Direct Soir n°158 29 mai 2007
Direct Soir n°158 29 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°158 de 29 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Aung San Suu Kyi la résistante birmane

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L. BREMAUD/LOUIS VUITTON 10 Le « keepall » de Vuitton Le sac qui voyage dans le temps Il y a eu les malles de voyage, puis les sacs à main. Entre les deux : le « keepall ». Tout simplement le premier sac de voyage. Avec lui, Louis Vuitton a révolutionné le monde de la bagagerie, au point de faire de ce sac l’un de ses emblèmes les plus courus. Un sac(ré) succès, jamais démenti. PLUS DE 70 ANS ET TOUJOURS SOUS LES FEUX DE LA RAMPE. LE KEEPALL (PRONONCEZ « KIPÔL ») EST LE MUST- HAVE DU MALLETIER. Un indétrônable, encore au hit-parade des ventes après sept décennies. Son secret de jouvence, celui de toutes les stars qui durent : la continuité dans le changement, presque un slogan de campagne. En 1924, il est confectionné dans une simple toile marron. Une sobre austérité, qui a depuis cédé le pas à une exubérance nettement plus bariolée, notamment sous l’influence du designer new-yorkais Marc Jacobs, directeur artistique des collections de Louis Vuitton depuis son recrutement en 1997. Désormais, le keepall se décline sous toutes les coutures : en damiers ou en épis, en vinyle ou en toile. A chaque saison, un nouveau look. Stephen Sprouse va le taguer, Takashi Murakami, IGNACIO BAIXAULI/DPPI 3 questions à … BRUNO TROUBLÉ ECONOMIE Bruno Troublé (à gauche) et le skipper néo-zélandais Chris Dikinson. Le keepall version Takashi Murakami. L’intelligence de Louis Vuitton : avoir su anticiper les mutations du voyage artiste japonais nourri au manga, le parsème de cerises et revisite son sage monogramme en multicolore. Mais s’il change de mise, pour Patrick Louis Vuitton, arrière-arrière-petit-fils du fondateur, le keepall demeure l’incontournable des aficionados de la marque, « le basique dans lequel on investit en premier ». La preuve, c’est toujours celui qu’il offre aux jeunes mariés, à l’aube du grand voyage. Le keepall fut au voyage ce que le pantalon fut aux femmes : celui par qui la liberté de mouvement arrive. Né en 1924, il peut d’ailleurs se targuer d’être l’ancêtre de tous les sacs de voyage, le fondateur d’une lignée inédite : un bagage souple, léger et pratique, très loin de l’encombrement des traditionnelles malles. PREMIER SAC DE VOYAGE A l’origine de cette destinée d’exception, des débuts pourtant fort modestes. Quand Louis Vuitton lance son keepall – littéralement « fourretout » – le sac souple en simple toile n’est encore qu’un second couteau, un accessoire que l’on roule au fond de sa valise pour rapporter des souvenirs. Mais la crise de 1929 et la guerre vont sonner le glas des longs voyages luxueux autour du monde, reléguant les malles à fond de cale. Dans la France des années 60, l’air est aux courts séjours, aux week-ends et aux escapades à la campagne. La génération « nouvelle vague » vit plus vite. Sagan part en virée à Deauville, et Bardot descend à Saint-Trop’. L’époque est A bout de souffle et aux 400 coups. Le keepall répond Bruno Troublé, ancien skipper du Baron Bich. Organisateur de la Coupe Louis-Vuitton. La Coupe de l’America (America’s Cup), plus ancienne compétition sportive toujours disputée, a lieu jusqu’au mois de juillet à Valence. Depuis 1983, Louis Vuitton donne son nom aux régates éliminatoires, une institution aujourd’hui et une très belle opération d’image. POURQUOI CE PARTENARIAT AVEC LOUIS VUITTON ? Cela tombait sous le sens. Louis Vuitton est né en même temps que l’America’s Cup, il y a 150 ans. Tous les deux incarnent le voyage. D’ailleurs, ça n’a pas traîné, j’ai appelé Louis Vuitton et j’avais leur accord en deux heures. C’était l’époque où l’on n’avait pas besoin de réunions au sommet, ni de présentations à n’en plus finir, tout se réglait d’homme à