en quête de liberté, lassés de pédaler. Facile d’emploi, économique et fiable, il est utilisé par tous, aussi bien en ville qu’à la campagne. Dans les années 1970, Solex organise même un tour de COMMENT EXPLIQUER LE SUCCÈS DU SOLEX ? « Il est arrivé à une période où les déplacements n’étaient pas évidents. Le Solex répondait à une attente. Il n’était pas cher et c’était beaucoup moins fatiguant que de pédaler à bicyclette. Et puis à cette époque il n’y avait pas de concurrent. Ce fut donc une réussite. Comme la baguette de pain et le béret, le Solex est entré dans le patrimoine français. » France qui réunit plusieurs milliers de participants et passionne de nombreux téléspectateurs. Le Solex, véritable icône, connaît un succès mondial. La production ne cesse de croître. Au fil du temps, différents modèles rejoignent l’original et l’équipement se complète : une boîte à outils sur le porte-bagages, un éclairage, une béquille pour assurer la stabilité. LE SOLEX EN PANNE En 1974, Motobécane prend le contrôle de VéloSolex. L’entreprise suspend la production de certains modèles, directement en concurrence avec des produits de sa gamme. Devenu bientôt MBK, COMMENT EST VENUE L’IDÉE DE LA RENAISSANCE DU SOLEX ? « J’avais envie de participer à une renaissance quand j’ai vu le succès de celle de la mini. Je me suis demandé ce que je pouvais faire renaître. Et puis un jour je me retrouve bloqué avenue des Champs-Elysées lorsqu’un Solex me dépasse. C’est à ce moment que j’ai eu le déclic. J’ai décidé de rechercher les propriétaires de la marque Solex. Au bout de deux mois, je suis tombé chez Fiat, où j’ai pu racheter le nom assez facilement puisqu’ils ne savaient pas vraiment quoi en faire. » La légende revient sous la forme de l’e-Solex, dessiné par le designer italien Pininfarina. Jean-Pierre Bansard - Président du groupe Cible, propriétaire de la marque Solex le propriétaire effectue quelques modifications, mais les ventes chutent. Et malgré la popularité du Solex, la production s’arrête en 1988. Pourtant le Solex continue de faire parler de lui et sillonne encore les routes de France. La nostalgie gagne de nombreux adeptes que l’on surnomme les « solexophiles ». Ils sont nombreux à se retrouver sur la toile pour discuter de leur bijou à moteur. Et si les usines ont fermé, le commerce des VéloSolex continue. Sur les sites web de ventes aux enchères, les collectionneurs se les arrachent à prix d’or. UN RETOUR ÉLECTRIQUE Après vingt ans d’absence, les amoureux du Solex peuvent désormais se consoler de sa disparition. Aujourd’hui, le mythe est à nouveau réalité. Le roi des vélomoteurs est revenu mais sous un autre nom : l’e-Solex. À l’origine de ce projet, Jean-Pierre Bansard, président du groupe Cible, qui rachète la marque à l’entreprise Magnetti Marelli. En effet, ce nouveau modèle est passé à la propul- POURQUOI LE CHOIX DE L’ÉLECTRICITÉ ? « L’objectif était de conserver les valeurs du Solex tout en les adaptant aux exigences d’aujourd’hui. C’est pourquoi le designer Pininfarina a modernisé la ligne tout en conservant la silhouette mythique du VéloSolex. Concernant le choix de l’électrique, il s’est imposé naturellement. Nous sommes en plein dans l’ère de l’écologie et puis il n’y a plus de stations-service pour petit réservoir comme ils y en avaient autrefois. » DR
www.directsoir.net 8 millions de Solex ont été produits en 42 ans. sion et le moteur n’est par ailleurs plus à l’avant mais à l’arrière. Sa nouvelle ligne a été conçue par un coup de crayon magique du célèbre designer italien Pininfarina. Le nouvel engin du XXI e siècle propose une ligne plus moderne que son aïeul, mais respectueuse du modèle original. Facilement maniable, il est peu encombrant et surtout écolo. Autre avantage : avec l’e-Solex, les excès de vitesse se font rares. Il ne dépasse pas les 35 km/h et son autonomie est d’à peu près une heure. Une durée largement suffisante pour éviter le