Direct Soir n°156 24 mai 2007
Direct Soir n°156 24 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°156 de 24 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Kouchner le ministre sans frontières

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°156/Jeudi 24 mai 2007 8 EN COUVERTURE A. DUCLOS Bernard Kouchner devrait apporter au Quai d’Orsay une inégalable expérience du terrain Bernard Kouchner et l’abbé Pierre, à Sarajevo pendant le siège de la ville, en 1995. DÉCRYPTAGE L’ARRIVÉE DE BERNARD KOUCHNER DANS LE GOUVERNEMENT FILLON EST-ELLE UNE VRAIE SURPRISE ? NON. LE « FRENCH DOCTOR » PLAIDE DEPUIS LONGTEMPS POUR L’OUVERTURE. S’il est quelqu’un que l’arrivée de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay doit réjouir, c’est André Glucksmann. L’ancien maoïste, figure de l’intelligentsia parisienne, s’était rallié à Nicolas Sarkozy par défaut, en l’absence d’une candidature du cofondateur de Médecins sans frontières. « J’ai un temps rêvé d’une candidature de Bernard Kouchner, restituant à la gauche française une dimension internationale. (…) J’aurais aimé un ticket Sarkozy- Kouchner », déclarait-il à la surprise de tous dans les colonnes du Monde le 30 janvier dernier. Faut-il voir dans le choix du nouveau chef de la diplomatie l’efficace influence de l’auteur des Maîtres Penseurs sur Nicolas Sarkozy ? Quoi qu’il en soit, la nomination d’une figure inclassable du parti socialiste dans un TROISURGENCES DIPLOMATIQUES… M. TAAMALLAH/ABACAPRESS gouvernement que la campagne de l’UMP annonçait résolument à droite, amorce une petite révolution dans les habitudes politiques hexagonales. L’ouverture est une idée neuve en France Cela faisait longtemps que Bernard Kouchner laissait entendre qu’il participerait volontiers à un projet d’union nationale – pourquoi pas avec l’UMP – comme dans les colonnes du Parisien en décembre dernier. Certes, après une phase d’hésitation, il a milité pour Ségolène Royal après avoir songé lui-même à l’Elysée. « J’aurais aimé représenter un consensus français, déclarait-il ainsi en janvier dernier à Directsoir, mais cette candidature n’était pas possible : il fallait de l’argent, un parti et des signatures. » Ce fut donc le ralliement à la candidate du PS, sans enthousiasme excessif, même si l’ancien ministre de la Santé de Lionel Jospin appréciait la démarche des débats participatifs. L’IMPÉRATIF POLITIQUE ■ Dès sa prise de fonction, Bernard Kouchner a insisté sur l’importance que revêt à ses yeux le dossier européen, après le « non » français au projet de Traité constitutionnel. Avec Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat en charge des questions européennes, il entend donner corps au projet de mini-traité de Nicolas Sarkozy, auquel il s’oppose sur la question de l’entrée de la Turquie en Europe. Compte tenu de ses déclarations anciennes, son entrée au gouvernement est atypique, mais n’est finalement pas surprenante. Certes, le choix peut étonner au vu des récentes petites phrases distillées pendant la campagne électorale pour tacler Nicolas Sarkozy sur certains points de son programme ou de son discours, comme le caractère héréditaire de la pédophilie ou le concept d’identité nationale associé à celui d’immigration. De même, dans une tribune du Journal du dimanche, Bernard Kouchner avait soutenu entre les deux tours le projet d’ouverture du PS à François Bayrou, qui ne faisait pas mystère de son hostilité à Nicolas Sarkozy pendant ces deux semaines. Pourtant, dans les coulisses des plateaux de télévision, on pouvait déjà le voir échanger de très amicales accolades avec Rachida Dati, désormais Garde des Sceaux. Au soir du second tour, sur TF1, il appelait encore la gauche à « changer [son] logiciel » pour faire émerger un « programme commun » avec le centre. Ce n’est qu’au regard du passé immédiat que la décision de Bernard Kouchner peut surprendre. Car un simple retour sur ce même passé révèle qu’il caressait le projet d’une