homme, au téléphone. VOTRE CŒUR D’EUROPÉEN BAT-IL PLUS FORT AVEC LE RETOUR DE LA COUPE EN EUROPE ? Oui, elle n’était plus en Europe depuis plus de 150 ans, vous imaginez ! Elle a quitté l’Angleterre pour les Etats-Unis en 1852. Elle est restée 132 ans Louis Vuitton. L’actrice Scarlett Johansson, nouvelle égérie de la marque. parfaitement aux exigences de ces nouveaux nomades. Et c’est toute l’intelligence de Louis Vuitton d’avoir su anticiper les mutations du voyage et adapter son produit déjà plus que trentenaire à une clientèle – française, puis de plus en internationale – dont le profil n’avait plus rien à voir avec celle des années 20. L’histoire faisant bien les choses, c’est aussi à cette même période que Louis Vuitton va mettre au point son fameux revêtement flexible et imperméable, sa signature au même titre que le monogramme. Finie la simple toile, le keepall devient symbole d’élégance et s’affiche au bras des stars. « Nul doute qu’une part de la célébrité universelle de Louis Vuitton est partie de là », estime Paul Gérard Pasol, auteur de Louis Vuitton. Naissance du luxe moderne. Aujourd’hui encore, ce sac est un incontournable du Festival de Cannes. DES COMMANDES TRÈS SPÉCIALES Il y a les icônes… et puis il y a le sur mesure. Stradivarius, collections rares, tableaux de dans les salons du Yacht Club de New York, puis ensuite l’Australie, la Nouvelle-Zélande… LES ANNÉES PASSENT, L’ESPRIT RESTE ? L’America’s Cup n’a jamais été aussi médiatisée et la publicité jamais autant présente. Il y a peutêtre moins d’amitié, moins d’élégance et plus de business, mais cela n’engage que moi. En revanche, je salue l’arrivée cette année des nouveaux entrants, comme l’Afrique du Sud et la Chine. Longtemps, la Coupe a été un challenge anglo-saxon, elle est désormais mondiale. ARCHIVES LOUIS VUITTON FA/QUEEN/VISUAL
RUE DES ARCHIVES/AGIP N. TRESIDDER/LOUIS VUITTON DR - Source : Louis Vuitton www.directsoir.net maître, depuis 150 ans Louis Vuitton fait voyager dans le monde entier des trésors chéris entre tous par leurs propriétaires. L’ambition affichée depuis les débuts : « Leur assurer le plus grand confort. » Aujourd’hui, c’est Patrick Louis Vuitton, représentant de la cinquième génération, qui règne sur les commandes spéciales, réalisées à l’atelier d’Asnières par la crème des malletiers formés maison. Au total, ce sont plus de 350 pièces qui sont réalisées chaque année. Certaines exigent jusqu’à six mois de travail. Un set pour la cérémonie du thé commandé par un magnat japonais, des vanity cases dessinés par Sharon Stone, une malle avec une cache secrète réservée à la photo d’une maîtresse, un compartiment spécialement aménagé dans la serviette d’un chef d’Etat pour 115 Amérique du Nord Amérique latine 18 Ci-dessus, Katherine Hepburn et ses bagages Vuitton arrivent à Paris, le 19 juillet 1948. Ci-contre, réalisée sur mesure, la malle-écrin de l’America’s Cup. Après 132 ans au Yacht Club de New York, l’aiguière en argent massif est devenue une grande voyageuse : l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Europe. 104 Europe 1 son nécessaire à aquarelle… chaque requête est unique. Témoins, les milliers de dessins qui s’entassent sur les rayonnages de l’atelier. « Si je dois fabriquer un coffret à cosmétiques pour un artiste, je me glisse dans sa loge pour l’observer, afin de concevoir des rangements parfaitement adaptés à son rituel de maquillage. » Tout y passe. Chez Louis Vuitton, on transporte même de fugaces instants de plaisir, comme la pause détente de cet homme d’affaire chinois. Une malle de 90 cm de haut, abritant un nécessaire à café, un écran plasma et un lecteur DVD alimentés par des panneaux solaires repliés de part et d’autre de la malle. Seule fin de non-recevoir opposée à une cliente, une malle à oiseaux : « Ce n’est pas le métier de Vuitton, nous ne transportons pas les animaux… ». Les coffrets hi-fi restent les pièces les