trafic des centres-villes. Le nouveau-né aura-t-il le même succès que son aîné ? Certains puristes en doutent, comme le fils RÉPARTITION DES VENTES DE DEUX-ROUES, EN FRANCE, EN AVRIL 2007 MBK 2,7% BMW 3,4% PEUGEOT 3,5% PIAGGIO 8,3% Les « solexophiles » s’arrachent ces bijoux à moteur. du fondateur de Solex, Bernard Menneson : « Je peux me tromper mais je ne crois pas vraiment à cette renaissance. Aujourd’hui, les conditions ont tellement changé. Les transports en commun se sont développés, l’utilisation de l’automobile également. Et puis, surtout, l’administration a fait tout ce qu’il fallait pour rendre l’usage du Solex compliqué : le port du casque, les assurances, les rétroviseurs, tout cela n’a plus aucun rapport avec une bicyclette. » Pourtant, depuis décembre 2006, 3 000 e-solex ont été vendus et 5 000 demandes sont en attente. Une cadence à laquelle les usines ne peuvent répondre qu’au comptegouttes. Les années à venir révéleront si le Solex a su faire face au XXI e siècle. Une chose est sûre : il figure d’ores et déjà parmi les véritables institutions françaises. KAWASAKI 8,6% HONDA 13,6% SUZUKI 15,1% YAMAHA 20,3% U. BILD/ROGER-VIOLLET DR DR BLACK’N ROLL L’autre petit du Solex Le Black’N Roll concurrence le VéloSolex. ROCK’N SOLEX Musique et Solex pour un même festival ■ Ils sont nombreux à être tombés sous le charme de la « bicyclette qui roule toute seule ». Eduardo Gonzales fait partie de ces passionnés. En 1997, il fonde le club Aulnay Solex passion, dans la banlieue nord de Paris, à Aulnaysous-Bois. Aujourd’hui, il compte 80 adhérents avec lesquels il participe à de nombreuses balades en Solex. Un musée a même été ouvert. Il est réservé aux passionnés qui peuvent admirer sa centaine de Solex exposés dans un entrepôt. Mais sa collection ne s’arrête pas là, les 300 autres Solex qu’il détient sont bien gardés chez lui. ■ Le vélomoteur a connu ses heures de gloire sur le petit et grand écran. Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, Roberd Redford et bien d’autres acteurs ont enfourché, au moins une fois, un Solex pour les besoins d’un film. En 1952, Brigitte Bardot fait sa première apparition à l’écran sur un Solex, dans Le trou normand, de Jean Boyer. Le dernier en date à être apparu sur le mythique deux-roues est Rowan Atkinson dans Les vacances de Mr Bean, sorti en salle en avril dernier. ÉCONOMIE 11 L’UNIVERS DU SOLEX ■ Après un détour par la Chine et la Hongrie, le fameux deux-roues est revenu en France, et plus précisément dans le Pas-de-Calais. Ce rapatriement est dû à Dominique Chaumont. En avril 2001, il crée la société Mopex, sous forme de SA (société anonyme), afin de relocaliser en France l’assemblage et la fabrication de cyclomoteurs type VéloSolex. En 1988, il a racheté les plans du cyclomoteur. N’ayant pu s’approprier le nom (détenu désormais par le groupe Cible), le Solex est devenu le Black’n Roll. « Ce nom donne un côté dynamique au cyclomoteur », explique Dominique Chaumont. Vendu 950 euros, la version actuelle, mieux équipée en matière de sécurité, lui permet d’avoir une homologation européenne. ■ En 1967, les étudiants de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Rennes organisent ce qui sera appelé par la suite Rock’n Solex. Le principe ? Des courses de Solex entre amis. Et en 1985, les premiers concerts rock sont associés à ce rendez-vous. Il s’agit du plus vieux festival étudiant de France. Désormais, plus de 300 concurrents s’affrontent chaque année, et l’événement accueille plus de 4 000 spectateurs par soirée. Cette année, en mai, on a fêté sa 40 e édition. Au fil du temps, le Rock’n Solex s’est imposé comme le deuxième événement musical rennais après les Transmusicales. Grâce au Solex. SOLEXIONNEURS Le musée des nostalgiques SOLEX Une star à l’affiche Une centaine de Solex sont exposés à Aulnay-sous-Bois. Les vacances de Mr Bean. DR DR



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