union nationale depuis longtemps, comme on pouvait le percevoir dans Deux ou trois choses que je sais de nous, paru en septembre 2006. Aujourd’hui, près de 66% des Français (56% des électeurs de Ségolène Royal) approuvent la décision de Bernard Kouchner de prendre la tête du ministère des Affaires étrangères, selon un sondage CSA-Cisco pour Le Parisien publié le 18 mai. C’est plutôt dans les états-majors politiques que cette décision a fait jaser. Un électron libre au Quai Si l’entrée d’un socialiste passé par le radicalisme de gauche au gouvernement de François Fillon a constitué une surprise, le profil singulier – iconoclaste par certains aspects – du nouveau chef de la diplomatie française pourrait aussi agiter l’univers feutré du Quai d’Orsay. Bernard Kouchner a confié que ses responsabilités concrétisaient un « rêve » lors de la passation de pouvoir avec Philippe Douste-Blazy, le 18 mai. Pour L’IMPÉRATIF MORAL ■ Le drame du Darfour est un problème qui tient personnellement à cœur le nouveau chef de la diplomatie qui, au lendemain même de sa nomination, a organisé une réunion au Quai d’Orsay avec les services du ministère et des représentants d’ONG pour « améliorer la situation humanitaire et (…) progresser vers le déploiement d’une force hybride ONU/UA et une solution politique. » diriger la diplomatie française, il s’appuiera sur sa notoriété internationale acquise par deux biais principaux : la définition du « droit d’ingérence » formalisé à la fin des années 1980 avec un juriste, professeur à Assas : Mario Bettati, et surtout sa gestion de la reconstruction du Kosovo où il est nommé Haut représentant des Nations unies, en 1999. Par ailleurs, son approbation de l’intervention internationale en Irak en 2003 (même s’il en a dénoncé les modalités par la suite) l’a positionné comme une personnalité indépendante, classée en 2004 par le magazine Time parmi les 100 figures les plus influentes du monde. Surtout, Bernard Kouchner devrait apporter au Quai d’Orsay une inégalable expérience du terrain accumulée aux cours de ses innombrables engagements humanitaires contre toutes les misères – la guerre, la faim ou la persécution politique – et sur tous les continents. Autant de zones dont certaines demeurent toujours instables et où le rôle de la France est attendu. Une nouvelle page s’écrit La nomination de Bernard Kouchner à la tête du Quai d’Orsay – un des ministères les moins idéologiques du gouvernement – illustre la volonté d’ouverture de Nicolas Sarkozy. Le nouveau chef de la diplomatie a la carrure de la fonction, l’ouverture d’esprit nécessaire et la légitimité internationale. Les observateurs soulignent que le choix du Président est d’autant plus novateur qu’il pourrait lui faire courir quelques risques. Ainsi, son électorat qui a voté pour un programme de droite aurait pu, comme certains cadres de l’UMP, froncer les sourcils. D’autre part, certains dossiers (par exemple, l’immigration) peuvent faire apparaître des différences d’opinion. Mais, d’une part, les récents sondages indiquent qu’à plus de 60% l’électorat de Nicolas Sarkozy se félicite de l’arrivée de Bernard Kouchner, et, d’autre part, la volonté de réussite du nouveau patron du Quai d’Orsay s’accorde avec l’esprit que le chef de l’Etat entend insuffler. En réalité, Kouchner au Quai, c’est une nouvelle page de la pratique politique qui s’écrit. Et c’est au sixième Président de la V e République qu’en revient le mérite. L’IMPÉRATIF QUOTIDIEN ■ A peine nommé, Bernard Kouchner a été confronté à deux dossiers diplomatiques brûlants : le sort de l’otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt, au sujet de laquelle il a fait part de son opposition à l’intervention armée, prônée par le président Uribe. Quant au Liban, le regain de violence, le week-end dernier, l’a conduit à partir aujourd’hui pour Beyrouth où il doit rencontrer le Premier ministre Fouad Siniora.
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