plus délicates à dessiner pour le malletier. « L’acoustique restituée doit être parfaite, exempte de tous parasites. » L’avènement des lecteursmp3 a simplifié la donne : l’ère est aux petites mallettes 30x40 cm. La marque évolue avec son temps. Il est bien loin le temps de la malle Vuitton abritant phonographe et microsillons. LES MAGASINS LOUIS VUITTON DANS LE MONDE (avril 2007) Afrique 15 Chine 65 54 Japon Asie-Pacifique ■ Fin avril, le nombre de magasins Louis Vuitton dans le monde s’élevait à 372, dont 115 en Amérique du Nord. La France compte 17 boutiques. ■ Dernière ouverture de la zone Europe : le magasin de Nicosie (Chypre). NICLAY/FEDEPHOTO ■ A l’origine de l’empire Vuitton, un jeune fils de meunier qui se morfond dans son Jura natal. A 14 ans, Louis part conquérir la capitale. Formé auprès d’un malletier, il se fait très vite remarquer et s’installe à son compte. Son projet : créer des bagages novateurs et haut de gamme pour accompagner la vogue du voyage. En 1854, il lance la marque Louis Vuitton et ouvre son premier magasin à Paris. En prise avec l’air de son temps, Louis séduit le Tout-Paris et devient le fournisseur attitré de l’impératrice Eugénie. Pionnier, il va concevoir la malle plate, la serrure unique, la toile collée et le fameux monogramme. Autre héritage, il laisse derrière lui cinq générations de passionnés, jusqu’à Patrick-Louis Vuitton, qui réalise aujourd’hui toutes les commandes spéciales. ECONOMIE 11 SAGA Générations Vuitton ADDICTION Vuittomania japonaise Une boutique Vuitton à Ginza, dans le centre-ville de Tokyo. ■ Chaque conte de fée a ses démons. Celui de Vuitton, c’est la contrefaçon. Le malletier consacre plus de 15 millions d’euros chaque année à lutter contre ce fléau. Déjà, en 1896, le fameux monogramme LV avait été créé par Georges Vuitton, fils du fondateur, pour tenter de déjouer les contrefacteurs. Aujourd’hui, l’entreprise s’est dotée d’un département spécialisé en propriété intellectuelle, basé à Paris. Il s’appuie sur un bataillon de 250 agents, enquêteurs et juristes spécialisés dans la protection des marques. Au cours de l’année 2006, Vuitton a conduit plus de 6 500 raids et saisi des milliers de contrefaçons. Au total, 21 000 procédures ont été intentées l’année dernière pour le compte de la marque et des réseaux entiers ont été démantelés. ■ Tradition du voyage ou non, Louis Vuitton est animé par l’esprit de conquête. C’est la première marque de luxe à s’implanter en Chine, dès 1992. Un atout majeur. Le pays est désormais le troisième client de l’entreprise, avec une croissance annuelle minimum de 50%. La stratégie Vuitton : une montée en puissance progressive, concomitante à l’émergence d’une élite sociale à même d’accéder au luxe. Nouveau terrain de jeux : l’Inde. Le malletier à ouvert son premier magasin à New Delhi, fin 2002, puis un second à Bombay, en 2004. Un marché lui aussi en forte expansion et appelé à peser. ■ Au Japon, le sac Louis Vuitton est un « must have » : un Japonais sur six en posséderait un. On n’hésite pas à s’endetter pour acquérir l’objet de ses rêves, signe d’appartenance et passerelle vers un luxe à la française. En 2002, lors de l’ouverture à Tokyo de la plus grande boutique Vuitton, ils étaient plus d’un millier à camper, certains depuis deux jours, pour en franchir en premier le seuil. Arrivée en 1978, l’entreprise compte aujourd’hui plus de 50 boutiques dans l’archipel… Et c’est sans compter les magasins de Paris ou de New York, où les Japonais représentent souvent la majorité des clients… CONTREFAÇON La rançon du succès L’Asie, une des plates-formes internationales de la contrefaçon. PERSPECTIVES Les nouveaux marchés LES ENJEUX Patrick-Louis Vuitton, représentant de la cinquième génération. Louis Vuitton, une des premières marques de luxe à s’implanter en Chine. P.SITTLER/REA J. TORREGANO/FEDEP P.BESSARD/REA



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